1989 ÉLISABETH CHEVANNE BRUNEL, SA CARRIÈRE CYCLISTE
1989 PREMIÈRE ANNÉE DE COMPÉTITION A LA PÉDALE FAIDHERBE
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PREMIER VÉLO, PREMIERE LICENCE,
PREMIER CLUB, PREMIÈRE COURSE
- Au cours de l’hiver 1988/1989, un évènement majeur précipita les préparatifs. Ce fut celui de l’achat d’un premier vélo à la taille de notre féminine et en avance des traditionnels cadeaux de Noël. Les fêtes étant passées, le vélo préparé et bien peaufiné, les entraînements s’enchaînaient, d’autant plus que maintenant, Elisabeth détenait sa première licence, sous les couleurs on le sait de la Pédale Faidherbe en catégorie cadettes.
NDLR Le vélo en question fut acheté à Carrefour, il était de couleur bleu ciel et blanc. Et comme chacun sait, un premier vélo marque toujours notre jeunesse.
- Le 26 mars 1989, toute la famille Brunel mettait le cap sur la Creuse, pour une course organisée à Marsac par le VC de La Souterraine. A 14 ans à peine, notre petite minime partait vers l’inconnu, avec une confrontation en compagnie des garçons. L’aventure débutait avec quatre résultats à la clé :
- - une place de dixième au général
- - une victoire chez les féminines avec le premier bouquet
- - une prime de dix €uros
- - la décision d’Ingrid de pratiquer dorénavant ce sport avec sa sœur.
Classement de cette épreuve mémorable : 1. David Le Faver (VC Le Blanc), 2. Guérin (UVL), 3. Morizot (VC Etampes), 4. Anglard (VC Maurica), 5. Dallot (UVL), 6. Masle (UVL), 7. Gassies (UVL), 8. Coulon (AS Saint-Junien), 9. Monthieux (AC Bourganeuf), 10. Elisabeth Chevanne Brunel (Pédale Faidherbe), etc...
Ce qui s’est passé en 1989 en Dordogne.
- Georges Bousquet préside l’Aquitaine, François Alaphilippe devient président de la FFC. Mais le mandat de Georges Bousquet arrive vite à son terme puisqu’il démissionne au cours de cette saison, remplacé par André Vermeulen qui assure l’intérim jusqu’à la date de l’AG suivante où Jean Pitallier prendra le relais.
- Chez nos coureurs de Dordogne, Patrick Fiefvez inscrit son nom au Tour du Cubzaguais et Patrice Peyencet gagne le Tour du Haut-Benauge. Les satisfactions sont du côté de Christophe Lanxade et de Patrice Peyencet pour le secteur des amateurs alors que Didier Virvaleix et Hervé Gourmelon débutent dans le milieu professionnel.
Le cyclisme féminin en France
- Cécile Odin gagne le Tour de l’Aude. Jeannie Longo n° 1 mondiale, gagne le Tour Féminin, le Championnat du Monde à Chambéry et devient recordwoman de l’Heure à Mexico.
Elisabeth Chevanne-Brunel récompensée à Terrasson en novembre 1989 par
le Comité de Dordogne, lors de l’assemblée générale
L’arrivée d’Ingrid, sa sœur
- Née en 1976, Ingrid se décide à son tour de pratiquer le cyclisme, boostée par le comportement d’Elisabeth, sa sœur aînée. Les entraînements avec Papa Brunel prennent une nouvelle tournure. Face au nouveau contexte et aux progrès de ses filles, Alain Brunel dirige les entraînements en organisant des départs décalés (Ingrid en première position, Zabou en deuxième mais cinq minutes après et Alain cinq minutes après Zabou). Au début, le papa arrivait à rejoindre les deux filles et dès qu’il était rentré, il attaquait pour rappeler à ses filles l’esprit de compétition. Au fur et à mesure des progrès réalisés, l’handicap passa de cinq à quatre minutes, puis trois, deux et une minute. Et comme cette façon de faire ne suffisait plus, face à la vélocité et aux progrès des filles, c’est lui qui partait en première position suivi par Ingrid et Zabou déjà la meilleure du groupe. Non seulement les sœurs parvenaient à rejoindre le papa, mais à leur tour de l’attaquer, si bien qu’il décida d’abandonner la partie, le cyclisme étant devenu trop dur pour lui... Du coup Ingrid s’entraînait avec Zabou et selon un programme établi par Alain Brunel, mais toujours avec le même sérieux et la même rigueur.
SON PREMIER CHAMPIONNAT
- Il se déroule le 4 juin à Saint-Martin de Seignanx en Chalosse. Zabou attaque à maintes reprises, mais sans succès. Dès qu’elle est sur le plat, elle se fait rejoindre par la meute lancée à ses trousses. Mais là on s’aperçoit que Zabou mouline trop. Constat : elle est équipée avec un 46 x 16 (6,31m), alors que le règlement permet 7,01m. Cette différence qui n’est pas du tout anodine lui permet dès lors de faire la différence et de vaincre à son tour.
LES PREMIERS BOUQUETS (source : Michel Lerouge)
- avec les féminines : Quatre victoires à Bunzac (16) 25/06, Labadie (24) 09/07, Chalagnac (24) 16/07, Trizac (63) 15/08.
- avec les minimes garçons (1° féminine) : Marsac (23) 26/03, Gensac la Pallue (16) 09/04, Saint-Sornin (87) 14/05, Niort (79) 02/07, Saint-Michel (16) 24/09.
- ses places d’honneur : 2° La Machine (58) 23/07, 3° Châteauneuf (45) 13/08, 3° Aigueperse (63) 20/08, 3° Créon (33) 27/08, 3° Peyrecave (32) 02/09, 3° Clermont Ferrand (63) 10/09, 3° Muret (31) 17/09, 7° Villenave (40) 28/05, 7° Saint-Martin de Seignanx (40) Championnat d’Aquitaine 04/06, 9° Mont de Marsan (40) 16/04.
- autres places avec les garçons : 2° La Croix sur Gartempe (87) 11/06, 3° Barsac (33) 18/06, 4° Gradignan (33) 07/05, 4° Eauze (32) 21/05.
A Saussignac (AG du Comité d’Aquitaine), elle récidive en
remportant la première place au Challenge régional
Première course devant son public - Prix de Chalagnac : C’est avec un peu de retard que Mme Verger maire de la commune libère les concurrentes pour un périple de 28 km. Les locales avec Ingrid et Elisabeth Chevanne Brunel feront un départ ultra rapide qui provoquera des cassures au sein du peloton. Trois filles s’échapperont avec Sandrine Marsauson (La Souterraine), Carole Carrère (Barsac) et Elisabeth Chevanne-Brunel (Pédale Faidherbe). Sous les coups de boutoir de la Périgourdine, Carole Carrère sera lâchée dès la mi-course. Il faudra attendre le dernier tour pour voir Sandrine Marsaud subir le même traitement, car Elisabeth avait décidé de s’imposer en solitaire et avec panache à la grande joie de ses supporters.
Le classement : 1. Elisabeth Chevanne-Brunel (Pédale Faidherbe), 2. Marsaudon (La Souterraine), 3. Carrère (Barsac), 4. Guyotot (Tarnos), 5. Toïba (Marmande), 6. François (Ussel), 7. Egreteau (Mérignac), 8. Sourigues (Gradignan), 9. Tricard (Saint-Junien), 10. Bernes (Auch).
Challenges remportés en 89 : 1° Challenge d’Aquitaine, 1° Challenge Dordogne
Rappel Challenge d’Aquitaine (source Dordogne Cycliste) : 1. Elisabeth Chevanne-Brunel (Pédale Faidherbe) 597 pts, 2. Nadège Guyotot (VC Tarnos) 409 pts, 3. Florence Marrens (CC Marmande) et Carole Carrère (VC Barsac) 307 pts, 5. Sophie Sourigues (UC Gradignan) 275 pts, 6. Ingrid Chevanne Brunel (Pédale Faidherbe) 267 pts, 7. Peggy Egreteau (Mérignac VC) 262 pts, 8. Sophie Toïba (CC Marmande) 240 pts, 9. Hamon Guitterie (Stade Montois) 220 pts, 10. Nathalie Marie (UC Artix) 180 pts.
Rappel Challenge Dordogne 1989 (source Dordogne Cycliste) : 1. Elisabeth Chevanne Brunel (Pédale Faidherbe) 96 pts, 2. Sandrine Pavageau (CC Montpon) 10 pts, 3 ex-æquo. Christelle Maury (AS Eymet), Nadia Loustalot (CCP Nontron) et Ingrid Chavanne Brunel (Pédale Faidherbe) 8 pts, 6. Isabelle Pavageau (CC Montpon) 2 points.
Classement national 89 : 25° (1°) Sandrine Bastien)
Ils étaient licenciés à la Pédale Faidherbe en 1989 avec Zabou :
Coureurs : Patrick Marfond, Bernard Estève, Jean-Marie Despert, Jérôme Lagarde, Stéphane Lalet, Philippe Dessimoulies, Eric Stoïkovitch, Christian Top, Michel Lafagne, Guy Dubois, Bernard Mazeau, Georges Boyer, Jean-Claude Ulbert, Bernard Maradène, Pascal de Boussiers, Samuel Duval, Olivier Maradène, William Chatain, Jean-Luc Besse, Elisabeth Chevanne-Brunel, Ingrid Chevanne-Brunel, Thierry Bourdin, Dominique Galy.
Dirigeants : Jean Boissavy, Marc Le Moil (Président), Jean-Paul Blanchard, André Pommier, Robert Lasjaunias, Georges Bernet, Alain Brunel, Gabriel Coste.
Ingrid et Zabou : les deux sœurs qui forment un nouveau duo
- En cette année 1989 le Tour de France voyait la défaite de Fignon pour huit secondes. Mais ce Tour fut un Tour exceptionnel et "Rétro Vélo Dordogne" publie une chronique de Jean-Marie Leblanc à l’époque journaliste, qui décrit bien le contexte et les faits. Peut-être une raison qui a stimulé notre Zabou qui en était elle, à sa première saison cycliste...
"C’est plus, beaucoup plus, c’est mieux, beaucoup mieux que ce que nous espérions. Un an après le Tour à malices, nous avons vécu un Tour à délices. Jusqu’au bout, jusqu’aux derniers hectomètres des Champs Elysées, où le chronomètre a rendu son impitoyable verdict : pour huit secondes. Laurent Fignon a laissé échapper une victoire qui lui semblait promise depuis trois jours, depuis qu’il avait porté à cinquante secondes la barre - infranchissable pour beaucoup - de son avance sur Greg Lemond.
En une demi-heure, le Parisien a tout perdu, au bout d’un combat brutal et pathétique. Nous le savions gêné par une induration, nous l’avons vu chercher en vain son meilleur rendement, se lever de sa selle et se rasseoir alternativement, tendre les bras, se retourner vers Cyrille Guimard en quête d’une information, raser les balustrades à la recherche du meilleur abri pour finalement s’écrouler, vaincu, la ligne d’arrivée franchie.
Sa peine doit être immense aujourd’hui, et nous la partageons. Après l’éclatante impulsion qu’il avait donnée à la course dans les Alpes, et la si proche consécration de son retour, qu’il entrevoyait enfin, Laurent Fignon a de quoi maudire l’ingratitude du ciel et de la terre. Le bonheur de Greg Lemond doit être aussi total et nous le ressentons avec lui. S’agissant d’un champion presque mort il y a deux ans, qu’on croyait voué à l’obscurité, l’histoire a presque valeur de conte de fées, morale comprise.
Le paradoxe tient dans ceci que celui qui a perdu possédait la meilleure équipe, et celui qui a gagné la plus faible.
Cette fois-ci, le Tour de France s’est joué individuellement : derrière l’étourdi Pedro Delgado, Laurent Fignon fut le plus régulier dans la montagne, mais dans l’effort solitaire, Greg Lemond prit chaque fois l’avantage sans qu’on sache si son guidon de triathlète et sa position en "œuf" valaient mieux que les deux roues lenticulaires du Français, peu importe au demeurant.
Ce qui importe, c’est le combat loyal que deux honnêtes hommes nous ont réservé, le suspense involontaire qu’ils nous ont ménagé, les morceaux de bravoure qu’ils sous ont offerts : l’attaque de Fignon à Villard de Lans, la finale de Lemond en boulet de canon à Paris, à plus de 50 km/h de moyenne, et d’autres phases intenses au détour des chemins de France.
Lemond, Fignon et les autres ont été si irréprochables qu’on nous complimente aujourd’hui de tous côtés sur la qualité de ce Tour de France 1989, en effet, exceptionnel. Les organisateurs ne sont pas des thaumaturges. Simplement peuvent-ils avec leur cœur et leur savoir-faire placer les acteurs dans les meilleures dispositions possibles pour bien jouer la pièce ? De Luxembourg à Paris, trois semaines durant, il n’a été question que de sport, et c’est bien la seule satisfaction que nous puissions revendiquer.
Voici le public français réconcilié avec son Tour de France, et le public américain plus que jamais conquis par lui. Voici beaucoup de monde redevenus amoureux d’un sport qui mérite assurément plus d’honneur que d’indignité. Voici les organisateurs du Tour de France perplexes devant cette angoissante question : comment faire aussi bien l’an prochain ?
RÉTRO VÉLO DORDOGNE - ELISABETH CHEVANNE BRUNEL (1)
© BERNARD PECCABIN
avec la collaboration de Michel Lerouge pour le palmarès, certaines informations
et photos de notre championne
Prochain épisode : 1990 Une progression fulgurante avec onze victoires



