NEUF ANS DÉJĀ

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Mon cher Jean-René,

- Voilà neuf ans que tu nous as quittés et depuis ce 28 janvier 2010, la vie devient de plus en plus morose. Il est vrai que nous aussi nous prenons de l’âge et qu’on est devenu des "tamalous" comme disent les jeunes de ta chère Double d’où tu es natif.
- Notre cyclisme est comme nous, à savoir qu’il poursuit son petit train train dans le mauvais sens. Au fil des saisons, j’ai l’impression qu’il accentue son déclin. Après le Tour de la Dordogne, voilà que le Tour des cantons de Mareuil-Verteillac met la clé sous le paillasson. Il ne reste plus que le Tour du Périgord comme réelle vitrine de notre cyclisme local. Qu’il est loin ce temps où le Périgord comptait plus d’une dizaine de courses de classe 1.12 !
- Aujourd’hui, la présidence du Comité de Dordogne est confiée à un homme du micro que tu as bien connu, en la personne de Jean-Louis Gauthier ! J’espère et je souhaite que sa bonne volonté et toute sa passion constitueront des gages sérieux pour une meilleure évolution de la discipline.
- Le Cyclo-Club Périgueux-Dordogne roule toujours en DN2. Disons qu’il reste le club phare du département et encore plus demain, puisque le Team Cycliste 24, club départemental qui évoluait en DN3, a annoncé son retrait malgré sa bonne saison où il a terminé 6° de la Coupe de France des clubs de DN3. Oui, il est de plus en plus difficile d’exister matériellement comme financièrement, dans ce monde égoïste où s’installe un malaise ambiant. Tu vois Jean-René, la vie n’est plus un long fleuve tranquille. De nombreux amis nous ont quittés. Tu as pu d’ailleurs les accueillir dans ton nouveau royaume, tel Philippe Vergnal du Guidon Terrassonnais, Pierre Bellemare qui ne donnera plus le départ de la nocturne de Monpazier et Armand de las Cuevas qui comme toi avait porté les couleurs du Cyclo-Club Marmandais. Et puis il y a eu aussi Pierre Dagnan un ancien du micro et Michel Pitard que tu avais maintes fois honoré lorsqu’il gagnait les épreuves que tu animais.
- Côté résultats je vais faire simple. Dans notre Périgord, il n’y a qu’un jeune qui a vraiment dominé, c’est Antonin Boissière du Sprinter-Club du Périgord. Sous la férule de Stéphane Reimherr, devenu entraineur, il a gagné le Tour du Bassin d’Arcachon, le Prix du Muguet, celui de Marmont Pachas, le Tour des Ecureuils et la nocturne de Montpon. Une nocturne de Montpon devenue "Souvenir Jacques Martin" après avoir été celui de ton souvenir, pendant quelques années.

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- 2018 s’est terminé par une vague de mécontentement social. Nous qui avons connu les gilets jaunes gardiens et protecteurs de nos carrefours, ils sont devenus des manifestants contre un gouvernement qui inflige des hausses successives sur les prix des carburants. Et c’est ainsi que les anges gardiens de nos courses (c’est comme ça que tu les honorais) sont devenus (en extrapolant) de légitimes contestataires qui ont terni l'ambiance de nos fêtes de fin d’année.
- Oui les temps ne sont pas simples et souvent j’exprime mon contentement d’avoir connu une belle époque et surtout toi mon cher Jean-René. Tu sais que ton club le SA Mussidan s’est associé avec un club du Bergeracois. Une belle opération, car aujourd’hui les clubs sont à l’agonie et seuls ceux qui se regrouperont peuvent espérer survivre...
- Je dois te dire aussi que mon blog est soutenu par Jean-Luc Confolens. Oui, celui pour lequel tu disais quand tu l’apercevais "gentil garçon que voilà" ! Il aime bien me lire et participe à la vie du blog. Bizarre l’existence de ce Girondin qui s’est installé dans mes Pyrénées pour passer ses vieux jours. Faut voir les promenades qu’il fait en nous gratifiant de belles images sur les réseaux sociaux. Ah tu sais pas Jean-René ce que c’est les réseaux sociaux ? Une belle merde comme dirait notre ami Gilbert Cuménal (en roulant les r). C’est là où chacun sur internet dit n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment... Mais Jean-Luc lui, nous montre que mes Pyrénées. Un vrai explorateur qui visite des coins que je ne connais pas, où je ne suis jamais allé, comme ce lac de Soum qui constitue son jardin secret.
- Voilà mon cher Jean-René le message annuel de notre bonne vieille Terre qui s’enfonce inexorablement sur un changement climatique qui va tout bouleverser. Les chênes de ta Double vont devenir sans doute des oliviers, mais ça, je ne le verrais pas et c’est le seul point positif de mon petit mot.
- Les jours passent, les années tombent et il va falloir bientôt penser à plier boutique. Lorsque je parcours la presse, c'est fou le nombre d'avis de décès qu'il y a avec ceux de notre génération. J’espère que tu me prépares une bonne petite place là-haut ! A un de ces jours, pour se revoir, dans les étoiles ? Ou qui sait, peut-être à l’année prochaine, pour d’autres nouvelles, qui j'espère seront plus agréables...

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Liens Jean-René Villechanoux :
- Lettre à Jean-René (un an déjà).
- Lettre à Jean-René (deux ans déjà).
- Jean-René speaker de notre joli Dordogne (1° partie)
- Jean-René speaker de notre joli Dordogne (2° partie)
- Jean-René (quatre ans déjà)
- Lettre à Jean-René (six ans déjà).
- Lettre à Jean-René (sept ans déjà).
- Lettre à Jean-René (huit ans déjà).

VÉLO DORDOGNE - LETTRE A JEAN-RENÉ © BERNARD PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne est à découvrir sur les blogs :
http://la-dordogne-cycliste.allmyblog.com/ et http://velodordogne.canalblog.com/