LĀ OŪ NOS MÉDIAS AIMENT LE SENSATIONNEL DU CYCLISME 

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Départ de l'édition 1991 avec plus de 100 coureurs

- Vous connaissez Saint-Michel de Double ? Oui cette petite commune située comme son nom l’indique dans notre forêt de la Double. Une commune qui a souffert du manque de coureurs en ce dimanche 1° octobre, et qui comme toutes les autres éditions craignait qu’elle constituerait un flop. Et bien ce fut le cas ! Oui, car vous avez tous entendu parler de cette affaire de vélo et de son moteur électrique ? Une première en France et bien sur à ce jeu, c’est la Dordogne qui s’est distinguée.

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- Quoi de plus normal au pays de l’homme ? On a le génie inventif, la science du bricolage avec cette envie d’avancer plus vite que les autres pour en être les précurseurs... Ce n’est pas pour rien qu’on a été les premiers hommes de la planète à manier le pinceau et à décorer nos grottes. Oui en Périgord, on aime ça... et quand les médias se précipitent comme des charognards sur une proie, le succès est garanti... A la Fédé, on est aussi masochiste, on aime chercher le bâton pour se faire battre, c’est à croire, avec ce qu’il s’est passé là-bas en ce premier jour d’octobre...

- Pour ma part j’ai été très peiné d’apprendre cette nouvelle qui constitue un nouveau coup d’arrêt pour notre chère discipline. Je n’approuve pas du tout ce qui a été fait par notre coureur. Mais ce qui m’a le plus surpris à mon niveau, c’est la façon dont cette affaire s’est passée. Si tout me paraît nécessaire et légitime pour sanctionner le fautif, il n’y avait pas besoin les micros, les caméras, les journalistes et tout le saint frusquin de nos médias. Pour une si petite course qui agonisait quelques heures avant le départ (16 partants), on a dérangé toute la France, qui plus est un dimanche, et sous un crachin persistant. On a préparé une opération comme si c’était Daesch qui allait sévir aux fins fonds de la Double ! Bien sur qu’il y a l’état d’urgence, mais tout de même, on pouvait tout faire sans avertir micros et caméras, tout simplement en catimini. (photo ci-contre : protocole en 1994)

- Ces micros et caméras qui s’acharnent à tuer notre beau cyclisme, ces micros et caméras curieuses, qui se goinfrent d’un fait divers tout à fait condamnable, mais d’une façon déplaisante, parfois arrogante. Car aujourd’hui ces médias ne savent pas parler de vélo et de sport cycliste sans cracher le mot de "dopage et de dopés". Des mots qui vont poursuivre demain leur chevauchée critique avec cette nouvelle affaire qui en est une, parce que c’est la première du genre... Et j’ajouterais le fait que notre Lindois aurait gagné selon la presse des cent et des milles... et pourquoi pas l’Euromillion ? De ce fait, aujourd’hui, tous les néophytes du cyclisme doivent penser que nos vainqueurs de la 3° catégorie gagnent beaucoup d’argent... alors qu’ils courent tous pour une misère, mais surtout pour le sport et le plaisir. Voilà la nouvelle façon de faire de l’info.
- Oh ! Ne voyez pas là une sorte de complicité à l’égard du fautif. Mais celui-ci n’a pas tué, celui-ci n’a pas volé, il n’est pas maffieux. Il a triché et il mérite d’être puni ! Mais comme c’est un petit coureur de la hiérarchie, on s’acharne sur lui, comme les médias ont fait et je trouve triste que ces derniers aient été conviés pour assurer ce triste spectacle. Un spectacle qui aujourd’hui profite aux réseaux sociaux pour être mal colporté, bien déformé, voire caricaturé, bref pour rire du sort de notre sport.

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Le Béglais Michel Poutet vainqueur en 1964

- Saint-Michel de Double n’a pas de chance. La commune était jusqu’à ce jour habituée à des actes de vandalisme, avec un de ses habitants qui taguait des signes nazis sur les monuments et qui visait plus ou moins le comité des fêtes, voire la mairie. Voilà maintenant que la course de la fête votive devient elle aussi un fait divers qui permet au village (279 habitants) d’être connu et remarqué. Dire que cette course aurait pu être annulée à cause des ses 12 ou 16 engagés... Non ! Elle a eu lieu ! Elle a été maintenue pour qu’elle soit livrée en pâture aux journalistes qui ne connaissent que le mauvais de notre sport. Serge Durant son maire, en a vu des courses dans son village. Votre serviteur se souvient je pense qu’en 1991, plus de cent coureurs prenaient le départ à la périphérie de son cimetière. La catégorie proposée était la même et peut-être même moins élevée. La course se courrait un dimanche, en octobre, bref avec les mêmes ingrédients, mais avec un imposant peloton de coureurs...
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Alors que s’est-il passé en vingt ans pour que l’on arrive à une telle situation ? Le dopage mécanique il faut l’exterminer, c’est une évidence. Mais il faut aussi et surtout s’occuper à faire revenir des coureurs et des courses qui se meurent. L’Etat d’urgence pour le vélo, il est là ! Mais quand va-t-on s’atteler à ce défi ? Quand les futurs responsables élus vont-ils se mettre à la tâche pour de meilleurs jours ? A chaque élection, on nous fait des promesses, mais je constate que le sport c’est comme la politique : des promesses, toujours des promesses... et des électeurs voire des licenciés bernés...
- Notre situation actuelle on ne la doit pas aux affaires. On la doit davantage aux anciennes maffias, aux chaudières, à ceux qui ont partagé derrière les églises leurs gains, à ceux qui continuent aujourd’hui à inculquer cet esprit et cette pratique aux jeunes. Et ces faits sont aussi graves que ceux de Saint-Michel de Double, mais ils n’ont jamais été punis, cherchez l’erreur !!!
- Oui jolie Dordogne, le cyclisme continue de payer son lourd tribu. Nous nous relèverons ou pas de ces moments difficiles. Notre histoire d’ailleurs est faite de "flops et de tops" qui en font notre richesse et qui désormais constitue disons notre patrimoine. On dit que l’affaire du dimanche 1° octobre est la première du genre... moi, je n’en suis pas si sur, si ce n’est que d’autres ont été sans doute un peu plus malin, pour ne pas être pris de la sorte... Aux faits, c’est quand même curieux que dans cette course, on a oublié une chose : celle du nom de son vainqueur, Mathis Fedrigo, dont personne n’a parlé, même pas du côté de nos futés journalistes... du dimanche, il faut le souligner.
- Une pensée enfin pour tous ceux qui ont été trompés en course, pour tous les dirigeants de son club qui ne méritaient pas une telle publicité. C’est triste, je comprends ce qu’ils peuvent éprouvés mais désormais, c’est à la justice de décider en son âme et conscience...
- Ici Palmarès connu de Saint-Michel de Double

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Le Marocain Benquadi vainqueur en 1972, à droite Daniel Dutertre  (2°)

VELO DORDOGNE – ST.MICHEL DE DOUBLE - © BERNARD PECCABIN
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