15 juillet 2021

JACQUES VIVIER - SAISON 1952/4

39° TOUR DE FRANCE - 16 JUILLET 1952

L'ÉTAPE POUR JACQUES VIVIER

- Qui se souvient de ce 16 juillet 1952 ? C’était la première fois que le Tour de France traversait la Dordogne pour rejoindre Limoges. C’était aussi le premier Tour de France d’un coureur pour lequel on nourrissait des espérances de le voir parmi les grands. C’était la première fois qu’un coureur de notre Dordogne allait gagner, c’était en faits un grand jour pour notre cyclisme. Depuis, aucun coureur de Dordogne n’a réussit ce que Vivier a fait ce jour là. Deux ans après, il réédite son exploit, mais depuis, on attend toujours la relève...
- Jacques Vivier, ce petit tailleur du hameau de Verdinas, à Sainte-Croix de Mareuil, rentrait ce jour là, dans la légende, dans celle du cercle des vainqueurs d’étapes du Tour... En ce jour anniversaire, "Rétro Vélo Dordogne" retrace cette folle journée, grâce à Francis Duteil qui a conservé les archives de cette période si riche pour le cyclisme de notre Périgord. 

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Franchissement d'un passage à niveau fermé à Libourne

BORDEAUX-LIMOGES - LE REPORTAGE

- Liste des équipes et des participants au Tour de France 1952.
- Relire le reportage précédent sur sa saison.
- Aujourd’hui encore, il y a 78 partants car le coude de Jean Dotto va mieux et personne ne manque au départ de la 20ème étape de ce 39° Tour de France. Les rescapés des Pyrénées tiennent bon et la victoire des Hollandais donne de l’espoir à ceux qui n’ont rien gagné.
- Quelques coureurs portent les traces de leurs chutes des étapes de montagne et le plus beau pansement est celui de Fiorenzo Magni, dont il recouvre le menton. On hâte les opérations du départ car l’horaire a été calculé pour passer entre les trains aux passages à niveau de La Bastide. Le départ réel y est donné après un défilé à travers Bordeaux qui fête son dernier représentant, le champion de France indépendant 1951 Tino Sabbadini.

ÉCHAPPÉE FRANCO-ITALIENNE

- Dès la côte des Quatre Pavillons, point de départ de Bordeaux-Paris, les Italiens se portent en tête du peloton avec l’intention visible de contrôler la course. Mais les Français sont décidés à attaquer. Raoul Rémy démarre mais est suivi par Giovanni Corrieri puis par Lucien Teisseire et Ettore Milano. Deux contre deux !... Cela présente moins d’intérêt. L’échappée ne s’en poursuit pas moins mais sans conviction.
- Un passage à niveau fermé avant Libourne (Arveyres)vient un moment jeter le trouble dans le peloton mais quand on franchit la Dordogne, les quatre fugitifs n’ont plus qu’une légère avance et ils seront rejoints à la sortie de la ville. Le parcours facile dans la première partie, l’air frais sous un soleil généreux permettent au peloton d’assurer un train régulier plus rapide que le 33 km/h de moyenne prévus.

GIGUET ET BERNARD CHASSENT LES PRIMES

- A défaut d’offensive, nous assistons à des démarrages pour les primes. A Saint-Médard de Guizières, c’est Paul Giguet qui en récolte une... et s’arrête sur la ligne pour en demander le montant. Puis à Montpon, au 63 ème kilomètre, André Bernard l’imite. Ses co-équipiers freinant le peloton, il prend une avance de 200 mètres et l’on peut croire un moment qu’il va continuer. Mais après avoir franchi la ligne d’arrivée de la prime, il n’insiste pas davantage que Giguet. On est encore trop loin de Limoges et il connait les difficultés du parcours.

ENCORE UN PASSAGE A NIVEAU FERMÉ

- C’est l’étape des passages à niveau fermés. En voici encore un à Mussidan, au 80 ème kilomètre. Tout le peloton doit se faufiler par le portillon ou passer sous la barrière. Fausto Coppi est dans le petit groupe qui se constitue avec les coureurs du Sud-Est, Giguet, Bianchi et Pezzuli, ainsi que Goldschmidt, de Hartog, Pezzi, Rotta, Rossinelli et Decaux. Trois kilomètres plus loin, la prime de Sourzac revient encore à Giguet, décidément très actif depuis qu’il n’a plus à épauler Molinéris.

TEISSEIRE RAMÈNE

- Aucun tricolore ne s’est débrouillé pour être de ce groupe. Aussi c’est Lucien Teisseire qui prend la direction de la chasse et ramène le peloton. Les derniers à revenir sont Vincent Vitetta et Jean Bertaina (équipe Sud-Est), qu’un gendarme a retenu au passage à niveau alors que le train de marchandises arrivait à petite allure. Après le regroupement, c’est également au petit train que le peloton poursuit sa route vers Périgueux où le ravitaillement lui est assuré au 115 ème kilomètre, c'est-à-dire à mi-course.

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Ravitaillement à Périgueux devant le palais de justice

BARTALI CRÈVE ET REJOINT

- L’allure réduite permet à tous les malchanceux de revenir rapidement. Les Italiens sont particulièrement visés, puisque tour à tour Giulio Bresci, Franco Franchi, et Gino Bartali crèvent, mais Gino attendu par Giovanni Corrieri, rejoint rapidement. Edward Van Ende (Belgique), Bernard Gauthier (France) font de même et pour une fois la prise des musettes à Périgueux (palais de justice) ne provoque aucune tentative. Les Hollandais sont à leur tour groupés pour attendre l’un des leurs qui a crevé. Tous portent des pansements sauf Jan Nolten (Hollande) qui n’est pas tombé.

MAGNI ET VAN EST DANS UNE ÉCHAPPÉE A CINQ

- C’est au 146 ème kilomètre que les choses sérieuses commencent. Sur un nouveau démarrage de Paul Giguet, on voit Fiorenzo Magni attaquer avec Wim Van Est, Georges Decaux (Paris) et le rapide Adolphe Pezzuli (Sud-Est). Rapidement ces bons rouleurs prennent de l’avance et celle-ci se solde par 25 secondes après six kilomètres d’échappée à Thiviers (152 km). Bien que les Italiens favorisent l’envolée d’ailleurs annoncée de Fiorenzo Magni, le peloton ne cède du terrain que pied à pied. L’écart qui est passé à 55 secondes au 161 ème kilomètre, diminue sur une intervention des blancs (équipe de Ouest-Sud Ouest) et des tricolores. Au 168° km, il n’est plus que de 45 secondes. C’est à la fois pour son propre classement et pour celui de son équipe, que Magni se dépense dans l’échappée à laquelle il donne son nom et son panache.

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L'échappée file sur Limoges

RENAUD REJOINT

- A 40 km de l’arrivée, Adolphe Pezzuli (équipe Sud-Est) victime de crampes est lâché, mais Jacky Renaud (Paris) se détache du peloton et se lance à la poursuite des échappés qui n’ont plus que trente secondes d’avance. Il les rejoint avant Châlus (181 km) où l’écart est à nouveau de 35 secondes, ce qui donne une idée des à-coups que subit le peloton, tantôt freiné par les Italiens, tantôt tiré par les tricolores et les régionaux.

UN BEAU RETOUR DE VIVIER MAIS MAGNI N’INSISTE PAS

- L’écart est encore réduit à vingt secondes à Séreilhac, à 32 kms de l’arrivée, mais Jacques Vivier (équipe Ouest/SO) effectuant un beau retour est venu se joindre aux échappés qui n’étaient plus que trois : Georges Decaux (Paris), Jacky Renaud (Paris) et Wim Van Est (Hollande), car Magni n’insiste plus et le peloton l’absorbe. Magni rejoint et Vivier en tête, c’est la réussite de l’échappée qui se poursuit au-delà d’Aixe sur Vienne, sur la boucle que l’on accomplit autour de Limoges, pour atteindre le beau stade d’où l’on aperçoit les coureurs à quelques kilomètres de là dans la dernière descente.

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Vivier termine en solitaire, il a course gagnée

VIVIER TERMINE SEUL

- Les deux Parisiens, le Hollandais et le Limousin qui constituent le groupe des échappés augmentent leur avance et la portent à plus de trois minutes. C’est alors dans la dernière côte du Pont de l’Aurence, que Vivier démarre et s’en va seul, précédant les trois autres de six secondes à l’entrée du stade et remportant une belle victoire. La foule des sportifs de toute la région qui a envahi le stade Beaublanc, acclame le jeune champion limousin que sa famille est venue accueillir. Au sprint, Van Est prend la seconde place en battant les Parisiens. Puis Ahmed Kebaïli (AFN) arrive seul... Il s’est détaché au même endroit que Vivier, dans la côte de l’Aurence à un kilomètre de l’arrivée et cela lui vaut de prendre une très belle 5° place devant tout le peloton. Les leaders du classement général se trouvent là tous pelotonnés autour de Fausto Coppi et cette étape n’apporte aucun changement en ce qui concerne la tête du Tour.

39° TOUR DE FRANCE - 16 JUILLET 1952
LES ÉCHOS APRES L’ARRIVÉE A LIMOGES

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Le quart Perrier pour Vivier à Limoges

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Dessin d'Henry Desproges en l'honneur de la victoire de Vivier à Limoges

ÉCHOS D'APRÈS TOUR

géants

- Nous venions d’arracher Jacques Vivier à l’enthousiasme de la foule Limousine. Un confrère italien nous prenant en aparté venait de nous déclarer : "Mais éloignez le donc de ce stade ! Ils vont l’étouffer. Chez nous, même lorsque Bartali a gagné, la foule n’est pas aussi délirante". Fendant à coups de coude cette mer humaine dont le flux et le reflux nous empêchait quasiment d’avancer, nous parvînmes à grand peine à nous engouffrer avec Jacques Vivier dans la voiture de notre ami Robert Pascal. Ce fut alors le même concert d’acclamations, les mêmes cris, le même débordement de joie.
- Et puis soudain, quittant ce véritable forum, abandonnant cette foule qui avait vu gagner le champion qu’elle aimait, nous nous retrouvâmes en tête à tête avec notre jeune héros devant une menthe à l’eau. Il buvait, buvait, notre triomphateur ! Lorsqu’il eût épanché sa soif, alors que déjà ses soigneurs devaient commencer à se demander si nous ne l’avions pas kidnappé. Jacques se mit à parler...
- Il est resté le même, notre crack Ribéracois ! Toujours aussi modeste, toujours aussi souriant. Le succès ne lui a pas tourné la tête. Plus encore que sa victoire du stade Beaublanc, c’est la preuve qu’il fera son chemin.
"Je te l’avais dit au départ, je te l’avais répété chaque jour, je voulais gagner une étape. Si les dieux m’avaient demandé de faire un choix, j’aurais dit : Limoges ! Alors je suis comblé. Cela me fait oublier Namur, Aix en Provence et Toulouse. On ne peut toujourspasser au côté d’une fontaine si profonde fût-elle sans parvenir un jour à en boire une goutte d’eau claire". Et Jacques de nous conter tous les détails de sa course : "Si j’ai gagné c’est à Fausto Coppi que je le dois. Il est le seul maître de la course. Il joue avec nous comme le chat avec les souris. Nul ne peut entreprendre quelque chose sans le bon vouloir de Fausto. S’il le voulait, il gagnerait avec deux heures d’avance. Et contrairement à certains d’autres, il l’avantage d’être un homme de parole. De Pau à Bordeaux, j’avais envie d’attaquer. Il m’avait dit : Reste tranquille... Demain, on verra... Lorsque Decaux, Renaud, Van Est furent échappés, il vint à ma hauteur et me donna à comprendre que c’était le moment de m’en aller. Tu penses que je ne me suis pas fait dire deux fois. Ces diables de tricolores, qui ne me portent pas dans leur cœur, essayèrent bien de venir me chercher. Mais tant pis pour eux, leur heure était passée !...
- Les derniers kilomètres je m’en souviendrai toute ma vie. Je m’étais fait préparer un thermos avec du porto et de la cola. Histoire de me rendre nerveux après le deux centième kilomètre... Hélas ! Je l’avais oublié. Mais crois-moi, les "Vivier" que je vis tracés sur le milieu de la route et les hurlements de la foule qui naissaient dans mes oreilles comme le bruit de la mer, tout cela a été le plus précieux des dopings.
- L’arrivée au sprint à Beaublanc m’effrayait. J’avais perdu il y a deux ans, le Grand Prix d’Automne et la saison dernière, Guitard m’avait précédé dans le championnat du Limousin. Aussi, dès l’Aurence, je démarrais à la mort. Advienne qui pourra. Je tentais ma chance. Van Est était derrière moi. Il fut long à répliquer. J’avais gagné. Mon développement de 52 x 15 avait beau être trop grand pour une piste en cendrée, je crois qu’il aurait fallu que le stade s’écroule sous moi pour que je sois battu.
- Autant que les acclamations du public, le geste de Fausto Coppi m’a comblé de bonheur. Il est venu à mes côtés pour que nous fassions notre tour d’honneur côte à côte. Merci Fausto ! Merci Limoges ! Et à bientôt ! "

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Remise de la gerbe à Limoges

- Tout Limoges était à la fête pour accueillir le 39° Tour de France et si plus de 10 000 personnes avaient pris place dans l’enceinte du Parc Municipal, des dizaines de mille étaient échelonnés en rangs serrés sur les vingt derniers kilomètres.
- Ces Limousins étaient là pour le Tour de France mais aussi pour les deux locaux, Jacques Vivier et André Bernard. Ils étaient là avec le secret espoir que l’un des deux remporterait une retentissante victoire.
- "Vivier est en tête à Châlus" annonce le haut-parleur et une ovation spontanée jaillit des tribunes. Elle n’ira que s’amplifiant alors que les annonces se succèdent sur l’approche de l’enfant du Limousin. Et Jacques Vivier apparut... 10 000 personnes debout lui firent un accueil que le Ribéracois n’est pas prêt d’oublier. Cette ovation monstre dura longtemps, longtemps et ne se termina qu’à la fin du tour d’honneur du héros accompagné de son camarade Bernard

- Une ovation plus discrète celle-ci, mais qui n’en toucha pas moins celui à qui elle était adressée, fut faite à notre Georges Briquet de la Radiodiffusion Française qui lui aussi est un Limousin. L’organisation de la réunion d’attente fut impeccable et menée rondement. Elle intéressa vivement le public qui applaudit également les intermèdes qui lui furent présentés et notamment Anny Cordy et les sœurs Bordeaux.
- Le 39° Tour de France est passée à Limoges...Ce matin les rescapés partent en direction de Clermont-Ferrand. Le public Limousin leur souhaitera un au revoir et Jacques Vivier, nouvel héros du sport Limousin, tentera de réaliser de nouveaux exploits sur la route de Paris... Bravo Vivier !... Bravo Bernard !... (à suivre)

Coppi-Vivier 1952

Tour d'honneur avec Coppi maillot jaune

ÉCHOS D’ARRIVÉE A LIMOGES

COUPS d’ŒIL et COUPS D’OREILLE INDISCRETS

- Ce 16 juillet est un grand jour pour Vivier ! Le 116... C’est lui. Vive Vivier ! Allez Jacques !... Dans la traversée de la Dordogne, Vivier a été fêté par ses compatriotes, et le jeune Ribéracois qui est un des coureurs les mieux élevés du Tour, saluait le bras levé, ceux qu’il reconnaissait au passage.
- On le sentait à la fois heureux et fier. Si Vivier a lutté dans le Tour, s’il s’est accroché lorsque la défaillance l’étreignait, s’il a souffert en un mot, c’est un peu pour vivre cette grande journée.
 Au contrôle de ravitaillement à Périgueux, Monsieur Andrieux, président du CAP nous saluait au passage. Nous remarquions également des rugbymen Capistes, Bergeracois, des footballeurs de Razac, champion de la Dordogne 2° division, de la Thibérienne, champion de la Dordogne 1° division. Tous nous demandaient des nouvelles de Vivier.
- Le couvre chef de Jacques Goddet est le baromètre du Tour. C’est ainsi que le jour où le patron perdit son beau casque colonial, balayé par la tramontane, le soleil nous abandonna. Mais au départ de Bordeaux, M. Goddet arborait un nouveau casque colonial et le soleil est revenu. Lucien Teisseire qui bien qu’étant méridional, préfère la pluie à la chaleur, souhaite que M. Jacques Goddet perde encore son casque. Mais le directeur de la course a pris ses précautions en fixant solidement la jugulaire. Comme dit l’autre : "il ne peut pas casquer tous les jours !... "
- Le commissaire Bodart avait annoncé avant le départ à Bordeaux, qu’il fallait à tout prix partir à l’heure afin d’éviter un passage à niveau fermé... Le Tour quitta les bords de la Garonne à l’heure exacte et pourtant, nous nous trouvions bientôt devant deux barrières fermées. Prenez donc vos précautions ! Ces deux passages à niveau nous ont permis de faire deux constatations : Jean Le Guilly escalade mieux un col qu’une barrière de chemin de fer. Il se retrouve le dernier de l’autre côté des voies. Decaux est le champion des débrouillards : le Parisien sauta les barrières mieux que Johnny Hesse dans sa chanson, pour empocher vingt billets de mille dans la traversée de Mussidan, où la barrière était encore fermée...
- Sur la pelouse du stade de Limoges, une belle jeune fille brune enlaçait de bon cœur Jacques Vivier embarrassé de ses fleurs. Encore une fois criaient les photographes. Tourne-toi de ce côté avec ta fiancée. C’était sa sœur. Je lui dois énormément nous confiait-il quelques instants plus tard une fois dans sa chambre, loin des vivats et des tapes dans le dos un peu trop vigoureuses des Limousins. A elle comme à toute ma famille où l’on m’a toujours encouragé à devenir un coureur cycliste. Sans leur aide morale je serais encore à l’atelier à manier l’aiguille. Mais je la reprendrai sans hésitation si jamais le métier de routier me décevait.

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LETTRE DE JEAN LEULLIOT A JACQUES VIVIER

Mon cher Jacques,
- Tu vas me permettre de t’appeler ainsi car tu sais bien que je te considère un peu comme mon fils. Tu as gagné ma première Route de France et tu as fait les premières armes contre les grands professionnels internationaux dans mon Paris-Côte d’Azur. Or, c’est dans ces deux épreuves que tu t’es révélé et que tu t’es imposé au grand public. Ton brave mentor et ami Duteil le sait bien d’ailleurs.
- J’estime avoir donc le droit de te parler franchement et de te faire toucher du doigt la rigueur, la sérénité du métier que tu as choisi.
- Je vais donc te dire d’abord une chose que je pense sincèrement et je vais te la dire au lendemain de la première victoire d’étape : mon cher Jacques, tu peux être satisfait de ton Tour 1952, mais je sais moi, que tu vaux mieux que cela. Le Tour 1952 ne doit pas te donner entièrement satisfaction et je vais t’en donner les raisons.
1°. Tu avais montré dans la Route de France 1951 et dans Paris-Côte d’Azur 1952, en passant premier au col de Castillon et du col de Braun, que tu étais un remarquable grimpeur. Or tu n’as pas bien escaladé les cols du Tour de France 1952. Car je sais moi, qu’au mieux de ta forme, tu aurais dû terminer chaque montagne dans les quinze premiers.
2°. D’autre part, tu as lancé trois échappées avant Brest, Namur et Aix en Provence, et tu as flanché trois fois. Or je sais que lorsque tu es en condition comme hier à Limoges, tu tiens parfaitement la distance.
3°. Enfin tu aurais dû terminer dans les cinq premiers de l’étape contre la montre Metz-Nancy, car tu t’étais classé 4° dans Paris-Côte d’Azur et huit jours après tu avais battu le grand spécialiste Berton.
- J’espère d’ailleurs qu’après demain tu montreras ta vraie valeur. Voilà mon petit Jacques ce que je pense et je ne voudrais pas que tu m’en veuilles de te parler franchement.
- J’avais écrit et dit avant le Tour 1952, que tu étais capable de te classer dans les dix premiers et je le crois encore. Ne te laisse donc pas griser, pense que tu as une magnifique carrière devant toi, et que tu ne connais pas encore ton métier et que tu ne sais pas te préparer sérieusement. Excuse-moi de jeter une petite ombre sur ton jour de gloire, mais sache que ceux qui te montrent tes faiblesses t’aiment autant que ceux qui t’encensent. Quand tu auras compris cela, mon fils, tu seras un des plus grands champions du monde.               Jean Leulliot

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Avec Alain Bernard régional de l'étape à Limoges

Le classement à Limoges : 1. Jacques Vivier (Ouest Sud-Ouest) en 6h32’43s, 2. Wim Van Est (Hollande) à 6 secondes, 3. Georges Decaux (Paris), 4. Jack Renaud (Paris) tous deux m.tps, 5. Ahmed Kebaïli (Afrique du Nord) à 2’54s, 6. Stan Ockers (Belgique) à 3’02s, 7. Jean Goldschmidt (Luxembourg), 8. Henk Faanhof (Hollande), 9. André Rosseel (Belgique), 10. Francisco Massip (Espagne), et le peloton dans le même temps, etc...
- Classement complet de l’étape sur ce lien.
Le classement général à Limoges : 1. Fausto Coppi (Italie) 129h09’20s, 2. Stan Ockers (Belgique) à 27’01s, 3. Jean Robic (France) à 30’37s, 4. Bernardo Ruiz (Espagne) à 30’49s, 5. Gino Bartali (Italie) à 32’49s, 6. Alex Close (Belgique) à 32’55s, 7. Jean Dotto (France) à 37’26s, 8. Fiorenzo Magni (Italie) à 37’37s, 9. Aloïs De Hartog (Belgique) à 48’33s, 10. Andrea Carréa (Italie) à 49’43s, etc...

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - JACQUES VIVIER (1952/4) © BERNARD PECCABIN
Prochain article : la saison 1952 de Michel Brun

Posté par Bernard PECCABIN à 21:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 juillet 2021

14 JUILLET 1954 : JACQUES VIVIER BEAU VAINQUEUR A VANNES

LE JOUR OÙ JACQUES VIVIER TRIOMPHE
UNE DEUXIEME FOIS AU TOUR DE FRANCE

 - Tour de France 54, équipe Sud Ouest : Philippe Agut, Louis Bergaud, Louis Caput, Joseph Cigano, Marcel Dussault, Marcel Guitard, Valentin Huot, René Privat, René Remangeon, Jacques Vivier. Remplaçants : Tino Sabbadini et Louis Kosec (Directeur Sportif : Paul Maye)
- Blessé dans une chute après le départ de la deuxième étape à Anvers, le Parisien Louis Caput rentre chez lui et confie le capitanat de l’équipe à Jacques Vivier.
- Le 14 juillet 1954 la 7° étape Brest-Vannes est gagnée par Jacques Vivier devant François Mahé et Pascale Forlini (reportage ci-dessous)
- Voir les engagés du Tour en 1954.
- Lire le palmarès de Vivier en 1954 (article précédent).

victoire à vannes

Dans un ultime effort, Vivier bat Mahé à Vannes

 - Il pleut sans discontinuer sur Brest et la campagne bretonne noyée dans la brume. Les rescapés du Tour enfilent leur imperméable pour aller sans enthousiasme au départ. Deux hommes manquent à l’appel : l’Espagnol Dalmacio Langarica blessé au coude lors de sa chute de la veille à Landernau et le Breton André Ruffet, souffrant d’une sciatique. Le forfait de ce dernier réduit à six unités l’équipe de l’Ouest.
- Quatre-vingt-quatorze coureurs démarrent sur une route rendue glissante. Il est 11h00. Malgré la pluie, c’est un départ à 50 à l’heure. A croire que les concurrents du Tour mangent du cheval depuis le départ. Le tir de harcèlements des Suisses ne connaît pas de trêve, même en ce jour du 14 juillet. Emilio Croci-Torti est le premier artificier de la journée.
- Il s’en va au 15ème kilomètre, avec Francis Siguenza, puis Emile Guérinel. Ces trois hommes traversent Daoulas (km 17) avec 250 mètres d’avance sur le peloton. Mais Francis Siguenza jugeant cette échappée prématurée, se relève et laisse filer Croci-Torti et le Breton Guérinel. Jean Forestier et Jean Schmitt (Lux.) tentent de s’évader du peloton, couvert de nylon. Hugo Koblet et Ferdi Kubler les invitent à se tenir
tranquille.

Les deux fuyards ont quatre minutes d’avance

- En tête, Croci-Torti fidèle lieutenant de Koblet assure sa part de travail et avec Guérinel, il roule sec... si l’on peut dire, puisqu’il pleut à torrents. D’une minute au 34ème km, l’écart monte à quatre minutes à Châteaulin (40ème km), ville natale du regretté Camille Danguillaume. Du peloton, Apo Lazaridès, François Mahé et Jacques Vivier ne tardent pas à se sauver. Tous trois livrent une chasse ardente aux deux leaders. Au passage à Quimper (77ème km), devant les rives de l’Odet, Croci-Torti et Guérinel possèdent trois minutes d’avance sur Vivier, Mahé et Lazaridès et 3’50s sur le peloton. Meunier qui venait de crever, était à quatre minutes.

Abandon de Roger Hassenforder

- Quatre kilomètres après Quimper, Roger Hassenforder s’arrête et déclare abandonner. "Je ne suis pas en condition physique suffisante, dit-il. Plus jamais je ne recourrai le Tour. Je préfère les épreuves classiques". Ce coup de tête de l’Alsacien n’étonnera pas Antonin Magne. En effet, avant le départ du Tour. Tonin le sage nous avait affirmé : "Hassen n’ira pas loin, car il n’est pas en forme. S’il m’écoutait, il ne partirait pas". En tête, Croci-Torti et Guérinel sont rejoints par Vivier, Mahé et Lazaridès.
- Au 95ème km ces cinq hommes traversent Concarneau (100ème km) où l’air sent la sardine, trente secondes avant Alomar, Schaer, et 45 secondes sur un peloton tiré par Bobet. Puis à 1’15s vient un groupe conduit par Van Breenen.

Vivier et Mahé seuls en tête

- Alomar et Schaer s’ajoutent aux cinq leaders peu après Concarneau. Schaer était en tête, l’équipe de France se relaie au commandement du peloton et au 108 ème km, les fuyards sont absorbés, sauf Vivier et Mahé qui, voyant rappliquer le gros de la troupe, repartent de plus belle avec 500 mètres d’avance.
- L’homme du Sud-Ouest et celui de l’Ouest roulent à belle allure et s’accordent fort bien pour se partager le travail.

Ils sont rejoints par Dominique Forlini

- Avant Quimperlé, Dominique Forlini, stimulé par sa victoire de la veille, démarre en trombe suivi de Guérinel qu’il lâchera d’ailleurs dans une côte. A Quimperlé, Vivier et Mahé précédant d’une minute Forlini et de 5’20s le peloton. La longue côté située à la sortie de cette ville permet à Forlini d’apporter une aide substantielle à Vivier et à Mahé. Derrière, Guérinel est rejoint par Desmet et Botella. Toujours dans cette côte, Fritz Schaer secoue le peloton duquel il s’extirpe en compagnie de Geminiani qui, bien entendu, refuse de relayer le Suisse et Gilbert Bauvin, qui vise lui le maillot vert perdu à Brest.
- Le peloton se disloque. Schaer très puissant, revient sur Guérinel, Desmet et Botella. Ces deux derniers ne veulent pas mener. Enfin, ils se décident à aider Schaer. Mais les français appuient plus fort sur les pédales et le groupe Schaer est absorbé au 138 ème km.

5 minutes 45 secondes d’avance à Hennebont

- Sous la pluie faisant rage, Forlini, Vivier et Mahé roulent vite. Forlini, littéralement déchaîné, assure les relais les plus rapides. Le peloton, se désintéresse de cette fugue, le trio des leaders augmente sérieusement son avantage. A Hennebont (162 ème km), il est de l’ordre de 5’40s. Il reste 40 km à parcourir. Allons-nous assister à une deuxième victoire d’étape de Forlini ? Ce n’est pas impossible. Poussés par un vent favorable, Vivier, Forlini et Mahé qui à Lorient a empoché une prime de 50 000 francs, foncent vers Vannes avec une avance de huit minutes sur l’horaire. Un groupe fort d’une vingtaine de coureurs est pointé à neuf minutes des francs-tireurs de la course.

9 minutes d’avance à Auray

- Forlini continue le forcing, bien épaulé par Jacques Vivier et François Mahé. L’écart grandit encore et à Auray (190ème km), soit à 21 kms du vélodrome de Vannes, le trio des leaders passe neuf minutes avant le peloton. A cet endroit Forlini devient 4ème du classement général, à cinq minutes de Bobet et second français du Tour. En dépit de la pluie, il y a une foule énorme sur le bord des routes. On aime le cyclisme en pays breton. Les derniers kilomètres n’apportent aucun changement pour les trois leaders. Mahé pénètre le premier sur la piste de Vannes, suivi de Vivier et de Forlini. Vivier attaque dans la ligne opposée mais Mahé répond du tac au tac, tandis que Forlini semble se désintéresser du sprint. Vivier et Mahé abordent ensemble la dernière ligne droite et finalement Vivier l’emporte offrant après Dussault une deuxième victoire d’étape à l’équipe du Sud Ouest. La moyenne horaire, 39,200 kms pour les 211 kms est magnifique, surtout, si l’on tient compte du fait que l’étape s’est entièrement déroulée sous la pluie et sur des routes glissantes. Le peloton survient 8’30s plus tard et c’est Kubler qui remporte le sprint, conservant ainsi son maillot vert. Bobet garde le jaune, mais Forlini remonte à la cinquième place.

Hassenforder a souhaité bon voyage au Tour

- Roger Hassenforder, monté dans le camion balai, s’est enveloppé d’une couverture et d’un imperméable. "J’étais malade depuis le matin affirmait-il. Je n’ai pas pu manger, mon estomac est détraqué. Le Tour ce n’est pas un boulot pour moi". Le docteur Berti alerté, ne croit pas un mot des affirmations du Champion de France de poursuite. "Il a abandonné sur un coup de tête dit le toubib en reprenant place dans sa 4 CV. Hassen n’est pas plus malade que vous et moi". L’abandon du maillot jaune du Tour 1953 est diversement commenté dans la caravane. Les journalistes ont perdu avec Hassenforder, une mine d’échos.
 Classement de l’étape : 1. Jacques Vivier (Sud-Ouest) les 211 km en 5h24'22", 2. François Mahé (Ouest), 3. Dominique Forlini (Ile de France) tous même temps, 4. Ferdi Kubler (Suisse) à 8'28", 5. Stan Ockers (Belgique), 6. Fritz Schaer (Suisse), 7. Wim Van Est (Hollande), 8. Alfons Vandenbrande (Belgique), 9. Louison Bobet (France), 10. André Darrigade (France).

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Victoire à Vannes, en Pays Breton

LA BRETAGNE FAVORABLE... AU SUD-OUEST
BREST-VANNES A FAIT REVIVRE LE MEILLEUR VIVIER
DE LA   ROUTE DE FRANCE ET DE PARIS COTE D’AZUR
(par Gaston Bénac sur la route du Tour)

- La Bretagne n’aura pas été favorable aux Bretons. Aucun d’eux n’a réussi à triompher dans son fief. Pourtant François Mahé, croyait bien vaincre sur la piste de Vannes. Il n’avait pas ménagé ses efforts et il était encore en tête à une centaine de mètres de la ligne d’arrivée, mais Jacques Vivier, dans un dernier "rush" vint lui arracher la victoire.
- Si la foule bretonne montra sa déception en accueillant par des bordées de sifflets le tour d’honneur du Ribéracois, celui-ci n’avait pourtant pas volé son succès.
- Jacques Vivier qui, sous la pluie, m’a semblé avoir retrouvé ses moyens, fut constamment à la pointe du combat et fut à l’origine de l’échappée décisive. Alors que l’on pouvait commencer à désespérer de lui, Vivier a montré qu’il fallait encore le considérer comme un de nos meilleurs routiers de courses par étapes.

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- Je crois qu’il trouve dans ce genre d’épreuves le climat le plus favorable pour étaler sa classe qu’il nous révéla dans la "Route de France", "Paris-Côte d’Azur" et en remportant une étape lors de ses débuts dans le Tour, il y a deux ans.
- J’avais déjà remarqué son aisance lorsqu’il contre attaqua en compagnie de Schaer et de l’espagnol Alomar, derrière l’échappée de Crocci-Torti et Guérinel, qui avaient lancé la course sous un ciel pluvieux. Très en verve, il repiqua une crise après le regroupement du 100ème km, profitant de ce que les "Grands" reprenaient leur souffle. Il trouva en François Mahé un homme aussi décidé que lui à tenter sa chance. Si bien qu’en une trentaine de kilomètres, ce tandem avait réussi à prendre plus de cinq minutes au peloton. C’est à ce moment que se place l’exploit du jour réalisé par l’étonnant Forlini. Ce "routier repenti" si j’ose dire, - car après quelques belles performances sur la route, il rechercha des succès plus facile sur la piste - n’est pas seulement un excellent sprinter, mais aussi un très beau routier. Sortant du peloton en boulet de canon, le vainqueur de la veille, merveilleux de puissance se lança à la poursuite des fuyards et comblait l’écart de plusieurs minutes. Après cette magistrale poursuite et aussi après avoir joué un grand rôle dans le succès de la fugue, personne ne s’étonnera qu’il ait été battu au sprint par Vivier et François Mahé. Mais ses efforts n’auront quand même pas été vains. Dans sa chevauchée, Forlini a conquis de précieuses minutes qui lui ont fait faire un bond prodigieux au classement général, où il se trouve désormais dans le sillage de Kubler, à la cinquième place, à moins de sept minutes de Louison Bobet.
- A l’heure où l’on enregistre l’abandon d’Hassenforder, qui pour avoir pris le Tour trop à la légère, a capitulé sans gloire, Dominique Forlini ne se révèle-t-il pas comme pouvant être le successeur éventuel du trop fantaisiste Alsacien, dans le rôle de trouble-fête ? Forlini athlète lourd, n’est pas un grimpeur. Il serait donc nullement surprenant qu’il tente d’exploiter la position qu’il a acquise sur les routes bretonnes, en se lançant avant les Pyrénées, à la conquête du maillot jaune. Mais alors il lui faudra tromper la surveillance dont il fera maintenant l’objet de la part des "grands". Entre Brest et Vannes, l’équipe de France et Louison Bobet en tête est restée maîtresse de la situation. Certes les tricolores ne furent pas soumis au même "bombardement" que la veille, mais j’ai pu remarquer une bien meilleure cohésion des troupiers de Marcel Bidot.
- Si Koblet et Kubler, éprouvant sans doute le besoin de récupérer, restèrent sur la réserve, Fritz Schaer, par contre harcela encore Bobet. Une première fois selon la tactique favorite des Suisses, avec Croci-Torti pour lièvre, une seconde fois en compagnie du petit leader belge Desmet, désireux, comme Fritz, de surprendre Bobet. Mais chaque fois, les réactions des "tricolores" ne lui laissèrent aucune chance de réussir dans son audacieuse entreprise.
- L’équipe de France imposant le respect à ses grands adversaires, la trêve des "grands" que nous avons connue hier va-t-elle se poursuivre ? On peut s’y attendre.

AVEC CEUX DU SUD-OUEST
Le Sud-Ouest de distingue
VIVIER VAINQUEUR A VANNES. ET D’UN !
L’équipe du Sud-Ouest emporte le classement de l’étape. Et de deux !
(par Louis Gauthier notre envoyé spécial)

- L’équipe du Sud-Ouest a remporté aujourd’hui une deuxième et sensationnelle victoire qui récompense justement un garçon méritant et un directeur sportif avisé Paul Maye. Le sprint gagné par Jacques Vivier au vélodrome de Vannes, met en vedette à la fois une équipe qui a connu depuis le départ bien des difficultés et un coureur qui lui aussi s’est dépensé sans compter.
- Au cours de la randonnée que les trois fuyards accomplirent, Vivier eut l’occasion de déployer ses talents de poursuiteur. Il mena le plus souvent et lorsque Forlini à quelques kilomètres de l’arrivée, eut demandé la permission de ne plus mener, c’est Vivier qui lui donna l’autorisation : "Ne t’en fais pas, lui dit-il, tu n’as qu’à nous suivre." En récompense, Dominique Forlini, indiscutablement le plus rapide, laissa à ses deux compagnons d’échappés le soin de disputer le sprint. Tous les autres coureurs de l’équipe du Sud-Ouest ont fait une remarquable course d’ensemble. Marcel Guitard fut la seule victime de la journée, puisqu’il tomba de son vélo à vingt kilomètres du départ. Huot et Bergaud l’attendirent, et tous trois rejoignirent très rapidement. Le frein de Marcel Guitard était coincé. Quant à Privat et Agut, ils firent partie longtemps du deuxième wagon, celui qui s’était lancé à la poursuite des fuyards. Malheureusement Agut souffre toujours de ses furoncles et a dû faire preuve de beaucoup de courage pour terminer.
- Enfin il resta à signaler la course courageuse de Valentin Huot que son genou a fait terriblement souffrir en raison de la pluie qui n’a jamais cessé de s’abattre sur la course. "Depuis le deuxième jour je souffre horriblement. Depuis les pavés de Lille très exactement".
- Enfin Marcel Dussault a terminé sans forcer lui non plus outre mesure, dans le gros peloton. La victoire du Sud-Ouest à l’étape et au classement par équipes est bien encourageante pour Paul Maye le directeur technique, qui désespérait de connaître un jour la chance. "Et maintenant que les Pyrénées se sont plus loin, j’espère dit-il que nous aurons souvent l’occasion de démontrer nos talents". En disant cela, Paul Maye pense encore à Vivier et à Bergaud, la "puce du Cantal", qui rougit encore de plaisir et de confusion lorsqu’on lui parle du retour sensationnel qu’il permit à Bobet de faire dans l’étape de Brest.

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Vivier vainqueur mais Bobet reste en jaune et habillé par Yvette Horner

COUPS D’ŒIL ET COUPS D’OREIILES

- Il fallait voir Paul Maye sauter sur place au vélodrome de Vannes pour se rendre compte à quel point il avait vécu cette étape, qui lui rapporte le deuxième succès du Sud-Ouest, dans ce Tour de France. "Jacques Vivier était le plus fort, je le savais, mais je craignais un dérapage sur la piste mouillée au cours du sprint"discutait Paul Maye. Une immense joie remplaça son angoisse, lorsque son poulain passa la ligne en devançant François Mahé d’une demi-roue.
Triomphant, Paul Maye jetait : "Je vous avais donné rendez-vous avant le sud-ouest. Vous voyez, j’ai tenu parole et ce n’est pas fini".
- Dix minutes plus tard le peloton arrivait et on constatait la présence de Dussault et Privat, ce qui assurait la victoire pour le challenge par équipe à la formation du Sud-Ouest. "Journée radieuse" s’écriait Maye, oubliant le temps épouvantable qui avait accompagné les coureurs de Brest à Vannes. "Nous encaissons 500 000 francs aujourd’hui et cela vaut bien une douche céleste même prolongée".
- On comprend la joie des équipiers à maillot blanc à bande noire, car non seulement ils sont satisfaits avec deux victoires avant même d’arriver chez eux, mais encore ils ont la joie d’avoir sur cette étape, obligé les terribles bretons à s’incliner devant un gars de la Dordogne.

Les vainqueurs français le jour du 14 juillet
1947 : Pierre Tacca (Pau-Bordeaux), 1949 : Emile Idée (Toulouse-Nîmes), 1953 : Jean Robic (Cauterets-Luchon)1954 : Jacques Vivier (Brest-Vannes), 1961 : Jacques Anquetil (Bergerac-Périgueux), 1968 : Roger Pingeon (Font-Romeu-Albi), 1969 : Roger Delisle (Castelnaudary-Luchon), 1970 : Bernard Thévenet (Saint-Gaudens-La Mongie), 1971 : Bernard Labourdette (Luchon-Gourette), 1975 : Bernard Thévenet (Barcelonnette-Serre Chevalier), 1980 : Mariano Martinez (Le Lautaret-Morsine), 1989 : Vincent Barteau (Montpellier-Marseille), 1995 : Laurent Jalabert (Saint-Etienne-Mende), 1997 : Laurent Brochard (Pau-Loudenvielle), 2001: Laurent Jalabert (Strasbourg-Colmar), 2004 : Richard Virenque (Limoges-Saint-Flour), 2005 : David Moncoutié (Briançon-Digne les Bains), 2016 : Warren Barguil (Saint-Girons-Foix).

La suite du Tour de France de Jacques Vivier

- Jacques Vivier leader de l’équipe Sud Ouest donne des inquiétudes. Le Champion de Dordogne, une des principales victimes de la chute des Landes (Bordeaux-Bayonne) a non seulement perdu vingt minutes, mais il souffre atrocement de la cheville droite, sérieusement touchée au moment de la bûche collective. Très courageux, Vivier a repris le départ de Bayonne-Pau, mais Paul Maye se demande s’il pourra continuer.
- Finalement Vivier bouclera ce 41° Tour de France en terminant à la 40° place.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - VIVIER VAINQUEUR UN 14 JUILLET © BERNARD PECCABIN
Après lecture, lire la fin de carrière de Vivier sur ce LIEN.

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10 juillet 2021

12 Juillet 1964 - PORT DE COUZE : LA TRAGÉDIE DU TOUR DE FRANCE

Extraits de la presse locale du 13 juillet 1964

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1964, Bergerac attend le passage du Tour de France alors
qu'un drame se déroule à Port de Couze 15 kms plus loin

- Port de Couze, lieu-dit à l’entrée Ouest de Lalinde a vécu une tragédie sur les bords de la route du Tour de France. Aujourd’hui, ce sera le cinquantenaire de ce drame et c’est pour cette raison que "Dordogne Cycliste" vous fait revivre ces terribles heures vécues par des gens qui étaient venus voir simplement les coureurs de la grande boucle.
- Le Tour est repassé sur ces lieux en 1973, en 1976, en 1987 et en 1994. Un dépôt de gerbe a été fait en 1994 pour le trentenaire lors du passage du Tour en Périgord durant trois jours. En 2004, lors des 40 ans de ce drame, d’autres personnes sont venues se recueillir ici (voir photos). Alors que le Tour fera escale à Bergerac d’ici quelques jours, il n’est pas interdit de penser qu’une cérémonie se déroule sur ces lieux.

″J’ai voulu retirer une fillette. J’ai pris son bras qui m’est resté dans la main. Il était sectionné raconte un témoin de la tragédie de Port de Couze

- Neuf morts dont trois enfants et treize blessés, tel est le bilan du terrible accident qui s’est produit samedi 12 juillet à Port de Couze (Dordogne) au 106° kilomètre de la 19° étape du Tour de France, Bordeaux-Brive. Un camion de ravitaillement de la gendarmerie après avoir manqué un virage, est entré dans la foule massée sur un pont enjambant le canal latéral de la Dordogne et a entraîné avec lui dans les eaux plusieurs dizaines de spectateurs.

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Les coureurs à Bergerac vont découvrir l'horreur du drame

- Rien ne permettait de prime abord de déceler la traitrise du tournant, juste avant le pont marquant l’entrée du village. Vers la fin de la matinée, une voiture de la caravane publicitaire avait déjà dérapé dans ce difficile virage en épingle à cheveu. Le service d’ordre avait fait évacuer tout un côté du pont, mais il n’était pas apparu de prendre une mesure identique en ce qui concerne le côté opposé, où les curieux s’étaient massés, les uns assis, les autres debout.

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Les coureurs à l'arrêt observent du haut du pont le drame qui vient de se dérouler

- A 13h10 c’était le drame. Ce camion va trop vite, il va rater son virage, s’écria un témoin horrifié de la scène.

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Notre photo : le camion citerne dans les eaux du canal (sud-ouest archive).

- Un camion de gendarmerie qui transportait du kérosène destiné à l’hélicoptère qui surveille la circulation tout au long du Tour de France, dévalait la route à toute allure… Quand le chauffeur commença à freiner il était déjà trop tard. Le lourd véhicule fit une embardée et fonça vers le parapet où s’étaient massés les curieux venus des villages voisins. Ceux qui se trouvaient au point d’impact furent littéralement broyés avant d’être précipités avec des dizaines d’autres dans le canal, où le camion termina sa trajectoire.
Des hurlements déchirants.
- Au premier rang des spectateurs se trouvait un mutilé, Monsieur Munoz, amputé des deux jambes qui fut tué net sans pouvoir faire un mouvement.
- Après le court moment de stupeur qui succéda à l’accident brutal, dont le déroulement ne demanda pas plus de quelques secondes, les hurlements déchirants des femmes et des enfants s’élevèrent de toutes parts. Dans le même temps, on assista au bouleversant spectacle d’une solidarité spontanée qui fit se précipiter tout habillés, dans l’eau du canal, des dizaines de spectateurs afin de porter secours aux victimes. L’un d’entre eux, Monsieur Rouchon venu tout exprès de Port de Couze depuis son domicile de Saint-Aigulin en Charente-Maritime, afin d’encourager Epaud, un coureur charentais raconte : J’ai plongé aussitôt. J’ai eu la chance de retirer le chauffeur du camion avant qu’il ne périsse noyé. Le malheureux, complètement hébété, ne cessait de répéter : ″ce n’est pas possible, ce n’est pas possible″.
- Simultanément, des scènes atroces se déroulaient près de la rive du canal sur lequel on pouvait voir flotter des lambeaux de vêtements arrachés et de chair.

Port de Couze hier et aujourd'hui

Port de Couze en 1964 - Port de Couze en 2004 lors du passage du Tour

Un petit corps décapité.
- La courageuse action des sauveteurs bénévoles fut déterminante. C’est ainsi que Monsieur Henri Péan, âgé de 52 ans, maçon-cimentier, ancien maître nageur parvint à ramener sur la berge deux corps sans vie avant de replonger une troisième fois pour repêcher une personne qui a pu être ramenée grâce à la respiration artificielle. Mais les secours s’organisèrent ensuite rapidement. Ce furent d’abord les pompiers de Lalinde qui arrivèrent sur les lieux, bientôt suivis par ceux de Bergerac et de Périgueux. Les hommes grenouilles prirent le relais des premiers sauveteurs pour fouiller les eaux du canal et en retirer les autres victimes.
- Sur un petit chemin longeant le canal en contrebas de la route nationale, un sauveteur retrouva la tête d’un enfant dont le petit corps décapité devait peu après être retiré de l’eau.

Où est ma maman.
- Parmi les scènes les plus atroces qui ont marqué cet accident, la plus émouvante est sans doute le désespoir d’une jeune fille de 18 ans. Mlle Claude Boisserie criant d’une voix entrecoupée de sanglots pour réclamer à tous les échos : Où est ma maman… où est ma maman… Elle était venue avec elle et avec son père, depuis Beaumont en Périgord où ils sont domiciliés. Mais Mme Léa Boisserie est morte. Son cadavre a été retiré du canal, de ce canal où la jeune Claude avait été aussi précipitée en même temps que sa mère, mais d’où un sauveteur avait pu la ramener indemne. Quant à M. Boisserie qui se trouvait un peu plus loin avec des amis, il a dû se borner à assister impuissant à ce drame.
- Monsieur Etienne demeurant à Périgueux a fait de l’accident le récit suivant : J’ai vu surgir le camion du tournant. Il roulait à très vive allure. Quand le chauffeur a commencé à freiner, il était déjà trop tard. Assis près de moi sur le parapet se trouvait un monsieur que je ne connaissais pas mais avec qui je parlais de la course. Dans une fraction de seconde il a disparu, projeté dans le canal par le camion fou qui m’a miraculeusement épargné. Sa dernière phrase a été : Vont-ils bientôt passer ? Puis ce fut le vide. M. Etienne est indemne.

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Notre photo : les secours sur les bords du drame (sud-ouest archive).

Un bras sectionné.
- J’étais assis sur cette petite borne, entre M. Loiseau qui a été blessé et M. Munoz qui a été tué, raconte un autre témoin, M. Ernest Pralong. J’ai vu le camion foncer sur nous. J’ai repoussé une fillette au loin. Je me suis ensuite jeté à terre sur le côté dans un mouvement instinctif. J’ai voulu retirer une fillette, j’ai pris son bras, ce bras m’est resté dans les mains. Il était sectionné. Alors j’ai eu une défaillance. Le pont était dégagé, le service d’ordre avait fait évacuer toutes les personnes qui s’y trouvaient pour ne pas créer un étranglement. Les curieux s’étaient alors massés aux deux extrémités dans les tournants et c’est justement à une de ces extrémités que le camion a fauché les spectateurs.
- Tous les témoins du drame soulignent le courage de ceux qui du haut du pont plongèrent pour retirer du canal les personnes qui y étaient tombées. On cite le plus souvent le nom de M. Pierre Vergne, qui en retira plusieurs et retira la petite voiture d’infirme de M. Munoz.

carrefour aménagé de Port de Couze

Passage du Tour de France 30 ans après sur le carrefour aménagé

Que suis-je venu faire ici.
- Une dizaine de minutes après l’accident, le peloton des coureurs arrivait sur le pont. Devant le spectacle et sans qu’aucun mot d’ordre n’ait été donné, ils s’arrêtaient, descendaient de bicyclettes et pendant une minute ils restaient immobiles et silencieux. Mais la course continuait et ils repartirent vers le but de l’étape : Brive.
- A 17h00, tandis que le service d’ordre faisait reculer assez loin des lieux de l’accident la foule des curieux, les sauveteurs s’employaient à pomper l’essence transportée par le camion dont le châssis était immergé mais dont la citerne était dégagée au-dessus l’eau. Dans la salle d’un restaurant voisin du pont et transformée en chapelle ardente, quatre cadavres se trouvaient alors réunis. Il y avait celui de Mme Léa Boisserie, celui de M. Angel Munoz, âgé de 57 ans, le mutilé tué sur le coup, celui de Mme Claudine Rey âgée de 21 ans et celui de sa petite nièce, Michèle Cavailles, âgée de trois ans, dont les parents sont domiciliés à Bordeaux et qui passait les vacances chez sa grand-mère.
- M. Etienne Rey qui s’était marié récemment, grièvement blessé était évacué sur Bergerac par un hélicoptère. C’est un de ses compagnons de travail, M. Fernandez, conseiller municipal de Couze, qui l’avait retiré du canal. En reconnaissant son ami, M. Fernandez lui dit : Ah ! c’est toi ? Et M. Etienne Rey eut encore la force de lui répondre : Que suis-je venu faire ici

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Commémoration du drame par les autorités en 2004 (Photo Anne-Marie Sopkowitz)

Trop tard.
- Dès l’annonce de la tragédie tout le personnel de l’hôpital de Bergerac avait été mobilisé. Lorsque les premières victimes y arrivèrent, deux blocs opératoires étaient en place, tandis que plus de 150 personnes se présentaient au centre de transfusion sanguine. Mais les chirurgiens ne purent rien faire pour trois des blessés qui avaient succombé pendant le transport. Ces trois morts ainsi qu’une fillette blessée qui n’avaient pu être identifiés après l’accident furent reconnus dans la nuit. Il s’agit de M. Gabriel Jolibert, de son épouse et de leurs deux fillettes habitants de Saint-Avit-Sénieur (Dordogne). C’est la sœur de Mme Jolibert qui a reconnu les trois membres de sa famille à la morgue de l’hôpital et la fillette dans une salle de l’établissement de Bergerac au moment même où Jacques Goddet et Félix Lévitan directeur et codirecteur du Tour de France, venant de Brive, s’apprêtaient à se recueillir devant les dépouilles mortelles. La jeune femme en pleurs et hurlant d’épouvante fut prise de syncope en voyant la tête défigurée de son beau-frère. Elle dut être emmenée par deux infirmières.

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Dépôt de gerbes devant la stèle (Photo Anne-Marie Sopkowitz)

Le camion va être expertisé.
- A 18h00, les hommes grenouilles après avoir longuement exploré le fond du canal et plus particulièrement le dessous du camion mettaient fin à leurs recherches, estimant qu’aucun autre corps ne se trouvait dans l’eau. Dans la soirée, le véhicule a été retiré du canal et ramené à la gendarmerie de Bergerac où il sera expertisé. Il ne fait cependant pas de doute pour les enquêteurs que l’accident est dû à l’allure trop rapide à laquelle le lourd camion de trois tonnes a abordé le virage. Le conducteur, le gendarme Guichène a-t-il cru que la route se prolongeait en ligne droite ? On peut se le demander, car dans le prolongement de cette route venant de Bergerac se situe un chemin de halage signalé par des bornes blanches, mais ces bornes étaient devenues invisibles, car les spectateurs s’en servaient de sièges. Ce n’est qu’au dernier moment qu’il aurait aperçu le virage à angle droit, virage qu’il ne pouvait pas aborder à l’allure où il roulait et son coup de frein désespéré - des témoins ont vu les stops s’allumer - était trop tardif. Il était déjà sur le parapet.
- L’annonce du drame a bouleversé les gendarmeries de la Gironde où Guy Guichène était connu et estimé de tous ses camarades et de ses chefs. Ces derniers le notaient particulièrement bien. Marié et père de trois enfants, le gendarme chauffeur était détaché au centre d’hélicoptères de La Teste. Chargé plus particulièrement de la surveillance des plages en cette période de congés. Il se trouvait hier en mission exceptionnelle pour assurer le ravitaillement de l’hélicoptère de la gendarmerie survolant le Tour de France.

moment de silence après le dépot de gerbe du comité de loisirs du port de couze #001

Moment de silence après le dépôt par le comité des loisirs local d'une gerbe en 2004
(Photo Anne-Marie Sopkowitz)

Une nuit calme.
- Les blessés sont toujours en traitement à l’hôpital Pozzi de Bergerac. Leur état n’a pas empiré depuis hier et tous ont passé une nuit relativement calme. Une fillette cependant, la petite Christine Vidal âgée de six ans n’a toujours pas repris connaissance. Dans une clinique privée, où un seul blessé a été transporté, M. Gilbert Gaillard a passé une excellente nuit.
- Une des victimes légèrement atteinte, M. Gérard Vergnolle a regagné son domicile ce matin. Tous les autres restent sous surveillance médicale y compris le chauffeur du camion citerne, le gendarme Guichène qui a été inculpé d’homicide involontaire et placé sous mandat de dépôt à l’hôpital. On pense qu’il sera transféré bientôt à la prison de Périgueux.
- Les dépouilles des huit victimes de l’accident ont été rendues à leur famille. Le corps de Mme Léa Boisserie avait été dès hier soir ramené à Beaumont du Périgord tout comme celui de la petite Paulette Chavaroche, 10 ans à Port de Couze. Ce matin les autres corps ont quitté la chapelle ardente  hâtivement installée à l’hôpital. Les obsèques des victimes doivent avoir lieu mardi dans leur commune respective toutes situées autour de Lalinde.
- A Port de Couze, sur le pont tragique où un calicot blanc et rouge remplace le parapet effondré, les touristes s’arrêtent continuellement. Les habitants de la région sont là aussi. Certains d’entre eux ont stationné sur les lieux de l’accident pendant une partie de la nuit.

La liste des victimes (lu sur la presse).

- Neuf morts et douze victimes sont à déplorer pour l’heure.
Morts : Mme Claudine Rey, 21 ans, de Saint-Agne; Mlle Michèle Cavaillez, 3 ans, de Bordeaux; Mme Léa Boisserie, 40 ans, de Beaumont ; M. José Munoz, 60 ans, de Port-de-Couze; Mlle Paulette Chavaroche, 9 ans, de Saint-Agne; M. Gabriel Jolibert, 29 ans, de Saint-Avit-Senieur, Mme Jeanne Jolibert, 29 ans, Mlle Roseline Jolibert 5 ans, leur fille, Mlle Christine Vidal (6 ans) Port de Couze,.

Blessés : Mme Lucette Saint-Just (34 ans) de Gardonne, Marie-Chantal Saint-Just (9 ans) sa fille, André Loiseau (34 ans) Port de Couze, Michèle Loiseau (9 ans) sa fille, Joëllle Loiseau (12 ans) son autre fille, Mme Yvette Jouault (18 ans) de Port de Couze, Gérard Vergnolle (15 ans) de Port de Couze, Claude Rey (35 ans) de Port de Couze, Isabelle et Elisabeth Jolibert (3 et 2 ans) de Saint-Avit Sénieur (enfants des époux décédés), Gilbert Gaillard (42 ans) de Port de Couze (état très grave), Guy Guichène (38 ans) conducteur du camion citerne de La Teste.

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La stèle fleurie

Après la catastrophe de Port de Couze

LE GENDARME GUICHÈNE, LE CHAUFFEUR
DU CAMION FOU, SERA TRANSFÉRÉ
à Bordeaux et mis aux arrêts

- Le Bergeracois se remet lentement de cette catastrophe qui a endeuillé et marqué à vie de trop nombreuses familles de notre région. Samedi devait être pour notre ville une journée de détente et de joie. Après le passage du Tour à Bergerac et la connaissance de la série de nouvelles, notre ville a vécu un après-midi des plus tristes. Partout dans la rue, dans les magasins, chez soi, on ne parlait que de la catastrophe. Chacun se sentait touché, meurtri, très triste. Mais il faut souligner l’immense geste de solidarité qui s’est manifesté spontanément, la compétence et l’organisation rapide et efficace des services de secours.
- Tandis que sur la place les spectateurs les plus chanceux portaient secours aux victimes, à Bergerac, des l’appel de la sirène, nos braves et courageux pompiers quittaient leur poste en ville et fonçaient avec tous les moyens à Port de Couze. Les secouristes de la Croix Rouge partaient eux aussi avec tout le matériel, tandis qu’à l’hôpital de Bergerac, les services chirurgicaux faisient face rapidement à l’affluence des arrivées. Un appel était lancé aux donneurs de sang, vingt minutes après l’accident, tous les blessés avaient été évacués, les services de secours et de sécurité ayant fonctionné rapidement.
- Se sont rendus sur les lieux de l’accident : les secouristes de la Croix Rouge de Bergerac avec à leur tête, M. Romanello directeur de ce service, M. Coq président de la Croix Rouge, les services de la Protection Civile, les CRS de la 73° Compagnie de Bergerac, les pompiers de Bergerac avec leurs hommes grenouilles placés sous le commandement du capitaine Pilot de Bergerac et du commandant Charenton de Périgueux, les gendarmes des brigades de Bergerac sous le commandement du commandant Doat de Bergerac.
- Les personnalités : sur les lieux, nous avons noté la présence de M. Taulelle préfet de la Dordogne, Henry sous-préfet de Bergerac, Pimont député, Ripailler procureur de la république, Manaud président du tribunal de Grande Instance, gendarmes, juge d’instruction, Ventenat conseiller général et maire de Lalinde, le docteur Deguiral directeur du service de santé de la Dordogne, le commandant Biland de Périgueux.
- Soulignons le geste du docteur Maison de Bruxelles qui se joignit aux docteurs René et Michel Rousseau de Bergerac. Les obsèques des victimes ont eu lieu lundi dans les communes respectives du Bergeracois. Le jeune Gérard Vergnolle, 18 ans de Faux, qui avait été hospitalisé samedi a regagné son domicile dans la journée de dimanche. La jeune Isabelle Jolivert, âgée de trois ans n’a pas repris connaissance, l’état des autres blessés est stationnaire.
- Le chauffeur du camion fortement commotionné se trouve toujours à l’hôpital. Il a été réclamé par l’autorité militaire, apprend-on à Périgueux. Incessamment, le gendarme Guichène doit être transféré à Bordeaux où il sera mis aux arrêts.
- M. Sicard maire de Bergerac, s’est rendu dans la journée de dimanche au chevet du blessé. Notons que dans la soirée de samedi, M. Goddet, directeur du Tour de France est revenu sur les lieux de l’accident et a rencontré à Bergerac diverses personnalités.
- Dimanche et lundi une file importante de voitures se succédait sur les lieux de l’accident, voitures venant de tous les départements de France.
- Port de Couze marqué par la catastrophe vit encore aujourd’hui avec ses souvenirs douloureux, ses scènes déchirantes. Tout le canton de Lalinde est en deuil. Aujourd’hui 14 juillet devait avoir lieu à Lalinde une grande épreuve cycliste. Elle est annulée. La fête locale de Couze, prévue les 28 et 29 juillet n’aura certainement pas lieu. L’enquête se poursuit. Les services de gendarmerie s’emploient activement à déterminer les causes et les responsabilités de cet accident. A ce jour, on peut dire que le camion allait trop vite et qu’il lui a été impossible de ralentir à temps.

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Elisabeth Jolibert blessée en 1964 dépose trois roses rouge
Elle avait deux ans et a perdu ses parents

LE DRAME DE PORT DE COUZE (commune de Lalinde)
(Extraits du Journal Sud-Ouest du 13 juillet 1964)

- Le camion citerne conduit par Monsieur Guy Guichène demeurant à La Teste (Gironde) contenait quelques milliers de litres de kérosène et le freinage à mort fut cependant insuffisant en raison de la vitesse et du poids de ce transport.
- C’est de plein fouet on le sait, que l’avant du véhicule percuta le parapet du pont et bascula dans le canal en traînant dans sa chute morts et blessés.
- Il était alors 13h15 et les coureurs allaient passer d’une minute à l’autre. Les sauveteurs sans hésiter se jetèrent à l’eau, repêchant morts et blessés. Le détail le plus horrible fut celui de cet homme ramenant sur la berge une tête d’enfant dont le corps devait ensuite être repêché.
- Jacques Godet directeur du Tour, neutralisait l’épreuve pendant quelques minutes et moment émouvant, les coureurs se découvrirent devant quelques corps sans vie, observant quelques instants de silence.
- A Port de Couze, on regarda sans joie passer le peloton. L’anxiété, la tristesse se lisaient sur tous les visages et la macabre besogne se poursuivait tandis que de nombreuses mamans se mettaient à la recherche de leurs enfants au milieu de cette foule mouvante et désespérée.
- Dans la salle d’un petit café, cinq corps furent transportés et recouverts. Peu après, ils étaient transportés à la morgue de l’hôpital de Bergerac. Treize blessés furent transportés par l’hélicoptère ou par ambulance à Bergerac mais trois d’entre eux devaient mourir peu après. Sur les dix-huit victimes on comptait neuf enfants de deux à quinze ans. Trois, hélas ayant été tués sur le coup.
- Le conducteur du camion citerne Guy Guichène, âgé de 38 ans a été blessé, mais surtout commotionné par l’ampleur du drame qu’il venait de causer. Inculpé, il quittera l’hôpital pour la prison. La prise de sang a été négative, mais sa responsabilité semblé néanmoins lourde et le chef de gendarmerie Lespagne nous a déclaré qu’il lui avait vainement fait signe de ralentir. ˝Placé au milieu de la chaussée, les bras en croix, j’ai vainement tenté de lui faire comprendre qu’il devait ralentir. Brusquement, j’ai dû m’écarter pour ne pas être happé˝.
-
Mais on ne doit pas pour autant, minimiser le danger menaçant les spectateurs assis sur ce bout de parapet. L’auteur de l’accident au volant de son camion citerne a-t-il crû que le route se prolongeait en ligne droite ? On peut se le demander, car dans le prolongement de cette route venant de Bergerac, se situe un chemin de halage. Ce n’est qu’au dernier moment qu’il aurait aperçu le virage à angle droit, virage qu’il ne pouvait pas aborder à l’allure où il roulait et son coup de frein désespéré - des témoins ont vu les stops allumés - était trop tardif. Il était déjà sur le parapet. Le juge d’instruction de Bergerac poursuit son enquête et il faut attendre ses conclusions.

- Le Préfet de la Dordogne, le sous-préfet de Bergerac, accompagnés du directeur de la santé, le docteur René Deguiral, le général Chenu de la gendarmerie, le commandant Charenton, des services de sécurité étaient sur les lieux, ainsi que le procureur de la République et le juge d’instruction de Bergerac. Les commandants de gendarmerie Billaud et Doat, de Périgueux et de Bergerac, le président Coq de la Croix Rouge avec une équipe courageuse de secouristes, Monsieur Ventenat conseiller général et maire de Lalinde, etc...
- Pompiers et gendarmes effectuèrent un important travail et les hommes grenouilles fouillèrent le canal jusqu’au moment où la citerne vidée de son contenu, soit soulevée. Il fallait avoir la certitude qu’il n’y avait plus de victimes sous le réservoir ou le tracteur.
- Samedi soir, Monsieur Jacques Godet, directeur du Tour, revint à Bergerac pour s’incliner devant les morts de cette tragédie.
- Hier au soir dimanche, on signalait que l’état de Christine Vidal était toujours très alarmant. Elle est dans le coma et n’a pas repris connaissance depuis l’accident. Parmi les blessés, M. Claude Rey est le plus atteint. On avait cependant espoir de le sauver. Quand aux autres blessés, leur vie ne parait pas en danger et la commotion passée, leur état est assez satisfaisant. Les obsèques des victimes, toujours ramenées hier à leur domicile, auront lieu aujourd’hui lundi.

coureurs Lindois 

Jacques Gauzère et Jacques Salem coureurs de Lalinde devant la stèle
(Photo Anne-Marie Sopkowitz)

Récit d’un témoin : ˝J’étais assis sur cette petite borne, entre Monsieur Loiseau qui a été blessé et Monsieur Munoz qui a été tué a déclaré hier matin Ernest Pralong. J’ai vu le camion foncer sur nous. J’ai repoussé une fillette au loin, je me suis ensuite jeté à terre, sur le côté, dans un mouvement instinctif. J’ai voulu retirer une fillette, j’ai pris son bras, ce bras m’est resté dans les mains, il était sectionné. Alors, j’ai eu une défaillance. Le pont était dégagé, le service d’ordre avait fait évacuer toutes les personnes qui s’y trouvaient pour ne pas créer un étranglement. Les curieux s’étaient alors massés aux deux extrémités, dans les tournants, et c’est justement à une de ces extrémités que le camion a fauché les spectateurs.
- Tous les témoins du drame soulignent le courage de ceux qui du haut du pont, plongèrent pour retirer du canal les personnes qui y étaient tombées. On cite le plus souvent le nom de Pierre Vergne qui en retira plusieurs.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - PORT DE COUZE 1964
La mémoire du cyclisme en Dordogne

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13 février 2021

UN VENDREDI 27 JUILLET 2007 A CHÀTEAU L’ÉVÊQUE

LE VILLAGE ATTENDAIT LE PASSAGE DU TOUR DE FRANCE

- C’était donc un vendredi 27 juillet de l’an 2007. Le Tour de France traversait la commune pour rejoindre Angoulême, venant de Cahors. La présente publication a pour but de vous montrer quelques images de cette fête préparée par les Castelvêquois.

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RÉTRO VÉLO DORDOGNE -CHÀTEAU L’ÉVÊQUE 2007
© BERNARD PECCABIN La mémoire du cyclisme en Dordogne

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03 février 2021

CAHORS-ANGOULÊME - 18° ÉTAPE TDF 2007

QUAND LE TOUR DE FRANCE TRAVERSE

TOUTE LA DORDOGNE EN DIAGONALE

2007 côte de St

Début des hostilités avec l'échappée du jour dans la côte de Saint-Cyprien avec
Axel Merckx (T.Mobile), Lefèvre (Bouygues), Boogerd (Rabobank) et Casar (FDJ)

 - C’est par une très belle journée que le Tour de France traverse du Sud-Est au Nord-Ouest notre département de la Dordogne. Une belle diagonale de plus de 130 km avec une page spéciale à Château-l’Evêque"Vélo-Dordogne" s’est positionné.

TDF

2007 côte de St

Le peloton à l'assaut de la côte de Saint-Cyprien

Points particuliers de l’étape

Km 15 : Côte de Salvezou, catégorie 4 (1.3 km à 6.5 %)
Km 24 : Côte de Lavercantière, catégorie 4 (1.2 km à 5.9 %)
Km 39,5 : Côte de Saint-Martial-de-Nabirat, catégorie 4 (1.5 km à 4.3 %)
Km 66 : Sprint de Saint-Cyprien
Km 70,5 : Côte de Saint-Cyprien, catégorie 4 (2.8 km à 4.9 %)
Km 192 : Sprint de Dignac

2007 Saint-Félix de Reilhac Delage salue ses proches

A Saint-Félix de Reilhac, Mickaël Delage salue ses proches

LA COURSE
Après l’éviction de Rasmussen, la formation Rabobank avait été à deux doigts de se retirer de l’épreuve. Il avait fallu toute la persuasion de Boogerd (12ème et dernier Tour) pour convaincre ses coéquipiers de poursuivre jusque Paris.
Aujourd’hui, c’est encore lui qui déclenche la bonne offensive au 16ème km avec Lefèvre (Bouygues), Willems (Liquigas) et Casar (FDJ).

2007 caravane

La caravane dans Périgueux, place Tourny

L’avance des 4 coureurs monte à 3’ au 27ème km lorsqu’un chien percute de plein fouet Casar, entraînant Willems dans sa chute. Contrairement au belge qui n’insiste pas, Casar, aidé par Merckx (T. Mobile) parti en contre-attaque depuis le 21ème km, rattrape Lefèvre et Boogerd au 35ème km. Les voilà embarqués pour une journée à l’avant (17’20’’ d’avance à l’approche des 50 derniers kilomètres).

2007 Périgueux bis

Passage du peloton place Yves Guéna à Périgueux amené par Contador en jaune

CASAR REMPORTE ENFIN SON ÉTAPE
Dans les 10 derniers kilomètres, chacun des protagonistes tente sa chance. En vain, mais à 3 km, Casar saisit l’opportunité d’un terre-plein central pour surprendre ses adversaires. Boogerd effectue un effort prolongé pour reconstituer le groupe. On pense alors que c’en est fini des espoirs du français, qu’il va encore passer à côté de la gagne (3 fois 2ème sur la Grande Boucle, la dernière fois il y a 10 jours à Marseille !), mais non, Sandy Casar (28 ans, 6ème du Giro 2005) relance aux 150 m et s’impose nettement. Il offre ainsi à la France sa 2ème victoire d’étape sur ce Tour.

2007 Périgueux

Queue du peloton dans Périgueux

Evans récupère 3" sur Contador
- A 4 km de l’arrivée, Cadel Evans, 2ème du général, heurte violemment une spectatrice. L’australien évite de justesse la chute, trouve les ressources pour sprinter dans la dernière ligne droite en faux-plat montant et se classer 14ème de l’étape à 8’34’’ de Casar. Une cassure est observée à partir de la 16ème place, ce qui fait perdre 3’’ au maillot jaune Contador. Peut-être pas de quoi fouetter un chat mais sait-on jamais dans la perspective du contre-la-montre décisif du lendemain ?

2007 Delage Château l'Evêque

Le peloton dans la traversée de Château-L'Evêque avec Delage sur le ligne blanche

Cahors-Angoulême, 211 km : 1. Sandy Casar (Fra) en 5h13'31", 2. Axel Merckx (Bel) à 1", 3. Laurent Lefèvre (Fra), 4. Michael Boogerd (Hol), 5. Tom Boonen (Bel) à 8'34", 6. Robert Hunter (Afs), 7. Erik Zabel (All), 8. Sébastien Chavanel (Fra), 9. Bernhard Eisel (Aut), 10. Thor Hushovd (Nor)
Classement général : 1. Alberto Contador (Esp) en 86h04’16s, 2. Cadel Evans (Aus) à 1'50", 3. Levi Leipheimer (Usa) à 2'49s, 4. Carlos Sastre (Esp) à 6’02s, 5. Haimar Zubeldia (Esp) à 6’29s, 6. Alejandro Valverde (Esp) à 10’18s, 7. Kim Kirchen (Lux) à 11’36s, 8. Yaroslav Popovych (Ukr) à 12’47s, 9. Mauricio Soler (Col) à 13’31s, 10. Mikel Astarloza (Esp) à 13’42s, etc…

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Le peloton sur la RD 939 à Biras ©  sha

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Sandy Casar lève les bras à Angoulême

Maillot Vert : Tom Boonen (Bel)
Maillot à pois : Mauricio Soler (Colombie)
Meilleur jeune : Alberto Contador (Esp)
Par équipe : Discovéry Channel

RÉTRO VÉLO DORDOGNE -LE TOUR 2007 A PÉRIGUEUX
© BERNARD PECCABIN La mémoire du cyclisme en Dordogne

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13 janvier 2021

LE 101° TOUR DE FRANCE A PÉRIGUEUX 2014

UN CHRONO TANT ATTENDU

PÉRIGUEUX PRÉPARE SON ARRIVÉE

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Montage des structures d'une arrivée d'un contre la montre

- Au petit matin, les boulevards à Périgueux sont en pleine effervescence. Tous les personnels de la Société du Tour montent le village, la zone d’arrivée, les barrières, les publicités, la zone pour les télévisions, etc… Dès 8h00 les premiers spectateurs, arrivent, tout le monde veut sa place. Ça devient alors une autre course contre la montre qui s’engage entre le public et les personnels d’ASO. Revoir le Tour de France 2014 à Bergerac sur ce LIEN.)

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La caravane dans les boulevards à Périgueux

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Le public à Périgueux attend l'heure de vérité du contre la montre

- L'étape, qui relie la sous-préfecture Bergerac et le chef-lieu de la Dordogne Périgueux sur 54 km, se déroule le samedi 26 juillet 2014. Comme la majorité des étapes du Tour, les routes du tracé sont totalement neutralisées ; des déviations sont mises en place pour fluidifier la circulation. Les coureurs traversent les communes de Ginestet, Maurens, Beleymas, Villamblard, Manzac-sur-Vern, Coursac et Coulounieix-Chamiers, avant de descendre sur Périgueux. Celles-ci proposent des animations toute la journée pour cette occasion. Au total, seize communes de la Dordogne sont traversées durant les 19e et 20e étapes en Périgord, les 25 et 26 juillet.

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Le chrono au départ de Bergerac

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- Selon le cycliste français Jean-Luc Delpech, le parcours peut se diviser en deux parties]. "La première moitié est vraiment rapide entre Bergerac et Villamblard. À part quelques faux plats et des virages, il n'y a pas vraiment de difficultés. Il ne [faut] pas partir trop vite tout de même au risque de souffrir ensuite. À Beleymas, au premier point chronométré, les coureurs [savent] comment aborder la suite, s'ils sont dans le rythme ou s'ils doivent accélérer". D'après Jean Mespoulède, les écarts ne [se font pas] dans cette partie. C'est après le ravitaillement, à Manzac-sur-Vern, que les choses sérieuses [commencent]. Une première bosse, celle de Font-de-Meaux, à Coursac, puis une seconde encore plus redoutée, les Crouchaux, à Coulounieix-Chamiers, à 6 km de l'arrivée". Jean-Luc Delpech ajoute que "le final (la descente vers Périgueux) est technique". Damien Lapouge affirme que la course se joue dans les deux derniers kilomètres jusqu'aux boulevards. L'arrivée a lieu sur le boulevard Michel-de-Montaigne, en face du palais de justice de Périgueux; le tracé emprunte la place Francheville située en contrebas.

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Banderole pour Mickaël Delage

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Traversée de Villamblard

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- La 20e étape du Tour de France 2014 s'est déroulée le samedi 26 juillet 2014 entre Bergerac et Périgueux. Elle constitue l'unique contre-la-montre de cette édition. Habituellement, le Tour comporte au moins deux chronos, il faut remonter en 1953 pour trouver un parcours avec un seul contre la montre. Les villes de Bergerac et Périgueux sont pour la troisième fois reliées entre elles à l'occasion d'une étape de la Grande Boucle, après les éditions de 1961 et de 1994. L'Allemand Tony Martin (Omega Pharma-Quick Step), triple champion du monde du contre-la-montre, remporte l'étape en 1 heure 6 minutes et 21 secondes à 48,83 km/h de moyenne, devançant de 1 minute et 58 secondes le maillot jaune, l'Italien Vincenzo Nibali (Astana), qui se place quatrième, mais qui reste premier au classement général. Cette 20e étape constitue l'unique contre-la-montre de cette édition. Habituellement, le Tour de France comporte au moins deux chronos. Il faut remonter en 1953 pour trouver un parcours avec un seul contre la montre. Ce parcours de 54,4 km ne comporte aucune difficulté répertoriée pour le Grand Prix de la montagne. Les trois points de chronométrage intermédiaires sont situés à Beleymas au kilomètre 19, à Coursac au kilomètre 39, et à Coulounieix-Chamiers au kilomètre 48.
Point intermédiaire de Béleymas (km 19) : 1. Tony Martin (Allemagne) Oméga Pharma 23’33", 2. Tom Dumoulin (Pays-Bas) Giant à 33", 3. Jan Barta (Tchéquie) NettApp à 35", 4. Michal Kwiatkowski (Pologne) Oméga Pharma à 38", 5. Sylvain Chavanel (France) IAM à 38", 6. Jean-Christophe Péraud (France) AG2R à 42", 7. Tejay Van Garderen (USA) BMC à 47", 8. Léopold Konig (Tchéquie) NettApp à 48", 9. Vincenzo Nibali (Italie) Astana à 48", 10. Markel Irizar (Espagne) Trek à 59", etc...

MANZAC SUR VERN (Contrôle ravitaillement)

MANZAC SUR VERN ATTEND LE TOUR DE FRANCE

LE TOUR AU PAYS DE VALENTIN HUOT

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- Manzac sur Vern est comme chacun sait un petit village de notre Périgord. Mais c’est aussi le village de notre champion Valentin Huot. Une raison qui a poussé une poignée de bénévoles à s’activer pour le passage du contre la montre de l’édition 2014. Et à Manzac, on a l’intention de ne pas laisser l’évènement de côté.

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La foule prend place avant les premiers passages

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L'aire des campings car bien garnie

- Ce sera la première fois que le Tour passera à l’ouest de la RN 21 et pour tous les aficionados, une grande fête se prépare. Ce jour-là, les coureurs attaqueront la deuxième partie du parcours puisqu’il ne leur restera que 21 km après les 33 km de bosses. Il y aura du monde sur cette partie du parcours. Tous les amis du Pays Vernois seront là tout comme ceux de la vallée de l’Isle si proche. Vous trouverez de même le palmarès des courses courues à Manzac en cliquant sur ce lien.

LA JSA SOUTIENT LE TOUR A MANZAC

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Le président de la JSA Cyclisme avec le garde champêtre

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Le président à l'accordéon

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Repas sous les parasols

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- Le Tour de France constitue une excellente façon pour les clubs cyclistes amateurs de se faire voir. C’est ce qu’a fait la Jeunesse Sportive Astérienne Cyclisme qui a planté ses banderoles sur le passage des coureurs à Manzac. Une occasion de resserrer les liens entre licenciés et de passer une journée conviviale entre amis…

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La fête du vélo avec le groupe folklorique

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Pierre Roland et Mickaël Delage dans Manzac

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Thibaut Pinot à la sortie de Manzac

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- Après avoir gravi les rondeurs du Pays de Villamblard (Lagudal, Béleymas) et celles de Manzac (Sargaillou), les coureurs traverseront Coursac (par Font de Meaux, les Meynichoux) commune qui a déjà affiché la couleur. (photo Clément Sarrut).

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- Coursac, une commune qui a accueilli il n’y a pas bien longtemps les coureurs dont les dames le plus souvent, avec la famille de Zabou (Elisabeth Chevanne-Brunel) qui résidait aux Ménaudoux (à Chalagnac, juste à côté) mais aussi les sœurs Eugène (Virginie et Magali) des Privats, un lieu-dit que les coureurs traverseront.

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Peter Sagan dans les rondeurs de Coursac

Point intermédiaire de Coursac (km 39) : 1. Tony Martin (Allemagne) Oméga Pharma 48’03", 2. Tom Dumoulin (Pays-Bas) Giant à 59", 3. Léopold Konig (Tchéquie) NettApp à 1’17", 4. Vincenzo Nibali (Italie) Astana à 1’22", 5. Tejay Van Garderen (USA) BMC à 1’24", 6. Jan Barta (Tchéquie) NettApp à 1’28", 7. Sylvain Chavanel (France) IAM à 38", 4. Michal Kwiatkowski (Pologne) Oméga Pharma à 38", 7. Sylvain Chavanel (France) IAM à 1’40", 8. Jean-Christophe Péraud (France) AG2R à 1’52", 9. Markel Irizar (Espagne) Trek à 1’54", 10. Maciej Bodnar (Pologne) Cannodale à 2’03", etc...

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Tony Martin en tête de bout en bout

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COULOUNIEIX FIN PRÊT POUR LE TOUR

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- Coulounieix est une ville cycliste qui a vécu de beaux moments avec la petite reine. Bien sur il y a eu le prix des fêtes du bourg et sa traditionnelle ascension, le prix des HLM de Chamiers, mais aussi les journées des retrouvailles des anciens par Maurice Jouault sans oublier les cyclo-cross des Crouchaux. Les Crouchaux ? Un lieu-dit que les coureurs du Tour connaîtront lors du chrono avec un dénivelé pas facile à négocier. En attendant, Coulounieix commence à se parer de quelques panneaux et information ça et là et même "Dordogne Cycliste" a rencontré Eurovia en train de bitumer la côte des Crouchaux…

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Passage de la caravane aux Crouchaux

- Et voilà que la dernière côte et quelle côte(*) (celle des Crouchaux) à Coulounieix vient d’être habillé d’un beau bitume qui facilitera la montée des coureurs vers le bourg. Samedi 25 juillet il y aura certainement beaucoup de monde autour des coureurs et c’est même à parier qu’ils n’auront qu’un mince couloir entre deux haies de spectateurs affamés de spectacle, parmi lesquels, ils se faufileront à l’image des grands cols de la Grande Boucle.
(*) sur un kilomètre on passe de 117 m à 215 m d’altitude

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La rude ascension des Crouchaux avec son beau bitume

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Thomas Voeckler aux Crouchaux a bénéficié du soutien du public

- Cette rue des églantiers s’est de même mis à la page du Tour, avec sur un versant un beau vélo conçu avec des fleurs. Sûrement que l’hélicoptère n’aura de cesse de visionner cette œuvre florale réalisée par les habitants du coin et constamment entretenue comme en témoigne notre photo.
Point intermédiaire de Coulounieix-Chamiers (km 48) : 1. Tony Martin (Allemagne) Oméga Pharma 1h00’09", 2. Tom Dumoulin (Pays-Bas) Giant à 1’27", 3. Vincenzo Nibali (Italie) Astana à 1’33", 4. Léopold Konig (Tchéquie) NettApp à 1’38", 4. ", 5. Jan Barta (Tchéquie) NettApp à 1’38", 6. Tejay Van Garderen (USA) BMC à 1’50", 7. Jean-Christophe Péraud (France) AG2R à 2’07", 8. Markel Irizar (Espagne) Trek à 2’14", 9. Sylvain Chavanel (France) IAM à 2’15", 10. Danny Pate (USA) Sky à 2’41", etc...

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Les voitures se frayent un chemin aux Crouchaux

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Lars Boom sur le giratoire des poissons à Périgueux

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Du public à Périgueux, sous le soleil magnifique de juillet

- Depuis le mois d’octobre, date à laquelle on avait pris connaissance du passage du Tour en Périgord, le chrono avait fait beaucoup parlé. Tout le monde s’accordait de dire que les positions après les Pyrénées seraient déterminantes. Les circonstances des étapes ont fait que les paris engagés l’hiver, ont fondu comme neige au soleil. Les abandons de Froome et de Contador ont changé la donne. Nibali qui n’était pas un grand favori voilà six mois est sorti des Pyrénées avec une avance conséquente.

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- Ce qui fait que le contre la montre n’avait plus aucune importance pour la gagne. Par contre, il était devenu déterminant pour les places du podium, voire celles du top 10.

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L'arrivée de Mickaël Delage qui s'apprête à monter dans le bus de son équipe

- Pas de surprise pour cette étape avec Tony Martin le champion du monde qui a écrasé l’épreuve avec une régularité déconcertante, avalant tous les obstacles du parcours sur un grand plateau de 58 dents selon ses commentaires. Derrière on se bouscule avec Tom Dumoulin (NED/Giant) champion des Pays Bas du contre la montre, classé deuxième, puis Jan Barta (CZE/App) champion de la Tchéquie du contre la montre, qui termine troisième. Côté français on note la belle performance de Jean-Christophe Péraud (7°) qui souffle la deuxième place au général à Thibaut Pinot. Ce Thibaut Pinot qui réalise d’énormes progrès en terminant 12° du chrono, lui qui en avait fait une de ses faiblesses. Ajoutons à cette grande fête la 4° place de Nibali qui conforte son maillot jaune alors que Romain Bardet victime d’une crevaison à deux km du but, perd pour deux secondes sa place de 5° au profit de Tejay Van Garderen (USA/BMC).

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- Quoiqu’il en soit on s’est régalé sur ces 54 km entre Bergerac et Périgueux, avec un circuit inédit, des villages fleuris, une foule en liesse et le soleil au rendez-vous, douze heures à peine après la grande douche subie la veille entre les Pyrénées et jusqu’aux rives de la Dordogne.
Classement de l’étape (Km 54) : 1. Tony Martin (Allemagne) Oméga Pharma 1h06’21", 2. Tom Dumoulin (Pays-Bas) Giant à 1’39", 3. Jan Barta (Tchéquie) NettApp à 1’47", 4. Vincenzo Nibali (Italie) Astana à 1’58", 5. Léopold Konig (Tchéquie) NettApp à 2’02", 6. Tejay Van Garderen (USA) BMC à 2’08", 7. Jean-Christophe Péraud (France) AG2R à 2’27", 8. Sylvain Chavanel (France) IAM à 2’36", 9. Markel Irizar (Espagne) Trek à 2’39",  10. Daniel Oss (Italie) BMC à 2’58", etc...
Classement Général : 1. Vincenzo Nibali (Italie) Astana en 86h37’52", 2. Jean-Christophe Péraud (France) AG2R La Mondiale à 7’52", 3. Thibaut Pinot (France) FDJ.Fr à 8’24", 4. Alejandro Valverde (Espagne) Movistar à 9’55", 5. Tejay Van Garderen (USA) BMC Racing à 11’44", 6. Romain Bardet (France) AG2R La Mondiale à 11’46", 7. Léopold Konig (Tchéquie) NettApp Endura à 14’41", 8. Haimar Zubeldia (Espagne) Trek Factory Racing à 18’12", 9. Laurens Ten Dam (Pays-Bas) Belkin à 18’20", 10. Bauke Mollema (Pays-Bas) Belkin à 21’24", etc...
Maillot Vert : 1. Peter Sagan (Slovaquie) Cannondale 417 pts.
Meilleur grimpeur : 1. Rafal Majka (Pologne) Tinkoff-Saxo 181 pts
Meilleur jeune : 1. Thibaut Pinot (France) FDJ.Fr.
Par équipes : 1. AG2R La Mondiale.

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Vincenzo Nibali (Italie) Astana maillot jaune de cette édition

LES PODIUMS A PÉRIGUEUX

podiums Périgueux TDF

- Après celui de 1961, voici le podium de l’arrivée du chrono à Périgueux. Comme en témoignent les photos, il y avait foule sur les boulevards Montaigne et longtemps les Périgourdins conserveront un excellent souvenir de cette journée…

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Tibaut Pinot meilleur jeune du Tour applaudit par Antoine Audy maire

LA CARAVANE PUBLICITAIRE A PÉRIGUEUX

  Passage de la caravane publicitaire entre la rue du Maréchal Juin et la rue Chanzy à Périgueux, tout cela sous un chaud soleil. Après les parapluies de Bergerac la veille, le public était heureux de retrouver les parasols à Périgueux

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VIVEMENT QUE LE TOUR REVIENNE

- Alors que les lampions de cette édition 2014 sont éteints, on pense déjà au futur. Reste à savoir quand la grande boucle repassera au pays.
- Toujours est-il, qu’elle repassera un jour, mais sans Daniel Mangeas,(*)sans Jean-Paul Ollivier, mais peut-être avec un nouveau Périgourdin qui aura succédé à Mickaël Delage… qui sait… ?
- Mais ce qui m’a le plus frappé lors de ce Tour chez nous, c’est le passage au numérique et aux réseaux sociaux soit deux nouveautés qui ont accéléré la médiatisation du Tour.

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Daniel Mangeas, un habitué des joutes en Périgord
(*) Daniel Mangeas est venu officier en 1982 et en 1983 à Mussidan comme speaker lors de la nocturne des champions. Il quittait le Tour en fin d’étape après sa prestation pour rejoindre Mussidan. (étape à Valence d’Agen en 82 et à Aurillac en 83)

 

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- En 1961, on en était encore au noir et blanc et avec peu d’appareils à photos. En 1994, la pellicule couleur était encore un luxe que les spectateurs utilisaient en famille mais peu en faveur du sport. En vingt années, c’est fou ce que les smartphones et le numérique ont apporté. Cette fois, on n’aura pas de problèmes pour dénicher les clichés souvenirs sur ces deux journées inoubliables.
- Et "Vélo Dordogne" a eu aussi un œil sur ceux qui ont couru l’étape du Tour entre Pau et Hautacam. Bien sur, je n’ai pas la prétention de connaitre tous les coureurs, mais j’ai relevé quelques noms de ceux qui ont fait parfois l’honneur des communiqués il y a quelques années en Dordogne…. Il se peut que quelques homonymes s’y trouvent, mais sur plus de 8500 noms, l’erreur reste pardonnable.
Etape du Tour : Loïc Herbreteau, Florent Sentucq, Ludovic Nadon, Sébastien Morvan, Laurent Lévêque, Laurent Salère, Laurent Four, Anthony Estay, Fabien Surault, Bruno Avezou, Jean-Claude Massou, Jean-Christophe Nadon, Hervé Lavignac, Philippe Savajols, Francis Bergegère, Christophe Dupèbe, Fabrice Leinster, Nicolas de Bacco, Alexandre Brard, Alain Ruiz, Mathieu Pinlou, Lionel Brignoli, François Château, Richard Hadfield, Anthony Langella, Alain Bernard, Michel Courbalay.

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Gérard Holtz dans Périgueux

ET MAINTENANT ?

- On a vu un excellent Tour de France avec des français aux avant-postes. Reste à savoir quelle suite on aura avec eux dans le futur ? On ne peut pas s’avancer en la matière, car comme chacun sait, le cycliste reste un sportif fragile. Une simple chute peut contrarier et remettre en cause une saison. Une raison qui nous oblige à rester discret et de ne pas tirer déjà des plans sur la comète…

2014 Hinault

Bernard Hinault donne toujours des autographes

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - LE TOUR 2014 A PÉRIGUEUX
© BERNARD PECCABIN La mémoire du cyclisme en Dordogne
Prochaine publiaction : Le Tour de France revient en 2017

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30 décembre 2020

LE 101° TOUR DE FRANCE A BERGERAC

EYMET PORTE D’ENTRÉE DU TOUR 2014

eymet

Image3

Le Tour rentre sous l'orage à Monbazillac

LA BATAILLE DE MONBAZILLAC

- Venant de Maubourguet (65) le Tour est rentré en Dordogne vendredi 25 juillet vers 16h30 sous un orage et une pluie diluvienne. Cyril Gautier (Europcar), Martin Elminger (IAM), Arnaud Gérard (Bretagne Séché) et Tom Jelte Slagter (Garmin) ont été les éclaireurs qui sont rentrés en tête dans notre département. Mais Slagter leur faussa compagnie peu après Eymet, avant qu’il ne soit repris plus tard à Monbazillac par son équipier Ramunas Navardauskas. La course se situait alors sur les hauteurs de Bergerac sur une chaussée rendue glissante, avec derrière un peloton plus que jamais carnassier lancé aux trousses du coureur Lituanien.

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Slagter à Monbazillac

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puis les pelotons respectifs derrière

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et enfin le Chinois Ji Cheng lanterne rouge mais premier Chinois
à accomplir la grande boucle. © Alexandre Arquey

- La participation d’un Chinois est une aubaine pour le cyclisme mondial. Si par exemple, 10% de français pratiquent du cyclisme, cela fait 6.500.000 personnes. En Chine ce même pourcentage sera de 150.000.000 d’individus potentiels soit une grande ouverture pour le cyclisme du 21° siècle. En 2002, la Dordogne par le biais de Bruno Ceyssat a effectué en Chine le Tour du Qinghai, une province située au Nord Ouest de la Chine. Un an après c’est Stéphane Reimherr qui a participé à cette grande aventure.

départ

Belle préparation de la zone d'arrivée à Bergerac

podiums 2014

L'orage s'est abattu sur la ligne d'arrivée

QUATRE ANS APRÈS LE TOUR DU PÉRIGORD,

RAMUNAS NAVARDAUSKAS LÈVE LES BRAS A BERGERAC

Navardauskas

Navardaukas bis

L’arrivée du vainqueur Ramunas Navardauskas © Jean-Pierre Patanchon

- Ce n’est pas du tout un inconnu qui a gagné l’étape Maubourguet-Bergerac du 101° Tour de France. Non, ce Lituanien était venu le 2 mai 2010 sous les couleurs du Vélo-Club La Pomme de Marseille, pour disputer une manche de Coupe de France des clubs de Division Nationale à Biron, manche qu’il avait remportée.

chute

La chute du peloton à quelques encablures de l'arrivée © Alain Fossard

- Hier, le coureur de la Garmin a déployé encore ses ailes. Et cette fois pas devant le château de Biron, mais devant celui de Monbazillac après que son équipier Slagter soit parti en éclaireur. C’est à croire que l’air du Périgord plaît à Ramunas Navardauskas, l’homme qualifié des plus dangereux dans un emballage final par les grands sprinters de la Grande Boucle. Mais à Bergerac, s’il y a eu une chute à deux kilomètres de la banderole, notre homme de tête était bien seul pour inscrire son nom dans le livre du Tour, celui du premier Lituanien à rentrer dans la légende.

TdF 2014 Bergerac Arrivée 017

Passage des poursuivants avec Degenkolb (Giant), Kristoff (Katusha), Renshaw
(Omega Pharma), Bénati (Tinkoff) © Jean-Pierre Patanchon

TdF 2014 Bergerac Arrivée 022

TdF 2014 Bergerac Arrivée 030

Thibaut Pinot en blanc de meilleur jeune

 Classement de l’étape : 1. Ramũnas Navardauskas (Lituanie) Garmin-Shar les 208,5 kms en 4h43’41s, 2. John Degenkolb (Allemagne) Giant Shimano à 7", 3. Alexander Kristoff (Norvège) Katusha, 4. Mark Renshaw (Australie) Oméga-Pharma Quick Step, 5. Daniele Bennati (Italie) Tinkoff-Saxo, 6. Alessandro Petaccchi (Italie) Oméga-Pharma Quick Step, 7. Samuel Dumoulin (France) AG2R La Mondiale, 8. Julien Simon (France) Cofidis, 9. Sep Vanmarcke (Belgique Belkin, 10. Jürgen Roelandts (Belgique) Lotto Belisol tous à 7", etc...
Classement Général : 1. Vincenzo Nibali (Italie) Astana en 85h29’33", 2. Thibaut Pinot (France) FDJ.Fr à 7’10", 3. Jean-Christophe Péraud (France) AG2R La Mondiale à 7’23", 4. Alejandro Valverde (Espagne) Movistar à 7’25", 5. Romain Bardet (France) AG2R La Mondiale à 9’27", 6. Tejay Van Garderen (USA) BMC Racing à 11’34", 7. Bauke Mollema (Pays-Bas) Belkin à 13’56", 8. Laurens Ten Dam (Pays-Bas) Belkin à 14’15", 9. Léopold Konig (Tchéquie) NettApp Endura à 14’37", 10. Haimar Zubeldia (Espagne) Trek Factory Racing à 16’25", etc...
Maillot Vert : 1. Peter Sagan (Slovaquie) Cannondale 417 pts.
Meilleur grimpeur : 1. Raflal Majka (Pologne) Tinkoff-Saxo 181 pts
Meilleur jeune : 1. Thibaut Pinot (France) FDJ.Fr.
Par équipes : 1. AG2R La Mondiale

 LES PODIUMS DE L’ÉTAPE MAUBOURGUET-BERGERAC

 - Picquecailloux vient d’accueillir l’étape du Tour. La pluie a cessé, la cérémonie protocolaire prend toute sa place. Après Bo Hamburger à Trélissac voilà 20 ans, Ramunas Navardauskas devient le deuxième vainqueur. Décidément le Tour en Périgord sourit aux étrangers. Cliquez sur ce LIEN pour retrouver sa victoire dans le Tour du Périgord en 2010.

podiums bergerac

L’ARRIVÉE DES BUS DES ÉQUIPES A BERGERAC

bus 1

Bus 2

- L’arrivée des pullmans des équipes du Tour constitue un moment agréable à regarder. C’est en faits la vitrine publicitaire du sponsor qui circule, mais aussi le refuge où le coureur se concentre au départ pour venir récupérer à l’arrivée ou se nettoyer s’il va au protocole…

Nota : Sur la plage du tableau de bord on aperçoit les peluches des protocoles et les dossards des plus combatifs. Ceci nous permet de penser que Nibali ne laisse pas ses peluches au soleil, alors que celle de Gallopin trône bien dans le bus des Lotto. A noter qu’il manque cinq équipes dans cette galerie…

- En parlant d’inoubliables, disons aussi que le Tour s’est souvenu des morts de l’accident de Port de Couze. Cinquante années sont passées et une délégation conduite par Pascal Chanteur ont fleuri la stèle de ce lieu tragique.

PDC

1964-2014 Soixante ans après, le Tour de France rend hommage aux disparus de Port de Couze

LE TOUR QUITTE BERGERAC

- Alors que l'arrivée n'est pas encore disputée à l'Est de la ville, le centre de la cité de Cyrano est à l'oeuvre pour mettre en place le chrono du lendemain, avec sa rampe et le barrièrage traditionnel.

chrono

RÉTRO VÉLO DORDOGNE -LE TOUR 2014 A BERGERAC
© BERNARD PECCABIN La mémoire du cyclisme en Dordogne
Voir le Tour de France 2014 à Périgueux

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22 décembre 2020

LE 101° TOUR DE FRANCE EN DORDOGNE - PRESENTATION

25 JUILLET 2014 - 25 PASSAGES DU TOUR

50 ANS APRÈS LA TRAGÉDIE DE PORT DE COUZE

AFFICHE tdf

- Ce 25 juillet 2014 ce sera la 25° visite du Tour de France en Dordogne. Mais en cette année 2014, cela fera aussi 50 ans que le Tour de France avait vécu la plus grande tragédie lors de l’accident à Lalinde (lieu-dit Port de Couze). Si Périgueux et Bergerac constituent les points d’encrage du Tour, n’oublions pas Montpon d’où le Tour est parti en 1985, puis en 1995.

BERGERAC VILLE ÉTAPE POUR LA PREMIÈRE FOIS

- Ce sera donc la première fois que le Tour de France empruntera la RD 933 entre Eymet et Bergerac après un petit détour par le vignoble de Monbazillac, haut lieu de courses et de critériums (Saussignac tout proche). Ce sera aussi une grande première pour l’arrivée d’étape, puisque en 1994 il s’agissait d’une arrivée d’un contre la montre et en 1961 d’un départ d’un contre la montre. Donc après Trélissac en 1994, c’est la deuxième fois qu’une arrivée d’une étape en ligne se fera en Périgord.

Indurain

Passage du Tour à Bergerac en 1994 pour un contre la montre

- Une étape qui partira des Hautes-Pyrénées (Maubourguet), soit un clin d’œil sympa pour "Vélo  Dordogne", originaire de Tarbes comme chacun sait… Après les Pyrénées, les coureurs ne se traîneront plus comme les années passées sur les lignes droites des Landes avec le traditionnel Pau-Bordeaux. Non, cette fois on partira des rives de la basse Adour, pour traverser le pays de d’Artagnan, le Pays d’Albret puis tout l’Agenais.

Passage à Port de Couze en 94

Passage du peloton près de Port de Couze (1994), lieu d’un terrible accident en 1964

- Bergerac sera donc le point de ralliement qui devrait sourire à un sprinter, à moins que… les Pyrénées aient laissé des séquelles de fatigue pour laisser partir un baroudeur dans une échappée fleuve, sait-on jamais... En son temps Pierre-Raymond Villemiane et Christian Jourdan qui ont appartenu au Vélo-Club Bergeracois auraient été heureux d’y triompher.

26 JUILLET ÉTAPE CONTRE LA MONTRE

- Comme en 1961 et en 1994, le chrono se passera entre Bergerac et Périgueux. A la différence que les coureurs ne traverseront plus le canton de Vergt, puisqu’ils emprunteront l’itinéraire Ouest par rapport à la RN 21 autrement dit par Villamblard, Manzac, Coursac et Coulounieix. Lors des éditions précitées, Anquetil et Indurain avaient gagné le chrono puis le Tour. Reste donc à savoir si Nibali (s’il est toujours en jaune), conservera la mode bien établie.

chrono

Parcours de l’étape Bergerac-Périgueux

- Le Tour sera donc au pays de Valentin Huot. On se souvient de ce coureur et de ses performances dans les contre la montre notamment au GP des Nations et sur 140 km (17° en 1953, 14° en 1954, 11° en 1957). Course difficile et exigeante, mais Huot préférait les chronos en côte comme lors du Mont Faron qu’il a remporté en 1956 voire lors du GP de la montagne à Monte-Carlo gagné également en 1956 et en établissant un nouveau record de l’épreuve.

PROFIL CLM

Profil du chrono Bergerac-Périgueux

- Quoiqu’il en soit, ce sera difficile comme parcours et Sylvain Chavanel n’a pas manqué de le souligner lors de sa reconnaissance le 29 janvier dernier

Photo 203

Chavanel à Périgueux lors de sa reconnaissance du chrono en janvier 2014

RAPPELS PASSAGES VILLE ETAPES  :

 1961 : transfert des coureurs de Bordeaux à Bergerac pour disputer un contre la montre jusqu’à Périgueux. Le lendemain, départ d’une étape de Périgueux à Tours.
1994 : Arrivée d’une étape à Trélissac par les coureurs venant de Poitiers. Le lendemain contre la montre de Périgueux jusqu’à Bergerac, puis étape Bergerac-Cahors par la vallée de la Dordogne.

dfc

Delage, Fedrigo et Chavanel venus en précurseurs pour reconnaître le chrono (janvier 2014)
avec la présence de l'école de cyclisme du CC Périgourdin

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RÉTRO VÉLO DORDOGNE -LE TOUR 2014 EN DORDOGNE
© BERNARD PECCABIN "La mémoire du cyclisme en Dordogne"

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11 décembre 2020

1995 MONTPON VILLE DÉPART DU TOUR DE FRANCE

MONTPON POUR LA DEUXIÈME FOIS (18° étape - 166 km)
A RENDEZ-VOUS AVEC LA GRANDE BOUCLE

PARCOURS DORDOGNE : Montpon-Ménéstérol, St Barthélémy de Bellegarde, Echourgnac, La Jemaye, Vanxains, Ribérac, Villetoureix la Borie (MS), Près Bertric-Burée, Verteillac, Mareuil sur Belle, Côte de Saint Sulpice de Mareuil (MG), Saint Sulpice de Mareuil, Rudeau, Nontron (Ravitaillement), La Chapelle Verlaine.
HAUTE VIENNE : Les Trois Cerisiers, Dournazac (MG), Chalus, Pageas, Gorre, Saint Laurent sur Gorre, Côte de Villeneuve (MG), Sereilhac (MS), Aixe sur Vienne, Isle, Limoges, Arrivée à Ester Technopole.

1995 montpon

Départ fictif au centre ville de Montpon

- 38.5°C et 43.8km/h de moyenne, c'est ce que nous proposait les 115 rescapés du Tour de France dont les leaders étaient sans doute plus préoccupés par le contre la montre du lendemain que par la course du jour.

1995 Mn Lim

Profil d'une étape longue de 166 km

Montpon le 21 juillet - Dès les premiers km, les offensives se succèdent dans lesquels on peut voir Bugno, très discret sur ce tour, Jaermann, Bruyneel, Bernard, Madouas. A la mi-course, François Simon lance une attaque et très rapidement, il est rejoint dans un premier temps par Ferrigato, Tafi, Lelli, Jaermann, Dufaux, Ekimov et dans un deuxième temps Bruyneel, Armstrong, Den Bakker, Cenghialta, Sciandri et un autre français Robin.

1995 Indurain Ribérac

Traversée de Ribérac avec Miguel Indurain en tête

- Vu l'importance du groupe et des équipes représentées, la messe est dite et on se doute bien que la victoire se jouera entre ses hommes, le peloton choisissant de laisser s'en aller l'échappée. L'avance se porte rapidement autour de 10".

1995 Le peloton assommé par la grosse chaleur qui règne sur cette étape

 Le peloton assommé par la grosse chaleur qui règne sur cette étape.

- A 30 km de l'arrivée, Lance Armstrong démarre brusquement. Porté par le décès accidentel de son équipier Fabio Casartelli, il maintient les poursuivants en dessous de la minute et s'adjuge cette étape en démontrant qu'il peut être considéré comme un coureur d'avenir, plein d'abnégation et de conviction. Le groupe des poursuivants se disloque au fil des km précédant l'arrivée et c'est en ordre dispersé que les coureurs rejoignent la ligne.

vivi

Le peloton à 28km de Limoges: Richard Virenque (51), Fabian Jeker (57),
Arturas Kasputis (187), Sergio Barbero (32), Jens Heppner (203)

Lance Armstrong (ci-dessous) rend hommage à son coéquipier Fabio Casartelli, décédé accidentellement dans la descente du Portet d'Aspet après avoir heurté un parapet.

1995 amstrong

Classement de l’étape : 1. Armstrong (USA, Motorola), 166,50 km en 3 h 47' 53" (moyenne : 43,838 km/h). 2. Ferrigato (It.), à 33". 3. Ekimov (Rus.), à 44". 4. Robin (Fr.), à 44". 5. Den Bakker (P.-B.), à 48". 6. Tafi (It.), à 48". 7. Lelli (It.), à 58". 8. Cenghialta (It.), à 1' 47". 9. Bruyneel (Belg.), à 1' 47". 10. Sciandri (ft.), a 1' 47". 11. Dufaux (Suisse), à 2' 20". 12. Jaermann (Suisse), à 3' 00". 13. Pantani (Ita) à 7' 35". 14. Brochard (Fr.), à 7' 54". 15. Colage (Ita) à 7' 54". 16. Tchmil (Rus.), à 7' 54". 17. Hamburger (Dan.), à 7' 54". 18. Zabel (Ail.), à 7 54'. 19. Riis (Dan.), à 7' 54". 20. Chiappucci (It.), à 7' 54". 21. Van de Laer (Belg.), à 7' 54" 22. Jalabert (Fr.), à 7' 54". 23. Zulle (Suisse), à 7' 54". 24. Aparicio (Esp.), à 7' 54". 25. Bontempi (It.), à 7' 54". 26. Virenque (Fr.), à 7' 54". 27. Buenahora (Col.), à 7' 54". 28. Farazijn (Belg.), à 7' 54". 29. Rominger (Suisse), à T 54". 30. Arroyo (Mex.), à 7' 54". 
Classement général : 1. Miguel Indurain (Esp, Banesto), 88 h 07' 39". 2. Zulle (Suisse), à 2' 46". 3. Riis (Dan.), à 5' 59". 4. Jalabert (Fr.), à 6' 26". 5. Gotti (It.), à 9' 52". 6. Mauri (Esp.), à 13' 02". 7. Escartin (Esp.), à 14' 03". 8. Buenahora (Col.), à 14' 07". 9. Chiappucci (It.), à 14' 35". 10. Virenque (Fr.), à 14' 54". 11. Rominger (Suisse), à 15' 41". 12. Madouas (Fr.), à 17' 22". 13. Pantani (It.), à 20' 35". 14. Lanfranchi (t.), à 23' 11". 15. Cenghialta (It.), à 25' 01". 16. Mejia (Col.), à 30' 33". 17. Hamburger (Dan.), à 31' 05". 18. Ekimov (Rus.), à 35' 30". 19. Dufaux (Suisse), à 41' 34". 20. Breukink (P.-B.), à 43' 44", etc…

RÉTRO VÉLO DORDOGNE -LE TOUR 1995 PART DE MONTPON
© BERNARD PECCABIN La mémoire du cyclisme en Dordogne

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02 décembre 2020

1985 MONTPON VILLE DÉPART DU TOUR DE FRANCE

GRANDE PREMIÈRE A MONTPON (20° étape - 225 km)

1985 Johann Lammerts mène devant Rudy Dhaenens, Ludo Peeters, Kim Andersen et Giancarlo Perini

L'échappée du jour avec Johann Lammerts qui mène devant Rudy Dhaenens, Ludo Peeters,
Kim Andersen et GiancarloPerini à quelques kms de Limoges

MONTPON-MÉNESTÉROL-LIMOGES
Vendredi 19 juillet 1985
Contrôle de départ Place Clémenceau. Signature et ravitaillement de 9 h 40 à 10 h 10. Appel à 10 h 14.
Rassemblement des coureurs et départ en groupe à 10 h 24.
Départ réel à 10 h 25, à hauteur du panneau de sortie de Montpon-Ménéstérol, à 700 mètres du lieu de rassemblement.

PARCOURSDORDOGNE
Montpon-Ménestérol, D708 Ménestérol, St Barthélémy de Bellegarde, Echourgnac, La Jemaye, Vanxains (MS), Ribérac, Villetoureix la Borie, Côte de Fayolle (MG), près Bertric-Burée, Verteillac, Mareuil sur Belle, St Martial de Valette, D675 Nontron, D707 Côte de Bandiat (MG)
HAUTE VIENNE
Les Trois Cerisiers (MS), Dournazac, Chanteloube, Chalus, Bussière Galant, Ladignac le Long, Le Chalard, Côte de Pierrebrune (MG), St Yrieix la Perche (MS), Coussac-Bonneval, Carrefour D901-D57, D57 Carr D54-D7 bis, D7 bis Meuzac, Carrefour D7 bis N20, St Germain les Belles (MS), Côte de Siardeix (MG), St Bonnet Briance, Carr D7 bis-N12, St Paul Près Eyjeaux, Carr D12-D979, D979 Feytiat (MS), Crézin, Limoges (entrée), Limoges (arrivée)
Les arrivées sont jugées boulevard Beaublanc à hauteur de l'entrée principale du Parc Municipal des Sports. Ligne droite terminale de 350 métres en légère montée
Montpon le 19 juillet - Au départ de Montpon-Ménéstérol, libéré par le maire de la commune, les 144 rescapés roulaient à une allure de sénateur, l’ensemble du peloton semblant résigné devant les multiples démonstrations de l’équipe "La Vie Claire" depuis le départ du Tour et d’ailleurs, ce n’est pas pour rien si les deux premiers du classement, Greg Lemond et Bernard Hinault font partie de cette formation.

1985 Roland Dumas député au départ

Roland Dumas, ministre des affaires extérieures, dans le véhicule du directeur de course au départ
de Montpon-Menesterol. Derrière lui, on reconnait Kim Andersen ( la Vie Claire), René Bittinger (Skil),
Henri Manders (Kwantum) et Christian Jourdan (La Vie Claire)

- Au premier sprint intermédiaire dans la commune de Vanxains (28ème km), c’est Henri Manders (Kwantum) qui devançait Eduardo Chozas (Reynolds) et le colombien Carlos Jaramillo (Café de Colombie). Eduardo Chozas ne participait pas sans raison car il souhaitait réduire l’écart avec Fabio Parra dans sa lutte pour la conquête finale du maillot blanc récompensant le meilleur jeune.
- Dans la Côte de Fayolle, c’est l’irlandais Martin Earley (Fagor), qui passait en tête devant le leader du classement de la montagne, Luis Herrera (Café de Colombie) ne se sentant pas plus menacé que ça. Il faut bien laisser les équipes en difficulté  gagner un peu de sous avant la fin du Tour.
- La pluie commençait à s’abattre sur la course et Fred Brun (Peugeot), bien aidé par son coéquipier Duclos-Lassalle, passait en tête dans le bourg de Nontron dont il est originaire afin de saluer ses parents, le champagne étant de mise.

1985 Fred Brun et ses supporters

Les supporters de Fred Brun sont bien présents à Nontron pour l'encourager

- Dans la côte de Bandiat, Anselmo Fuerte (Zor) n’arrivait pas à creuser l’écart et butait sur la difficulté de la bosse. Au Passage des trois cerisiers, Greg Lemond raflait 10 secondes afin de consolider sa 2ème place au classement général avant le contre la montre. Dans la foulée, le néerlandais Henk Lubberding (Panasonic) attaquait et était rejoint par Charly Mottet (Renault), auteur d’un bien pâle Tour de France et d’Adri Van der Poel (Kwantum). Toutes ces tentatives réveillèrent Bernard Hinault, qui colmata lui-même les brèches et de manière encore plus virulente quand il s’agissait d’un membre de l’équipe Renault, le blaireau n’ayant toujours pas digéré le Tour 1984. D’ailleurs, sûr de sa force, il leur avait promis avant le Tour de leur mener la vie dure et c’est bien ce qu’il fit pendant toute la durée de cette grande boucle. La zone de ravitaillement se profilait.

1985 Passage des musettes

Passage des musettes du côté de Dournazac

Lubberding insistait, entraînant dans sa nouvelle échappée les français Jean-Claude Bagot (Fagor) et Dominique Garde (Skil) mais toujours Bernard Hinault, qui en oubliait même sa musette.

1985 Hinault contre Lubberding et règle ses comptes

Hinault, le guerrier, réglant ses comptes avec le peloton. Il vient de contrer le batave
Henk Lubberding (Panasonic), un habitué de la grande boucle

1985 Hinault contre Bagot

Il contre aussi Jean-Claude Bagot (Fagor) en difficulté pour prendre la roue du blaireau

- Tout rentrait dans l’ordre et la commune de St Yrieix voyait le peloton passer rapidement et en file indienne. A 40 km de l’arrivée se profilait la côte de Siardeix et c’était le moment choisi par Ludo Peeters (Kwantum) pour ouvrir les hostilités, suivi rapidement par 4 hommes, un équipier du leader Kim Andersen (La Vie Claire), Rudy Dhaenens (Hitachi), Giancarlo Perini (Carrera) et Johan Lammerts (Panasonic). L’écart atteignait 2’10 à 30 km de l’arrivée malgré des relais pas très appuyés des échappées et le semblant de chasse imposé par les équipiers de Sean Kelly (Skil), bredouille jusqu’à maintenant.
- A 9 km de l’arrivée, Johan Lammerts démarrait, abandonnait ses compagnons de fugue, hésitant à réagir. La messe était dite et Johan Lammerts arrivait seul sur le boulevard de Beaublanc. Le peloton rallia la ligne d’arrivée en ordre dispersé, Hinault en profitant pour empocher 2 secondes d’avance supplémentaires sur la ligne d’arrivée.

1985 Lammerts

Lammerts dépose ses compagnons d'échappée et gagne à Limoges

Classement de l'étape1. Johan Lammerts (Pan), les 225 km 5h 53' 10"; 2. Andersen (Lvc) à 21", 3. Peeters (Kwa), à 22", 4. Dhaenens (Hit) à 22"; 5. Perini (Car) à 22", 6. Van Vliet L. à 52" (Kwa); 7. De Rooy (Pan), à 52", 8. Hinault (Lvc) à 52", 9. Van Brabant (Ton) à 52"; 10. Claveyrolat(Red) à 54", 11. Kelly (Ski), 12. Van der Poel (Kwa), 13. Vanderaerden(Pan), 14. Lemond (Lvc), 15. Van den Brande (Hit), 16. Earley (Fag), 17. Sergeant (Lot), 18. Dietrich Thurau (Hit), 19. Wouters (Ton), 20. Pavanello (San), 21. Simon R. (Red), 22. Schepers (Lot), 23. Roche (Red), 24. Van Meer (Ski), 25. Winnen (Pan), 26. Ruttimann (Lvc), 27. Rogiers (Hit), 28. Rooks (Pan), 29. Zoetemelk (Kwa), 30. Van den Haute (Red), 31. Bogaert (Ver), 32. Ruiz Cabestany (Orb), 33. Bazzo (Fag), 34. Poissonnier (Ski), 35. Criquielion (Hit), 36. Lauraire (Fag), 37. Duclos-Lassalle (Peu), 38.Gallopin (Ski), 39. Pino (Zor), 40. BRUN (Peu), 41.Prieto (Rey), 42. Anderson (Pan), 43. Sanchis (Orb), 44. Bauer (Lvc), 45. Gaston (Rey), etc…
Classement Général
1. Bernard Hinault (La Vie Claire) 107 h 7 31",
2. Lemond (L.V.C) à l' 59". 3. Roche (Red) à 3' 35". 4. Kelly (Ski) 5' 37". 5. Phil Anderson (Pan) 7' 18". 6. Delgado (Orb.) à 8' 26". 7. Herrera (Col) à 8' 50". 8. Parra (Col) à 10' 11". 9. Chozas (Rey) à 10' 50". 10. Ruttiman (Lvc) à 12' 14". 11. Zoetemelk (Kwa) à 12' 16". 12. Millar (Peu) à 12' 26". 13. Winnen (Pan) à 12' 54". 14. Bauer (Lot) à 13' 29". 15. Schepers (Lot) à 13' 39". 16. Forest (Peu) à 14' 37". 17. Prieto (Rey) à 15' 37". 18. Criquielion (Hit) à 17' 5". 19. Simon P. (Peu) à 18' 8". 20. Pino (Zor) à 18' 24", etc…

ÉCHOS DE L'ÉTAPE

1985 mn limoges

Bernard Hinault, quelques années plus tard : "Cette fois, contrairement à la veille à Bordeaux, la course a vraiment eu lieu. Il y a eu beaucoup d’escarmouches. A cent kilomètres de l’arrivée, trois gars ont tenté leur chance : Henk Lubberding, Dominique Garde et Jean-Claude Bagot. Il pleuvait énormément. Et d’un coup, ces trois-là ont vu revenir un quatrième homme : moi ! Lubberding a fait une drôle de tête en me voyant. Je n’avais rien contre eux. Mais j’ai agi par jeu. Cela m’amusait énormément. Je vois des types s’échapper. Alors j’y suis allé. Je n’allais quand même pas freiner, non ? D’abord, cela a mis un peu la panique dans le peloton. Et j’avais vraiment envie de faire le malin. Cela peut paraître cruel, mais je fonctionnais comme cela. J’étais comme le chat qui fait tourner la souris entre ses pattes avant de la manger. Juste pour le plaisir. Mais je n’ai pas insisté longtemps. C’était vraiment pour mettre le Maillot jaune en tête un moment. Ensuite, il y a eu l’échappée décisive où Kim Andersen, pour la Vie claire, s’était glissé. Mais le plus fort ce jour-là, c’était Johan Lammerts qui a faussé compagnie à tout le monde pour gagner. C’est comme cela qu’il avait remporté le Tour des Flandres l’année précédente. A l’arrivée sur Limoges, je me suis retrouvé devant le reste du peloton. Et j’ai grappillé deux secondes de plus. Mais le vrai objectif de la journée chez nous, c’était d’assurer la deuxième place de Greg Lemond. Il a couru les sprints de bonification pour ça. On pensait à ce doublé depuis Saint -Etienne. Deux coureurs de la même équipe de marque, cela n’était jamais arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale. Certes, il y avait eu Fausto Coppi et Gino Bartali en 1949, et Gastone Nencini et Grazziano Battistini en 1960. Mais il s’agissait d’équipes nationales. Pas de marques. Le patron de l’équipe, Bernard Tapie, était ravi de voir son équipe rentrer dans l’histoire du cyclisme pour sa deuxième année d’existence seulement."
Frédéric Brun : a a roulé très vite et lorsque l'échappée est partie, je n'étais pas au mieux. J'ai été handicapé par un petit rhume et je me suis retrouvé beaucoup moins bien que je pensais l'être. Je savais pourtant parfaitement où cela allait se déclencher. Mais je me suis trouvé légèrement enfermé et comme j'avais des difficultés pour respirer, je n'ai pas pu me joindre aux échappés. Ensuite, il n'était plus possible de boucher le trou tout seul
J'aime bien les courses contre le chronomètre et j'y réussis plutôt de bonnes performances comme le prouve ma dix-huitième place dans le prologue de Plumelec, il y a trois semaines. Aussi, demain matin, devant mon public, vais-je tout donner pour tenter de réussir une bonne course avant d'en terminer avec mon cinquième Tour de France qui restera, hélas ! Le plus mauvais à cause de cette chute avant Roubaix. Je vais maintenant courir les critériums, puis je ferai le Tour du Limousin avant de mettre un terme à ma saison. J'ai beaucoup couru cette année et j'ai besoin de me reposer pour préparer au mieux l'exercice 86 où je ferai toujours partie de l'équipe Peugeot".

RÉTRO VÉLO DORDOGNE -LE TOUR 1985 A PÉRIGUEUX
© BERNARD PECCABIN La mémoire du cyclisme en Dordogne

Posté par Bernard PECCABIN à 15:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]