MUSSIDAN : HISTOIRE DE SON CYCLISME (11° partie) 1960-1962

 1960-1962 LE DÉPART D’ALBERT CHAUSSADE

ET LES PREMIÈRES NOCTURNES

- Article précédent : 1957-1959 au RC Mussidan (pour ceux qui veulent se situer dans le contexte)

- 1960, on change de décennie, mais c'est tout le monde qui s'agite et qui évolue, un petit peu comme si l'on considérait que jusqu'en 1959 on avait passé son temps pour reconstruire le pays et le projeter dès lors vers le 21° siècle. Le cyclisme aussi va évoluer. Après la suprématie de Louison Bobet sur trois Tours de France, la victoire inédite de Walkowiak, la révélation du jeune Anquetil et l'entrée dans l'arène des grimpeurs comme Gaul et Bahamontès, une ère nouvelle se profile à l'horizon. 1960 c'est aussi l'année Olympique et les jeux de Rome, c'est surtout le décès de Fausto Coppi qui s'est éteint dès le 2 janvier et dont la mort fut imputée à la malaria à l'issue d'une tournée en Haute-Volta. En réalité cette mort était la conséquence de l'extrême état d'affaiblissement de l'organisme du campionissimo. A quarante ans Fausto était usé, vieilli prématurément et rongé par le souvenir d'un passé légendaire. Et un sentiment de malaise se propageait dans son sillage, au spectacle de ce demi-dieu tombé en désuétude dont le regard absent traduisait l'état d'hébétude. Les témoins des dernières courses affirmaient que Coppi ne parvenait à suivre le peloton pendant quelques dizaines de kms, qu'à grand renfort de produits dopants et l'on comprend dès lors que sa disparition s'apparente davantage à un suicide sportif qu'à autre chose.
Licenciés coureurs en 1960 : Claude Dieuaide, Henri Sedran, Robert Sedran, Guglielmini, Gourmelon, Albert Rotrou, Claude Rotrou, Robert Dumon, Robert Laurière, Jean Sedran, Xart, Raynaud, Rouxel.
-
J'ai volontairement ouvert cette parenthèse, pour dire que cette époque correspondait aussi à l'année de tous les dangers, car les progrès de la science et de la pharmacie commençaient à détruire et à ronger inexorablement notre discipline pour la mettre plus tard en grand péril. Au Racing aussi tout évolue. Terrot et Hélyett sont des marques qui équipent le club avec en plus Dilecta et dont Rotrou sera le chef de file. Albert Chaussade toujours au devant de la scène, reste le chroniqueur hors pair et il m'est agréable de reproduire un résumé de cette saison 60 que j'ai relevé sur le journal Sud-Ouest, car elle illustre bien la place et les activités de cette attachante société.
- "La brillante activité" et la parfaite vitalité du Cyclo dit-il, ne peuvent passer inaperçues. Et les résultats obtenus sont le fruit d'un labeur souvent ingrat, obscur et parfois bien compliqué, fourni avec beaucoup de dévouement par une simple poignée de dirigeants qui demeurent sur la brèche d'un bout de saison à l'autre. La section cycliste du RCM, arrive au onzième rang sur les trente-huit sociétés du Comité du Limousin, avec dix-neuf courses organisées durant cette saison et 5.995 NF de prix distribués aux coureurs dans ses organisations. Il est également agréable de remarquer que sans racolage aucun, la section cycliste groupait un effectif de vingt coureurs licenciés, parmi lesquels une douzaine de débutants et de 4° catégorie, pas toujours assidus aux compétitions. C'est quand même dix victoires qui ont été remportées par les gars du RCM au cours de la saison. Et cela, malgré le départ sous les drapeaux du valeureux et réputé Dieuaide, devenu première catégorie et habitué aux succès depuis la saison passée.
- Parmi les coureurs qui se sont mis en évidence, notons Rémi Rotrou, Robert Sedran, Henri Sedran qui semble être une sérieuse révélation, sans oublier Dumont et bien d'autres qui, s'ils n'ont pas remporté le bouquet de la victoire ont tout de même figuré souvent aux places d'honneur.

RCM

La presse à Mussidan a tenu toujours un rôle très important au sein de la société. Albert Chaussade était le grand chroniqueur du club depuis sa fondation et jusqu'à son départ. En janvier 1956 Jean Tibaut devient le correspondant du journal Sud-Ouest à Mussidan en remplacement de Monsieur Coustillas. On le voit ici à droite aux côtés de Jean Denoix et de Albert Chaussade lors d'un grand prix à Mussidan (disputé en 1960), en train de recopier des résultats. C'est grâce à Jean Tibaut que j'ai pu retrouver les traces du club, sur cette presse qui repose désormais aux archives départementales. D'ailleurs, j'ai plaisir de dire que cet homme a fait un excellent travail de reporter pour les rouge et blanc. Merci Monsieur Tibaut, nous vous devons tous ces souvenirs ! (photo Eyère Sud-Ouest)

- Quant aux dix-neuf épreuves organisées au cours de cette saison, le moins qu'on puisse en dire c'est qu'elles ont toutes connu un très beau succès, autant celles organisées à Mussidan qu'au dehors, compte tenu des prix attribués. Et le simple fait de citer les noms des vainqueurs de ces courses suffira pour confirmer la réussite et le succès de ces organisations. On retrouve donc au palmarès 1960 : Dieuaide, Metzler, Lubiato par deux fois, Gibanel, Empinet, Salanier, Bouquet, Dupré, Losmède, Rotrou, El Gourch, Leguen, Sedran deux fois, Gardet, Dumont et la grande révélation de la saison en Guyenne, Claude Dècle, deux fois victorieux, et enfin Robert Desbats. Parmi les organisations les plus marquantes assurées par le RCM avec le plus de réussite et de succès, nous avons particulièrement remarqué le Premier Pas Dunlop, le prix du printemps pour les rameaux avec 110 partants, le prix des fêtes de Saint-Louis en l'Isle avec ses 64 coureurs au départ. Le célèbre et réputé grand prix de Montignac-Vauclaire, magistralement enlevé et dans l'ordre par le trio Palois Gibanel, Goya, Sandona. Le Grand Prix de Saint-Léon sur l'Isle qui connaît chaque année son habituel succès, et enfin le fameux grand prix de Mussidan disputé le 14 juillet et remporté par le champion Marocain El Gourch devant le Tour de France Gibanel, sans oublier le traditionnel prix du Comice, contrarié cette année par une pluie diluvienne et enlevé par la révélation Dècle.
- L'énumération de ces chiffres et de ces résultats se passe de tout commentaire et ces succès sont l'œuvre d'une poignée d'amis aussi solidaires que dévoués et compétents qui peuvent à juste titre être fiers. On sait que la section cycliste du RCM offre durant la saison et à Mussidan, quatre ou cinq épreuves entièrement gratuites au public, qu'elle n'a aucune recette autre que celle du soutien de la sportive municipalité, de la générosité des spectateurs pour assurer les primes et les quelques rares firmes qui lui accordent leur patronage. Elle vit aussi du produit de ses cartes de membres honoraires, auxquelles il convient d'ajouter le bénéfice de deux bals dans l'année.
- A ce sujet la section a organisé le 6 mars une grande nuit du cyclisme. Un orchestre musette avec Yves Portes a ainsi donné un joli spectacle.

RCM 1

- Du talent sur scène et derrière le micro ça ne manquait pas et il en était de même pour les speakers de l'époque avec des hommes comme Robert Monlong le maître, son lieutenant Berthozat, Jean Tamain originaire de Troche en Corrèze, Jean Francis de Coutras, Villoingt de Tarbes, Maurice Jouault de Lalinde, André Delord de Libourne (en médaillon) , Michel Graveron de Bergerac, Simon Metge de Villeneuve, Raymond Mahéo d'Anglet, Jean Clavié de Grenade sur Adour, Léon Magnat de Bergerac, Jacques Marronneaud de Juillac, Robert Bergez de Capbreton, Jean-Martial Paris de Lauzerte et bien d'autres... A Lalinde c'est vrai que le club avait remporté le titre de champion du Limousin des sociétés une fois de plus, club auquel Maurice Jouault assumait le rôle de responsable technique de l'équipe Polyrey-Royal-Fabric mais aussi ses débuts très remarqués au micro.

 A Vergt, un circuit pour les championnats du monde de 1964 constituait l'actualité du moment. Le 24 avril, à l'initiative du Docteur Moulinier, deux cents sportifs se réunissaient pour débuter les premiers mètres de ce parcours (Vergt-Bordas-Saint-Mayme de Péreyrol), en attendant que la fédération et les instances internationales acceptent cette lointaine candidature. Toujours est-il que le critérium de Vergt qui en était à sa 6° édition verra Miguel Poblet l'emporter, devant une foule impressionnante. Tout cela nous ramenait à ces critériums et notamment à celui de Neuvic dont le Racing avait été dépossédé. Désormais c'était le Cyclo-Club Périgourdin de M. Leygues qui dirigeait les opérations dans la cité de la chaussure, avec bien sûr un comité d'organisation très motivé. Rik Van-Steenbergen sera le lauréat de cette édition du 18 avril 1960 devant Tino Sabbatini et le Bordelais Robert Desbats.
- On peut dire encore pas mal de chose sur cette saison 1960 avec par exemple l'installation à Villefranche du Périgord de l'équipe royale du Maroc venue s'entraîner cet été en vue du Mondial, tout en profitant de nos compétitions locales. A Mussidan la vie s'écoulait avec des faits divers comme par exemple le départ à la retraite de l'adjudant-chef de gendarmerie Valeyrie, bien connu pour assurer le service d'ordre lors des épreuves du RCM. Pour honorer la mémoire de notre fondateur, chaque saison voyait les boulistes Mussidanais rentrer en lice avec le challenge Raoul Grassin. L'actualité nationale c'était la guerre d'Algérie, le tremblement de terre à Agadir, le rapt d’Eric Peugeot, la mise à mort de Caryl Chessman, en somme un tas de circonstances qui nous rappelaient cette belle époque et notre jeunesse. 1960 c'est l'Afrique qui explose, c'est Anquetil en rose, c'est la suprématie de Nencini, c'est aussi et enfin le dernier virage de Roger Rivière…
LE DÉPART D'ALBERT CHAUSSADE : Partir d'un club pour lequel on a consacré vingt ans de sa vie, de son temps, de ses loisirs et bien souvent au détriment de sa famille n'est pas chose facile. Il est donc évident que le départ soudain d’Albert Chaussade, grand serviteur du cyclisme qui a connu successivement la fondation du club, la pénurie de la guerre et d'après guerre, la montée en puissance de la section cycliste, la période euphorique et le retour à une situation moins florissante constitue une surprise et une déception.
- Albert Chaussade était un très grand dirigeant puisque il connaissait toutes les ficelles du cyclisme. Coureur, directeur sportif, secrétaire, pigiste, vélociste, mécanicien, il a du s'adapter à toutes les évolutions de la discipline. Il savait se situer, car il comprenait la logique du fonctionnement de l'institution sportive pour laquelle il s'était engagé avec un acharnement et un dévouement total. Albert Chaussade était généreux et bienveillant pour les autres, tout en étant exigeant pour lui-même et c'est là le plus important de son acte. En faits il était un vrai bénévole, même si certains détracteurs mettent en parallèle l'intérêt du vélociste avec celle du dirigeant. Cette dernière hypothèse ne s'applique pas pour Albert Chaussade. Car même si l'aspect commercial peut être évoqué, personne ne peut oublier l'œuvre d'ensemble de cet homme qui est parti par les coulisses, sans demander merci à personne et pour lequel aucune marque de sympathie à son égard n'a été relevé sur la presse. Sans doute que ce vœu de quitter ainsi le cyclisme correspondait à la consigne de M. Chaussade ? C'est une hypothèse, difficile à vérifier, mais somme toute, tout à fait probable, à moins que son départ (comme l'intéressé le prétend) soit devenu une exigence et un choix professionnel ?
- Face à l'affaiblissement des relations sociales, à la diminution de la convivialité, au besoin de retrouver le cercle familial, face aux agressions de la société industrielle et de ses valeurs dominantes (l'efficacité, le rendement, l'argent, la consommation, l'individualisme …) le dirigeant finit un jour par s'exaspérer surtout lorsque les critiques pleuvent, et bien souvent venant des gens qui ne font rien, mais qui voudraient faire la même chose que vous. Albert Chaussade ne s'est pas interrogé sur tous ces problèmes : il s'est engagé pour agir en 1941 et il a agi par plaisir et son engagement passionnel explique la durée de son mandat où il eut la possibilité de construire et de réaliser un cadre sportif, celui du Racing !
- Albert Chaussade a été victime de l'engrenage pour lequel l'enthousiasme, la disponibilité, le désir d'apporter, le souci d'innover, la volonté d'agir et de participer constituent autant d'atouts qui précipitent le vrai bénévole dans un mouvement sans fin. Celui du club, de son environnement humain que l'on a créé par les relations, les petits services, les encouragements, les félicitations soit en définitive une sorte de moule dont lequel il est difficile de se séparer.
- Parti sur la pointe des pieds, Albert Chaussade s'en est ainsi allé un soir de 22 décembre 1961 dans la discrétion, mais certainement avec beaucoup de regrets et peut-être quelques remords …. bien légitimes. Mais l'homme a un caractère très fort et a su négocier sa sortie sans tambours ni trompettes, comme cela se passe chez tous les grands serviteurs d'une cause ou d'un mouvement quel qu'il soit.

1960 AU RACING ET AILLEURS

A Mussidan (Pas Dunlop du 27 mars)
1° Bernard Metzler (CC. Périgourdin), 2° Héraud (Bergerac), 3° Salem (CC. Lindois), 4° Lambert (Bergerac), 5° Chaulet (Nontron), 6° Rebeix (Nontron), 7° Arnaud (Périgueux), 8° Lachaise (Périgueux), 9° Sedran (RC.Mussidan).
Prix du printemps à Mussidan (10 avril)
1° Serge Lubiato (SCA.Libourne), 2° Valade (Saint-Aulaye), 3° Naffrichoux (Libourne), 4° Barré (Bordeaux), 5° Dory (CC. Bergerac), 6° Pontneau (Bordeaux), 7° Mingot (Bordeaux), 8° Martin (Bordeaux), 9° Garros (Bordeaux), 10° A. Rotrou (RC. Mussidan).
A Saint-Louis en l'Isle (24 avril)
1° Serge Lubiato (SCA.Libourne), 2° Losmède (Périgueux), 3° Baudet (Bordeaux), 4° Dory (Bergerac), 5° Garros (Bordeaux), 6° Malpeyre (Saint-Yrieix), 7° Kasprazak (Saint-Macaire), 8° Roméro (Bordeaux), 9° Lévêque (Périgueux), 10° Doumenge (Bergerac).
A Montignac-Vauclaire (2 mai)
1° Gibanel (Pau), 2° Louis Goya (Nay), 3° Sandona (Pau), 4° Gourd (Eymet), 5° Pierre Poutou (Pau), 6° Dihars (ASPTT.Bordeaux), 7° Cesa, 8° Cosse, 9° Laville (Bordeaux), 10° Empinet Jean-Claude (VC.Lardin) 1° jeune.
A Saint-Léon sur l'Isle (15 mai)
1° Jacques Salanier (CC. Lindois), 2° Malpeyre, 3° Courtine (CC. Lindois), 4° Faure, 5° André Doumenge (Bergerac) - sur 87 partants.
Prix Martini à Mussidan (26 mai)
1° Lucien Dupré (CC. Lindois), 2° Seurin (Bergerac), 3° Berger (Lalinde), 4° Lévêque (Périgueux), 5° Rousseau (Lalinde), 6° Zaccaron (Lalinde), 7° Loustalot (Bergerac), 8° Ducher (Périgueux), 9° Sedran (Mussidan), 10° Subileau.
A Neuvic–Gare (6 juin)
1° Losmède (Périgueux), 2° Lenfant, 3° Dumora, 4° Serrot (Saint-Aulaye), 5° Berrano (Saint-Aulaye), 6° Bale, 7° Thuillier, 8° R. Sedran (Mussidan), 9° Larribière, 10° Rouxel (Mussidan).
A Saint-Médard de Mussidan (13 juin)
1° Rémi Rotrou (Mussidan), 2° Ducher (Périgueux), 3° Ponceau, 4° Seurin (Bergerac), 5° Zaccaron.
A Mussidan (14 juillet)
1° Mohamed El Gourch (Maroc), 2° Gibanel (Pau), 3° Amed (Maroc), 4° Goya (Nay), 5° Poutou (Pau), 6° Ferreira (Bordeaux), 7° Bogdan (Périgueux), 8° Gervais (Périgueux), 9° Sandona (Pau), 10° Ponceau.
A Saint-Germain du Salembre (14 août)
1° Robert Dumont (RC. Mussidan), 2° Bérano (Saint-Aulaye), 3° Serrot (Saint-Aulaye), 4° Détienne, 5° Sedran (Mussidan), 6° Brugeassou (Montpon), 7° Leguen (Périgueux), 8° Claude Rotrou (Mussidan), 9° Raynaud, 10° A. Rotrou (Mussidan).
A Douzillac (28 août)
1° Gilbert Leguen (CC. Périgueux), 2° Robert Sedran (Mussidan), 3° Lévêque (Périgueux), 4° Roger, 5° Bérano (Saint-Aulaye), 6° Henri Sedran (Mussidan), 7° Blondy, 8° Zaccaron (Bergerac), 9° Zacchi, 10° Talder (Saint-Aulaye).
A Mussidan (Prix du comice du 18 septembre)
1° Claude Dècle (SCA. Libourne), 2° Archambault (Périgueux), 3° Dory (Bergerac), 4° Augustin (Bordeaux), 5° Salanier (Lalinde), 6° Martin (Barsac), 7° Bouquet (Bergerac), 8° Sedran (Mussidan), 9° Bésarion (Bergerac), 10° Lautrète (Paris).

1960

Vainqueurs de la saison 1960 dans les courses du RCM avec Metzler, Gibanel
Dècle et Sedran

QUELQUES GRANDS DE LA SAISON 60

Jean Craczyck, Jean Stablinsji, Jean Dotto, Jacques Anquetil, Joseph Groussard, François Mahé, Jean-Claude Annaert, Albert Bouvet, Henri Anglade, Pierre Everaert, Fernand Picot, André Darrigade, Camille Le Menn, Raymond Poulidor, René Privat, Tom Simpson, Roger Rivière, Gastone Nencini, Hans Junkerman, Séaumus Elliot, Albertus Geldermans, Pino Cérami, Robert Cazala, Valentin Huot, Louis Rostollan, Nino Defilippis, Jean Adrienssens, Rik Van-Looy

CEUX QUI BRILLENT EN PERIGORD

Robert Conty (CC. Lindois), Jacques Gervais (CC. Périgourdin), Marius Archambaud (CC. Périgueux), François Jeantaud, (VC. Lardinois), André Doumenge (CC. Bergerac), Joseph Paré (CC. Fleixois), Lucien Dupré (CC. Lindois), Robert Rousseau (CC. Lindois) Robert Sedran (RC. Mussidan), Robert Jugie (CC. Périgueux), Moïse Bodin (CC. Lindois), Bernard Metzler (CC. Périgueux), Michel Empinet (VC. Lardin)

LES VEDETTES DU SUD-OUEST

Jacques Pineau (Agen), Alfrédo Bello (Parentis), Yves Nebut (G. de Bordeaux), Louis Goya (Nay), Robert Aubry (CC. Lindois), Adriano Dal Sié (SA. Bordeaux), Robert Verdeun (SA. Bordeaux), Robert Vivensang (Hendaye), Michel Friou (VC. Saintes), Maurice Laforest (Royan), Gérard Capdeboscq (Biarritz), Claude Vallée (PSF. Niort), Michel Grain (Chatellerault), Jean Deloche (ASPTT. Bordeaux), René Barrière (US. Dax), Guy Epaud (Royan), Mohamed Ben Brahim (UCD. Villeneuve), Robert Suire (Mansle) René Abadie (Stade Montois), Daniel Walryck (CC. Périgueux), Manuel Manzano (Stade Montois), Pierre Frare (CC. Lindois), Raymond Mastrotto (Nay), Roger Vidal (Sainte-Livrade), Maurice Réjasse (CRC.Limoges), Alfred Gratton (Monaco), Régis Fontagnères (Capbreton), Pierre Poutou (Pau), Bernard Domagé (Stade Montois), Fernand Delort (US. Andernos), Maurice Bertrand (ASPTT. Bordeaux)

AUTRES COURSES DU RC.MUSSIDAN EN 1960

31 juillet Prix des fêtes de Grignols : 1° Gilbert Leguen (CC. Périgourdin), 7 août Prix des fêtes de Chantérac : 1° Robert Sedran (RC. Mussidan), 5 septembre Prix de Saint-Géry : 1° Jean-Paul Gardet (Clichy), 2 octobre Prix de Bourgnac : 1° Henri Sedran (RC. Mussidan), 3 octobre Saint-Michel de Double : 1° Claude Dècle (SCA.Libourne), 31 octobre Saint-Front de Pradoux : 1° Robert Desbats (UC. Arcachon), 6 novembre Saint-Martin l'Astier (Cyclo-cross) : 1° Vicelli (UV. Limousine).

- En 1961 le Racing se situe encore et toujours sur une brèche active. Dans l'arène internationale, Bobet entame sa dernière saison. Le peloton s'apprête à être régenter par deux maîtres tout puissants : Van Looy dans les courses en ligne, et Anquetil dans les épreuves par étapes. Mais 1961 c'est aussi un anniversaire exceptionnel, (qui ne sera pas fêté) celui des vingt ans de la section cycliste du Racing. Les organisations ne faiblissent pas mais se stabilisent et Saint-Michel de Double innove avec deux courses pour ses fêtes (une le Samedi et une le Dimanche en faveur des jeunes).
- Côté coureurs Rémi Rotrou, Robert Sedran, Robert Laurière, Rouxel, Henri Sedran et huit autres locaux constituent l'ultime ossature d'une section qui marque le pas par rapport à son passé. Le 11 mars le bal du printemps offre une nuit du cyclisme inédite, avec les sœurs Della Rossa, soit cinq dames pour un orchestre féminin qui devrait faire salle comble et réjouir le trésorier.
Le Bureau du Racing-Club formé le 22 décembre 1961 : Président actif : M. Pierre Verrière, Vice-Présidents : MM. Pierre Daillens et Georges Simonnet, Secrétaire Général : M. Pierre Lochin, Trésorier : M. Robert Barrière - Adjoint : M. Jean Denoix, Directeur Sportif : M. Coutisson, Membres : MM. Calvès, Demilly, Despréaux, Félix, Martin, Edgard Simon et Henri Simonnet.
- Michel Gonzalès du Guidon Bayonnais remporte l'épreuve de Montignac-Vauclaire, épreuve difficile avec passages par la Forêt, Port de Calendre, Ménestérol, le port de Montpon, le port de Calendre et Montignac (2 fois) puis dix fois Montignac, la Forêt, Port de Calendre, Vauclaire, Montignac et surtout cette côte des Rambauds si difficile à négocier au fil des tours.

ANGLADE

Sur ce cliché de mauvaise qualité, on reconnaît Maurice Jouault et Guy Epaud
le vainqueur de la 1° nocturne de Mussidan le 14 juillet 1961 puis Pierre Lochin,
secrétaire puis président de la section fin 1962.

- Le 13 juillet aussi on tente d'intéresser le public en modifiant la tradition. Pour la première fois la course de la fête Nationale se court en nocturneet la veille. Pour rendre la course attractive on procède à une éliminatoire bien spécifique à Mussidan, à son circuit et pour son public. Et c'est ainsi que tous les dix tours le dernier coureur devra rendre son dossard, histoire de stimuler le spectacle dont l'entrée sera payante puisque un nouveau franc sera réclamé à chaque spectateur. Toujours pour la première fois, c'est Maurice Jouault étoile montante du micro qui instrumente cette nocturne dont le départ est donné par Georges Gerbeaud conseiller général et maire de Mussidan. Le rythme de la course fut intense, puisque sur un circuit court (nocturne oblige), le futur Tour de France Guy Epaud mettra un tour au peloton dont le sprint sera remporté par Christian Pailler, permettant ainsi au club du Royan Océan de réaliser un coup double, même si le Marseillais Sinischalchi (3°) resta vaillant jusqu'à la banderole. A cette époque Maurice Jouault savait stimuler le public et les primes tombaient comme cela avait été le cas à Saint-Léon sur l'Isle déjà, puis plus tard lors du comice à Mussidan.

GERBAUD

Georges GERBEAUD (en médaillon) : né le 23 avril 1903 (décédé en 1979). Avocat puis industriel. Vice-Président de la CCI de Périgueux. Maire de Mussidan de 1955 à 1965. Conseiller Général de 1951 à 1968. Aujourd’hui la salle des festivités de Mussidan porte son nom. Que ça soit les soirées dansantes, les réunions, les lotos, voire les vide greniers, tout cela se passe dans la salle Gerbeaud.
- Le comité du Limousin auquel le club appartenait était présidé par Monsieur Puymirat, qui avait choisi Monsieur Bargue comme délégué pour le présenter, soit en quelque sorte un excellent retour pour ce dirigeant apprécié des milieux cyclistes des années 50. Le Cyclo-Club Lindois remportait la titre de Champion du Limousin des sociétés pour la troisième fois avec cinq coureurs éblouissants (Pierre Frare, Moïse Bodin, Georges Dupré, Claude Mazeaud et Roger Tabanou). 1961  c'était la consécration pour beaucoup de clubs du Périgord. Au Cyclo-Club Bergerac du président Robert Ségurel, un certain Pierre Dory remportait le titre régional des indépendants, mais c'est Claude Mazeaud qui revêtira le maillot bleu blanc rouge de champion de France des indépendants à Pau, ce qui combla son président Elie Estay à Lalinde et son état-major, car le club était devenu la société phare du Limousin.
- A Vergt on poursuivait le chantier du Mondial que l'on voulait organiser, mais toujours sans connaître la décision des instances compétentes. Les fervents supporters du docteur Moulinier s'activaient, même lors du passage du Tour de France dans leur cité, où un contrôle de ravitaillement était organisé dans ce fameux contre la montre entre Bergerac et Périgueux remporté par Maître Jacques. Les professionnels d'ailleurs venaient souvent en Périgord. On les avait vus à Neuvic (1° Craczyck), à Ribérac (1° Bahamontès), à Vergt (1° Rostollan) et à Lalinde (1° Cazala) soit quatre fois au cours de cette saison. Et dans la vallée de l'Isle une suprématie s'installait avec des articles de presse de plus en plus nombreux à l'UC. Montpon, un président Segret bien en place et son secrétaire Escudié élu en décembre au comité directeur du Limousin, tout un symbole !
- Côté Mussidanais il semblait y avoir une certaine lassitude car c'est vrai, les articles de presse se faisaient moins nombreux, tout comme les victoires de ses coureurs d'ailleurs. Le 15 octobre 1961 le club se réunit déjà en assemblée générale. Albert Chaussade prend la parole pour souligner les effectifs coureurs (treize) et la bonne santé des finances. Il déplore le départ des deux Rotrou et relève les sept victoires de la saison. Il remercie monsieur Barrière trésorier très dévoué et actif, souligne la manque de dirigeants (neuf seulement pour dix-neuf organisations), en point c'est tout ! Le 28 octobre la nuit du cyclisme revient avec Yvonne Deyle comme vedette et l'élection de Miss Cyclo. Le 22 décembre 1961 un communiqué apparaît sur la presse avec un nouveau bureau (lire encadré), communiqué sur lequel Albert Chaussade n'apparaît ni au poste de secrétaire, ni à celui de directeur sportif. Aucune explication n'est donnée, une époque s'achève, le verdict est dur, le couperet est tombé !

1961 AU RACING ET AILLEURS

A Saint-Louis en l'Isle (19 mars)
1° Michel Lascaux (AVC. Libourne), 2° Gras (Angoulême), 3° Ducher (CC. Périgueux), 4° Nasseicho (Libourne), 5° Marty (Bon-Encontre), 6° Rémi Rotrou (RC. Mussidan), 7° H. Sedran (RC. Mussidan), 8° R. Sedran (RC. Mussidan), 9° Lubiato (SCAL), 10° Breda (Bon-Encontre).
Prix du Printemps à Mussidan (26 mars)
1° Javail (AVC. Libourne), 2° Doumenge (Bergerac), 3° Zacchi (CC. Fleixois), 4° Bogdan (Périgueux), 5° Sedran (RC. Mussidan), 6° Boyer (Périgueux).
A Saint-Front de Pradoux (16 avril)
1° Gilbert Dubois (UC. Montpon), 2° Metzler (CC. Périgueux), 3° Serrot (Saint-Aulaye), 4° Besse (Nontron), 5° Melchior (Lalinde).
Prix Martini à Mussidan (11 mai)
1° Roger Tabanou (Lalinde), 2° Lucien Dupré (CC. Lalinde), 3° Dubois (CC. Périgueux), 4° Boyer Georges (CC. Périgueux).
A Neuvic-Gare (22 mai)
1° Rémi Rotrou (RC. Mussidan), 2° Roger Saintonge (VC. Nontron), 3° Robert Sedran (RC. Mussidan), 4° Santacatalina.
A Mussidan (14 juillet)
1° Guy Epaud (Royan Océan Club) groupe sportif Libéria Grammont pneus Wolber, 2° Pailler (Royan), 3° Sinischalchi (Marseille), 4° Jugie (CC. Périgueux), 5° Salanier (Lalinde), 6° Mirando (Antibes), 7° Paraillou (Agen), 8° Dory (Bergerac), 9° Bodin (Périgueux), 10° Rémi Rotrou (RC. Mussidan).
A Saint-Michel de Double (1° octobre)
1° Naud (EC. Foyenne), 2° Démartin (CC. Périgueux), 3° Laraudie (Limoges), 4° Lopez (CC. Fleixois), 5° Hue (CC. Périgueux), 6° Demanauf (Montpon), 7° Bozec (Coutras), 8° Moro (EC. Foyenne), 9° Raymond (Libourne).
A Saint-Michel de Double (2 octobre)
1° Gérard Duvaleix (Pédale Faidherbe), 2° Avinio (Pons), 3° Dècle (AVC. Libourne), 4° Croissant (UCD. Villeneuve), 5° Demichel (Libourne), 6° Tournay (Barbezieux).

1961

Vainqueurs des organisations en 1961 avec le RCM. De gauche
à droite Tabanou, Epaud et Gonzalès

 QUELQUES GRANDS DE LA SAISON 61

Jean Craczyck, Arnaldo Pambianco, Imério Massignan, Fernando Manzanèque, André Darrigade, Jean Forestier, Eddy Pauwels, Louis Bergaud, Anatole Nowack, Wim Van Est, Edouard Delberghe, Fernand Picot, Jean Gainche, Pino Cérami, Jacques Anquetil, Fédérico Bahamontès, Tom Simpson, Jean Stablinski, Raymond Poulidor, Marcel Rohrbach, Albertus Geldermans, Louis Rostollan, Séaumus Elliot, Rik Van Looy, Emile Daems, Maliepaard, Armand Desmet, Gilbert Desmet, Robert Cazala, Joseph Groussard.

CEUX QUI BRILLENT EN PERIGORD

Robert Conty (CC. Lindois), Marius Archambaud (CC. Périgourdin), Henri Sedran (RC. Mussidan), Raphaël Sallat (Pédale Nontron), Louis Melchior (CC. Lindois), Roger Tabanou (CC. Lindois), Bernard Metzler (CC. Périgourdin), Jean Milani (VC. Lardinois), René Loustalot (CC. Bergerac), Jacques Salanier (CC. Lindois), Gérard Duvaleix (Pédale Faidherbe), Raymond Valèze (Saint-Aulaye VC), Jacques Gervais (CC. Périgourdin), Paul Besse (Nontron), Christian Bérano (Saint-Aulaye VC), Jalinié (CC. Périgueux), Mallemanche (Nontron), André Dupré (CC. Lindois), Pierre Fifre (CC. Lindois), Antoine Loustalot (CC. Bergerac),

 LES VEDETTES DU SUD-OUEST

Pierre Dory (CC. Bergerac), Jean Ricou (Royan), Claude Gabard (VC. Chatellerault), Jean Belotti (VC. Sainte-Livrade), Fernand Delord (US. Andernos), Raymond Batan (Tarbes), Robert Verdeun (Bordeaux), Jacques Sabathier (UA. Gujan), Mohamed Ben-Brahin (UCD. Villeneuve), Michel Brux (Artix), Alfrédo Bello (Parentis), Michel Gonzalès (G. Bayonnais), Jean Deloche (ASPTT. Bordeaux), Jacques Bianco (CC. Béarnais), Jacques Suire (Bordeaux VC), Guy Epaud (Royan), Pierre Poutou (Pau VC), Raymond Gestraud (UCAP. Angoulême), André Lesca (Nérac), Louis Goya (S. Nayais), Manuel Manzano (Stade Montois), Robert Vivensang (VC. Hendaye), Maurice Saint-Jean (FLL. Perpignan), Jean Jourdain (Rouen).

AUTRES COURSES DU RC.MUSSIDAN EN 61 : Avril Prix des fêtes de Bruc Grignols : 1° Henri Sedran (RC. Mussidan), Mai Montignac-Vauclaire : 1° Michel Gonzalès (Guidon Bayonnais), 6 mai Nocturne de Saint-Léon sur l'Isle : 1° Bernard Metzler (CC. Périgourdin), 4 juin Prix de Bassy : 1° Henri Sedran (RC. Mussidan), 19 juin Saint-Médard de Mussidan : 1° Raphaël Sallat (Pédale Nontron), 23 juillet Prix des fêtes de Grignols : 1° Bernard Metzler (CC. Périgourdin), 6 août Prix de Chantérac : 1° Max Serrot (Saint-Aulaye VC), 13 août Saint-Germain du Salembre : 1° Bonnecaze (ASPTT. de Bordeaux), 20 août Saint-Vincent de Connezac : 1° Eguillé (CC. Bergerac), 27 août Prix des fêtes de Douzillac : Roger Tabanou (CC. Lindois), 17 septembre Prix du Comice de Mussidan : 1° Gérard Martin (VC. Barsac)

LE CYCLISME NATIONAL ENTRE 1961 ET 1964 : Ah! les belles années, les beaux champions. Vous voulez un rouleur ? Voici Jacques Anquetil. Des grimpeurs ? Les espagnols Bahamontes et Jimenez. Des sprinters ? Van Looy et Altig. Un puncheur ? Stablinski forcément. Au total un peloton d'une rare qualité, des courses de haut niveau et pour corser le tout, une rivalité bien de chez nous : Anquetil le méchant contre Poulidor, le bon Poupou … Souvenirs, souvenirs : le Tour de France 1964. L'étape du Puy de Dôme. Duel au soleil. Le coude à coude jusqu'à quelques encablures de l'arrivée, comme le raccourci d'une carrière, la scène finale d'un western. Ce jour-là Poupou gagne. Mais il perd le Tour. Encore une fois Anquetil a calculé juste, empochant son cinquième Tour de France pour une poignée de secondes. Une partie du public, la majorité pleure et siffle Anquetil au Parc des Princes. L'autre, pas moins virulente, ironise sur l'éternelle fatalité qui semble peser sur Poulidor. La France est coupée en deux. Poulidoristes et Anquetilliens. La belle histoire, le beau roman …
Quelques années plus tard, les deux hommes sont naturellement devenus les meilleurs amis du monde. Les antagonismes sportifs et commerciaux se sont éteints comme de vieilles braises refroidies. Et Poulidor a compris qu'il ne serait jamais devenu Poupou, le sportif français le plus populaire – au vrai sens du terme – de tous les temps, si Anquetil n'avait pas été là. De son côté, Anquetil a admis qu'il ne serait jamais allé aussi haut, aussi loin, sans ce climat passionnel et perpétuelle remise en question. Finalement l'un et l'autre étaient faits pour se rencontrer, s'affronter puis pour s'entendre, une fois réglés leurs comptes, à la régulière. Après tout que reste t-il aujourd'hui de cette rivalité humaine et athlétique, si ce n'est la trace indélébile d'un cyclisme qui vécut alors quelques unes de ses plus belles heures et sortit grandi de toutes ces confrontations ...

VERRIERE

Ici à Saint-Michel de Double, Pierre Verrière prend la dernière arrivée
avant de rendre son tablier (photo Sud-Ouest).

- C'est sans doute dans un état de choc que le Racing débute la saison 1962. Voilà dix jours que le vénérable directeur sportif des "rouge et blanc" nous a quittés, laissant sa place à un Monsieur Coutisson que l'on connaissait peu, si ce n'est par le fait qu'il était devenu le nouveau vélociste de Mussidan en reprenant la Maison Chaussade à son compte. Certes Pierre Verrière reste au gouvernail mais il est le dernier des membres fondateurs, l'ultime rempart de cette dynastie de pionniers qui ont su enflammer et passionner toute une région afin que le cyclisme soit le sport roi dans la vallée. Personne n'est irremplaçable, mais qu'il est difficile de se retrouver orphelin et de voir ce père spirituel vous quitter après tant d'années de disponibilités et de dévouement.
- J'imagine l'état d'esprit des dirigeants réunis autour d'une table sans celui qui incarnait à lui seul toute l'histoire et toute la gloire du club. Mais face au temps et surtout aux rigueurs du calendrier, il ne s'agissait plus de s'appesantir sur le passé, mais bel et bien de préparer l'avenir. Pierre Lochin (photo ci-dessous) devint le nouveau secrétaire général du club. Expert agricole, spécialisé dans les bois, il possédait de solides atouts par son savoir faire, sans parler de ses qualités humaines indéniables. Avec Pierre Verrière qui cumulait présidence et engagements, Pierre Lochin assurera la transition en souplesse avec un calendrier du millésime 1962 sensiblement identique à ses prédécesseurs. Côté coureurs ce n'était pas la folie, car les jeunes ne se bousculaient pas au portillon. Robert et Henri Sedran restaient les maîtres, mais derrière eux il n'y avait que Mételle, Fredou et Rouxel qui lui aussi ne tardera pas à partir pour rejoindre le rugby.

LOCHIN

- 1962 constitue un grand tournant pour le cyclisme en Dordogne, avec deux garçons ambitieux : Jean-Claude Daunat et Francis Duteil qui remportent chez les juniors et chez les cadets le titre de Champion du Limousin sur route. Et il faut bien avouer que la vie est mal faite puisque ce titre de Champion du Limousin constituait le dernier titre que la Dordognedisputait avec ce comité. La réforme administrative des régions et des académies amena une nouvelle découpe du territoire qui aurait certainement plu à l'ami Chaussade. A compter de la fin de la saison, la Dordogne se trouvait intégrée au Comité de Guyenne, cette Guyenne si vénérée par l'ex-directeur sportif et avec qui il avait noué des liens amicaux et sportifs. Et c'est ainsi que la Guyenne du Président Lathière devint l'Aquitaine, que le Limousin disparaissait puisque Corrèze et Creuse rejoignaient l'Auvergne pendant que la Haute-Vienne bénéficiait de la tutelle du Poitou.
- 1962 c'est aussi une grande année pour Daniel Walryck au zénith de ses performances puisqu'il parvient à battre même les professionnels. Neuvic prépare son 3° critérium international qui voit la victoire du belge Jos Wouters. Et dans la vallée de l'Isle, ça bouge, avec Saint-Laurent des Hommes qui organise de belles confrontations, pendant que Mussidan se console avec deux succès acquis par Robert Sedran (Neuvic et Grignols) et avec les six bouquets d’Henri Sedran victorieux à Marnac, Milhac d'Auberoche, Lamonzie Saint-Martin, Saint-Rémy sur Lidoire, Saint-Vincent de Connezac et au comice de Mussidan.
- A Villefranche de Lonchat une société cycliste voit le jour, mais son existence restera des plus éphémères. Le 15 août 1962 un article sympa signé par Albert Chaussade met en évidence le talent du cadet Francis Duteil. Il est vrai que notre ancien directeur sportif s'occupe du commerce des cycles Flandria et Raleigh pour le grand Sud de la France, et que Duteil est un fervent pédaleur chez Flandria d'où le trait d'union qui liait déjà Marius son père devenu vélociste à Mareuil et son fils, véritable espoir de toute une région.
- Septembre voit le comice agricole arriver, avec une société des raids hippiques très dynamique pour ces festivités et Henri Sedran, on l'a déjà dit, impérial face à Bernard Gazeau du Saint-Aulaye Vélo-Club qui termine 2°. Le 8 octobre à Saint-Michel de Double, une autre nouvelle bouscule la petite reine
Mussidanaise. Pierre Verrière (photo archives ci-dessus) annonce la fin de sa carrière sportive. Une nouvelle qui complétait en fait le départ d'Albert Chaussade dix mois plus tôt. Cette fois la coupe était pleine. Pierre Verrière avait certainement voulu assurer l'union avec la nouvelle vague et se libérer à son tour de cette responsabilité devenue un fardeau après plus de vingt années de bénévolat et de responsabilités. Usé par le travail, désormais seul et dernier des mohicans de cette époque glorieuse, Pierre Verrière décidait à son tour de rendre son tablier. Le 29 octobre Saint-Front de Pradoux permet au Racing de présenter un plateau de régionaux "haut de gamme". La lecture du classement de l'épreuve nous permet de rêver avec des noms comme celui d’André Dupré, Ben Brahim, Bertrand, Deloche, Rinco, Gonzalès, Lesca, Delord, vraiment une course de champions qui fait honneur au cyclisme et au club. Le 12 décembre 1962 l'assemblée générale du club élit à la présidence Pierre Lochin et Georges Simonnet au secrétariat. Une nouvelle ère débute, avec un bureau rénové et un comité régional situé à l'ouest, avec l'Aquitaine qui désormais coordonnera la politique sportive de notre cyclisme.

1962 AU RACING ET AILLEURS

A Saint-Louis en l'Isle (25 mars)
1° Montagut (CC. Périgueux), 2° Bernard Fifre (CC. Lindois), 3° Henri Sedran (RC. Mussidan), 4° le peloton.
A Prix des fêtes de Bruc (29 avril)
1° Montagut (CC. Périgueux), 2° Colinet, 3° Deschamps, 4° Puybareau (tous CC. Périgueux), 5° Lambert (Bergerac), 6° Bédry (Le Fleix), 7° Lasjaunias (Périgueux), 8° Bogdan (Périgueux), 9° Henri Sedran (RC. Mussidan), 10° Albert Guglielmini (CC.Périgueux).
A Mussidan (Prix du Président le 1° mai)
1° Mémy (CC. Fleixois), 2° Naud (EC.Foyenne), 3° Henri Sedran (RC.Mussidan), 4° Mespoulède, 5° Laporte (Le Fleix), 6° Daniel Guglielmini (Périgueux), 7° Mérilhou (Périgueux), 8° Claude Bédry (Le Fleix).
A Neuvic-Gare (11 juin)
1° Robert Sedran (RC.Mussidan), 2° Henri Bogdan (Périgueux), 3° Frigo (La Bastide), 4° Bédry (Le Fleix), 5° Laffont (Moissac), 6° Guyon-Lacroze (Périgueux), 7° Béril (Périgueux), 8° R. Lasjaunias (Périgueux).
A Saint-Médard de Mussidan (17 juin)
1° Gérard Lambert (Bergerac), 2° Gazeau (Saint-Aulaye), 3° Boyer (Périgueux), 4° Zaccaron (Le Fleix), 5° Daunat (Saint-Aulaye), 6° Rouxel (RC. Mussidan), 7° Fournier (Brive), 8° Valet (Brive).
2° Nocturne à Mussidan (14 juillet)
1° Michel Gonzalès (G. Bayonnais), 2° Verdeun (Bordeaux), 3° Marius Archambaud (CC.Périgueux), 4° Bertrand (Bordeaux), 5° Henri Sedran (RC. Mussidan), 6° Bernard Fifre (Lalinde), 7° Jugie (Périgueux), 8° Buatti (Monségur), 9° Duvaleix (Périgueux), 10° Claude Dècle (AVC.Libourne).
Prix des fêtes de Grignols (22 juillet)
1° Robert Sedran (RC.Mussidan), 2° Coustillas (Périgueux), 3° Victor Melchior (Lalinde), 4° Colinet (Périgueux), 5° Daniel Guglielmini (Périgueux), 5° Bédry (Le Fleix).
A Saint-Germain du Salembre (24 juillet)
1° Coulomb (Toulon), 2° Augé (Bruges), 3° Buatti (Monségur), 4° Doumenge (Bergerac), 5° Vidoni (Douai), 6° Freyri (Bordeaux), 7° Sedran (Mussidan), 8° Caviqua (Bruges), 9° Martin (Barsac), 10° Bédry (Le Fleix).
A Chantérac (5 août)
1° Bernard Gazeau (Saint-Aulaye), 2° Puybareau (CC. Périgueux), 3° Le Pemp (CC. Périgueux), 4° Daniel Guglielmini (Périgueux), 5° Colinet (Périgueux), 6° Robert Sedran (Mussidan), 7° Coustillas (Périgueux), 8° Dartenset (Périgueux).
A Saint-Vincent de Connezac (19 août)
1° Henri Sedran (RC. Mussidan), 2° Buatti (Monségur), 3° San Miguel (Langon), 4° Guy Dubois (Périgueux), 5° Rabaud (Saintes), 6° Cavignac (Bruges), 7° Natali (Créon), 8° Apecèche (Bordeaux), 9° Durieux (EC.Foyenne), 10° Lacaze (Saint-Macaire).
A Saint-Michel de Double (7 octobre)
1° Serge Leduc (Toulouse), 2° Pierre Dory (Bergerac), 3° Pierre Mémy (Le Fleix), 4° Latrille (La Réole), 5° Guy Dubois (Périgueux), 6° Brunello (Tonneins).
A Saint-Michel de Double (Prix des jeunes le 8 octobre)
1° Daniel Béril (CC. Périgueux), 2° Rouzière (ASPTT. Bordeaux), 3° Lestage (ASPTT. Bordeaux), 4° Jutge (CC. Bergerac), 5° Roze (Villeneuve), 6° Saudoux (Angoulême), 7° Metelle (Mussidan), 8° Comme (UC. Montpon), 9° Demaneuf (Mussidan), 10° Baccin (Villeneuve)
A Saint-Front de Pradoux (29 octobre)
1° André Dupré (CC.Bordeaux), 2° Ben Brahim (Villeneuve), 3° Bertrand (ASPTT. Bordeaux), 4° Deloche (ASPTT. Bordeaux), 5° Castel (ASPTT. Bordeaux), 6° Goueytes (G. de Bordeaux), 7° Rinco (US. Andernos), 8° Gonzalès (Bayonne), 9° Delord (Andernos), 10° Lesca Nérac).

1962

Vainqueurs des organisations en 1962 avec le RCM. De gauche
à droite Montagut, Mémy, Gazeau et A. Dupré

QUELQUES GRANDS DE LA SAISON 62

Jean Craczyck, Jacques Anquetil, Raymond Poulidor, Jean Stablinski, Rik Van Looy, Van Aerde, Emile Daems, Rolf Wolfshohl, Colette, Dewolf, Hans Junkerman, Pino Cérami, Louis Rostollan, Georges Groussard, Raymond Mastrotto, Jo de Roo, François Mahé, Rudi Altig, José Pérez-Frances, Ferdinand Bracke, Jos Wouters, Seaumus Elliot, Jos Hovenaers, Antonio Gomez del Moral.

CEUX QUI BRILLENT EN PERIGORD

Jean-Claude Daunat (Saint-Aulaye), Bernard Fifre (CC. Lindois), Pierre Mémy (CC. Fleixois), Louis Melchior (CC. Lindois), Robert Sedran (RC. Mussidan), Marius Archambaud (CC. Périgueux), Francis Duteil (CC. Périgueux), Henri Sedran (RC. Mussidan), Victor Melchior (CC. Lindois), René Priat (Saint-Aulaye), Michel Empinet (VC. Lardinois).

LES VEDETTES DU SUD-OUEST

Claude Cousseau (Parentis-Sports), Michel Gonzalès (Guidon Bayonnais), Jean Deloche (ASPTT. Bordeaux), Mohamed Ben Brahim (UCD. Villeneuve), Daniel Walryck (CC. Périgueux), André Lesca (VC. Nérac), André Dupré (CC.Bordelais), Claude Dècle (SCA.Libourne), Claude Gabard (Chatellerault), Albert Fontagnères (VC. Capbreton), Hubert Fraisseix (Saint-Léonard), Alfrédo Bello (VC. Hendaye), André Delort (US. Andernos), Bernard Champion (VC. Cholet), Jean Prat (VC. Maurs), Michel Brux (VC. Tarbais), Maurice Saint-Jean (FLL. Perpignan),

 AUTRES COURSES DU RC.MUSSIDAN EN 62 : 5 mai Saint-Léon sur l'Isle : 1° Bernard Metzler (CC. Périgourdin), 6 mai Prix de Montignac-Vauclaire : 1° Claude Cousseau (Parentis-Sports), 31 mai Prix Martini à Mussidan : résultats non trouvés sur la presse, 26 août Prix des fêtes de Douzillac : 1° Magnan (PSF Niort), 2 septembre Prix de Saint-Géry : résultats non trouvés sur la presse, 16 septembre Prix du Comice à Mussidan : 1° Henri Sedran (RC. Mussidan), 30 septembre Prix de Bourgnac : résultats non trouvés sur la presse

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - MUSSIDAN : HISTOIRE DE SON CYCLISME (11)
 © BERNARD PECCABIN - Prochain épisode :
1963-1965 Tour de France, Jeux Olympiques et Critérium professionnel (à suivre)