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Cyclisme

- Cela pourrait passer inaperçu et pourtant notre journal "Cyclisme" porte bien un numéro qui va bien au-delà des 1700. Un bel encouragement pour celui qui permet de réunir depuis plus de 45 ans le monde de la petite reine, dont il est utile de remémorer son parcours. Sa naissance ne fut pas facile, ne serait-ce qu'à la lecture de l'éditorial de sa première édition qui date du 29 avril 1969. Mais n’oublions pas de souligner que c’est grâce aux conseils d’Henri Crassat maire de Ribérac, que ce journal a vu le jour...

Premier éditorial du journal : " CYCLISME ! Ce titre tant convoité c'est seulement à notre quatrième épreuve que nous avons le droit de le porter. Il nous aura fallu trois épreuves pour l'obtenir. Pourtant à chacune d'elle, nous étions préparés, entraînés, mais chaque fois que nous approchions du but, de nombreux obstacles nous éliminaient, nous empêchant de figurer sur cette liste des journaux et publications agréées. Notre désir de nous faire connaître, et surtout de répondre aux espérances que bon nombre de nos supporters avaient fondées en nous, nous a conduits à détourner les règlements en utilisant le titre d'un confrère "Le Résistant". Quand nous disons d'un confrère, nous devrions ajouter d'un ami du cyclisme, car son concours nous a permis de renseigner nos supporters et d'obtenir ce titre de journal tant convoité. Merci Monsieur Jung. Notre journal "Cyclisme" nous le devons aussi à l'aide de notre collègue et ami, François Crassat, président du CA Ribéracois et plus particulièrement à l'appui de son oncle Monsieur Henri Crassat, maire de Ribérac qui nous a tiré le sprint. Cela nous a permis de franchir "la ligne d'arrivée" pensiez-vous ? Non pas ! Mais le seuil de certaines entrées. Une fois dans la place, nous avons rencontré une aimable personne dont les conseils et tactiques à employer pour atteindre notre but nous ont été très précieux. A tous, tant au nom de nos supporters qu'en notre nom, nous disons notre reconnaissance et vous adressons nos remerciements."

L'athlète

L'Athlète ancêtre du journal Cyclisme

 JACK DOYEN : FONDATEUR DU JOURNAL

- Ce premier éditorial ne porte pas de signature. Mais il est raisonnable de supposer qu'il ait été rédigé par Jack Doyen, son fondateur. Monsieur Doyen, un nom qu'on a toujours lu en petits caractères, juste en dessous du titre du journal, voire encore dans le petit rectangle réservé au comité de rédaction. Le parcours de Monsieur Doyen constitue un exemple qui ne mérite que du respect. Parler de cet homme n'est pas facile, tout simplement parce qu'il n'a jamais aimé que l'on parle de lui. Modeste, discret, ce monument du travail, ce gardien du temple cycliste, n'avait qu'une chose en tête : "travailler et servir". Il évitait les discours, refusait les médailles, mais il a été un vrai patron !

Doyen Jack

- Le virus du vélo, Jack Doyen le prend vite aux dépens d'André Tournis, fils de Maurice, ancien pistard du SA Bordelais, demeurant à Caudéran. Licencié au Cercle des commissaires, Jack Doyen débute dans le vélo en suivant les performances du jeune Tournis. Et c'est ainsi que la bicyclette prend le cœur de ce dirigeant et qu'avec ses rayons, elle encerclera une partie de sa vie...
- En 1959, Jack Doyen est coopté par le Comité de Guyenne comme membre de la commission des cadets, puis de celle de la piste et enfin celle des comités des fêtes. Un an après, le 27 novembre 1960 à Bordeaux, il sort élu du comité de Guyenne. Trésorier adjoint en 1962, il prend les fonctions de secrétaire général en 1963, dans ce comité qui devient celui d'Aquitaine, régionalisation oblige, et qui intègre le département de la Dordogne dans cette future grande région qui en est alors au stade de ses balbutiements. Jack Doyen restera trente deux ans au comité, même si de 1972 à 1976, il n'occupe qu'un rôle de délégué général, mais sans mandat électif.

L’ATHLETE, LE RESISTANT LIBOURNAIS ET CYCLISME

- La mise en route du journal "Cyclisme", devient sa préoccupation majeure. Fin novembre 1968, le journal "l'Athlète" décide d'arrêter sa publication. Appartenant au groupe Sud-Ouest, l'Athlète diffusait depuis 1920 et chaque semaine, les actualités sportives. Après la libération, il devient le bulletin officiel des comités cyclistes du grand Sud-Ouest. Dès la fin de sa publication, il a fallu réagir pour trouver une parade, faire vivre la discipline tout en préparant un nouveau journal. Mais pour cela, il fallait obtenir l'agrément paritaire, ce précieux sésame qui permet aux publications d'être distribuées à un tarif préférentiel et dans les mêmes délais que le courrier. Jack Doyen sera l'artisan de la réussite. Il rencontrera d'abord Monsieur Jung, directeur du journal "le Résistant de Libourne", qui dans ses pages, assurera d'abord l'intérim de l'Athlète, en reportant l'essentiel des informations cyclistes, dont les annonces de courses, véritable fil rouge de nos activités. Pendant cette période d'intérim, Jack Doyen étudiait et s'acharnait à lancer un hebdomadaire spécifique pour tous les licenciés. Et c'est ainsi que le 29 avril 1969, au quatrième essai, le "numéro un" de Cyclisme sortait de l'imprimerie moderne de Libourne.

Le Résistant

Le Résistant Libournais a servi quelques mois les cyclistes

CYCLISME, JOURNAL DE TOUS NOS LICENCIES

- "Cyclisme" a débuté avec les comités du Limousin, des Pyrénées, du Poitou et d'Aquitaine. En 1970, l'Orléanais du Président Raymond Monceau, puis de Daniel Raudet rejoint cette grande famille jusqu'en 1981. En 1995, le journal retrouvera un cinquième comité, avec l'entrée du Languedoc Roussillon. Il est difficile de résumer en une page la vie de notre bulletin de liaison. Pour cela, j'ai parcouru l'intégralité de la collection, celle de Philippe Dessimoulies, un ami, acharné de reliques et de publications, qui possède des richesses dignes de celles des plus grands archivistes, tout comme Henri Gouly, ancien président de la JS Astérienne, témoin et pourvoyeur lui aussi de cette époque, qui a sublimé tous ses champions.
- Comme son fondateur, "Cyclisme" est resté discret vis à vis de son comité de direction. Que ce soit lors du numéro 500 ou 1000, il n'y a pas eu de bruit. Rien, si ce n'est cette volonté de servir le lecteur en lui offrant toutes les nouvelles relatives à la vie des comités, à la présentation des grandes épreuves, des championnats, des calendriers, des clubs, des réunions et des assemblées générales. Edité en noir et blanc, ce n'est que sept mois après son lancement, que la première photo apparaît dans les colonnes du journal. Il s'agissait pour la petite histoire de fêter un événement au sein de la rédaction de la rue Lartigue, avec Mlle Michèle Latorre secrétaire administrative, qui coiffait Sainte-Catherine. Jack Doyen et le président Chadelle avaient marqué l'événement par un cliché en compagnie de Mesdames Lassep et Lorriaux, le tout sablé au Champagne et accompagné des traditionnels boudoirs.

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Michèle Latorre secrétaire administrative coiffant Sainte-Catherine au Comité

- Le journal a ensuite évolué. Dès octobre 1971, la première page revient à un chroniqueur, qui l'agrémente enfin avec des photos. C'est ainsi que Stéphane Boutet ouvre le bal de ces journalistes qui vont nous conter les plus belles heures de ce cyclisme de clocher comme de celui de tous ses champions. Le premier cliché, celui d'Alain Bernard et de Claude Magni qui brandit sa gerbe au Tour du Maroc. Stéphane Boutet nous offrira de nombreuses pages avec des champions comme Bernard Labourdette, Daniel Barjolin, Bernard Bourreau, Francis Campaner, Alain Meunier et bien d'autres, ceci jusqu'en mai 1973, date de son décès qui bouleversera tous ses lecteurs. Martial Bonnat, alias Stéphane Boutet nous quittera, ayant eu juste le temps de parler encore des exploits de Jacques Bossis, de Lucien Sautier et de Jean-Noël Provost, son dernier reportage. Après la disparition de ce journaliste issu de l'Echo du Centre, ce sera Michel Pierre qui assurera la continuité de cette chronique attachante et pleine d'intérêt. Se retrouver en première page, constituait alors un honneur pour ce journal noir et blanc, imprimé sur grand format (297 x 420). Michel Pierre, c'est l'époque des grandes croisades cyclistes qui ont pour nom Roger Saladié, Hubert Arbès, Pierre Bazzo, Michel Fédrigo, Christian Jourdan, celle des clubs comme la Pédale Tonneinquaise, l'EC Foyenne du président Bonnet ou le CA Béglais, sans oublier l'éclosion d'un champion comme celle de Gilbert Duclos-Lassalle. De 1978 à 1995, Christian Bibal marquera de sa plume le cyclisme du Nord des Pyrénées, ce boulimique du succès. Avec Christian Bibal, l'essor basque, le Tour du Béarn, le Béarn-Aragon, la Chalosse, le Marensin, sont des lieux magiques qui deviennent son arène. Il nous égrènera au fil des parutions un chapelet d'exploits, celui des Francis Castaing, Pierre Corre, Bernard Pineau, Dominique Arnaud, des frères Vérardo pour ne citer que quelques souvenirs, mais aussi les passages de l'Etoile des Espoirs dans sa région ou encore le souvenir d'un Championnat de France piste sur le vélodrome d’Aire sur Adour. Christian Bibal (l'homme de l'essor), sera rejoint dès 1978 par un certain Jean Robert Laloi (l'homme du Bol d'Or), qui narrera lui aussi et avec beaucoup de conviction le vélo du Centre Ouest, celui qui part de l'Aunis et du Saintonge, pour passer par les Monédières, le Quercy et jusqu'aux limites du Lauragais et de la Montagne Noire, où s'entraînait Laurent Jalabert, encore amateur en ce temps là. Jean-Robert Laloi sème la bonne parole sportive en regardant, en étudiant, en admirant des champions de la trempe de Duteil, Peyramaure, de Carvalho, Laskowski, Durant, Leblanc, Chaumet, Virvaleix, Gourmelon, Jean, Larpe, Simonnot, Turlet, Rebière le pistard qui a mis du bleu, blanc, rouge dans sa vie… Jean-René Laloi c'est encore le cyclisme de mon Sud-Ouest, un agréable lexique sur les coureurs des mandats des présidents Bousquet, Perrier, Péraudeau et Strauss. Jean Robert Laloi ? Un génie de la métaphore, un talentueux chroniqueur durant onze années. Et c'est ainsi que du Nord au Sud de la couverture sportive de "Cyclisme", le lecteur apprendra à découvrir tous les porte drapeaux de la discipline.

n° 1 de Cyclisme

Le numéro un du journal Cyclisme du 29 avril 1969

- En 1990, "Cyclisme" commence à flirter avec la couleur. Timidement, puisque seul le titre du journal sera imprimé en bleu. Juste avant, Jean René (sans doute un pseudonyme), participera à quelques reportages, suivi par Patrick Louis, digne successeur de Laloi durant de longues années. On avance dans l'échelle des temps, puisque Patrick Louis, c'est l'époque des Bonomelli, des Bareille, des Frutoso, des de Las Cuevas, des Rous et des Roux, sans oublier les critériums de Puy l'Evêque et de Vayrac, à l'époque du regretté Jean Bernussou. A ce moment là, on sent que le journal bouge. De nouveaux rédacteurs apparaissent comme Alain Douaud en 1988 qui débute avec un Tour de Gironde et Jean-Pierre Bigeon en 1989. Ils sont parfois aidés par Christian François, puis par Yves Nouhaud. Aujourd'hui Alain Douaud, Jean-Pierre Bigeon, Renaud Valette et quelques pigistes assurent la pérennité du journal qui constitue face à l'internet, le support papier indispensable qu'on trouve dans sa boîte à lettres, pour communiquer et rester l'outil qui peut favoriser le dialogue comme les échanges.
- Les progrès de l'imprimerie, la modernisation des techniques, la révolution naissante de l'image et de la communication rattrapent le journal qui sera édité désormais en format A4 dès 1995. C'est le premier grand changement qui intervient avec titres en couleur rouge, nouvelle une, nouveau graphisme, plus d'illustrations, une partie magazine et de nouvelles rubriques. Dès lors, le bulletin n'arrêtera pas d'évoluer avec encore des changements en 1997 et en 1999. Lors du millénium, les premières images en couleurs marqueront une nouvelle étape. La suite, le 11 janvier 2002 avec Yannick Pouey, qui sort des imprimeries Sodal à Langon, le premier numéro entièrement en couleurs, suivi d'une nouvelle présentation le 3 décembre 2004. Aujourd'hui, nous en sommes à la date de cette publication au numéro 1732, soit quarante cinq années de fidélité au service de toute la famille du vélo. Merci Monsieur Jack Doyen, vous pouvez être fier de votre œuvre et pour un journal qui parti de rien, est devenu aujourd'hui un outil respectable, dont chaque sportif attend chaque vendredi de chaque quinzaine sa sortie, pour y lire la suite d'un feuilleton, celui consacré au cyclisme de nos régions.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – ANIMATEURS 12 © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste