LA SUPPRESSION DU JOURNAL CYCLISME :

UN COUP DUR POUR LES ARCHIVISTES

C'est fini

- La récente décision du président de Nouvelle Aquitaine constitue un véritable coup de massue pour les passionnés de vélo que nous sommes. Depuis 1969, ce bulletin de liaison nous assurait un maximum d’information. Succédant au journal l’Athlète, "Cyclisme" fondé de toute pièce par Jack Doyen avait connu une naissance difficile dans le monde de la presse, à une époque où l’on exigeait de nombreuses conditions pour obtenir le numéro de la commission paritaire qui assurait au journal une distribution postale rapide et à petit prix. Ce journal a connu de belles heures, surtout dans sa version blanche et noire où l’on pouvait trouver toute la vie du comité avec des procès-verbaux de réunion, des décisions fédérales, les montées de catégorie, photos, reportages, rubrique engagez vous, etc... Mais depuis l’arrivée de la couleur, son intérêt s’est tourné vers une décroissance progressive des informations. En faits, l’actualité s’est comportée à l’image de la chute de nos licenciés et si aujourd’hui la corde est finalement rompue, cela signifie que nous touchons le fond du seau et que notre vélo de proximité se situe dans l’agonie.
- Il n’est pas question de chercher ici des responsables, voire d’accuser des personnes. On sait que nous vivons un contexte difficile, une situation économique qui touche de plein fouet les pratiquants confrontés à des tarifs onéreux, un art de vivre et une mentalité tué par le progrès. Et si à cela on ajoute le faible nombre d’abonnements, la coupe est pleine. Mais a-t-on essayé de trouver du partenariat, des publicités pour soutenir cette presse ? Je ne pense pas et même je n’en sais foutre rien... Alors on se tourne vers le numérique, l’internet qui constitue la roue de secours privilégiée de la version papier, définitivement enterrée.
- Cette annonce voire cette décision n’arrangera pas du tout les futurs archivistes, passionnés et friands de nos courses de clocher. Lorsqu’il faudra rechercher des résultats et des classements de nos jeunes, internet ne donnera pas dans la durée ce que la version papier nous a laissé en héritage. Les hébergeurs actuels manquent de sérieux et de fiabilité. J’en sais quelque chose avec mon premier site "la Dordogne cycliste", laissée sur le carreau suite à un arrêt d’un hébergeur sans scrupules, qui a mis du jour au lendemain la clé sous le paillasson, me faisant perdre cinq années de recherche et de travail. Depuis, d’autres hébergeurs ont fait de même, condamnant le travail fastidieux de nombreuses petites mains abonnées au clavier.
- Tout cela pour dire que désormais, l’information cycliste va vivre des moments difficiles puisqu’elle ne sera plus visible dans la postérité. Et il ne faut pas compter sur la presse locale qui depuis longtemps ne cause vélo que pour le mettre plus bas qu’il ne se situe. Voilà pour mon coup de gueule, celui d’un serviteur âgé et qui va faire rire sans doute certains licenciés. Mais tant pis, au risque de me répéter, l’arrêt de Cyclisme constitue un acte très grave pour notre vélo local et aux conséquences qui ont été loin d’être évaluées.
- Sur ce LIEN, lire l’histoire du journal Cyclisme.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - FIN DE CYCLISME © Bernard PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne