DIX ANS DE PRÉSIDENCE, 50 ANS DE VIE CYCLISTE

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- Le cyclisme à Sainte-Foy, c’est une longue histoire puisqu’elle a débuté en 1893 avec M. Edouard David. Bien sur, je ne vais pas vous refaire ici toute l’histoire du club, puisque Denis et Jacques Reix ont rédigé un magnifique ouvrage à ce sujet, ouvrage dont je vous invite à découvrir et à lire. De ce fait vous verrez bien que ce cyclisme Foyen a de très longues racines qui empiètent maintenant sur trois siècles. Ce livre constitue la mémoire vivante de cette association, et ce serait vraiment bien que d’autres sociétés accomplissent une démarche similaire en évoquant leur passé, leurs courses, leurs licenciés…

- J’ai toujours eu un très grand respect pour les couleurs de l’EC. Foyenne et d’ailleurs, je me souviens qu’en qualité de président du Comité Dordogne, j’avais associé ce club à notre comité. Je l’avais fait car il respirait à fond notre cyclisme, puisqu’il organisait des épreuves sur notre département. Je l’avais fait aussi, car de nombreux coureurs de Dordogne détenaient une licence sous les couleurs jaune et bleues.

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- Nous fêtons actuellement les dix ans de présidence et les 50 ans de la vie cycliste d’Eric Vouillat. Eric est né huit jours après la première victoire de Jacques Anquetil au Tour de France en juillet 1957. Est-ce un signe du destin ? Personnellement je l’ai suivi au cours de sa jeunesse et principalement lorsqu’il a accompli ses plus grands exploits, je veux parler lors de son passage à l’EVCC Bergerac. Mais ses premiers galops il les a accompli ici à Sainte-Foy en 1973, il avait 16 ans. Il remporte sa première victoire à Pineuilh en 1975, puis ensuite dans les années 80, c’est à l’EVCC Bergerac, au sein de la bande de Claude Mazeaud, qu’il forge les plus belles lignes de son palmarès. C’était l’époque des Laurent Mazeaud, Dominique Delort, Patrick Delort, Eric Dupré, Alain Ignace, Pascal Van Hollebecke, Jean-Philippe Avezou, Jean-François Chaminaud, Gilles Dupré et les frères Lamontagne (Pierre-Marc et Xavier) tous des premières catégories particulièrement chevronnés. C’était alors des participations et des sélections pour les grandes épreuves comme l’Essor Basque, le Tour de Corrèze, Bordeaux-Saintes, Royan-Blaye, Lagorce Laguirande,

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Tarbes-Sauveterre, le Tour du Béarn, le circuit de la Chalosse, le Tour du Cantal, Tour du Tursan, celui de Gironde. On écrit alors qu’il totalise 43 victoires et 92 places de second, mais ça c’est lorsque le livre des Reix a été édité, autrement dit en 2004. Mais depuis 2004, Eric a continué de courir avec toujours cette envie de vaincre et de plus en sautant la barrière pour servir les sportifs du coin, puisque il a succédé en 2011 à Jean-Marie Valade à la présidence du club. Malgré la maladie qui ne lui a pas fait de cadeaux, il continue de courir et de gagner si bien qu’aujourd’hui nous en sommes à une carrière cycliste qui totalise 50 saisons, pour lesquelles il a connu ses rivaux, puis ceux de leurs enfants et sans doute ceux leurs petits enfants avec qui il a couru. Et puis je voudrais ouvrir une parenthèse pour parler de Michel, son cher papa que nous aimions tous. C’était un homme passionné, qui suivait son fiston partout, le bidon ou la veste de survêtement à la main. Homme de service, on entretenait avec lui des rapports exceptionnels. J’ai connu Michel pour la première fois, je crois dans une course à Salon de Vergt où j’officiais en qualité de commissaire. Salon de Vergt et sa course du mois de mai, plus de cent coureurs, pas de prime, une bosse terrible, mais c’était l’image du vélo que nous aimions. Pas très à l’aise dans mes débuts d’arbitre, Michel Vouillat était venu m’aider pour gérer les doublés et établir le classement en toute impartialité. Je m’en souviens comme si c’était hier, sur ce mur d’école publique de la commune qui nous servait de table. Ce devait être sans doute en 1981 ou 1982, il y a 40 ans en gros… D’aussi loin qu’on le voyait, Michel venait nous saluer, toujours avec son sourire coutumier, sa gentillesse et sa bonne humeur. On dit que les chiens ne font pas les chats et là je pense que notre Eric, riche des gènes de son géniteur de père, est devenu lui aussi un descendant apprécié et estimé.

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- "Mon cher Eric je sais que tu es un passionné, un leader naturel, un peu fougueux, qui aime cultiver les amitiés et les relations. Tu es un président qui refuse l’échec et tu as une force et un courage pour développer tes idées, ce qui fait que tu es resté un vrai leader qui a su se faire respecter, un homme généreux, droit, qui de plus respecte les champions, tout comme les plus faibles. Tu es un de ceux qui a su faire partager ta foi, ton enthousiasme, car tu es un passionné toujours actif, qui a su dominer les évènements. Ennemi de la routine, tu as su prendre des initiatives, être l’homme d’action que l’on connait, pour se situer dans le vrai, pour voir clair et juste, car tu as été coureur et de ce fait, tu connais toutes les ficelles de la discipline, celles du domaine sportif comme celles du domaine administratif.
- Et puis il y a eu une deuxième partie dans ton mandat de président. Notamment avec cette maladie orpheline évolutive qui te ronge la vie, mais contre laquelle tu te bats. Te voilà ainsi rentré dans le handisport où tu remportes en 2020 deux titres de champion de France (route et contre la montre en Savoie). En 2021 c’est la coupe de France qui te sourit, avec un succès sur le circuit de Plouay, puis de nouveau un titre national dans le Morbihan et encore deux autres en cette saison 2022 à Ploërmel en juin dernier. On le voit, tu n’as jamais abandonné la partie et tu t’es offert des activités prometteuses avec ces titres gagnés du fait que tu n’as jamais renoncé à l’effort, car le faire c’est renoncer à la vie. Je sais que pour toi les difficultés sont faîtes pour être vaincues. Que ces difficultés ne sont pas des barrières qui te stoppent, mais des tremplins qui t’amènent à te surpasser, car durant ces trois saisons, tu t’es fait un devoir de les surmonter et de rester l’exemple pour tous. Être président, vaincre, servir d’exemple à ses licenciés qui voient leur président surmonter les problèmes de la vie, constitue la plus belle démonstration d’un président vis-à-vis de ses licenciés et je t’en félicite."

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- Ainsi après Jean Pagnac, René Bonnet, Francis Seurin et Jean-Marie Valade, Eric Vouillat est devenu le cinquième président Foyen. Cinq présidents en 70 années de vie sportive, ce n’est pas beaucoup et cela prouve bien que le club reste stable et bien géré. Je pense d’ailleurs que la bicyclette a pris le cœur d’Eric. Avec ses rayons, elle a encerclé une partie de sa vie dans son cadre harmonieux pour l’illuminer encore et toujours de ses victoires, de ses nickels et de ses chromes.

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- Eric Vouillat ce n’est pas que Sainte-Foy son port d’attache. Notre coureur a été aussi un grand voyageur où il a soudé de nombreux liens notamment en Dordogne. Si l’EVCC Bergerac au temps de sa splendeur constitue le club précurseur de sa longue chevauchée, il y a eu aussi des saisons à la Pédale Faidherbe, au Sprinter Club du Périgord, à la Jeunesse Sportive Astérienne, sans oublier ses attaches avec l’Ufolep et notamment à Port Ste Foy, soit une longue croisade où il s’est illustré en remportant succès et places d’honneur. Aujourd’hui, Eric fête les 10 années de présidence, ses 50 saisons en qualité de cycliste, avec un beau bilan, des compétitions où il a semé sa bonne parole sportive, avec une tête bien organisée, une expérience consommée de la course, une classe reconnue et une estime de tous.
- Je souhaite maintenant qu’Eric continue son combat contre la maladie. Je sais que depuis, il est devenu le point de mire de tous ses amis, qu’il est apprécié et observé dans notre cercle de la petite Reine. Je sais qu’il fait tout son possible pour vivre avec sa maladie et ses prestations cyclistes le prouvent au sein de la FFH Asshav/Poitiers où il est adhérent. Maintenant je sais aussi que comme d’un navire dans la tempête, notre cher Eric reste son capitaine imperturbable. Et si le capitaine que tu es ne peut maîtriser la mer, tu sais guider encore ton bateau. Ton optimisme et ta volonté de te battre restent essentiels dans cette bataille. Tu es armé pour y faire face car ton mental est d’acier et ta persévérance exemplaire. Ne désespère pas et n’abandonne pas ton combat. Aie confiance en ta bonne étoile, garde espoir, le soleil brille au bout du tunnel. Merci enfin pour tout ce que tu as fait, pour tout ce que tu as donné à notre discipline, on t’apprécie vraiment et nous avons hâte de te revoir sur les podiums. Bonne et longue route à toi, champion !

VÉLO DORDOGNE - ERIC VOUILLAT - © BERNARD PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne