HUIT ANS DÉJÀ QUE TU ES PARTI

- Et bien oui, déjà huit ans que tu nous as quittés mon cher Jean-René, l’occasion de te donner pour cet anniversaire des nouvelles de notre terre. 2017 n’a pas été une année simple et pour ceux qui prennent de la bouteille comme moi, je constate que le ressort est cassé. Notre société se dégrade et ce n’est plus comme autrefois. Je suis sur que toi aussi tu exprimerais ton mécontentement si par bonheur tu étais des nôtres. La mentalité est devenue déplorable, l’amitié est un vain mot, tout fout le camp...
- Et la planète vélo, chose qui t’intéresse, souffre terriblement. Elle est à bout de souffle, elle n’a jamais été aussi basse que maintenant et le plus triste, c’est que l’on n’aperçoit pas le bout du tunnel. Bien sur, je ne te cause pas du cyclisme de haut niveau ! Celui-là continue à se gargariser au détriment du cyclisme local. Fini les courses de clocher, fini les fêtes locales, fini les luttes rivales du dimanche telles qu’on les aimait. Avec cinquante courses au calendrier, c’est vite pliée une saison en Dordogne et de plus, les coureurs ne viennent même plus courir... Et puis il y a eu la mauvaise nouvelle, celle du Tour de notre belle Dordogne qui ne se fera plus, Serge Sallès ayant jeté l'éponge...

Villechanoux story

- Aujourd’hui, les réformes territoriales nous valent que l’Aquitaine, le Poitou-Charentes et le Limousin ne font plus qu’un : "la Nouvelle Aquitaine". Vincent Dedieu en est le premier président, mais là aussi, il n’a eu aucun mal pour y parvenir, faute de liste adverse. Cela prouve le manque d’intérêt des gens envers notre cyclisme. Chez nous le président Blondel a démissionné, étant mis en minorité lors d’une élection où il s’agissait d’élire le représentant du département dans un collège spécifique du nouveau comité régional. Il n’y avait rien de plus légitime que lui pour nous représenté à Bordeaux. Et bien non, la Dordogne s’est encore distinguée en confiant cette tache à une personne qui n’est même pas un élu du comité départemental. Et si tu veux des noms des auteurs de ce scénario, je peux t'en donner, mais comme ce sont les mêmes que ceux de ton vivant en 2008, tu connais...
- Ah, ces élections et son côté d’incertitudes, de surprises, sans parler de ces cabales où la Dordogne se fait toujours remarqué. A ce sujet il faut que je te dise que les présidentielles nationales elles aussi nous ont réservé de belles surprises. Un nouveau chef de l’Etat, âgé de 39 ans nous dirige. Son accession imprévisible, surprenante et rapide a fait que le paysage politique du pays se trouve bouleversé avec la disparition de la gauche et de la droite. Les électeurs ont voulu renverser la table, mais le nouvel élu est comme notre emblématique coq. Quand il chante, il a les pieds dans la merde et il n’oublie surtout pas de plumer les retraités... et les automobilistes...
- 2017 a été une triste saison pour le vélo Périgourdin. Difficile de te dire qui est le meilleur, ou qui domine le plus chez nous, car les coureurs qui meublent les clubs de division nationale, viennent souvent d’ailleurs. Pour nos purs jus, disons que Thomas Acosta, Rudy Fiefvez et Jean Mespoulède occupent le podium. Mais tu vois Jean-René, l’époque de Reimherr c’est bien fini... Même en me creusant la tronche, je ne vois pas quel est le meilleur coureur de Dordogne capable d’être pro ou de devenir un véritable espoir ? Non, le calme plat, mais paradoxe, on a deux clubs engagés en division nationale : un au nom de Périgueux, un sous l’aile du département. Un gâchis, quand on sait ce que ça coute et surtout quand on sait le monument de travail qu’un département devrait consacrer aux jeunes, l’élite restant plutôt à la charge des clubs. A Montpon, ta mémoire a été honorée avec le "souvenir Jean-René Villechanoux" gagné cette fois par Ludovic Nadon de Barbezieux.
- Faut quand même que je te dise que le Tour de France est encore passé chez nous et ceci durant trois jours : un jour de repos en Dordogne, une étape Périgueux-Bergerac par Lascaux, une autre entre Eymet et Pau. Je ne te dis pas le monde qu’il y avait, mais cela n’a pas entraîné un engouement en termes de nouveaux licenciés.
- Notre carnet de deuils par contre a reçu une belle gifle. Dès le mois de février l’ami Gilbert Cuménal est parti te rejoindre. J’espère que tu l’as vu là-haut et que tu lui a avoué que tu savais imiter sa voix... sacré Jean-René ! Et puis en novembre, c’est l’ami Valentin Huot qui s’est échappé. Là c’est tout un pan de notre patrimoine qui vient de disparaitre. Je me souviens tout gosse de Huot parce qu’à la radio, il passait les cols de mes Pyrénées en tête. Georges Briquet en faisait les éloges et j’étais devenu un de ces fans, loin de m’imaginer qu’un jour je résiderais près de chez lui. Valentin est parti, il nous reste Vivier, mais on le voit la roue tourne... A la fin de l’année, c’est Patrick Delmonteil qui nous a quittés. Celui-là je sais que tu l’as bien connu. Un monument du bénévolat parti dans la souffrance d’une vie injuste. Il ne fait pas bon vivre d’ailleurs en ce moment ; faut voir tous les gens qui sont quotidiennement sur la page des décès du journal. Ça fait peur, surtout quand on voit que ceux de notre génération, celle du Baby Boom arrive à son tour en fin de vie. Parfois je me demande si je ne vais pas être le prochain... ? Mais je m’en fous car après tout j’ai vécu de belles choses et c’est sans regrets que je quitterais cette maudite terre.
- A Mussidan et dans ton club, la roue aussi a tourné. Et même bien vite, avec un coureur qui avait équipé son vélo d’un moteur électrique. C’était à Saint-Michel de Double, dans ton pays perdu qui est devenu une capitale lors de ce prix des fêtes. Fallait voir tous les journalistes et les paparazzis de merde qu’il y avait pour prendre le fautif dans la nasse. Il a trompé ses rivaux, c’est vrai, mais il n’a pas tué, c’est un gentil gouyat, toi-même tu le disais... Mais c’est vrai que lorsqu’il a gagné par deux occasions, il a trompé ses camarades rivaux et ça c’est insupportable !!!
- Tu vois Jean-René que les nouvelles ne sont pas formidables. Et si j’ajoute les problèmes du climat vécus au quotidien, c’est vrai qu’on va être au chaud cet été encore. Les météorologues nous annoncent des chaleurs de plus de 50 degrés après l’an 2050. Oui je t’entends me souffler que les coureurs vont transpirer. C’est vrai, mais y en aura-t-il ? Ces affaires de climat m’irritent au quotidien (plus de 47 degrés à Sydney il y a 8 jours). Faut voir comment les éléments se déchainent. Les incendies, les inondations (surtout en ce moment), les cataclysmes, les ouragans, les tsunamis, on déguste... Même à Saint-Barth, là où Johnny Halliday est inhumé (oui lui aussi est mort) ils ont dégusté avec des cyclones à plus de 300 km/h. Toi aussi tu es à Saint-Barth (de Bellegarde), je sais, mais pas dans les Caraïbes, mais à celui des portes de cette Double que tu as tant aimé. Et puis j’ai rencontré Marie ta compagne. La pauvre, elle sortait de l’hôpital, ça nous a fait du bien de parler, surtout de toi...
- Sincèrement Jean-René tu nous manques. Ma femme me parle souvent de toi. Dès qu’elle arrivait sur les lieux de la course, tu allais à sa rencontre la saluer en parlant patois, pendant que moi j’étais aux dossards. Tu lui demandais : "tu nous as amené le grand ?" Souriante, elle te répondait pas l’affirmative. Alors en patois tu lui ajoutais : "il est de bon poil ?" Alors là c’était la rigolade et on ne savait jamais si c’était oui ou si c’était non. Et comme on ne savait pas, c’était toi qui te chargeais de mettre de l’ambiance au micro en attendant "ton grand". Celui qui ne t’oublie pas...
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- Lettre à Jean-René (7 ans déjà)

VÉLO DORDOGNE - JEAN-RENÉ © BERNARD PECCABIN
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