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RETRO VELO DORDOGNE
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13 février 2020

VALENTIN HUOT - SAISON 1959 & FIN DE CARRIÈRE

LA FIN DE CARRIÈRE DE VALENTIN HUOT

huot 1989

Le 22 octobre 1989, le Cyclo-Club Sarladais du Président Leduc organise une gentleman dans les rues de Sarlat. Ce fut une occasion d’assister au retour de Valentin Huot sur la scène cycliste après une longue période au cours de laquelle, l’homme était resté discret. Cette photo constitue un peu le symbole du cyclisme Périgourdin de cette période avec de gauche à droite : Xavier Louy un Sarladais qui avait été directeur du Tour de France, Didier Virvaleix qui effectuait sa première saison de professionnel chez Histor Sigma, Lucien Leduc le président du CC Sarladais et notre Valentin Huot alors âgé de 60 ans qui était venu avec son maillot conquis en 1958 sur les pentes de Belvès.

 - Revoir la saison 1958 de Huot.

- En 1959, il remporte pour la troisième fois le critérium international de la ville de Cenon. Puis il fait son retour dans la grande boucle qu'il termine à la 48° place.
- Vainqueur du Prix de Gourin (Morbihan), 2° à Sallanches, 3° du Mont-Faron, 4° du Critérium National, 4° du GP de la Montagne du Tour de France, 8° du Dauphiné Libéré. On le voit dans les grandes classiques comme Paris-Tours (20°), Tour de Lombardie (21°), Polymultipliée (5°)
- En 1960 il enlève le Grand Prix du Midi-Libre, la course de Peyrat le Château où il double tout le peloton. Il se classe 4° du championnat de France des professionnels, épreuve qui lui réussit si bien ..., puis il triomphe au Bol d’Or des Monédières. Ajoutons sa 3° place au Tour du Sud-Est, 3° du Mont-Faron, 34° des Boucles de la Seine, 34° de Paris-Tours et 7° du Prestige Pernod.

1959 devant trois espagnols au TDF

Devant trois Espagnols au Tour de France 1959

- En 1961 c'est une 7° place au championnat de France qui confirme le potentiel de Huot et puis surtout sa 39° place au Tour 1961, la meilleure après six participations et toujours en équipe régionale. Il enlève ensuite le critérium de Lubersac devant Colette et Anglade. Et sa carrière se termine avec une 48° place dans Milan-San Remo, 10° des Boucles de la Seine, 5° du Circuit des cols Pyrénéens, 8° du Critérium National et 21° du Tour de Lombardie, pour ne citer que les épreuves de renom...

1959 Izoard

Passage du col de l'Izoard en 1959

- Reclassé indépendant en 1963, on rencontrera Valentin jusqu'en 1964 lors des cyclo-cross et dans certains critériums de la région, où ses supporters n'ont jamais manqué de l'encourager.
- Après une longue période où il est parti respirer l'odeur des fraises de sa propriété, Valentin Huot nous est revenu au travers de ses mémoires qu'il a écrites et qui lui valu le Prix Antoine Blondin. Et grâce à son ami Raymond Boisseau, on le voit chaque saison pour sa "Valentin Huot" qui réunit les jeunes du pays aux côtés des anciennes gloires.
- Une chose est sure, Valentin Huot constitue pour le Périgord le coureur emblématique de notre cyclisme, celui d’un vrai champion, qui a couru et gagné uniquement que par sa force, sa volonté et surtout sans compromis avec ses adversaires.

1959 équipe de Centre Midi

L'équipe du Centre Midi en 1959 au départ du Tour de France

TROIS ANECDOTES RACONTÉES PAR VALENTIN

UN SERPENT DANS MON VELO

 - Ma quatrième course a eu lieu à Saint-Michel de Villadeix en septembre 1951. Située à vingt kilomètres de mon domicile, je m’y rendais en vélo muni de mon sac à dos. A cette époque, on s’habillait dehors avant le départ et bien sur en pleine nature. J’avais choisi ce jour là un gros châtaignier pour me préparer. J’accrochais mon sac avec mes vêtements à l’intérieur et je pendais mon pantalon après la même branche. Après avoir reçu ma gerbe de vainqueur à la fin de la course, je partais me rhabiller sous le châtaignier. Je prenais ensuite la direction de la maison, assis sur mon vélo, en tenant le guidon et mon sac à dos. Quelle fut ma surprise au bout de deux à trois kilomètres, sur mon retour de voir sortir de mon sac, entre mes bras et mon guidon, un serpent long en n’en plus finir.
 Pris de panique, je me jetais dans le fossé, mais la couleuvre n’arrivait pas toujours à se libérer de mon sac à dos que je ne parvenais pas non plus à détacher de ses bretelles afin de m’en débarrasser. Ce fut au bout de quelques secondes qui durèrent dix fois plus que mes minutes d’échappées, que ce visiteur long de 1,30 m s’enfuit sous les branches, à mon grand soulagement. Vraiment, la course de Saint-Michel, fut un drôle de souvenir puisqu’en remettant la gerbe à ma mère dès mon retour au bercail, un gros lézard s’échappa du cœur du bouquet, ce qui fit sursauter ma mère, mais pas dans les mêmes proportions qu’avec mon aventure avec cette couleuvre, dont je m’empressais de raconter les faits à ma famille.

"Extrait de Clous et Vélo percé de Valentin Huot"

PLAISIRS MANQUÉS DE LA VIE.
- Fin septembre 1958, Valentin courait à Orchies dans le Nord. Les organisateurs réunissaient après le critérium tous les coureurs plus Miss Hollande et ses dauphines, venues rappeler la bienfaitrice plante qu’est la chicorée Leroux. A Orchies, point de victoire pour Valentin et de ce fait, la bise de Miss Hollande lui passa sous le nez. Installé dans la table d’honneur avec les autorités, Valentin reluquait la Miss qui était magnifique, mais qui ne parlait pas le français. Quelques temps après, Valentin rentrait à son hôtel pour aller dormir. Il était deux heures du matin, la chambre était retenue d’avance avec ses bagages à l’intérieur. Quelle fut sa surprise en rentrant, de voir dormir Miss Hollande dans le lit qui lui était destiné. Est-ce que le numéro de sa chambre avait été donné en double et que sa majesté n’avait pas vu qu’elle était occupée par d’autres bagages que les siens ? Mystère ! La belle à la tête blonde, aux cheveux longs, avait ses paupières closes avec de longs cils noirs. Et cette créature dormait paisiblement.
- Jeune marié, notre Valentin ne voulait commettre aucune entrave face à cette beauté. Et pourtant, après la course et les festivités notre champion aspirait à dormir lui aussi. Au lieu de prendre le pyjama et du fait des circonstances, notre Valentin s’habillait avec un survêtement puis s’enfile entre le drap et la couverture. C’est alors que notre belle se réveille. Il lui demande si elle s’est trompée de chambre, mais elle ne comprend pas. D’ailleurs lui non plus au travers de sa réponse. La belle restait confiante. Là notre Valentin s’allonge, parallèle à son corps puis chacun de son côté, le sommeil les gagne, malgré cette espérance provoquée mais impossible à aboutir dans une fin raisonnée. Valentin ne put s’endormir tranquille et vers 7h00, il quitta les lieux pour prendre son train, sans oublier tout de même de donner un baiser de circonstance, sur le front de cette miss qu’il avait respectée en pensant à son épouse qui n’était pas blonde, mais aussi belle que notre Hollandaise.

"Extrait de Clous et Vélo percé de Valentin Huot"

1960 MAILLOT JAUNE AU mIDI lIBRE EN PR2SENCE3 DE m; fIL MAIRE DE cARCASSONNE

Maillot jaune au Midi-Libre qu'il remportera en 1960

TOUR DE FRANCE 1959 - DES VÉRITÉS, PAS DES ANECDOTES
- Dans le Tour de France 1959, il m’était interdit de gagner une étape. A Pau, j’étais en tête à un kilomètre de la ligne, quand un agent en uniforme me fait tourner dans la mauvaise direction.
- Deuxième tentative à Saint-Gaudens la même année, où je fus bloqué par un passage à niveau fermé. Malgré plus de trois minutes d’avance, les officiels ne m’en concèdent qu’une pour un nouveau départ. L’équipe de France roule alors à bloc et me reprend à 5 kilomètres où je finis à la 10° place.
- Troisième échec dans le contre la montre du Puy de Dôme toujours en 1959. Mon directeur sportif était Adolphe Deledda, un homme d’origine ibérique tout comme Bahamontès avec qui il discutait souvent. Je quittais mon hôtel ce jour là pour m’échauffer et me rendre au départ. Je ne voyais pas mon vélo, pas plus que les mécanos et Deledda que je cherchais partout. Le temps passait et je fini par trouver mon patron qui riait. J’étais en pleurs. L’heure tournait et toujours pas de vélo. Le rire stupide de Deledda m’affectait. J’étais comme un gosse de 10 ans, appuyé contre le mur de l’hôtel, impuissant et anéanti. Qui avait caché mon vélo ? Soudain Deledda se présenta, mon Mercier à la main. Je lui demande d’où il vient, il ne sait quoi répondre si ce n’est de me regarder avec son faux sourire. J’enfourche mon vélo, j’arrive essouffler au départ avec deux minutes de retard qui me seront comptées. J’attaque le contre la montre du Puy de Dôme avec cet handicap. Sur 12,5 kms je rattrape une bonne dizaine de coureurs. Vers la fin, les voitures m’empêchaient de passer. Je me faufilais comme je pouvais pour terminer 8° de l’étape à 4 minutes 17 secondes de Bahamontès. Si je n’avais pas perdu les deux minutes au départ, si j’avais été préparé comme il fallait, si je n’avais pas mis deux fois pied à terre dans le final, Bahamontès aurait eu chaud aux oreilles. Mais l’homme à abattre était Huot et toute cette mascarade de vélo caché n’était qu’une des raisons pour que je ne gagne surtout pas…, étant aussi bon grimpeur que ces professionnels du vélo et l'ayant prouvé plus d'une fois à leurs dépens.

"Extrait de Clous et Vélo percé de Valentin Huot"

1961 cyclo-cross à Nay

Lors d'un cyclo-cross à Nay en 1964

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - VALENTIN HUOT (1959-63) © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste (fin)
Pour revenir en début de diffusion cliquez ici

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21 février 2020

LISLE - SON PALMARÈS

DE BELLES FÊTES ET UN GRAND PRIX CYCLISTE

- C’est à la mi-août et pour les fêtes de la Saint-Roch que le Prix de Lisle se déroulait. Il a été organisé par le CC Périgourdin puis par la JS Astérienne. Il y avait foule aux abords de la place des Banquettes et on a assisté ici aussi à de belles empoignades. L’épreuve s’est déroulée le mardi, c'est-à-dire le jour du marché de cet important village du Périgord Blanc. Après le marché du matin suivi du repas du midi dans un des restaurants du coin, les gens restaient pour applaudir les coureurs. Alain Laval, Michel Brun et Lucien Sautier ont été de ceux qui ont réussi le doublé. Dans les années 1990, cette course se prêtait toujours à de sempiternelles discussions avec la traversée d’une portion pavée qui ne faisait pas du tout plaisir aux coureurs. Si bien que cette course, avait hérité du nom de petit Paris-Roubaix, avant de s’éteindre définitivement après le millénium. Lisle c'est aussi la patrie de René Montagut, le vainqueur de 1953.

Lisle 23

En 1971, victoire de Claude Hue

Palmarès connu de l’épreuve : 1952 François Gourmelon (RC Mussidan, 1953 René Montagut (CA Ribérac), 1954 Michel Claverie (Pédale Faidherbe), 1956 Michel Brun (CA Ribérac), 1957 Michel Brun (CA Ribérac), 1959 Roger Saintonge (Pédale Nontron), 1960 Yves Gourd (AS Eymet), 1961 Marius Archambaud (CC Périgueux), 1962 Francis Le Pemp (CC Périgueux), 1964 Duvaleix (CC Périgueux), 1965 Jacky Giraud (Angers), 1966 André Trochut (VC Charron), 1967 Marc Carrett (CC Périgueux-Angleterre), 1968 Lucien Sautier (CRC Limoges), 1969 Lucien Sautier (CC Périgueux), 1970 Patrick Raymond (US Bouscat), 1971 Claude Hue (CC Périgourdin), 1973 Jean-Marie Valade (EC Foyenne), 1974 Jean-Claude Mespoulède (CC Périgourdin), 1979 Pichon (Fontenay), 1982 Patrick Audeguil (UC Villeneuve), 1983 Bruno Avezou (CA Bèglais), 1984 Alain Laval (UC Villeneuve), 1985 Alain Laval (UC Villeneuve), 1986 Michel Larpe (AJ Montmoreau), 1987 Claude Aigueparses (UC Sayat), 1988 Sylvain Abadie (Stade Cadurcien), 1989 Eric Martel (VS Villefranche), 1990 Karim Souchon (Royan), 1991 Christian Top (Pédale Faidherbe), 1992 René Desco (AC Nersac), 1993 Bernard Bodin (ASCA Bergerac), 1994 Roland Lefeuvre (Cycle Poitevin), 1995 résultats non publiés, 1996 Bruno Blangeois (Guidon Pellegruen), 1997 non couru, 1998 Jean-Claude Delage (Guidon Pellegruen), 1999 Guillaume Saunier (GC Bergerac), 2000 Bruno Marches (UC Villeneuve.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - LISLE © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste

28 février 2020

JACQUES VIVIER – SAISON 1952/2

VIVIER ET LE PARIS-CÔTE D’AZUR,

- La saison 1952 de Jacques Vivier débute avec le Paris-Côte d’Azur (NDLR : aujourd’hui Paris-Nice). Une épreuve courue avec les pros. Mais avant cette classique goûtons les joies du trio grâce encore à la fine plume de Camille Mathonnière qui nous décrit l’ambiance... (Relire la 1° partie de ce reportage sur ce LIEN.)
- Puis retour aux faits d’armes et lecture de la presse nationale sur les exploits de Jacques Vivier, presse qui ne tarit pas d’éloges sur le coureur Mareuillais...
- En 1952, l’équipe Royal-Fabric se composait de : Joseph Amigo, Henry Aubry, Angel Barquero, Jean Bidart, Michel Brun, Marcel Bruni, Miguel Fombellida, Marcel Guitard, Frans Leenen et Amédé Rolland.

VIVIER

Vivier, Brun et aussi Duteil sont partis vers le soleil et les fleurs
(de notre correspondant de Mareuil)

- Dimanche matin 9 mars, place du Marché à Mareuil sur Belle. La 15 CV traction noire de Duteil est rangée devant son magasin, prête à partir. Un groupe de curieux stationne et discute. C’est aujourd’hui le premier départ de la saison pour la première course de classement du CA Ribéracois.
- Duteil scrute le ciel couvert. Pourvu qu’il ne pleuve pas et que les gamins soient à l’heure. Ils sont tellement insouciants. Calmement il commence à arrimer son vélo lorsque d’un seul coup il se trouve entouré de quatre cyclistes qui arrivent sac au dos. Les deux Vivier et les deux Brun, les aînés Jacques Vivier et Michel Brun, les champions. Les deux cadets, Christian Vivier 18 ans qui cette année, veut en tâter lui aussi, et Jacques Brun qui va commencer sa deuxième saison, alors que l’année dernière, il a gagné douze courses de 3° et 4° catégories
.
- 21 + 21 + 20 + 18 = 80 ans à eux quatre. Pas étonnant que pour tous les Mareuillais ils soient les gamins, alors que Duteil qui aura 37 ans ce mois-ci, fasse figure d’ancien. Un ancien qui a d’ailleurs bon pied bon œil et qui pourra cette année se permettre encore de montrer sa roue arrière à quelques uns dans les arrivées.
- Le petit groupe discute mais la mère poule consulte la monte. "Dépêchons nous, les enfants, il nous faut montrer l’exemple et arriver à l’heure à Ribérac". Tous s’affairent. Les vélos sont attachés, tout est prêt, nous partons, car votre serviteur est aussi du voyage.

Une aubaine, dix jours de vacances sur la Côte d’Azur
- Le sujet de conversation n’est pas la course de classement à laquelle ils vont participer à Ribérac, mais le départ, la nuit prochaine pour la Côte d’Azur. En effet, un mécène sportif a offert au célèbre trio dix jours de vacances sur les rives de la Méditerranée, tous frais payés. Vous parlez d’une aubaine ! C’est le moment d’en profiter. Duteil lui connaît déjà la Côte d’Azur, mais pour nos deux jeunes, ce sera une découverte. Ils sont heureux, ils ont de la joie plein les yeux.
"Alors les enfants, vous êtes contents ?"
"Vous pensez, on le serait à moins, c’est tellement beau là-bas, parait-il."
"Vous emmenez les vélos ?"
"Bien sur que nous allons rouler toute la semaine et profiter du soleil pour nous entraîner tout en admirant le paysage"
Duteil, tout en conduisant, me lance :
"Et puis tu comprends, dimanche nous irons à Marseille au Grand Prix du Catox. C’est la première grande belle de la saison, les clients ne manqueront pas. Cela nous donnera en prenant le départ une idée de ce que nous valons actuellement."
Je me tourne vers Vivier, assis près de moi. Les yeux dans le vague, il n’a pas l’air d’être là et me semble poursuivre un rêve intérieur. "Et bien, grand tu dors ?"
Il sursaute : "Oh non, mais je pensais au Catox. Vous vous rendez compte, deux cents gars au départ. Rien que des costauds qui ont déjà terminé leur préparation. On va se faire rincer proprement. Qu’en penses-tu Michel ?"
Brun l’optimiste ne se frappe pas pour si peu.
"Et puis après ? dit-il en riant. Si nous sommes lâchés nous ne seront pas les seuls et nous aurons au moins l’occasion de faire une bonne partie de manivelles."

Du travail : "S’affûter" pour la saison et non "casser les carreaux"
- Très juste. Et pour la suite quels sont vos projets ?
Les deux réponses arrivent ensemble et parfaitement identiques :
"Oh pour cela demandez à M’sieur Marius Duteil, c’est lui qui décide."
- Bon alors Marius, je peux de poser la question ?
"Bien sûr, d’ailleurs tu sais ce n’est pas compliqué. C’est tracé d’avance. J’ai déjà reçu de nombreuses propositions d’organisateurs et même nous ne pourrons pas aller partout, car nous sommes demandés dans plusieurs endroits pour les mêmes dates : Tarbes, Bordeaux, Brive, Niort, Poitiers et même Le Mans. Nous aurons du pain sur la planche."
Mais dans l’immédiat que faites-vous ?
"Et bien voilà nous faisons la course de classement à Ribérac puis nous partons cette nuit pour Cannes. Nous y passerons la semaine. Dimanche prochain, on fait le Grand Prix Catox à Marseille. Puis nous revenons mardi. Vivier repassera à sa caserne à Bordeaux, reprendre une autre permission, car il est toujours militaire, et le vendredi avec Brun, départ pour Paris, où le dimanche 23 ils participeront au Critérium National. Ce sera pour eux une bonne mise en jambes pour prendre, deux jours après, le mardi 25, le départ de Paris-Côte d’Azur, en six étapes.
- Bigre pour un début de saison, ça peut compter. Qu’en pensez-vous les enfants ? Cela ne vous fait pas peur ?
Brun toujours plus prompt que les autres répond le premier :
"Bah ! Il faut bien commencer par quelque chose. En tout cas, après ça, on devrait être affûtés pour la saison."
Vivier parle à son tour :
"Peur ? Non surtout que nous n’y allons pas pour casser les carreaux. Ce que je voudrais, ce serait seulement me rendre compte de mes possibilités auprès des grands As. Après ma foi, on verra, la saison est longue, on a encore le temps."

Une partie de manivelles à Ribérac puis en route vers le soleil
- Nous arrivons à Ribérac. L’un des camarades de club, voyant arriver la voiture et les cinq vélos lance gaiement à l’adresse des autres concurrents : "Nous sommes fichus, les gars, voilà la maffia qui s’amène. Il ne va pas rester grand-chose pour nous."
Evidemment, à l’issue des 60 kilomètres menés à toute allure, notre trio nettement détaché et derrière eux, Jacques Brun réglait le peloton au sprint. De quoi décourager les collègues.
Retour à Mareuil. L’après-midi est consacré à préparer la voiture, le matériel et les valises. Vers cinq heures tout est prêt. Rendez-vous à 3h00 du matin dit Duteil.
Et à trois heures précises, des voix étouffés sur la place, de la lumière chez Duteil puis plus rien. Mme Duteil qui est aussi du voyage, s’installe près de son mari avec son fils. Nos deux jeunes derrière commencent déjà à chercher une position confortable pour dormir de leur sommeil de vingt ans. Un dernier claquement de portière, des phares qui balayent l’obscurité, un puissant moteur qui gronde, dont le bruit s’éloigne et se perd dans la nuit. Ils sont partis vers le soleil et les fleurs...

Camille MATHONNIERE (de Mareuil sur Belle)

Le magnifique exploit de Jacques Vivier dans Paris-Côte d’Azur

- Le sympathique champion du CA. Ribéracois, l’élève du magicien Marius Duteil, le camarade inséparable de Michel Brun, le crack ces cycles Royal-Fabric, vainqueur de la Route de France, Champion de France militaire sur route 1951, vient de se couvrir de gloire au cours de la première épreuve française à étapes Paris-Côte d’Azur.
Cette course disputée en six étapes voyait au départ la majorité des meilleurs coureurs mondiaux parmi lesquels : Koblet, Kubler, Bobet, Impanis, de Santi, Géminiani, Teisseire, Rossel, Wagtmans, Vietto, Blomme, Barbotin, Zampini, Robic, Zélasco, Dupont, Couvreur, Dotto, etc...
- La première étape courue par un mauvais temps écœura un peu Jacques Vivier, qui se classa 70°. Par la suite, il se mit vraiment dans le bain, remontant chaque jour au classement général.
- Dans l’étape contre la montre Antibes-Grasse, il prit une superbe quatrième place derrière les grands spécialistes que sont Bobet, Barbotin et Impanis.
- Le lendemain dans la dernière étape Grasse-Nice, il réussit un magnifique exploit. Echappé avec Jacques Dupont au début du parcours, il passa le col de Castillon avec quatre minutes d’avance sur Bobet et ses compagnons. Il ne perdit celles-ci que dans les onze kilomètres de la montée de Braus que par suite d’une erreur de développement ne pouvant passer un braquet plus petit que 48 x 22. Parvenu à passer le premier au sommet de ce fameux col, Jacques Vivier termina à Nice à quatre longueurs de Bobet et Impanis. Au classement général notre champion se classait 15°, gagnant 55 places en cinq étapes.
Toute la presse sportive française consacre de longs articles à Jacques Vivier, véritable révélation de cette course au soleil dont il fut le roi de la montagne.
Nous lisons sous la plume de Gaston Bénac : "Sous la pluie qui faisait rage, sur la route qui borde la mer, nous ne pouvions qu’admirer la souplesse et l’élégance de cette belle mécanique dont les bielles tournaient bien droites, tandis que le buste ne bougeait pas, semblant faire corps avec la machine. La sensation de la course, ce fut la révélation de ce jeune coureur de 22 ans qui se nomme Vivier et qui nous vient de Ribérac. C’est là un véritable champion de demain. "
Roger Cornet dans "Ce Matin" écrit : "Vivier méritait de s’octroyer le Prix de la Montagne, car il n’hésita pas à s’enfuir dès le départ de Grasse réussissant l’exploit n° 1 de cette ultime journée. Bobet fut d’ailleurs le premier à féliciter Vivier de la conduite et de la grande classe du Ribéracois qui s’était fait un plaisir et un honneur de lui emmener le sprint."
Enfin Marcel Bidot qui sera le directeur sportif de l’équipe de France du Tour, juge Jacques Vivier dans les colonnes de l’Equipe : "Si Louison s’est confirmé grand champion, Vivier a été pour moi une révélation. Le cran et l’audace de ce jeune garçon m’ont véritablement enchanté."
Classement de la 5° étape Antibes-Grasse contre la montre : 1. Louis Bobet les 69 kms en 1h47’56s, 2. Barbotin en 1h49’03s, 3. Impanis en 1h 50’35s, 4. Jacques Vivier en 1h51’18s, 5. Dotto en 1h51’19s, 6. Zampini en 1h51’37s, 7. Blomme en 1h51’39s, 8. Coste en 1h52’07s, 9. Mattéoli en 1h52’18s, 10. François Mahé et Marcel Verschueren en 1h53’, etc... 

Jacques Vivier, la révélation de Paris-Côte d’Azur sera classé aspirant

- Jacques Vivier a terminé Paris-Côte d’Azur en boulet de canon, confirmant tous les espoirs. Le champion de France militaire qui sera démobilisé le 9 avril est encore indépendant. Mais bientôt, dès demain peut-être, il sera classé d’office parmi les aspirants par le Comité du Limousin. Il devra dès lors lutter chaque dimanche avec les professionnels et il pourrait fort bien participer le 13 avril à Paris-Roubaix.
La décision du Comité du Limousin risque de précipiter les projets élaborés depuis longtemps par Vivier. Il ne veut pas pour l’instant quitter ses constructeurs de Royal-Fabric, MM. Desnoyers et Simon
Antonin Magne, rappelons-le aimerait l’avoir sous sa coupe. Vivier d’ailleurs s’est promis de passer sous les couleurs de Mercier lorsqu’il deviendrait professionnel : "A sa place, je ne disputerai pas le Tour de France cette année, nous a dit Antonin Magne hier. Il n’a pas 22 ans et l’avenir est à lui, rien ne presse... "

Ce qu’a écrit la presse sur l’exploit de Vivier dans Paris-Côte d’Azur

- Sur la première page du Journal du Dimanche, le nom de Jacques Vivier (à qui la chronique de l’homme du jour est consacrée) revient constamment. Gaston Bénac n’hésite pas à écrire : Mais la véritable révélation fut incontestablement le jeune Vivier de Ribérac, un joli pédaleur qui ignorait, il y a trois jours encore ses possibilités : Et ce routier, quelques kilomètres après le départ de Grasse, s’enfuyait avec le consciencieux Toulousain Jacques Dupont vers l’aventure possible. Sous la pluie qui faisait rage, sur la route qui borde la mer, nous ne pouvions qu’admirer la souplesse et l’élégance de ces deux belles mécaniques dont les bielles tournaient bien droites, tandis que le buste ne bougeait pas, semblant faire corps avec la machine. La sensation de la course, ce fut la révélation de ce jeune coureur de 22 ans qui se nomme Vivier et qui nous vient de Ribérac. C’est là un véritable champion de demain. Impanis a confirmé sa grande condition actuelle et Dotto s’est lui confirmé comme le roi des grimpeurs.
René Dunan a suivi pas à pas la chevauchée de Vivier. On note au hasard de la plume : Dès l’attaque du col, Vivier joue sa carte, une carte magnifique, celle de vainqueur à Nice, qui peut lui faire prendre place  parmi les plus sérieux espoirs du cyclisme français. Il lâche Dupont et en 20,5 kms, il lui prend une minute. Il monte à son train et pédale avec une aisance déconcertante. A quatre kilomètres du sommet de Braus, Vivier a trois minutes d’avance, mais dans les derniers lacets il accuse une très sérieuse défaillance. Il paie l’extraordinaire effort qu’il fournit depuis ce matin, il réagit avec un courage surprenant. Sa lutte est émouvante. Va-t-il s’effondrer avant le sommet et prendre ainsi le fruit de son audacieuse tentative ? Le soleil a de nouveau disparu et le brouillard enveloppe toute la vallée. Au moment où Vivier franchit le sommet, Bobet surgit à trois mètres de lui. Sentimentalement, on eût aimé voir Vivier récompensé pour son échappée de 150 kilomètres, que chacun considérait comme une folie. Il a été la véritable révélation de ce Paris-Nice où il s’est montré l’égal des meilleurs. En prenant le départ de Paris-Côte d’Azur, Jacques Vivier accomplissait un coup d’audace. Ce coup d’audace a réussi !
Jean Leuliot dans l’Aurore, est catégorique : Pendant ces deux jours, un jeune coureur s’est révélé et vient donner un peu d’espoir à ceux qui regrettent la supériorité de Bobet. C’est le jeune indépendant de vingt et un ans, Jacques Vivier, vainqueur l’an dernier de la Route de France. Samedi, Vivier avait déjà surpris tout le monde en se classant quatrième sur le parcours montant et pénible. C’était un bel exploit pour ce jeune. Voilà enfin un jeune champion dans lequel beaucoup vient le digne successeur de Bobet.
Le Parisien Libéré publie en tête de sa page sportive deux photos côte à côte de Vivier et Bobet avec cette légende : Vainqueur l’an passé de la Route de France, Vivier a tenté sa chance chez les professionnels. Coureur brillant, courageux et bon rouleur, il a été la grande révélation de Paris-Côte d’Azur. Les spécialistes lui prédisent le plus bel avenir. Il sera suivi avec attention dans les prochaines épreuves.
Roger Cornet dans "Ce Matin", sous le titre : "Vivier a étonné Bobet" écrit : Vivier méritait de s’octroyer le Prix de la Montagne, car il n’hésita pas à s’enfuir dès le départ de Grasse, écoutant en cela les conseils de son avisé directeur technique Camille Narcy qui lui déclarait : "Tu en as épaté plus d’un hier en terminant quatrième de la course contre la montre derrière Bobet, Barbotin et Impanis. Joue dons le tout pour le tout, puisque demain c’est fini". C’est à ce jeune et bel espoir, encore militaire pour quinze jours qu’allait donc revenir l’exploit numéro un de cette journée. Bobet fut d’ailleurs le premier à féliciter Vivier de la conduite et de grande classe du régional qui s’était fait un plaisir et un honneur de lui emmener le sprint devant un Impanis fatigué.
Après avoir conté la fantastique dernière étape de Jacques Vivier, Claude Tillet conclut dans l’Equipe :Ainsi après un début difficile, le vainqueur de la Route de France 1951 aura utilisé ce Paris-Côte d’Azur pour faire la preuve de ses grandes qualités. Il est long, musclé, courageux, adore visiblement le vélo, et nous voyons en lui un des garçons les plus attachants de ce Paris-Côte d’Azur déjà dur par lui-même et rendu plus rude encore par le mauvais temps qui ne cessa guère de nous escorter.
Marcel Bidot qui sera le directeur technique de l’équipe de France dans le Tour, juge ainsi Jacques Vivier dans les colonnes du même confrère : "Si Louison s’est confirmé grand champion, Vivier a été pour moi une révélation. Après avoir été brillant entre Antibes et Grasse dans l’effort solitaire, il n’a pas hésité à tenter sur un parcours difficile une aventure qui semblait follement téméraire. Pourtant il faillit la mener à bien et s’il avait adopté un braquet plus petit dans le col de Braus, il n’eut peut-être pas été rejoint. Le cran et l’audace de ce jeune garçon m’ont véritablement enchanté. Il n’est pas impossible que le Paris-Côte d’Azur 1952 demeure par la suite celui qui lança une nouvelle étoile sur la route."
Gaston Bénac commence ainsi dans France Soir le commentaire qu’il consacre à la course au soleil : "Lorsqu’il vit Jacques Vivier, qui s’était échappé avec Dupont peu après le départ, ne pas perdre une seule seconde sur les fougueux contre attaquants au sommet du col de Castillon, on put entrevoir un instant l’exploit sensationnel : la victoire d’un tout jeune indépendant ignoré de la grande foule il y a quelques jours encore.
Hélas ! en voulant attendre son camarade de fuite et presque compatriote Jacques Dupont, poussant un trop grand braquet, Vivier faiblit dans les trois derniers kilomètres de l’escalade du col de Braus et se laissa rejoindre par Bobet, Impanis et Dotto, beau trio d’hommes en forme.
C’est la première fois que l’enfant des environs de Ribérac courait avec les grands professionnels, lui qui jusqu’ici s’attaquait à des tâches plus modestes avec les amateurs et les indépendants. Dès le début de la course Paris-Côte d’Azur, son coup de pédale, son allure souple, ses jambes fines mais bien dessinées, qui tombaient droit, sa combativité aussi, nous avaient séduits. Mais il était parti sans apprentissage aucun, sans métier, ne sachant trop où il allait. Il mit trois étapes à étudier les "grands" puis il réalisa. Et ce jeune garçon tout simple, qui termine son service militaire à Bordeaux, n’est pas dépourvu de jugement. Il sait où il va.
- Non je ne ferai pas Paris-Roubaix, ni les grandes classiques. Par contre, les épreuves par étapes m’intéressent et je serais heureux si je pouvais courir le Tour de France.
"En attendant je vais m’accorder trois jours de repos à Nice. Ce pays est si beau, mais hélas, je ne l’ai pas vu sous le soleil. Alors vous comprenez !..."
Déjà les grandes marques font à ce jeune coureur les yeux doux. Mais lui ne s’emballe pas. "Je n’ai pas encore signé, nous confiait-il hier soir. J’ai le temps d’y réfléchir"

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – JACQUES VIVIER (1952/2) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1952 Vivier dans le Prix Malaury et celui du Prix du Courrier de l’Ouest

24 février 2020

MARIUS DUTEIL - SAISON 1952

1952, LES JEUNES NE VEULENT PAS

SE PASSER DU VIEUX DUTEIL

- Relire la publication précédente. (la saison 1951 de Michel Brun)
- Cette saison 1952 sera pour Marius Duteil l’apothéose dans son rôle de capitaine formateur de ses jeunes. Cette année là, Vivier deviendra professionnel et gagnera l’étape du Tour de France Bordeaux-Limoges. Pensez, un Tour de France qui passe pour la première fois en Dordogne et cerise sur le gâteau, un Périgourdin au départ qui gagne chez lui, à Limoges !!! Vraiment ce fut une année euphorique et les articles de Camille Mathonnière sont là pour nous faire vivre avec force cette époque pleine de souvenirs et d’émotions, celle des jours heureux de notre cyclisme de clocher...
- Parlons-en de ce Camille Mathonnière, à la plume bien aiguisée, qui nous faisait vivre comme si on y était les exploits de nos protégés. Cet agent d’assurance résidait à Mareuil, à côté des Duteil. Il était le correspondant local et ses piges étaient tellement belles, qu’on les retrouvait sur Sud-Ouest, sur l’Athlète, le Populaire, l’Echo et Centre Presse. Faut dire aussi que les exploits de nos coureurs aidaient ce pigiste hors pair, qui avait bien vu que Duteil à 37 ans, aurait pu devenir une fois de plus Champion du Limousin. D’ailleurs vous découvrirez les divers reportages de cette saison 1952 (60 ans déjà). Mais lors de la prochaine publication, il y en aura encore et aussi croustillants les uns par rapport aux autres...
- En marge des exploits fabuleux, disons tout de même que le club de notre trio s’était vu confier l’organisation de ce Championnat du Limousin remporté par Georges Gay du VC Saint-Céré. Ajoutons que Vivier était toujours militaire en ce début de saison et que compte-tenu de la dissolution de son unité à Périgueux, il s’est retrouvé à Bordeaux au quartier Nansouty pour achever ses obligations... Quant à Marius Duteil, il continuait à 37 ans à pratiquer la compétition, uniquement pour faire plaisir à ses deux protégés.

marius et bernard

Une des victoires de Marius Duteil ici aux côtés d’André Bernard (CRCL) lors du protocole.

PALMARES 1952 (sociétaire au Club Athlétique Ribéracois) (21ème licence)

- 10° Prix du Printemps à Périgueux (1° Michel Brun), 3° Trémolat (1° Jacques Vivier), 19° du GP des stations balnéaires à Capbreton-Hossegor (1° Jean Bidart d’Arcachon), 8° Championnat du Limousin à Ribérac (1° Georges Gay du VC Saint-Céré), 5° Eymet (10° André Dupré de Sainte-Foy), Bretenoux abandon (1° Georges Gay), 10° Périgueux 4 Chemins (1° Jacques Vivier).

VIVIER ET BRUN NE VEULENT PAS SE PASSER DU VIEUX DUTEIL
(par Camille Mathonnière, correspondant à Mareuil)

- La direction du journal m’a dit : "Faites une enquête sur les coureurs de Mareuil, Vivier, Brun et Duteil. Vous pourrez les interviewer et leur demander quels sont leurs projets pour la saison prochaine ?"
Et bien ma foi, allons-y ! Pas question de se triturer les méninges et de sucer le bout du stylo pour bâtir quelque chose de conventionnel. Le mieux, c’est encore d’y aller voir. C’est aujourd’hui samedi, on va aller voir...
- Trouver Duteil ? Facile. Surtout avec cette pluie, il est certainement à son atelier de Cycles. Bon ! Et d’un. Pour Brun, c’est un peu plus compliqué, car notre Michel est transporteur et surtout depuis qu’il a son nouveau camion, il ne perd pas une minute. Il faudra l’accrocher au passage ou le soir, à l’heure de la rentrée au bercail. Enfin pour Vivier, rien à faire, sinon attendre qu’il vienne en permission, car il est militaire (brigadier, s’il vous plaît !) dans un régiment d’Artillerie à Bordeaux.
- Justement voilà sa sœur qui passe. Un bien jolie jeune fille, brune, fraîche et souriante, avec des yeux, hum !... vous savez ces yeux qui vous font dire : "Ah ! Bonne mère, si j’avais seulement que 25 ans ! "
- Eh petite, savez-vous si Jacquot vient cette semaine ?
- Mais bien sur qu’il vient. Il est même là ! Il est arrivé de Bordeaux à bicyclette. Vous vous rendez compte ! 130 kilomètres sous cette pluie fine ? Il était trempé comme un canard. Maman l’a bien fâché, vous le verrez bien sans doute !
- Effectivement, une demi-heure ne s’était pas écoulée que celui que tout le monde appelle ici familièrement "le Grand", arrivait chez Duteil, de ce fameux coup de pédale souple, puissant et coulé, qui n’appartient qu’à lui. Une bonne poignée de main et la conversation s’engage.

licence 1952

Licence saison 1952 de Marius Duteil

Vivier est venu de Bordeaux à un train de facteur

- Alors "Grand" ça marche ? Tu es venu par la route à ce qu’il paraît ?
- Eh oui ! Je croyais que le soleil de Bordeaux allait durer toute la journée, mais à mi-chemin, j’ai trouvé cette petite pluie qui n’a l’air de rien, mais qui trempe quand même.
- Mais dis-donc, nous ne somme qu’à mi-janvier, aurais-tu déjà commencé l’entraînement ?
- Oh non ! Pas encore ! J’ai le temps, mais comme il y a presque trois mois que je n’ai pas roulé du tout, j’ai eu envie de me promener. Je suis venu tranquillement, sans forcer, à un train de facteur.
- Mince promenade ? 130 bornes tout seul ! Tu as dû te barber !
- Bah ! J’étais content de pédaler tranquillement et j’ai eu le temps de penser à des tas de choses en quatre heures.
- Quatre heures ! ... Voyons, moi qui ai du mal à compter mes points à la belote, il faut que je réfléchisse... Quatre heures pour 130 kilomètres, plus de 30 de moyenne et tu dis que tu es venu en facteur... Pardon ! Si tous les facteurs pédalaient comme ça, qu’est-ce qu’on pourrait former comme clubs cyclistes !
- Remarque dit Duteil, qui, jusqu’à présent s’était contenté de sourire, si cela t’amuse, ça va, à condition de bien te couvrir et de pas attraper froid, car tu sais, une mauvaise bronchite est vite arrivée, et cela peut te gâcher toute une saison !
- Oh ! Soyez tranquille, M’sieur Duteil, je sais faire bien attention, car je voudrais bien faire une belle saison.
- Tiens ! Tiens ! Voyez-vous cela ? Et qu’appelles-tu une belle saison ?
- Ma question est pourtant claire, mais ma foi ! La réponse ne vient pas vite. Au contraire, voilà mon grand diable qui rougit et cherche des mots qui ne se bousculent pas pour sortir.
- Vous savez, moi je ne sais pas bien comment vous dire. Je voudrais pédaler comme les autres années, et puis si ça marche, essayer de tâter quelques grandes classiques avec les "as".Peut-être qu’avec un peu de veine, je n’y serais pas trop moche !

Duteil : "Il faudra serrer les dents et attraper le guidon par en-dessous"

Duteil me lance un coup d’œil et annonce :
- Tu sais que tu es sélectionné avec Brun pour prendre le départ de Paris-Côté d’Azur. J’ai reçu une proposition des organisateurs. J’ai répondu pour vous en donnant votre accord. Qu’en penses-tu ?
- Je pense que c’est bien tôt, car il n’y aura pas d’autres courses avant, et pour Michel et moi, ce sera notre premier départ de la saison. Nous serons handicapés, car tous les grands costauds auront déjà couru sur la Côte d’Azur et en Afrique du Nord. Il n’y aura pas de quoi s’amuser !
- Bien sur mon grand gars ! Il faudra serrer les dents et "attraper le guidon par en-dessous", mais c’est au contact des champions qu’on se met dans le grand bain. A vous deux, Michel et toi, vous ferez peut-être quelques belles choses. Et puis, je n’ai que 21 ans depuis octobre. J’ai encore le temps.

Brun s’entraîne... en roulant du gravillon

Marius

- Dix minutes après, Michel Brun arrive avec son camion et nos deux jeunes manifestent leur joie de se retrouver. Je suis là aussi et j’interroge :
- Alors, Michel penses-tu reprendre bientôt l’entraînement ?
Sa figure rieuse se plisse encore davantage. Il me lance :
- Eh bé ! Si vous croyez que je n’en fais pas de l’entraînement en ce moment ? Je roule du gravillon pour les Ponts et Chaussées, je n’arrête pas de la journée, ça fait les bras et ça donne du souffle, car il faut le charger et le décharger à la pelle.
Puis redevenant sérieux :
- Un de ces jours, quand M’sieur Duteil sera décidé, il le dira bien. C’est lui qui commande. Je ferai comme il décidera.
- Et tes projets pour la saison ?
- Mes projets ? Vous savez hein ! Cela ne sert à rien d’en faire, car il suffit d’un coup dur ou d’un accident pour tout mettre en l’air. Pourvu que je pédale comme l’an dernier, ce serait très bien ! T’en as toi Jacquot des projets ? Tu en as parlé avec Monsieur Duteil ? Et bien alors ça va : pour moi, ce sont les mêmes. La saison n’est pas encore là : on a le temps d’y penser. Pour l’instant je pense aller au cinéma ce soir... T’es d’accord Jacquot ? Après le cinéma, tu viendras coucher à la maison et demain matin, nous irons à la chasse ensemble. Ça marche !

Le vieux pédalera encore avec ses gamins

- Le lendemain dimanche, il faisait un temps superbe, un soleil printanier. Les deux jeunes vinrent chercher Duteil pour une sortie commune, car ils ne peuvent pas se passer de lui. Ils ne sont tranquilles que lorsqu’ils le sentent près d’eux. Et Duteil, malgré ses 37 ans, malgré les propositions alléchantes de Royal-Fabric qui lui offre la place de directeur sportif, va s’astreindre, cette année encore, à un entraînement suivi pour pédaler avec ses gamins. Avec eux et pour eux, tant qu’ils ont encore besoin de lui.
Bientôt donc, nos trois gaillards reprendront la route deux ou trois fois par semaine et lorsque le paysan penché sur sa terre, se relèvera un instant, la main sur les yeux pour mieux les voir passer, il saura que le printemps est proche. Ce printemps qu’ils vont aller dénicher à coups de pédales et qui, souhaitons-le, mûrira pour eux avec une ample moisson de lauriers.

DUTEIL A BIEN FAILLI DEVENIR A 37 ANS CHAMPION DU LIMOUSIN
(par Camille Mathonnière, correspondant à Mareuil)

- A 25 kms de l’arrivée dans toutes les voitures, les suiveurs étaient unanimes pour dire : "Si Duteil est au sprint, c’est lui qui gagne !" Et l’on sentait dans tous les yeux cette lueur de joie et de sympathie qui aurait accueilli cette victoire, qui d’ailleurs n’aurait pas dû sembler anormale.
- Si vous aviez vu quelle aisance il pédalait depuis le départ ! Sans bruit, il restait au sein du peloton, menant à son tour, sans efforts spectaculaires et inutiles. Tous ceux qui l’ont connu et le connaissent encore, vous diront qu’il est d’une intelligence rare en course. Et si la plupart de nos lecteurs avaient son cerveau, ils doubleraient leurs chances.
- Si seulement aujourd’hui ses coéquipiers Bernard et Guitard avaient couru comme lui, ils ne se seraient pas retrouvés dans le sable. Ils sont partis comme des jeunes, dépensant follement et en pure perte des forces qui leur auraient été si précieuses sur la fin. Duteil, lui ne s’est pas affolé. Il savait que les dures côtes entre Bergerac et Périgueux seraient impitoyables pour les présomptueux. Il avait encore une fois vu juste, car c’est là que nos fugitifs furent rejoints. C’est lui aussi qui lança et anima l’échappée qui devait fournir le vainqueur et nous valoir une si belle fin de course.
- Malheureusement, notre vieux Marius est trop connu des jeunes, et comme disait Dufour : "Il nous fallait le lâcher à tout prix si nous ne voulions pas être battus au sprint. Nous y sommes arrivés, mais il nous fallut essayer je ne sais combien de fois".C’est là sans doute le plus bel hommage qui puisse être rendu à un adversaire. Mais un autre hommage plus grand lui a été rendu par la foule qui sur tout le parcours cria son nom des milliers de fois... Et la foule se trompe rarement dans ses jugements. Prenez exemple, jeunes gens ! Duteil devenu commerçant aisé pourrait se dispenser de courir. S’il continue, c’est parce qu’il aime le vélo. Aimez-le comme lui et vous verrez que les résultats viendront.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - MARIUS DUTEIL (1952) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1952 Vivier va courir le Paris-Côte d’Azur

21 février 2020

MICHEL BRUN – SAISON 1951

1951 - CHEZ ROYAL FABRIC

- Relire la publication précédente. (la saison de Jacques Vivier)

- Michel Brun d’un tempérament moins robuste que Vivier n’a pas le feu sacré de son camarade, mais il n’en possède pas moins des qualités remarquables. Cette saison 1951 restera gravée dans les annales de leur club. Brun accompagne de plus Jacques Vivier, son ami et leader à la Route de France, au Circuit du Cantal, cumule de nombreux succès (lire palmarès) réalise un beau Tour de Dordogne et surtout un Prix Lafond où il a écrasé la course de par sa présence.
- Toujours est-il que le trio s’entend comme des larrons en foire. Duteil on a vu a réalisé une belle saison, tout comme Vivier, si bien qu’il naît un petit différend entre les habitants de Mareuil, qui pestent contre les journaux qui mentionnent lors des classements le club de Ribérac, alors que ce sont des enfants de Mareuil qui se distinguent... (lire en bas de cette publication).

photo 023

Michel Brun vainqueur au Grand Prix des cycles
Lafond à Brive terme de la 1° étape

1951 indépendant Chez Royal-Fabric (Club Athlétique Ribéracois) : 1° Saint-Front de Pradoux, 1° Prix de la foire exposition à La Force, 1° Mareuil sur Belle, 1° Brigueil le Chantre, 1° Saint-Bonnet sur Briance, 1° Montpon sur l’Isle, 1° Oradour sur Vayres, 1° du GP des cycles Lafond à Périgueux (vainqueur d’une étape), 1° d’une étape de Loire-Océan, 1° Aix sur Vienne, 1° indépendant au GP de La Couronne, 1° La Rochette-Saint-Angeau, , 1° du Grand Prix Brivor à Brive, 1° du GP du Populaire à Limoges, 2° du Circuit du Cantal (1° Vivier), 1° Grand Prix d’automne à Limoges patronné par la Populaire du Centre, 2° du Tour de la Dordogne (1° Dolhats), 3° Championnat du Limousin route (1° Marcel Guitard), 1° Circuit Aixois, 2° Prix Antonin Reix à Saint-Junien (1° Pineau Agen).

PRIX D’AIXE SUR VIENNE (reportage).

- Ce sont 45 coureurs qui prennent le départ, parmi les quels ce que l’on appelle les plus costauds de la région (Vivier, Dufraisse, Rigout, Danguillaume, Bernard, etc...). On passe sur la première partie de la course, certes riche en péripéties pour aller directement sur le 7° des dix tours que comporte cette 16° édition. A ce moment là il ne reste plus en course que les grands et la course continue de s’animer.
- La côte du Portail nous montre un Dufraisse magnifique d’aisance. Aussitôt après, Vivier met le feu aux poudres. Il a pris vite 100, puis deux cent mètres. Brun tente de le rejoindre mais Dufraisse ramène. Rigout démarre, suivi par Duteil à qui Commerie emboîte le pas. A Aixe, Vivier a 1’05s sur le peloton que Commerie mène à vive allure, mais duquel Rigout a disparu. Une crevaison aux Charmettes l’a stoppé. Vivier perce et le peloton le dépasse. Au sommet de la côte du Portail, Danguillaume attaque. Brun saute dans sa roue, imité aussitôt par Commerie et Dufour tandis que Marinier paye ses efforts. Vivier passe cette fois mais avec 40 secondes de retard, Rigout avec 1’30s.
- Après la côte Vivier force l’allure. Bien posé sur sa machine, avec une régularité mécanique, il appuie sur les pédales. Le compteur de notre voiture monte jusqu’à 50 et 70 dans la descente sur la gare de Beynac. Sans se désunir, Vivier accélère encore et rejoint au moment où Danguillaume, Commerie, Bernard et Dufraisse démarrent successivement. D’ailleurs jusqu’à Aixe les démarrages se succèdent.
- Au 9° tour, avant la gare de Beynac, Dufour prend le large et il aborde le dernier tour avec 200 m d’avance sur le peloton que Vivier et Bernard conduisent. Nous apprenons que Rigout abandonne, une seconde crevaison étant venue l’handicaper. Fourgeaud en avait fait de même après l’arrêt d’Auvert. Le dernier tour emprunte une autre boucle, celle de la côte de Verneuil, abordée par le peloton tout entier, fort de seize hommes que nous allons retrouver à l’arrivée.
- C’est R. Danguillaume qui le premier met le nez à la fenêtre. Le peloton s’étire, Barruche puis Simon sont lâchés. Aussitôt après Dufraisse démarre, suivi par Vivier et Brun. Les trois plus forts sont en tête. C’est logique, Bernard essuie une légère défaillance au moment de l’attaque décisive. Les autres ne peuvent suivre le train imposé par Dufraisse, qui pousse un peu plus fort dans la traversée de Verneuil. Dans la côte, le gars de Razès semble le plus fort, mais les deux Ribéracois sont derrière lui. A Landouge nous pointons Dufraisse, Vivier et Brun. Plus loin Commerie, Duteil, Danguillaume. Ensuite Hébras, Thouard, Bernard, Dufour Danguillaume Marcel, Aufort, Lambert, Raynaud et enfin Barruche et Simon. Dans la dernière descente sur Aixe, Brun s’échappe alors qu’il mène devant Vivier qui à l’arrivée réglera Dufraisse au sprint...
Le classement : 1. Michel Brun (CA Ribérac) les 145 kms en 4h13’, 2. Jacques Vivier (Ribérac) à 30s, 3. Dufraisse (UV Limousine) m.tps, 4. R. Danguillaume à 1’36s, 5. M. Danguillaume à 2’00s, 6. Marius Duteil (Ribérac), 7. Commerie, 8. Bernard, 9. Dufour, 10. Raynaud, etc...

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Michel Brun en tête en haut de la côte de Rouffignac lors du Prix Lafond
(Périgueux-Brive-Périgueux)

GRAND PRIX D’AUTOMNE DU POPULAIRE DU CENTRE.

- Le trio Ribéracois contrôle le GP d’automne et Michel Brun triomphe au sprint à Limoges devant Renaud, Réjasse qui fit une course sensationnelle et Rippe. Ce grand prix d’automne, revanche des Boucles de la Gartempe a connu le succès que l’on était en mesure d’en escompter. Un lot important de coureurs, tant par le nombre que par la qualité se sont livrés un duel sans merci au cours duquel les meilleurs ont triomphé. Quarante coureurs sont rassemblés devant la Plage (route d’Aixe) et l’appel commence. Il y a des défections, mais tout à coup un cri : voilà Jean-Marie. En effet Cieleska qui avait pris un taxi arrive une minute avant que le départ ne soit donné et déjà des groupes discutent ! C’est un sérieux client, il va falloir s’en méfier !
- Nous allons directement à 50 kms du but où seize hommes sont en tête. Les attaques fusent de partout. C’est d’abord Michel Brun qui tente de partir, protégé par Vivier et Duteil. Aussitôt après Cieleska tente de prendre le large, rien encore. C’est au tour du jeune Réjasse de partir, celui là personne ne s’en méfie. Renaud saute dans sa roue et ça y est le trou est fait. Dufraisse tente de ramener le peloton sur les deux fuyards, Brun sentant le danger tente à son tour de fausser compagnie au peloton, mais celui-ci veille...
- A Nantiat nous notons les positions suivantes. En tête Réjasse et Renaud, à 1’50s le peloton. A Chamboret, Dufraisse crève, mais il fera un retour sensationnel sur le peloton véritablement déchaîné. Réjasse et Renaud tiendront-ils jusqu’à Limoges ? Ils se relaient parfaitement, mais visiblement ils souffrent. A Conore, Brun très frais démarre sec. Aymard et Rippe sautent dans sa roue, Aymard ne tiendra pas longtemps le train et sera réintégré dans le peloton. Dans Fregemont les deux premiers maintiennent leur avance, soit 500 mètres sur Brun et Rippe, mais en haut de la Poitevine, ils se font rejoindre. Dès lors la course est jouée. Nos quatre gaillards se présentent sur le stade municipal et Brun le plus frais des quatre gagne au sprint.
- Brun nous disait à l’arrivée : "Il fallait être très bien pour gagner, je crois qu’aujourd’hui on ne dira pas que c’est le hasard qui l’a voulu". En effet, disputé à 39 km de moyenne, ce Grand Prix d’Automne a été vraiment une revanche des boucles de la Gartempe, mais aussi peut-être une revanche du championnat du Limousin. Il nous a permis de connaître un homme en le jeune Réjasse qui sut tenir jusqu’au bout en compagnie de Renaud, malgré la meute déchaînée à leurs trousses.
Le classement : 1. Michel Brun (Ribérac), 2. Renaud, 3. Réjasse, 4. Rippe, 5. Vivier, 6. Aymard, 7. Girard, 8. Forlini, 9. Bernard, 10. Lintilhac, 11. Duteil, 12. Dufraisse, 13. Le Floch, 14. Mancicidor, 15. Frankowski, etc...

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Marius Duteil, André Commerie et Michel Brun lors du protocole
à Périgueux du GP des cycles Lafond

 VIVIER, BRUN et DUTEIL ONT RÉPARÉ UNE LACUNE DU GUIDE MICHELIN
Ils ont appris aux français à connaître Mareuil !
(Rififi entre Mareuil et Ribérac).

- Mareuil sur Belle petit bourg de huit cent âmes, se tasse gentiment  dans sa vallée sur la route nationale Périgueux-Angoulême. Rien de particulier n’en retient l’attention sinon, pour quelques initiés qui aiment le charme des vieilles pierres, les ruines d’un vieux château historique, seul témoin d’époques définitivement révolues. Tout y respire le calme et la tranquillité. La vie s’écoule là comme dans tant d’autres bourgades de France, sans grandes passions, sans heurts violents, suivant le rythme lent et sûr de la campagne.
- Rien donc ne semblait devoir signaler Mareuil au monde extérieur puisque même dans le guide Michelin actuel, édité en 1948, Mareuil fut proprement oublié.
- Et cependant depuis deux ans, mais surtout en cette année 1951, trois hommes du pays se sont chargés de porter haut et loin le nom de notre petite cité.
- Quel est le fervent du cyclisme ou même le profane qui n’a entendu parler du "célèbre trio Ribéracois", composé des non moins célèbres coureurs Duteil-Vivier-Brun. Ribéracois ? soit... Les Mareuillais ne sont pas jaloux et reconnaissent volontiers que le club cycliste de Ribérac, auquel appartiennent nos trois champions, a fait beaucoup pour eux, mais nos bons amis de Ribérac ne nous en voudrons pas si, quand même, nous revendiquons un peu de leur gloire pour notre clocher.
- Quel est celui qui pourrait dire à coup sûr combien de fois ces trois noms furent cités dans les journaux et à la radio ? Il n’est guère de dimanches d’été sans que nos amis de radio Limoges ne nous aient claironné une victoire de l’un d’eux et guère de lundi où leurs noms ne fussent étalés dans le titre des comptes-rendus, donnés par les éditions sportives.

Brun

- Ils ont remporté cette année une quarantaine de victoires dans plus de dix départements. Des vraies, des solides. Nous ne voudrions vexer ni critiquer personne, mais il nous est tout de même permis à nous, Mareuillais de dire que notre trio n’a remporté en effet que des victoires qui comptent.
Certes, nos trois hommes ne marchandent pas leur peine. Ils n’hésitent pas à aller se mesurer aux gros bras du cyclisme, aussi pouvons nous dire qu’ils sont connus de tous les grands champions.
- Trois hommes ? Ne devrait-on pas plutôt dire un homme et deux gamins, car si Duteil marche allégrement sur ses 37 ans, Jacques Vivier a eu 21 ans le mois dernier et Michel Brun n’a encore que vingt ans et demi.
- Inutile d’ailleurs de les présenter plus amplement. Chacun sait que Duteil, coureur régional, réputé et connu dans tout le Sud-Ouest, l’homme sérieux et posé, consciencieux, aimant son métier de coureur cycliste, le pratiquant avec cœur et honnêteté, celui qui en presque vingt ans de compétitions, a passé plus de 350 fois la ligne en vainqueur, a pris sous sa coupe, voici deux ans, les deux petits débutants qui ont mis en lui toute leur confiance. C’est lui qui leur a imposé un programme d’entraînement, qui leur a appris ce qu’ils connaissent du sport cycliste. C’est grâce à ses judicieux conseils que les deux gosses ont monté si rapidement dans l’échelle des valeurs et ont glané tant de lauriers ainsi d’ailleurs qu’un joli pécule.
- Il les aime bien ses petits et lui, l’homme à l’apparence froide et impassible, a eu plus d’une fois les larmes aux yeux en les voyant remporter de grandes victoires. En revanche eux aussi l’aiment bien, ils savent ce qu’ils lui doivent. Pour eux il est le patron et l’ami qu’ils estiment et écoutent religieusement. Pas question de discuter quand "M’sieur Duteil" a parlé et malgré leurs succès, malgré leur gloire, ils ne font rien que "M’sieur Duteil" n’ait approuvé. C’est lui le cerveau de l’équipe, eux sont les exécutants.
- La saison 1951 se présentait d’une façon incertaine du fait que Vivier accomplissant son service militaire, n’aurait peut-être pas la forme de l’an passé. Il eut la chance de trouver des chefs sportifs qui lui permirent de s’entraîner. Il les récompensa de la plus belle et de la plus élégante manière, en leur remportant le titre de Champion de France Militaire, ce qui, vous n’en doutez pas, fit grand bruit dans la caserne.
- Outre ce titre de champion de France, il en ramena un autre dont le retentissement fut grand, non seulement dans sa région, mais aussi sur le plan national. Il gagna la Route de France réservée aux espoirs de moins de 25 ans. Quinze étapes, 3 000 kilomètres. Il prit le maillot jaune dès la quatrième étape et le conserva envers et contre tout jusqu’à Paris. Quel beau rêve pour un gamin de 20 ans ! Tourner sur la piste du Parc des Princes devant 30 000 spectateurs avec le maillot jaune sur les épaules et le bouquet du vainqueur sur le guidon. Les millions d’auditeurs de la radio nationale apprirent ce jour là que Mareuil sur Belle comptait dans sa population un authentique champion.
- De son côté, Michel Brun, longtemps handicapé par un genou récalcitrant, fit de très belles choses. Ses victoires dans le Grand Prix Lafond (deux étapes), Loire-Océan (une étape), Grand Prix Brivor à Brive (210 kms), les boucles de la Briance (150 kms) et celle du Populaire du Centre à Limoges (180 kms), toutes remportées devant des professionnels cotés, furent les plus marquantes d’une bien belle série.
- Nos deux compères, qui s’entendent comme larrons en foire, terminèrent magnifiquement leur saison, en remportant détaché (Vivier 1°, Brun 2°) le Tour du Cantal (250 kms) qui compte parmi les classiques françaises. Tous deux battirent le record de l’épreuve détenu précédemment par Duteil lui-même ne voulant pas être en reste, s’en fut gagné seul à Limoges et à Poitiers. Il eut d’autres places de premier à son actif et aussi quelques places de second derrière l’un ou l’autre car il arrive souvent que notre trio classe deux hommes ou même les trois aux places d’honneur.
- Et maintenant la saison est finie. Les lampions sont éteints. Duteil gère son magasin de cycles, Michel Brun a repris le volant du camion paternel et effectue des transports. Quand il fait beau, le maître et l’élève vont à la chasse ensemble. Vivier est toujours militaire mais on le voit souvent à Mareuil.
- La gloire ne leur a pas tourné la tête. Ils sont restés les deux bons petits drôles, simples, corrects et affables qu’ils étaient. Et pourtant ils ont reçu de belles propositions de grandes maisons de cycles. Notamment du plus grand directeur sportif de France lequel s’y connait en champions.
- Nous croyons pouvoir dire qu’étant donné leur âge, ils préfèreraient rester encore une saison dans la région pour parfaire leurs connaissances. Ils monteront encore probablement leurs fidèles "Royal-Fabric" qu’ils ont déjà si souvent conduites à la victoire.
- Mais d’ores et déjà, leur renommée a franchi les limites régionales et la semaine dernière la firme française qui fabrique les fameuses chaussures cycles "Dep" que portent les grands champions et avec lesquelles ils ont remporté toutes leurs victoires, a offert un déjeuner à notre trio. Déjeuner au cours duquel des contrats de publicité furent signés et où il fut question de créer pour la prochaine saison un modèle "compétition spéciale Vivier".*
-
Rançon de la gloire ! Rançon de succès passés ! Puissent cette gloire et ces succès se confirmer dans l’avenir. C’est sans doute leur vœu le plus cher, ce sera aussi celui de tous leurs amis.

Camille MATHONNIERE (Mareuil)

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – MICHEL BRUN (1951) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1952 Les jeunes ne veulent pas se passer du vieux Duteil

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19 février 2020

MARIUS DUTEIL – SAISON 1951

1951, DUTEIL, VIVIER, BRUN, PASSENT CHEZ ROYAL FABRIC

LA SAISON 1951 DE MARIUS DUTEIL

- Relire la publication précédente. (saison 1950 de Brun).
- Saison 1950 de Marius Duteil.
- Cette saison 1951 qui débute à peine pour le trio sera une saison mémorable. Le trio quitte Rochet pour rejoindre la grande firme d’Objat, à savoir Royal-Fabric (lire ci-dessous). Duteil lui a 36 ans et continue encore de suivre ses élèves dans les courses et au sein du CA Ribéracois. Rien ne fait peur à Marius qui prend le départ des grandes courses comme le Tour Dordogne par exemple qui compte pourtant 270 kms de parcours.

Signature chez Royal-Fabric

Signature chez Royal Fabric de Duteil et de Vivier en 1951 en compagnie de M. Pierre Dénoyer.

Royal-Fabric en 1951 : En cette année les établissements d’Objat ne sont pas décidés à ralentir leur action, bien au contraire... Si M. Pierre Dénoyer sort son bloc note, il vous dira qu’il a sous ses ordres outre Jean Bidart, André Dupré, André Gavelle, Marcel Brunie, Marius Duteil, Raoul Pouget et Maurice Pradel : Eloi Tassin de Saint-Nazaire champion de France professionnel en 1945, Jacques Vivier Champion du Limousin 1950 et Michel Brun, tous deux de Mareuil et grandes révélations de la saison passée. Ensuite André Bernard de Limoges champion du Limousin 1949, Joseph Amigo le fameux rouleur Dacquois, Jef Adams qui sort de la brillante cohorte des indés belges et bien connu dans notre région. Ajoutons le Mussidanais Angel Barquéro poulain de M. Chaussade, Roger Pézeron de Saint-Nazaire, Essio Wrek l’espoir Saint-Livradais, Jean Montagut titulaire de nombreux succès en Narbonnais, Zappas et Laganne de Montauban, Fombellida de Bayonne l’une des vedettes de l’Oloron Sporting-Club et enfin un atout de premier ordre Schaffert de Souillac. D’autres grands noms au sein des agences dont celles de M. Caron à Bordeaux qui compte notamment sur Clotaire Guibert, Jacques Laffranque et Henri Manet, soit du beau monde au service de la grande marque de cycles d’Objat.

 PALMARES 1951 de Marius DUTEIL (sociétaire au Club Athlétique Ribéracois)

- 2° Course de Classement du CA Ribérac (1° Michel Brun), 2° Course de classement de Ribérac (1° Jacques Vivier), 3° Le Coux (1° Daniel Dihars du Stade Foyen), 8° Critérium du Printemps de Périgueux (1° Jacques Vivier), 1° Saint-Léon sur l’Isle, 5° Prix Lafond à Périgueux (1° Michel Brun), 10° Tour de la Dordogne (1° Albert Dolhats), 4° Chalais (1° Armand Darnauguilhem du CC Belvès), 4° Championnat du Limousin route (1° Marcel Guitard), 8° Oradour sur Vayres (1° Michel Brun), 6° Ribérac (1° Hervé Prouzet du Guidon Agenais), 2° Montpon (1° Michel Brun), 13° Sarlat (1° Jacques Vivier), 11° Limoges (1° Michel Brun), 5° Mareuil sur Belle (1° Michel Brun), 3° Saint-Front de Pradoux (1° Michel Brun). 1° Aixe sur Vienne (15° Circuit Aixois lire reportage ci-dessous), 1° Limoges (Prix Conchon Quinette, lire ci-dessous), 16° Circuit Aixois (1° Brun), 1° Grand Prix du Libre Poitou, 1° Grand Prix des artisans à Ribérac (lire commentaires).
-
Au Grand Prix Conchon-Quinette, treize hommes au sprint à l’arrivée et victoire de Marius Duteil sur André Bernard ex-champion du Limousin. Victoire logique d’un homme de métier qui sut ne jamais mettre le nez à la fenêtre, au contraire de son camarde Bernard, assez prodigue de ses efforts. Les deux coureurs de chez Royal-Fabric gagnent le sprint devant Guittard, Aymard, Commerie, Fourgeaud, Hébras, Dufraisse, Treuil et Rigout.

ribérac en 51

Marius Duteil vanqueur à Ribérac en 1951. A gauche Vivier, sur le cadre Francis Duteil 4 ans

MARIUS DUTEIL ENLEVE AU SPRINT LE 15° CIRCUIT AIXOIS

- Le 15° Circuit Aixois touchait à sa fin. Il restait encore trois tours à parcourir, Duteil, Rigout, Vivier étaient en tête depuis un certain temps déjà. Se relayant et s’entendant parfaitement, ils augmentaient progressivement leur avance... mais la course, la vraie course, se déroulait à l’arrière. En effet, dans le gros peloton qui se trouvait immédiatement derrière les fuyards, le jeune Ribéracois Brun et Bernard se livraient un duel titanesque.
- Le Champion du Limousin sentant le danger, attaquait sans arrêt pour limiter les dégâts. Magnifique de courage et d’allant, il appuyait sec sur les pédales.
- Les échines se courbaient, les visages étaient grimaçants sous les coups de boutoir répétés de Bernard, certains peu aptes à suivre ce train d’enfer, perdaient pied. Mais un homme le sourire aux lèvres, les mains en haut du guidon suivait Bernard comme son ombre : deux, trois, quatre fois, Bernard essayait de décramponner cette sangsue, mais en vain. Brun c’est de lui qu’il s’agit, ne lâchait pas d’une semelle ce dangereux concurrent que son professeur et mentor Marius Duteil lui avait dit de marquer sévèrement.
- Ce 15° Circuit Aixois se résuma, en effet en une lutte entre le fameux trio Vivier-Duteil-Brun et Bernard. Ce dernier ne pouvait compter que sur les services de Dussoulier, mais hélas, celui-ci vit son boyau rendre l’âme et fut contraint à l’abandon.
- Seul contre trois, Bernard tenta crânement sa chance, mais sous les attaques qui fusaient de toutes parts, il dut d’abord laisser partir Duteil, puis ensuite Vivier et enfin Rigout et Barruche. Sur la fin, il essaya le tout pour le tout, mais devant l’inutilité de ses efforts, avec dans sa roue un Brun qui refusa catégoriquement de mener, Bernard dut s’avouer vaincu.
- Ulcéré, démoralisé, la rage au ventre et les larmes aux yeux, le champion du Limousin, pour la première fois depuis fort longtemps descendit pour la pédale, c’est fini !
- L’esprit d’équipe avait vaincu une individualité peut-être brillante, mais incapable de pouvoir lutter seul contre trois si redoutables adversaires. Bernard disparu, les leaders ne risquaient plus grand-chose : ils accomplirent le dernier tour au train, sans se faire aucune peine... même légère. Le sprint parti de loin devait les départager. Duteil qui ne veut pas vieillir s’adjugea une magnifique victoire devant Jean Rigout, puissant et volontaire et Vivier, qui vit sa roue arrière se bloquer à 200 mètres de l’arrivée.
Classement : 1. Marius Duteil sur cycle Royal-Fabric les 136 kms en 3h44’05s, 2. Jean Rigout, 3. Jacques Vivier, 4. Commerie à 2’12s, 5. Brun m.tps, 6. Martin à 3’07s, 7. Perret, 8. Lacoste, 9. Barquéro, 10. Bureau, etc...

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - MARIUS DUTEIL (1951) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1951 Jacques Vivier gagne la Route de France

16 février 2020

FRANCIS DUTEIL - SAISON 1978

1978 : QUATORZE VICTOIRES MAIS PAS DE CHAMPIONNAT DE FRANCE

- Pour relire l’article précédent, cliquez ici

1978 - (amateur hors catégorie) 16 victoires : Victoire à Meyrals, Viville, Condat sur Vienne, Bellac, Saint-Saud, Lauzun, Saint-Cyprien, Saint-Laurent sur Gorre, La Machine, Autry le Châtel, Saint-Germain les Belles, Thiers, Montbron, Trois jours de la Braconne, meilleur grimpeur du Tour d’Ampurdan.
Duteil dans le rétro : Cette année est encore soldée par de nombreuses victoires. Faisons d’abord un petit tour d’horizon histoire de situer son opposition. A Meyrals, il devance Nicolas parti à l’ACLBP et Durant (UC Brive). A Condat sur Vienne, il s’agit des Boucles de la Haute-Vienne où il gagne devant Courteix et Nicolas (tous deux ACLBP). A La Braconne, son succès est acquis après trois journées de course, cette fois aux dépens de Pierre Corre (UC Bazas) et de Jean-Pierre Parenteau (AC Nersac). A Bellac, il démarre à cinq tours de l’arrivée et gagne devant Daniel Samy (ACLBP) et Daniel Raymondaud son équipier. A Saint-Germain les Belles, c’est Vidalie (UC Berry), Dupuytren (ACLBP) et Bordier (Sainte-Foy) qui se retrouvent classés dans cet ordre aux places d’honneur, juste derrière Duteil. Mais la présence de Duteil c’est aussi lors du Circuit de la Vallée Noire (5°), au Tour d’Alsace (5°), au Tour d’Ampurdan (3°) gagné par Guy Nullens (Belgique).
- Côté places d’honneur, Duteil se classe deuxième à Chirac, Roullet, Chalais, Panazol, Sigoulès, 3° à Thiviers, Champniers, Douzillac, Guéret la Trinité, Limoges.

duteil

SAISON 1978

- Levroux (36) chute 12/03, 12° Lavaleix les Mines (23) 19/03, 19° Cénac et Saint Julien (24) 20/03, 10° Genouillé (86) 26/03, 7° Gond Pontouvre (16) 27/03, 9° Le Coux (24) 01/04, 5° Biron (24) 02/04, 20° Boussac (23) 03/04, Saumur (49) abandon 05/04, Commentry (03) abandon 08/04, 5° La Châtre (36) 09/04, 30° Tour du Lot et Garonne (47) 16/04, 21° Tour de Vendée (du 21 au 23/04), 20° Saint-Léon sur l’Isle (24) 29/04, 1° Meyrals (24) 01/05, 9° Château-Chervix (87) 06/05, 5° Saint-Martial de Valette (24) 07/05, 11° Figeac (46) 08/05, 35° Périgueux Saint Georges (24) 09/05, 1° Viville de Champniers (16) 13/05, 8° La Rochette (16) 14/05, 3° Champniers (16) 15/05, 1° Trois jours de la Braconne (16) (13 au 15/05), 9° Aigurande (36) 16/05, 1° Condat sur Vienne (87) 20/05, Ambernac (16) abandon 21/05, 3° Guéret (23) 22/05, 6° Rocourt (Belgique) 27/05, 3° Ayeneux (Belgique) 28/05, Herk de Stad (Belgique) abandon 29/05, 5° Boucles du Bandiat (24) 03/06, 11° Rochechouart (87) 04/06, 3° Limoges (87) 10/06, 9° Saint Gervais (87) 11/06, 5° Tour d’Alsace (du 17 au 18/06), 2° Panazol (87) 24/06, 3° Saujon (17) 26/06, 7° Circuit du Cantal (15) 28 au 29/06, 4° Championnat du Limousin route à Faux la Montagne (23) 02/07, 5° Saint Séverin (16) 03/07, 1° Bellac (87) 08/07, Guimps (16) 09/07, 4° Loubressac (46) 10/07, La Souterraine (23) abandon 23/07, 7° Châteauneuf sur Charente (16) 14/07, 11° Villandraut (33) 15/07, 3° Thiviers (24) 16/07, 24° Saint Emilion (33) 17/07, 25° Aire sur Adour (40) 19/07, 5° Crandelles (15) 22/07, 4° Saint Auvent (87) 23/07, 2° Chalais (16) 24/07, 4° Sorèze (81) Championnat de France des comités 27/07, 4° Oradour sur Vayres (87) 31/07, 4° Bujaleuf (87) 03/08, 1° Saint Saud (24) 05/08, 2° Chirac (16) 06/08, 1° Lauzun (47) 07/08, 20° Puy l’Evêque (46) 08/08, 1° Saint Cyprien (24) 10/08, 2° Roullet (16) 12/08, 4° Vézac (24) 13/08, 1° Saint-Laurent sur Gorre (87) 14/08, 4° Meuzac (23) 15/08, 1° La Machine (58) 16/08, 15° Angoulême (16) 17/08, 4° Faux la Montagne (23) 19/08, 1° Autry le Chatel (45) 20/08, 4° Lubersac (19) 21/08, 5° Augignac (24) 22/08, 4° La Châtre (36) 23/08, 8° Bénévent l’Abbaye (23) 25/08, 4° Châteauneuf la Forêt 26/08, 3° Douzillac (24) 27/08, 6° Saint Yrieix la Perche (87) 28/08, 4° Saint-Mathieu (87) 02/09, 5° Peyrignac de Condat (24) 03/09, 2° Sigoulès (24) 04/09, Rieumes (31) crevaison 05/09, 5° Moissac (82) 06/09, 1° Saint-Germain les Belles (87) 08/09, 6° Chalus (87) 09/09, 5° Charlieu (42) 10/09, 4° Issoire (63) 11/09, 7° Piègut (24) 12/09, 3° Montluçon (03) 16/09, 1° Thiers (63) 17/09, 2° Tauves (63) 18/09, 3° Baignes (16) 23/09, 3° Voeuil et Giget (16) 24/09, 1° Montbron (16) 25/09, 25° Miallet (24) 26/09, 6° Champs sur Tarentaine (15) 30/09, 1° Saint-Angel (03) 01/10, 12° Feuillade (16) 02/10, 2° Salles d’Angles (16) 08/10, 5° Saint-Denis de Pile (33) 09/10, 3° Tour d’Ampurdan et 1° du Meilleur Grimpeur (Espagne) 12 au 15/10, 2° Saint-Amand Monrond (18) 18/10.

Soit 16 victoires pour 99 épreuves disputées, six abandons.

 Championnat de France route : "Le championnat du Limousin n'est pas très sélectif et je termine 4°, donc je ne suis pas sélectionné pour le championnat de France. En principe ce sont les deux premiers qui sont retenus pour cette épreuve. Claude Louis, le CTR du Limousin me dit qu'il va m’inscrire en qualité de premier remplaçant. Marc Durant étant Champion de France militaire est sélectionné d'office pour le Championnat de France. Donc il y aura trois sélectionnés du Comité du Limousin. Marc Durant d’office, Michel Dupuytren le champion du Limousin en titre et Yves Nicolas deuxième de ce championnat régional. Lorsque je reçois la France Cycliste avec la liste des engagés, j'ai une mauvaise surprise. Mon nom chez les remplaçants n'y figure pas. Je téléphone aussitôt à Claude Louis. Après renseignement, c'est le secrétaire qui a oublié de m'engager. Claude Louis va contacter les dirigeants de la FFC pour réparer l'erreur. Richard Marillier refuse de me rétablir sur la liste des remplaçants. Je ne serais donc pas au départ de cette épreuve qui se déroulait à Escoussens dans le Tarn".

Championnat de France des Sociétés : "Avec Claude Louis nous sommes persuadés que le titre par équipes est à notre portée. Nous avons une belle équipe à moitié Périgourdine avec Frédéric Brun, Michel Dupuytren, Marc Durant et moi. Le jour du championnat Michel Dupuytren est malade. Nous le remplaçons par Yves Nicolas qui est présent en tant que sélectionné pour l'individuel. Yves est un bon coureur mais il est inférieur à Michel dans l'exercice du contre la montre par équipes. Nous avons décidés d'utiliser des plateaux de 49x54. Le départ ne se trouve pas sur le circuit. Il y a une quinzaine de km à parcourir pour rejoindre le circuit à parcourir deux fois avec un premier km plat suivi d'une côte de 3 km assez pentue. Il fait très chaud. Nous décidons de partir avec 54x15 et d'utiliser un développement de 49x17 dans la côte. Lorsque nous arrivons au pied de la côte, Fred prend le relais et il embraye sans changer de braquet.Ca monte très vite. Yves hurle après Fred, car il est au bord de la rupture. Je lui dis de garder son souffle pour suivre. Fred ne s'écartera qu'au sommet. Nous apprendrons après l'arrivée que nous sommes passés au sommet avec 17 secondes d'avance sur les 2°!  Nous sommes obligés de prendre un temps de récupération avant de remettre en route. Je passe un bon savon à Fred. Lorsque nous arrivons sur le circuit Fred nous abandonne. Au début du 2° tour alors que nous rejoignons l'équipe d'Aquitaine partie trois minutes avant nous, Yves Nicolas ne peut plus nous relayer. Avec Marc, nous nous sortons les tripes. A 10 km de l'arrivée nous apercevons une équipe à 300m devant nous. Nous les rejoignons à moins de 5 km de l'arrivée. Ce sont les Bretons qui sont partis six minutes avant nous. Nous nous classons 4° à quelques secondes du podium et à un peu plus d'une minute du titre... "

EPILOGUE : "Trois jours plus tard, pour le titre individuel, Michel Dupuytren est toujours malade. Sur place il n'y a pas de remplaçant limousin engagé. Donc il n'y aura que deux coureurs de notre comité au départ comme d'habitude. Marc Durant se classe 5° et Yves Nicolas termine à la 9° place... C’est Gérard Dessertenne (VS Macon) qui avait enlevé le titre"
NDLR : Les relations entre Richard Marillier et le Comité du Limousin avaient semble t-il un gout particulier. A Dax alors que la victoire sur le tapis vert semblait acquise pour Duteil, le Directeur Technique National lui lança vertement : "Tu étais cuit ! ". A Eguzon, d’entrée, il lui annonce qu’il est le favori. A Escoussens il refuse son engagement comme remplaçant, ce qui lui aurait donné droit de courir puisque Dupuytren avait renoncé au dernier moment pour des ennuis de santé"...
Ses équipiers : Jean-Pierre Ditlecadet, Michel Besse, Daniel Raymondaud, André Laroudie.
Ses adversaires : Brun, Courteix, Nicolas, Dupuytren (AC Limoges Bussière Poitevine), Pinault (CC Bourré), Cardinal (Civray), Ceulemans, Le Dain (Anthony), Durant (Brive), Puychaffray (La Souterraine), Chadenaud (Bellac), Larpe (Angoulême),Truffy (Bergerac), Thimonier, Suchaud (UVL), Buffière (Brive), Laclautre (Saint-Léonard), Farges (Aurillac), Jourdan (Confolens), Lagrange (La Souterraine), Mechenet (Bellac), Paillot (La Rochefoucauld), Princeau (Saint-Junien), Thévenet (Civray),
Les Champions régionaux du grand Sud en 1978 : Jean Becaas (FC Oloron) pour le comité d’Aquitaine, Michel Guiraudie (GSC Blagnac) pour les Pyrénées, Jacky Troyard (Vélophile de Naintré) pour le Poitou-Charentes, Michel Dupuytren (ACL Bussière Poitevine) pour le Limousin, Fernand Farges (UC Aurillac) pour l’Auvergne.

Classement national FFC de la saison 1978.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - FRANCIS DUTEIL (14) © BERNARD PECCABIN
D’après la documentation de Francis et avec ses photos
Cet article a déjà paru sur le blog la Dordogne Cycliste, devenu inactif.
Prochain épisode -  1979 : Un deuxième titre de Championnat de France qui couronne sa carrière

4 mars 2020

1995 - LE CYCLISME, SON ACTUALITE (10° semaine de la saison)

AgnoluttoIL Y A 25 ANS EN DORDOGNE ET EN AQUITAINE

2 au 8 mars 1995

- Retour gagnant de Bordeaux-Saintes dans le giron de la Coupe de France Mavic avec une 27° édition remportée par le postier parisien Christophe Agnolutto (Asptt Paris) - en médaillon - sous un soleil printanier. Le vainqueur a franchi la ligne après 200 km couru à plus de 40 km/h pour s’imposer devant Rouxel (Côtes d’Armor) et Jean-Pierre Duracka (Aulnat).
- Le 5 mars à Castelnau Montratier, l’US Montalbanaise réalise un beau doublé lors du prix d’ouverture avec le succès de Daniel Roger devant Christophe Lanxade son équipier qui précède Philippe Bordenave (GCS Blagnac).

ÉCHOS DE DORDOGNE

 

1995 Team 95

Le Team Cycliste Féminin version 1995

- En Dordogne on en est aux préparatifs et dans ce domaine, le Team Cycliste Féminin 24 parti en Pays Nantais pour prendre le départ de la Route du Muscadet. Le Team alignera Elisabeth Chevanne-Brunel, Sophie Swaertvaeger, Sophie Gentieu, Patricia Ounzari et Valérie Ourthiague.

Virvaleix

Didier Virvaleix de Montauban à l'Asptt Périgueux

- Rerour de Didier Virvaleix sous les couleurs de l’Asptt Périgueux. L’équipe de première catégorie sera renforcée de Thierry Bernagaud, Julien Fiacre, Stéphane Lavignac et Nicolas Labrousse.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - 1995/10° SEMAINE © BERNARD PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne est à découvrir sur ce blog

18 février 2020

MICHEL BRUN - SAISON 1950

LA SAISON DE MICHEL BRUN ET VIVIER DEVIENT MILITAIRE

Carrière de Brun

Relire la publication précédente sur Jacques Vivier son équipier.

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Départ de Périgueux-Brive-Périgueux (Prix Lafond)

 

- Après Marius Duteil et Jacques Vivier, place à Michel Brun le troisième larron de cette équipe Mareuillaise, licenciée au CA Ribéracois. En cette saison 1950, Brun a été également présent dans tous les faits d’armes de ses deux équipiers. Brun avait débuté sa carrière par des courses de village où il se rendait le dimanche. Il se souvient d’ailleurs d’une des premières qui se passait à Saint-Sulpice de Mareuil et qu’il n’oublie pas de raconter à ceux qui lui demandent, comment est-il venu au vélo... ?
- Si Vivier a remporté plus de vingt succès en cette saison 50, Brun a été également très vaillant avec pas loin de quinze bouquets dont un chez lui à Mareuil, un à Périgueux avec le Prix Henri Lafond qui constitue une grande victoire dans une course à étapes, sans oublier celui de Brigueil le Chantre où il est rare qu’un débutant s’impose d’emblée.

1950 amateur Cycles Rochet (sociétaire au Club Athlétique Ribéracois) : Le Lardin, La Meyze (87), Mareuil sur Belle, Aubin (12), Nontron (Prix de Saint-Martial), 1° Saint-Vincent de Connezac, GP de Saint-Cybard à Angoulême, du GP Henri Lafond à Périgueux (vainqueur des deux étapes) lire ci-dessous reportage, 8° Championnat du Limousin route (1° Jacques Vivier), 2° Châlus (1° Rippe UCAP Angoulême), 3° Championnat du Limousin des sociétés (équipe du CA Ribérac avec Duteil, Brun et Vivier), 2° Nontron (1° Vivier), 2° Critérium du Centre (1° Vivier) reportage, 2° Saint-Estèphe (1° Vivier), 2° Pont de l’Hérisson à Angoulême (1° Vivier), 2° Brive (1° Vivier), 2° Prix la Gauloise à Périgueux (1° Duteil), 3° La Rochefoucauld, 2° Aubeterre, Brigueil le Chantre - lire reportage ci-dessous, 1° Ronde des Tours de France à Périgueux, 2° Piègut (1° Vivier), 2° Chalus, 2° Miallet.

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Arrivée du Prix Lafond à Périgueux en 1950 © Francis Duteil

PRIX HENRI LAFOND A PERIGUEUX
Le jeune espoir Michel Brun enlève les deux étapes
du Prix organisé par la Pédale Faidherbe

- Périgueux le 14 mai - Au Grand Prix des Cycles Lafond disputé en deux étapes, la course a pour ainsi dire appartenu de bout en bout à Brun et à Vivier. Les deux jeunes Ribéracois ont dominé le lot entier des concurrents le premier nommé surtout, puisque c’est lui qui enleva l’épreuve
- Dans la première étape Périgueux-Brive, parvenant à se détacher fort près de l’arrivée, Brun franchissait le poteau en avance de vingt mètres sur le peloton réglé par Brunie.
- Dans la seconde étape, Brive-Périgueux, Lajoinie échappé ayant été rejoint, Vivier, Delmas et Sautet traversèrent Sarlat en avance d’une minute sur le peloton. Sautet craqua, Vivier et Delmas atteignirent les Eyzies 2’05s avant les poursuivants. Puis au Bugue, Delmas ne pouvant à son tour, tenir l’allure imposée par Vivier, ce dernier dut poursuivre seul son chemin. A l’arrière, sachant le leader isolé, la chasse battait son plein. Aussi Vivier fut-il rejoint dans les rudes côtes de Rouffignac par Bernard, Duteil, Matrat, Commerie et Brun. Brunie ayant été auparavant distancé sur crevaison. Ces cinq hommes devaient accomplir le sprint à Périgueux, où Brun, bien emmené par Vivier réédita son exploit de Brive. Ces deux jeunes coureurs de 18 et 19 ans sont considérés, à juste titre en Limousin, comme les deux grandes révélations de l’année. On leur reconnaît une classe exceptionnelle. On attend avec curiosité de les voir à l’œuvre dans certaines classiques du Sud-Ouest, et l’on espère en Limousin qu’ils affronteront sous peu de grands routiers de Guyenne.
Première étape : 1. Michel Brun les 75 kms en 1h49’ sur cycle Rochet, 2. Brunie à 5 secondes, 3. Commerie, 4. Lacoste, 5. le peloton
Deuxième étape : 1. Michel Brun les 150 kms en 4h15’ sur cycle Rochet, 2. Bernard, 3. Commerie, 4. Duteil, 5. Vivier tous m.tps, 6. Martrat à 1’17s, 7. Sautet à 2’56s, 8. Mounet à 3’53s, 8. Lascaux, 9. Lacoste, 10. Delmas
Classement général : 1. Michel Brun (CA. Ribérac) sur cycle Rochet 2 points, 2. Commerie (Pédale Faidherbe) 6 pts, 3. Duteil (CA Ribérac) 10 pts, 5. Bernard (Limoges), 5. Vivier (Ribérac), 6. Martrat, 7. Sautet, 8. Lacoste, 9. Mounet, 10. Lascaux, etc...

Brun, Vivier, Dufraisse en 1950

Brun, Vivier et Dufraiise de gauche à droite

A 70 kms du but, BRUN (Ribérac) a tenté une folle entreprise
dans le 9° GP de BRIGUEIL LE CHANTRE QU’IL REMPORTE

- Des coureurs solides, pleins d’expérience, des rouleurs affirmés ont baissé pied et des 45 hommes qui prirent le départ, émergea un frêle jeune homme, Brun, lequel tenta une folle entreprise.
- Le jeune coureur de Ribérac partit seul à mi-course et jamais malgré ses efforts spasmodiques de ses adversaires les plus redoutables, il ne fut rejoint. Sans doute doit-on dire qu’il perdit de l’avance qu’il avait acquise et que son aîné et compatriote Duteil lui rendit grand service en freinant le peloton....
Mais ceci ne diminue en rien la victoire de Brun dont c’est cette année la 14° victoire.
LA COURSE
- Le train est vif dès le départ et les hostilités sont ouvertes. Vénien s’en va... Pas pour longtemps, Gunder et Béronneau ramènent le peloton. Et c’est de suite une autre offensive amorcée par Londéro, les Contarin, Béronneau, Gunder, Laborderie, Martineau, Lévêque, Texier, Colette, Leclerc, Vivier et quelques autres répondent et le peloton se scinde. Mais Vervialle emmène le second peloton et après une chasse sérieuse la soudure est faite au 28° km. A Azat le Ris, Vervialle passe en tête. Il y aura encore des escarmouches, mais à Lignac tout rentre dans l’ordre.
- Brun s’en va seul avant Bélâbre. Personne ne croit à cette fugue. Une raison pour le Ribéracois d’augmenter son avance. Toujours seul à Liget, il poursuit son effort et totalise plus de deux minutes sur de Mello, lequel est aux avants postes du peloton.
- A Montmorillon quelques hommes passent à la tête desquels on note Rippe, Duteil, Laborderie et Allory. Ce groupe semble assez fort pour reprendre Brun. D’autant plus que derrière Lévêque se relève, Londéro est lâché, ainsi que Martineau, Leclerc, Bidault et Pellé qui doit s’arrêter plusieurs fois. Le second peloton se rapproche du premier. Gunder dans le premier peloton est lâché. Vervialle s’en va seul du second peloton amenant Aubrun, Marino Contarin et de Mélo. Après quelques instants de chasse la soudure est réalisée. La situation est confuse à La Trimouille. Allory et Rippe emmènent le peloton, mais Duteil contrôle la bonne marche et bien que Brun oublié par tout le monde ait perdu quelque peu de son avance, il ne sera pas rejoint et triomphera sous les acclamations du public.
Le classement : 1. Michel Brun (Ribérac) les 135 kms en 3h40’, 2. Marino Contarin (Montluçon) à 1’10s, 3. Duteil (Ribérac), 4. Laborderie (La Rochelle), 5. Guitard (Limoges), 6. Aubrun (Gien), 7. Allory (Angoulême), 8. Rippe (Angoulême), 9. Vervialle tous m.tps que Contarin, 10. Colette à 2’10s, etc...
NOTA - Fin 1950, Vivier effectue son service militaire. Grâce à ses résultats sportifs, il bénéficie d’une affectation préférentielle. C'est-à-dire à Périgueux. Un endroit que "Dordogne Cycliste" connaît bien, ayant porté durant onze années le treillis dans cette même caserne, devenu beaucoup plus tard 5° Régiment de Chasseurs... Mais place à la lecture avec Jacques, dont la simplicité est remarquable devant le journaliste qui est venu le traquer jusqu’au parloir, en ce début de saison 1951...

INTERVIEW DE JACQUES VIVIER A LA CASERNE

- Quel sacré travail pour dénicher ce sympathique Jacques Vivier, champion du Limousin 1950 ! Je savais le trouver au 68° RAA à Périgueux, mais nos visites successives furent infructueuses. Mardi dernier, il faisait un temps à ne pas mettre un journaliste dehors, c’est pour cela que nous nous sommes rendus à la caserne assez éloignée du centre. Au poste de garde, j’apprends enfin qu’il est là, Jacques est consigné, tant mieux pour nous, tant pis pour lui. C’est en courant qu’il s’avance. Nous le savions excellent coureur cycliste, mais nous ne lui connaissons pas ses talents de crossman. La cour est grande et immédiatement nous constatons que le souffle est puissant.
"Alors, mon vieux, en forme ?

Vivier militaire

- Oui pas mal. Je n’ai pas à me plaindre. "
Le parloir fermé, nous avons le temps de détailler notre jeune interlocuteur. Un grand garçon de vingt ans, mince et grand (1,79m), au visage fin et ouvert, des yeux marron qui vous fixent très franchement. Un beau gars, châtain foncé à qui les filles de Mareuil sur Belle doivent rêver, veinard !...
Mais Jacques s’il pense aux filles, (c’est de son âge), pense surtout au vélo. Chaque individu à un violon d’Ingres, celui de Jacques Vivier a toujours été le vélo. Un drôle de gars le Jacques. A 14 ans sur un vélo routier à la fête de Saint-Sulpice de Mareuil ? il a disputé sa première course, mais cela en resta là. Etant apprenti tailleur, il n’avait pas les moyens de se procurer un beau vélo de course.
"J’ai toujours aimé le vélo, dit-il et quand je suis à bicyclette, j’oublie tout, plus de soucis, plus rien, seule la route compte, avancer toujours plus vite."
"Ma véritable course a été en fin de saison 1949. Le 15 août à Verteillac, j’avais réussi à me procurer un vieux vélo de course. A l’épreuve des jeunes, je fis deuxième derrière Brun et dans la course des As, je fis troisième derrière Duteil et Lascaux. "
- Duteil est un vieux renard du vélo, il a beaucoup de pratique et a flairé dans ces deux jeunes de futurs champions. Il ne s’était pas trompé.
"Il nous a pris en main Brun et moi et nous nous sommes faits inscrire au CA Ribérac".
- Il a une profonde admiration pour son entraîneur Duteil et son coéquipier Brun, qui l’ont amené à remporter les plus belles épreuves au cours de la saison 1950. Un trio difficile à dégommer et de qui on se méfiait quand ils étaient sur la ligne de départ.
- L’année dernière, alors que Jacques était un inconnu, en quelques épreuves, il acquit la réputation bien établie de fameux rouleur et grimpeur très endurant et dur avec lui-même. Le nom de Vivier revenait à chaque instant et il faillit être classé pour le GP des Nations, mais avouons qu’il était un peu jeune dans le métier. Ce n’est pas qu’il ne se serait pas bien placé, non ! Mais il y en avait d’autres avec des noms plus en vogue. Mais Jacques a l’intention et sa volonté ne nous fera pas mentir, de porter haut les couleurs du Périgord et de se frayer un passage parmi les As, qu’il compte affronter et cela sans peur.
- Il a eu bien peur cependant le Jacques, d’avoir perdu sa forme. Rentré à la caserne le 19 octobre, il n’a pas touché un vélo jusqu’à la fin décembre. Ca commençait à le démanger sérieusement d’autant plus qu’il s’était passablement empâté.
"Figurez-vous j’étais arrivé à 81 kilos. Aujourd’hui, j’en fais 75 et en pleine saison j’accuse 71 kilos. " Enfin après le 1° janvier, il fut autorisé à reprendre l’entraînement.
"Selon le temps, je fais 25 à 30 kilomètres sur la route et autant pour revenir après un court repos. Quand le temps est vraiment favorable, je fais cent bornes sans descendre. "
Mais Jacques a sa petite combine. Très souvent l’entraînement l’amène de Périgueux à Mareuil où il casse la croûte chez lui et revient en fin d’après-midi, 99 kms en deux étapes.
Nous abordons maintenant la saison 1951 et évidemment quand on est soldat, on ne peut trop faire de projets d’avenir, d’autant plus que son régiment est paraît-il appelé à quitter Périgueux pour l’Allemagne.
"Je tenterais de rester dans la région. Mon capitaine tient à ce que je courre le championnat militaire.
- Penses-tu remporter l’épreuve ?
"Je ferai l’impossible. Les concurrents ne sont connus que quelques semaines plus tôt.
Enfin je pense me débrouiller. "
- Et pour les épreuves civiles ?
"Si possible je les disputerai toutes si je reste dans la région.
- Actuellement comment la forme se présente t"-elle ?
"Je me sens mieux que l’année dernière. Ca tourne encore plus rond avec beaucoup plus de souplesse, et j’ai l’impression d’effectuer une belle saison"
Il appuie sur ce dernier passage, les yeux dans le vague des routes sinueuses qu’il entreprend d’attaquer, mais le dit d’une façon modeste.
La soupe vient de sonner. Une chaude poignée de main et nous le quittons. Il se retourne et nous revoyons son sourire optimiste, un sourire de vainqueur dans une tête intelligente et sans prétention exagérée, oubliant tout sur le vélo.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – MICHEL BRUN (1950) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1951 Le trio passe chez Royal-Fabric

14 février 2020

MARIUS DUTEIL - SAISON 1950

1950, UNE ANNÉE EUPHORIQUE POUR LE TRIO BRUN, DUTEIL, VIVIER

LA SAISON DE MARIUS DUTEIL

bandeau trio

- Relire l’épisode précédent Marius Duteil.

la Gauloise

Marius Duteil au Prix la Gauloise en 1950, franchit la ligne d’arrivée sur les boulevards
de Périgueux devant Michel Brun à quelques mètres. (© Francis Duteil)

- Comme on l’a déjà écrit, 1950 marque le début du trio entre Duteil, Brun et Vivier. Face au palmarès de ces trois coureurs, il n’est pas possible d’écrire en une seule publication, ce que fut cette saison. "Dordogne Cycliste" procèdera au cas par cas, autrement dit en débutant par Marius Duteil le maître de cette épopée, qui sera suivie ensuite par celle de Jacques Vivier, puis par Michel Brun. Trois coureurs de Mareuil, évoluant sous les couleurs du CA Ribérac, cher au président Brillat. Il faut dire que pour un coup d’essai 1950 fut un coup de maître avec Jacques Vivier déjà sacré Champion du Limousin. Mais n’anticipons pas et parcourons l’article de presse ci-dessous, qui résume déjà le contexte dans la cité de Mareuil et au sein de notre triplette, même s’il anticipe sur cette saison 1950...

DEUX JEUNES RIBERACOIS

- Deux jeunes Ribéracois de 18 et 19 ans, Brun et Vivier sont en train de révolutionner les milieux cyclistes du Limousin. Inconnus encore il y a deux mois, ces deux jeunes poulains de Rochet viennent de mettre à la raison les uns après les autres les meilleurs champions régionaux. Sont-ils les grands champions que le Limousin attend depuis longtemps et qu’il crut un moment tenir avec Desplat, Marmier et Pradel ? On peut l’espérer car depuis deux mois la victoire est leur consigne fidèle. Il est vrai qu’ils la courtisent avec une assiduité et un empressement sans pareils et qu’ils ont d’excellents arguments pour arriver à leurs fins.
- Natifs tous deux de Mareuil sur Belle ils sont les élèves de Marius Duteil qui les conseille. L’entente de ce tandem est remarquable et l’amitié qui les unit est inaltérable. Qu’importe que ce soit Vivier ou Brun qui l’emporte, il suffit au bonheur de nos deux gaillards que l’un deux passe en triomphateur la ligne d’arrivée ! Jacques Vivier est incontestablement la vedette du trio, bien que son ami Michel Brun ait débuté plus brillamment que lui. Tous deux contraignaient souvent Duteil à faire la course à l’arrière, car les échappées dès le départ ne les effraient pas. Vivier resplendissant de santé, conquit le titre de champion du Limousin en prenant le meilleur, contre la montre, sur le Limousin Bernard, ceci après une magnifique course épique.

QUAND DUTEIL DEVIENT PROFESSEUR (Reportage écrit à la fin de la saison 1950)

- Un soir d’été, un dimanche ou un lundi à Mareuil sur Belle. Un carrefour avec un gendarme qui fait un pas en arrière au passage du Gazo Renault de Marius Duteil... La place du marché avec le monument aux morts, où la grosse voiture glisse lentement dans le noir, moteur déjà arrêté, puis stoppe libérant ses passagers, les champions du cru : Michel Brun, Jacques Vivier, les élèves de Marius Duteil, le maître. A peine ont-ils mis pied à terre que de tous les angles de la place surgissent entre les arbres, des ombres silencieuses qui approchent de la voiture. Le premier Mareuillais arrivé s’enquiert, même s’il l’a entendu à radio Limoges, du résultat du jour. Toutes les ombres maintenant ont des formes humaines, des visages qui se devinent dans la nuit, attendant la réponse et la recueillent avec la même évidente satisfaction.
- "Et oui, on a gagné" annonce goguenard le benjamin du trio, Michel Brun et chacun de donner le classement et de relater la défaite des adversaires du jour.

Limoges en 50 Mousseau, Brun, Duteil et Vivier

Mousseau, Brun, Duteil avec Francis (3 ans) et son épouse, Vivier sur la pelouse
du vélodrome à Limoges lors d’une épreuve. (© Francis Duteil)

LA NAISSANCE DU TRIO

- Sur la brèche depuis presque vingt ans, Marius Duteil s’entraînait tout seul ces dernières saisons, et plus il allait, plus cette solitude, le rendait paresseux. Puis l’été dernier deux jeunes gars du coin se mirent à disputer les courses des frairies, causant des ravages dans les rangs de leurs adversaires, c’était Vivier et Brun. "On attaquait dès le départ avec 50 x 14 que ce soit en côte ou en descente. Une fois seuls en tête, nous roulions à fond dans l’espoir de nous lâcher. Mais nous n’y parvenions pas, alors sur la fin nous attendions le sprint." Peu à peu la réputation des deux compères grandit. Ils prirent une licence et glanèrent les succès chez les 3° et 4° catégories et Duteil finit par s’intéresser à eux.
- Au début de la saison 1950, il les prit en main, leur dressa un tableau d’entraînement, les conseilla sur leur alimentation, sur leur ligne de conduite et dès janvier il partit sur la route à leurs côtés tous les jours. Ils ont couvert ainsi de nombreux kilomètres d’entraînement avant les premières courses.
- Le premier mois de course fut tout de tâtonnements car Duteil à 36 ans, met longtemps à trouver la forme et ses deux poulains sont des débutants. Cependant mal commença à voir les gerbes affluer dans les bras des deux jeunes Mareuillais qui avaient quitté le club de leurs débuts : le VC Nontron cher à Monsieur Raoult, pour rejoindre le CA Ribéracois. Ils commencèrent par vaincre Bernard* l’épouvantail Limousin chez lui, puis ils imposèrent leur loi à tous les autres régionaux plusieurs fois par semaine. Vivier et Brun rivalisèrent dans le succès : le premier en étant plus particulièrement amoureux, le second se contenta de 2° place avec le sourire. Moins heureux Duteil qui fait toujours le jeu des poulains dans le peloton, ne gagna qu’à Aixe sur Vienne et à Périgueux le Prix de la Gauloise.(*) champion du Limousin route en 1949

Duteil et Bernard

Marius Duteil dans une course qu'il a gagné aux côtés d'André Bernard
sacré Champion du Limousin en 1949

DEUX GOSSES (Vivier et Brun)

- Duteil s’amuse beaucoup en compagnie de Jacques et Michel, car ce sont deux grands enfants. Il n’est pas rare de voir Brun venir demander des conseils à Duteil, dans un peloton, et il faut l’entendre raconter ses courses pour juger de la confiance et du respect qu’il porte à son maître : "Monsieur Duteil m’a dit d’attendre... Monsieur Duteil m’a dit de ne pas rester en queue... ". Vivier qui doit partir au régiment cet hiver alors que Brun est exempté en tant qu’aîné de douze enfants, est moins enthousiaste que son copain, mais il écoute toujours bien les ordres ou les conseils de Duteil, car sur le vélo, il commet de nombreuses erreurs.
- Le soir du Championnat de France des indépendants, tout Mareuil sur Belle et Ribérac... et Nontron seront en transes dans l’attente du résultat, car on peut fonder de réels espoirs sur Jacques Vivier champion du Limousin, jeune routier complet qu’une saison très chargée ne semble pas marquer. Michel aurait mérité la qualification pour Toulouse, lui aussi, mais le jour du championnat régional, il joua de malchance. Avec son optimisme habituel, nous sommes surs qu’il dira : "Bah, ce sera pour l’an prochain, pourvu que Jacques gagne".
- Duteil le vétéran qui au contact de ses deux jeunes élèves, se sentait lui-même redevenir jeune, éprouva des difficultés à retrouver la forme des saisons précédentes, malgré un régime sévère. Duteil est un "vieux de la vieille" ce qui ne l’empêcha pas depuis 1947 de récolter en moyenne une quinzaine de victoires bon an, mal an. Cette année, il faut le reconnaître, le maître a été dépassé par ses élèves qui trouvèrent la forme avant lui et gagnèrent des courses en son lieu et place. Il devait se contenter de freiner le peloton quand dès les premiers kilomètres, ils étaient échappés. Cependant ses anciens camarades de lutte d’avant guerre et ses jeunes adversaires actuels rendent hommage à Duteil pour sa régularité et son intelligence en course. Par ailleurs, il est incontestable que les résultats de Vivier et Brun lui sont dus en grande partie et il y a beaucoup de clubs de France qui voudraient avoir un professeur de sa valeur.
NOTA : Les articles sur ce trio Mareuillais étaient écrits par M. Mathonière agent d’assurance à Mareuil. Il était licencié au CA Ribéracois en qualité de dirigeant et signait ses articles sous le pseudo de Matho. (source info : Francis Duteil)

trio Rochet en 1950

Trio de l'équipe Rochet avec Duteil, Brun et Vivier
(en béret M. Mathonière à qui nous devons ces articles de presse)

 PALMARES MARIUS DUTEIL 1950 (sociétaire au Club Athlétique Ribéracois)

NB : On peut remarquer déjà que Brun et Vivier n’ont pas lésiné sur les bouquets puisqu’on les découvrira à plusieurs reprises en qualité de vainqueur.
- 3° course de classement de Ribérac (1° Maxime Armandie du CA Ribérac), 10° Prix du Commerce à Périgueux (1° Louis Londéro de Brive), 5° Critérium du Centre reportage ci-dessous (1° Jacques Vivier)(1), 4° du GP d’ouverture de Ribérac (1° Angel Barquéro du RC Mussidan), 11° Aunac (1° Pierre Chazaud du SA Bordelais), 3° Nersac (1° Jacques Vivier du CA Ribérac), 3° Prix Lafond à Périgueux (1° Michel Brun du CA Ribérac), 11° Angoulême (1° Jacques Vivier), 3° Brigueuil le Chantre (1° Michel Brun), 4° Brive (1° Jacques Vivier), 3° Calès (1° Joseph Fabro de l’US Bergerac), 10° Championnat du Limousin route (1° Jacques Vivier), 1° Prix de la Gauloise à Périgueux reportage ci-dessous (2), 8° Prix Antonin Reix à Saint-Junien (1° Martinez de Souillac), 12° Neuvic (1° André Dupré du Stade Foyen), GP de Nontron abandon (1° Jacques Vivier), 3° Montpon, 8° Mareuil sur Belle (1° Michel Brun), 2° Neuvic-Planèze (1° Jacques Vivier), 9° Aubeterre (1° Daniel Dihars de l’ASPTT Bordeaux), 5° Villefranche de Lonchat (1° Jacques Vivier), 4° Payzac (1° Jacques Vivier), 8° Brive (1° Pradel de Sarlat), 6° Piègut (1° Jacques Vivier), 3° Prix du Canton de Nontron (1° Vivier), 1° des Journées Commerciales de Marmande, 2° Prix d’été à Bergerac (1° Gino Benelle de Souillac), 1° Aix sur Vienne, 1° Saint-Front de Pradoux, 3° Brive, 5° La Meyze (1° Brun), 3° Championnat du Limousin des sociétés (équipe du CA Ribérac avec Duteil, Brun et Vivier), 3° Montignac sur Vézère (1° Vivier), 3° Montpon (1° Vivier), 3° Saint-Vincent de Connezac (1° Brun)

(1) - Le CRITERIUM DU CENTRE (avril 1950) qui avait réuni un lot particulièrement relevé de concurrents, rassembla à une immense course de village émaillée des incidents les plus divers et les plus inattendus. Cela commença par un retard de vingt minutes au départ. Puis la scène se corsa avec une erreur de parcours qui à Châtelus le Marcheix faussa complètement la course.
- L’itinéraire n’étant pas fléché, les hommes échappés, parmi lesquels on notait Treuil, Wresch, Jammet, Duteil prirent un mauvais chemin et furent suivis dans cette voie par l’ensemble du peloton et des retardataires. Il fallut donc rebrousser chemin et la course recommença à zéro après 50 kilomètres. C’est dommage, car l’échappée semblait partie pour réussir. L’arrivée enfin fut loin d’être jugée dans une atmosphère sereine. Le public était là qui bousculait les juges et gênait les coureurs. Et s’il est incontestable que le jeune Ribéracois Vivier (une découverte de Duteil) franchit le premier la ligne d’arrivée, on pourra discuter à perte de vue pour savoir qui de Brun ou de Bernard s’octroya la deuxième place. Il n’est pas contestable non plus que Bernard a été gêné dans son sprint par Brun et Bénelle qui aurait sans doute fourni le vainqueur de la course s’il avait cassé son cale-pied à 300 m de l’arrivée. Ce fut dommage, car l’Italien des Royal Fabric avait fait une impression extraordinaire tout au long de l’épreuve.
- La course n’était pas recommencée que Marinier, Dadat, Dussoulier, Georges Tombelaine, Brun et Malfond s’échappaient. Ces deux derniers étaient les premiers lâchés et un groupe de six hommes composé de Bénelle, Treuil, Valentin, Contarin, Jammet et Alix tombait sur eux. Le peloton après avoir musardé, prenait enfin la chose au sérieux et l’on voyait se détacher rapidement Pitarque que Bernard suivait comme son ombre, Dufraisse, Tombelaine et Vivier qui précédaient de quelques centaines de mètres un groupe où l’on notait en particulier Duteil, Hébras, Viecelli et Rigout. La situation se présentait ainsi à Eymouthiers.
- Rapidement l’écart qui séparait le groupe Pitarque-Bernard du peloton Bénelle-Treuil se réduisit et alors que le crack des cycles Elans allait rejoindre le paquet qui le précédait, Treuil, Brun, Bénelle, dans un ultime sursaut, parvenaient à conserver quelques centaines de mètres d’avance. Ils rattrapaient Dussoulier et Georges Tombelaine qui avaient lâché leurs camarades du groupe de tête. Mais l’entente ne régna pas dans ce groupe de cinq hommes et le peloton Bernard d’abord, puis celui conduit par Duteil, recollèrent avant que l’on n’arrive à Limoges. La première place semblait inévitablement devoir se jouer au sprint, lorsque Bernard, Bénelle, Brun et Vivier qui avaient incontestablement produit la meilleure impression depuis le début de la course, démarraient sèchement et prenaient 300 mètres d’avance. Le peloton s’avérait incapable de remonter ce handicap et nos quatre lascars allaient se disputer la victoire. Bénelle, en effet, malgré de vigoureuses tentatives d’échappées ne parvenait pas à décramponner Bernard...Vous savez déjà comment le champion d’Elans fut gêné dans son action finale et nous vous avons conté le malheur qui survint à Bénelle qui s’annonce comme une grande vedette de la saison.
- Il est dommage que de nombreux incidents aient terni ce critérium du Centre. Malgré tout la victoire est venue récompenser les hommes qui dans l’ensemble avaient fourni la meilleure impression. Agés d’à peine vingt ans, les deux champions de Rochet, Vivier et Brun ont fait preuve tout au long des 150 kilomètres d’une combativité remarquable. Marius Duteil qui dirige leur pas a découvert en eux de futurs champions
Classement : 1. Jacques Vivier (CA Ribérac), 2. Michel Brun (CA Ribérac), 3. Bernard (UV Limousine) 4. Gino Bénelle (Souillac), 5. Marius Duteil (CA Ribérac), 6. Georges Tombelaine (UV Limousine), 7. Dufraisse (UV Limousine) 8. le peloton amené par Martinez (Souillac) et Contarin...

2° PRIX DE LA GAULOISE A PERIGUEUX

(2) Le Royal-Fabric Duteil enlève magnifiquement le 2° Grand Prix de la Gauloise devant Brun... et Vivier. Jamais nous n’avions pensé que le cyclisme jouisse d’une telle popularité en Dordogne. Nous connaissions l’engouement des foules de Creuse, de Corrèze, de Haute-Vienne, de Charente, vraiment nos amis Périgourdins n’ont rien à nous envier. N’oublions pas que la Dordogne compte le plus grand nombre de licenciés et qu’avant guerre déjà, les Laval, Jamay, Chastaing, Armet, etc... avaient remporté de multiples succès sur toutes les routes de France...
- La jeune génération paraît vouloir marcher sur les traces de ses brillants aînés. Après Commerie, très populaire dans notre région, deux jeunes garçons de Ribérac, Vivier et Brun ont acquis en peu de temps une renommée qui n’est pas surfaite, loin s’en faut.

M

- Avant le départ du GP de la Gauloise qui connaît depuis sa création un immense succès, il fallait voir de quels regards admiratifs Vivier et Brun étaient l’objet de l’immense majorité des sportifs pour comprendre que les deux poulains de Duteil sont bien à l’heure actuelle, les porte-fanions d’un département qui peut s’enorgueillir d’avoir posséder presque toujours les plus fines pédales régionales. Le duel qu’allait livrer Vivier et Brun à leurs adversaires passionnait tous les mordus de la petite reine et lors du départ ils furent l’objet d’une grande ovation.
La course : Dès le départ, l’allure est vive, de nombreux coureurs démarrent sans arrêt avec l’espoir de faire une ample moisson de primes offertes par les établissements Requier (La Gauloise). Cinq kilomètres avant Laurière, Boucherie s’échappe et prend rapidement 200 mètres. Lascaux part, rejoint Boucherie et prend la prime. A Sorges, le trio Duteil, Brun, Vivier s’inquiète de l’avance prise par les deux hommes. Après un bref conciliabule, Brun démarre et rejoint les fuyards. Duteil estimant que Brun est trop isolé s’échappe avec Minvielle et Kervasse. A Thiviers le groupe de tête est repris. Avec trois Rochet, deux Royal-Fabric et un Lafont, l’entente semble parfaite. Les relais de Duteil et de Brun sont impressionnants. A Excideuil, le groupe de tête passe avec 2’55s d’avance sur un peloton dans lequel Vivier empêche toute tentative de fuite. Dans la dure côte d’Hautefort, Brun de sent des fourmis dans les jambes. Il s’en va tandis que Duteil et Kervasse parviennent à suivre le diabolique petit Ribéracois. Duteil dérape et tombe. Mais le jeune Rochet ne laisse pas seul son professeur. Il l’attend et Duteil revient avec une blessure sérieuse au bras gauche. Duteil, Brun et Kervasse roulent de concert. Pas pour longtemps ! Brun démarre, Kervasse lâche. La course est jouée, Brun et Duteil foncent sur les longues lignes droites situées après Thenon. Duteil en puissance, Brun merveilleux d’aisance fonce sur la préfecture. La foule devient dense et c’est au milieu d’une marée humaine que Duteil remporte la victoire de ce Prix organisé par la Pédale Faidherbe, devant Brun. Six minutes plus tard, dans un emballage magnifique, Vivier qui fut équipier fidèle et dévoué, règle dans l’ordre Martin, Mounet et Grellety pour la troisième place.
- Nous lirons prochainement la saison de Jacques Vivier qui gagna à 26 reprises au cours de cette année 1950 et qui a conquit le titre de Champion du Limousin. Brun ne fut pas en reste avec notamment dix bouquets dont le Prix Lafond dans sa musette et le GP de Brigueuil le Chantre. Vraiment des coureurs exceptionnels, les plus conquérants que la Dordogne ait connu, mais jamais égalés encore...

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - MARIUS DUTEIL (5) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1950 La saison de Jacques Vivier

14 février 2020

LA CHAPELLE SAINT-ROBERT et son PALMARES

LA CHAPELLE HAMEAU DE JAVERLHAC

- Ce petit village est devenu un hameau lorsqu’il a accepté de fusionner avec Javerlhac en 1823. Il y avait donc un comité des fêtes à Javerlhac, un autre à La Chapelle Saint-Robert, qui aimait faire la fête avec se course d’antan réservée surtout aux cadets, du moins pendant tout le temps qu’elle fut organisé par l’Union Cycliste Nontronnaise. A partir de 1996, le Cyclo-Club Périgourdin l’a ouverte au profit des coureurs régionaux, départementaux et juniors histoire d’améliorer la quantité des participants, car déjà à cette époque, on sentait que nos jeunes pratiquaient de moins en moins la compétition...

La Chapelle Saint-Robert

Ci-dessus le protocole de l’édition 1996 avec de gauche à droite le vainqueur Daniel Jeannot (Pédale de Jonzac),
Philippe Candau (Pédale Faidherbe), Denis Bégout 2° de la course (ASPTT Périgueux), le premier junior de l’US Rauzan,
Jérôme Paul (CC Périgourdin) et Jean-Sébastien Arretche (Cyclisme 24), premiers de leur catégorie respective...

Le palmarès connu : 1953 Robert Rippe (Angoulême), 1954 René Dufour (UV Limousine), 1956 Louis Barès, 1957 Jacques Vivier (Ribérac), 1960 Guy Epaud (Royan), 1962 Marcel Malmanche (Pédale Nontron), 1964 Francis Duteil (CC Périgourdin), 1966 Christian Bordier (CC Bordelais), 1968  Jean-Pierre Ditlecadet (CRC Limousin), 1969 André (Castelnau), 1978  Jean-Pierre Surault (US Cenon), 1979  Philippe Chabaud (Pédale Nontronnais), 1980 Jean-Yves Béneyrol (UC Nontron), 1981  Guido Vérardo (CC Marmande), 1982  Thierry Arquey (Pédale Faidherbe), 1983  non trouvé, 1984  Boris Gilardie (CRC Limousin), 1985  Olivier Ouvrard (UA La Rochefoucauld), 1986 : Bruno Vincendeau (VC Saintais), 1987 Nicolas Fiacre (ASPTT Périgueux), 1988  William Châtain (EVCC Bergerac), 1996  Daniel Jeannot (Pédale Jonzac), 1997 Yannick Gabaud (AC Fumel), 1998 Francis Fémandy (UC Châteauneuf), 1999  Philippe Candau (CC Périgourdin).

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – LA CHAPELLE SAINT ROBERT © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste

23 avril 2020

SAINT MARTIAL DE NABIRAT – SON PALMARÈS

DANS LE SARLADAIS

- Personnellement je ne connais pas ce village du Périgord Noir, mais vous le trouverez niché au Sud de Domme, soit juste après Cénac et Saint-Julien. L’épreuve de Saint-Martial ou plutôt son Prix des fêtes s’est couru chaque premier dimanche de juillet. Comme toutes les courses de cette région, sa disparition correspond à celle du Cyclo-Club Sarladais qui ne s’est plus affilié à la FFC à compter de 1995.

Saint-Martial

Le vainqueur Parenteau en 1967 auprès de MM. Courges maire,
Bouygue (président du comité des fêtes) et du speaker Malgouyat

Palmarès connu de l’épreuve : 1946 Louis Londéro (Brive), 1951 Rhodes (VS Cahors), 1955 Jacques Salanier (CC Lindois), 1956 Moïse Bodin (VC Villefrancois), 1958 Pierre Barrière (UCD Villeneuve), 1961 Jean Mosello (Saint-Girons Cycliste), 1963 Alfred Gratton (UV Lectoure), 1965 Christian Leduc (Stade Montois), 1967 Jean-Pierre Parenteau (AC Nersac) 1971 Jean-Claude Castaingt (AC Libourne), 1978 Guy Rauzet (CC Belvès), 1979 Francis Dusseau (Bazas), 1981 Patric Dumas (ASPTT Périgueux), 1982 Adélio Tonini (AC Marmande), 1983 Jean-Michel Arquey (AC Marmande), 1984 Serge Cabrol (Stade Cadurcien), 1985 Michel Artus (VC Saint Céré), 1986 Thierry Ferrer (UC Brive), 1987 Didier Lezoray (CC Sarlat), 1988 Christophe Lanxade (ASPTT Périgueux), 1989 Francis Bourdin (ASPTT La Rochelle), 1990 Jean-Claude Tedo (AS Le Passage), 1992 Olivier Chouarche (SC Périgord), 1993 Bernard Bodin (ASCA Bergerac), 1994 Ludovic Grecchi (US Montauban).

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - SAINT-MARTIAL DE NABIRAT © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste

22 février 2020

CHANTÉRAC - SON PALMARÈS

A L’ORÉE DE LA DOUBLE

- CHANTERAC encore une ancienne commune qui mettait sur pied un prix cycliste le premier dimanche d'août pour sa fête locale et au profit de la JSA. Le club a donc été présent de 1984 à 1994. Chantérac a de même organisé un cyclo-cross pour la JSA en 1985 et un Championnat de Dordogne en 1987. Mais à compter de 1953, l'honneur des organisations revenait au RC. Mussidan qui avait un certain avantage du fait que nombreux jeunes du coin et un certain Brugeassou, possédaient leur licence chez les blancs et rouges. Située à l'orée de la Double cette commune constitue également une place forte du cyclisme de clocher. Herbert Texier du CA Ribérac a gagné en 1953. Mais il faut ensuite sauter en 1960 pour trouver Robert Sedran du RC Mussidan comme glorieux vainqueur. Citons encore les plus connus seulement comme Bernard Gazeauen 1962 licencié au Saint-Aulaye Vélo-Club, Alexis Eyquard de Libourne, (père de Dominique et grand-père de Stéphane) vainqueur en 1965. Patrick Duteil du Bordeaux Vélo-Club réalise le doublé en 1967 et en 1968. D'autres noms glorieux comme par exemple celui de Bernard Pineau s'y retrouve en 1971. Licencié au Guidon Agenais, Pineau courait chez les cadets à cette époque. Près de dix ans après, il remporte la Palme Merlin, le plus haute récompense des cyclistes amateurs. Des vainqueurs en voici en voilà avec des locaux comme Christian Sybiac (père de Julien) de l'AS Libourne en 1972, Raphaël Truffy en 1970 et 1976 sous les couleurs du CC Périgourdin, Eric Villegente en 1974 et 1977 sous le maillot de Talence et pour couper court terminons en 1980 avec Christian Eymard, un Astérien licencié au CC Périgourdin. Après le Racing Club de Mussidan, dont Pascal Mauvillain du VC Bernos Beaulac constitue en 1983 le dernier vainqueur, la JSA a repris le flambeau pour perpétrer les organisations dans ce petit village qui ne profite qu'aux grimpeurs.

Chantérac 1987

Championnat de Dordogne des séniors en 1986 avec Jean-Paul Audebert
sur la plus haute marche, devant on reconnait Christian Deffarges maire et député

Palmarès connu de l’épreuve : 1953 Herbert Texier (CA Ribérac), 1960 Robert Sedran (RC Mussidan), 1961 Max Serrot (Saint-Aulaye VC), 1962 Bernard Gazeau (Saint-Aulaye VC), 1963 non couru, 1964 Claude Brugeassou (UC Montpon), 1965 Alexis Eyquard (Libourne), 1966 Jean-Marie Couffin (RC Mussidan), 1967 Patrick Duteil (CC Bordelais), 1968 Patrick Duteil (Bordeaux VC), 1969 Serge Besse (Nontron), 1970 Raphaël Truffy (CC Périgueux), 1971 Bernard Pineau (Guidon Agenais), 1972 Christian Sybiac (AS Libourne), 1973 non publié, 1974 Eric Villegente (AS Libourne), 1975 Eric Valade (EC Foyenne), 1976 Raphaël Truffy (CC Périgueux), 1977 Eric Villegente (US Talence), 1978 non couru, 1979 Philippe Avezou (CA Béglais), 1980 Christian Eymard (CC Périgueux), 1981 Thierry David (VCCO La Rochelle), 1982 Philippe Decima (AJ Montmoreau), 1983 Pascal Mauvillain (CC Beaulac Bernos), 1984 Robert Bibié (ASPTT Périgueux), 1985 Jean-Luc Besse (UC Montpon), 1986 Jean-Paul Audebert (JS Astérienne) Championnat Dordogne des séniors, 1987 Thierry Lobre (TS Mourens), 1988 Vincent Robert (ASPTT Périgueux), 1989 Jérôme Paul (CC Périgueux), 1990 Julien Fiacre (ASPTT Périgueux), 1991 Michel Dumas (CCP Nontron), 1992 Raymond Doumenge (EC Foyenne), 1993 Christophe Lafon (VC Ussel), 1994 Jean-Sébastien Arretche (Cyclisme 24).

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - CHANTÉRAC © BERNARD PECCABIN
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6 avril 2020

SAINT-PIERRE D’EYRAUD - SON PALMARÈS

SUR LES RIVES DE LA DORDOGNE

- Voilà à peine trois ans que la dernière édition s’est courue (2007). Et depuis, plus rien ! Dommage car Saint-Pierre d’Eyraud a été un bastion du cyclisme Bergeracois. On se souvient notamment du Prix de la Marchande, mais ici, il s’agit du Prix des fêtes couru le premier dimanche après le 29 juin. Ce palmarès est certainement incomplet, mais déjà on peut se donner une idée de cette épreuve, avec lors de ses débuts des noms de coureurs au palmarès très fourni... De cette course notons deux doublés, ceux de Jean-Michel Arquey et de Victor Melckior, sans oublier l’organisation qui s’est faîte d’abord sous la férule du CC Bergerac puis de l’EVCC Bergerac par la suite.

Saint-Pierre d'Eyraud

Christophe Besse vainqueur en 2005 entouré par le speaker Alain Chaussat et le maire
de la commune Jean-Claude Lafage. A droite Rochette (VC Tulle) meilleur sprinter.

Palmarès connu de l’épreuve : 1951 Léopold Zaccaron (US Bergerac), 1955 Robert Visentin (Bergerac), 1956 René Eguillé (AS Eymet), 1958 Henri Guionie (CC Bergerac), 1960 Michel Empinet (VC Lardinois), 1961 Pierre Frare (CC Lindois), 1962 Adrien Fantino (Sainte-Foy), 1963 Jean Ricou (Royan), 1964 André Dupré (Bergerac), 1965 Christian Leduc (Stade Montois), 1972 Bernard Metzler (CC Périgueux), 1973 André Lesca (Tonneins), 1974 François Tonini (VC Langon), 1975 Alain Maubras (Tonneins), 1976 Edmond Vincent (UC Montpon), 1977 Bernard Bodin (CC Lindois), 1978 Eric Valade (EC Foyenne), 1979 Christian Arnouilh (VC Bergerac), 1988 Hervé Lavignac (CC Périgueux), 1989 Francis Bourdin (ASPTT La Rochelle), 1990 Jean-Jacques Blancheton (UC Montpon), 1991 Stéphane Dattas (CC Marmande), 1992 Fabrice Leinster (JS Astériennne), 1993 Victor Melckior (RC Mussidan), 1994 Eric Baron (CRC Limoges), 1995 Victor Melckior (RC Mussidan), 1996 Jean-Michel Arquey (GC Bergerac), 1997 Jean-Michel Arquey (GC Bergerac), 1999 Sylvain Semon (EVCC Bergerac), 2000 Sébastien Hupfer (CRC Limoges), 2001 Fabrice Anastaze (CC Marmande), 2002 Christophe Lanxade (GC Bergerac), 2003 Mathieu Bordin (CC Barthéléméen), 2004 Gérald Labbe (VC Bernos Beaulac), 2005 Christophe Besse (RC Mussidan), 2006 Jérôme Guidi (UC Villeneuve Fumel), 2007 Roman Simonnet (VC La Souterraine).

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - ST.PIERRE D’EYRAUD © BERNARD PECCABIN
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26 février 2020

JACQUES VIVIER - SAISON 1952/1

VIVIER VA COURIR LE PARIS-CÔTE D’AZUR

- Relire la publication précédente.
- Pour Jacques Vivier cette saison 1952 constitue la saison des débuts parmi les grands. Alors que son service militaire touche à sa fin, le voilà aux côtés des professionnels et au départ de Paris-Côte d’Azur (aujourd’hui Paris-Nice). Pour connaître l’ambiance du moment, il suffit de relire les éditoriaux de Camille Mathonnière qui continue de nous offrir une belle tranche de bonheur, celui de cette époque où les grands restaient très modestes.
- On le voit, il y avait de l’ambiance à Mareuil et les deux articles ci-dessous résument bien la situation du moment, celui d’un début de saison couronné par tant d’exploits sportifs...

1952 professionnel Royal-Fabric Wolber (Club Athlétique Ribéracois)

- 1° Courrier de l’Ouest en deux étapes, 1° de l’étape Bordeaux-Limoges du Tour de France, 1° GP Malaury à Tarbes, 1° Trémolat, 1° Périgueux les 4 chemins, 1° Prix des vendanges à Périgueux, 1° Prix du restaurant Mounet à Périgueux, 2° de la 16° étape du Tour de France (Perpignan-Toulouse), 3° de la sixième étape de Paris-Nice, 4° de la cinquième étape de Paris-Nice (70 kms contre la montre) 1° Louison Bobet, 15° Paris-Nice, 49° Tour de France, 2° Aubusson (1° Colette).

Ce que vous ne savez pas de Jacques Vivier
(par Camille Mathonnière de Mareuil)
Morceaux choisis sur le fameux trio Duteil-Brun-Vivier

- Si nous en sommes fiers pour notre province Limousine, nous en sommes surtout heureux pour ce sympathique petit gars de chez nous qui en moins de trois ans de compétition a su se créer une solide personnalité dans un monde où les places sont pourtant chères et où il est facile de constater que s’il y a beaucoup d’appelés, il n’y a hélas que peu d’élus.
- Vous savez comme nous que notre jeune champion est le poulain de la célèbre marque Royal-Fabric, supérieurement dirigée par MM. Simon frères et Desnoyers. Vous savez aussi, ou plutôt vous pensiez comme bien d’autres qu’il était Ribéracois, car la radio et la presse ont pris l’habitude de le présenter comme tel. Ribéracois il l’est certes un peu, puisqu’il est l’enfant chéri du club cycliste de cette charmante petite cité dont on peut dire qu’il est également citoyen d’honneur pour avoir été reçu et fêté en grande pompe à la mairie. Il l’est au même titre que ses inséparables Duteil et Brun, qui forment avec lui le fameux trio dont on a tellement parlé.
- Seulement voyez-vous, dès les premiers succès, les habitants de Mareuil sur Belle se sentirent lésés dans leur honneur et se réclamèrent énergiquement de nos trois hommes.

Le conseil municipal de Sainte-Croix de Mareuil proteste !

- "Ils ne sont pas de Ribérac, ils sont de chez nous" entendait-on de tous côtés et à ce sujet, je me souviens d’une apostrophe véhémente d’un brave conseiller municipal, n’est-ce pas Marcellin, qui me disait un jour : "Dis donc, ça va-t-y durer longtemps cette comédie de dire partout que Vivier est de Ribérac ? Il va tout de même falloir faire quelque chose pour faire savoir qu’il est bien de Mareuil. Toi qui écrit dans les journaux, tu devrais bien t’occuper de cela, ou alors on va poser la question au Conseil ou au Syndicat d’Initiatives"
- "Mais répondis-je, tu te rends compte de ce que tu dis là mon vieux Marcellin ? Voudrais-tu mettre Sainte-Croix en révolution et amener des complications diplomatiques avec nos voisins ? "
 Car il faut bien vous dire que si vous avez cru Vivier Ribéracois et que vous soyez maintenant persuadés qu’il est de Mareuil sur Belle, vous vous êtes mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude y compris. La vérité vraie, est que notre Jacquot est né le 9 octobre 1930 à Sainte-Croix de Mareuil et qu’avec ses parents il y a toujours habité.
- D’ailleurs me dit M. Mathieu qui préside aux destinées de cette petite commune, il est né ici, son père est né ici et son grand père également ! Alors vous voyez c’est net et je suis fier comme nous tous à Sainte-Croix qu’il soit devenu célèbre. Nous suivrons son Tour de France de très près avec l’espoir qu’il fera parler de lui.
- Merci Monsieur le Maire, je comprends que vous soyez heureux, car il y a sans doute quelques lustres qu’il n’avait pas été question de votre commune dans le "Tour" et puisqu’on m’a appris à l’école qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient... à Jules soyez persuadés que nous ne manquerons pas de crier bien haut que Jacques Vivier est un enfant de Sainte-Croix de Mareuil.

L’institutrice est fière de son champion d’élève

- Bien entendu, il y est allé à l’école. Il y fut parait-il à la fois turbulent et sage avec ce fond de timidité dont il n’arrive pas à se départir. Voyons donc à ce sujet Mme Chauvy, son institutrice qui habite tout près d’ici.
- Elle nous reçoit gentiment dans son salon et dès que nous lui exposons le but de notre visite elle s’exclame : "Oh Messieurs, je vous en prie, ne parlez pas de moi, je n’ai pas l’habitude d’avoir mon nom dans les journaux, mais si c’est pour Jacquot, je suis heureuse que vous soyez venus me voir, car je suis fière comme nous tous ici que la grande presse parle de lui.
- Vous lui avez fait la classe Madame, quels souvenirs de lui avez-vous gardés" ?
- Rien que des bons, mon cher Monsieur. Il a été mon élève de six à quatorze ans, c’est vous dire que j’ai eu le temps de le juger. Plein de vie, mais studieux et surtout d’une politesse exemplaire. Il a eu son certificat à l’âge voulu et je n’ai eu qu’à me louer de lui, ainsi d’ailleurs que de son frère et de ses deux sœurs.

Premier du canton au brevet sportif populaire

- Dites nous Madame si quelque chose dans son attitude ou ses jeux pouvait vous faire présager qu’il deviendrait champion ?
- Eh bien Messieurs, excusez si je puis dire mon manque de modestie, mais lorsque je l’ai présenté au brevet sportif populaire, il a remporté en se jouant, le premier prix du canton. Ce fut un succès pour lui et pour moi. Seulement voyez-vous, c’est sans doute qu’il avait des dispositions naturelles, car j’avais à ce moment dépassé la cinquantaine et étant donné ma corpulence, les leçons de gymnastique que je donnais à mes élèves n’avaient qu’une valeur toute théorique.
- Et depuis le voyez-vous Toujours ?
- Mais bien sur que je le rencontre souvent. Il est resté le brave gosse qu’il était à l’école, toujours poli et correct. Tenez ! Mais ne le répétez pas, il m’en voudrait peut-être, tout récemment nous nous retrouvons ensemble à la pâtisserie. Il est assez gourmand, c’est un petit péché qui lui coûte quelque fois cher. Moi je le suis aussi, mais je ne suis pas coureur cycliste et à mon âge, cela n’a plus d’importance pour la ligne. "J’espère me dit-il que vous voudrez bien me permettre de vous offrir quelques gâteaux. Tenez, choisissez, cela me fera plaisir". Je vous assure que son geste était naturel et vous voyez qu’il ne m’en veut pas trop de lui avoir peut-être tiré les oreilles.
- Quelques minutes plus tard, Jacquot qu’on était allé chercher nous rejoignait. "Te voilà grand coquin, lui dit la brave dame, viens trinquer un peu avec nous et tu sais, j’ai dit beaucoup de mal de toi à ces messieurs ! "
 Pendant que notre photographe grille quelques ampoules, Mme Chauny nous pose la question rituelle : "Dites messieurs, pensez-vous qu’il puisse faire un bon Tour de France ? Je serais si heureuse qu’il puisse très bien faire et surtout qu’il ne soit pas déçu, il est si jeune ! "

Le Début de la belle aventure

- Dès sa sortie de l’école, il travaille avec son père et apprend le métier de tailleur. C’est un métier qui n’exige pas une grande dépense physique. Aussi occupe t-il ses loisirs à ses distractions naturelles, la chasse, la pêche et la bicyclette, car il doit descendre tous les jours à Mareuil pour le ravitaillement familial.
- Les dimanches d’été, avec son bon copain Joyeux, ils s’en vont participer aux concours de pêche des environs et ça roulait nous dit Joyeux. Le grand chameau, il nous en a fait baver plus d’une fois, mais nous ne pensions pas qu’un jour il serait un champion. Et puis un dimanche de juin 1949, voici juste trois ans, ce fut le début de la belle aventure.
- Une petite course de frairie dans un tout petit patelin des environs. Ouverte à quelques gamins non licenciés bien entendu. Un parcours sur des routes blanches et quelles routes ! des trous en "nid de poule" et des pierres comme des "crânes" de sénateurs. Une dizaine de concurrents en costume des dimanches, avec vélos à pneus et à éclairage. Il part et il gagne largement, non sans avoir perdu un garde boue en route. Mis en goût il recommence plusieurs dimanches. Il n’y a personne pour le battre, mais un concurrent sérieux s’affirme lui aussi, c’est Michel Brun qui court sur un vélo d’emprunt.
- Oh vous savez, il n’y avait pas lourd dans les deux ! Brun, petit, maigre, mais têtu et volontaire. Vivier tout en longueur, enflé comme une arbalète, avec son corps de grand gosse pas encore étoffé. Et il fallait les voir faire. Pas question de tactique ou de "chiqué". Ils partaient le nez sur la potence et ils ne le relevaient qu’après la ligne. Et ça réussissait. Ils n’étaient riches ni l’un ni l’autre, ils n’avaient pas comme bien d’autres d’ailleurs, les moyens de se payer le vélo de course de leurs rêves. Ils s’en furent voir Duteil qui à ce moment là, écumait la région depuis longtemps et cherchèrent à s’équiper à peu près sans trop de frais.
- Ce fut pour eux la chance de leur carrière de tomber sur Marius. Tout de suite celui-ci se prit d’amitié pour eux, et les fit profiter au maximum de son expérience et de ses conseils. Calme, sérieux, pondéré, il les façonna petit à petit à sa manière. Ils avaient tous les deux des aptitudes naturelles et une classe certaine qu’il fallut assouplir et discipliner. Duteil s’y employa de son mieux et ce fut encore une chance pour eux de l’écouter sans discuter. Combien de jeunes devraient s’inspirer de cet exemple ? Accepter les conseils et exécuter les ordres donnés dans leur intérêt. Ils n’ont pas cru eux, après avoir glané quelques succès en 3° et 4° catégorie, que c’était arrivé et qu’ils allaient pouvoir voler de leurs propres ailes. Ils ont continué à se laisser diriger par celui qu’ils n’appellent que "M’sieur Duteil" et maintenant, alors qu’ils ont tout de même quelques références à leur valoir, ils sont restés les mêmes élèves dociles, attentifs et appliqués.
- Oh certes, ils commettent encore des erreurs de jeunesse. Dans ce métier là comme dans les autres, on en apprend tous les jours et souvent à ses dépens. Après chaque course, le "maître" fait la critique, et ce ne sont pas toujours des compliments pour les élèves. Avec un tel professeur, les succès flatteurs ne se firent point attendre. L’année 1950 consacra définitivement le fameux trio qui bien épaulé par le CA Ribéracois totalisa 51 victoires régionales dans la saison.
- Moins d’un an après ses débuts, Jacques Vivier était champion du Limousin. L’année suivante il était champion de France militaire, remportait la Route de France et une pléiade de belles épreuves. Cette année, alors qu’il est encore militaire, il s’aligne dans Paris-Côte d’Azur, aux côtés des grands routiers européens. Il s’y distingue de telle façon qu’on pense immédiatement à lui pour le Tour de France. Le beau rêve continue... Quelle belle consécration !

Le Grand rêve de Jacques Vivier empêchera sa mère de dormir

- Il vit sainement en pleine nature dans son petit village de Verdinas, calme et tranquille entre ses parents restés très jeunes, sa sœur Marie-Louise, l’aînée 23 ans, une bien jolie jeune fille qui va paraît-il se marier bientôt. Son frère Christian 19 ans et sa petite sœur Réjane, petite brunette de 11 ans. "Croyez-vous, nous dit son père qu’il puisse faire quelque chose dans le Tour ? Nous le trouvons bien jeune, il avait bien le temps". Et sa maman ajoute : "Vous savez, moi je ne serai pas tranquille, pourvu qu’il n’arrive rien." Après avoir trinqué une nouvelle fois, nous quittons la famille Vivier et reprenons la petite route qui ondule sous le soleil. Tout à coup, notre photographe nous fait stopper. Le nez au vent, les lunettes en bataille, il nous apostrophe : "Regardez-moi ce paysage si c’est joli, et ce village de Jacques dans la verdure, laissez-moi prendre une dernière photo".
- Heureusement qu’il n’y avait pas de témoins, car ils nous auraient peut-être pris pour des malfaiteurs. Si vous nous aviez vus faisant la courte échelle à notre chevalier de l’image qui, finalement juché sur le mur du cimetière, échevelé, brandissant son appareil, disait en se parlant à lui-même : "J’aurai toujours dans ma collection une bien jolie photo de plus."

Signé Matho

Matho

Sur cette photo qui date des années 1950, on retrouve notre célèbre trio, mais aussi Camille Mathonnière,
le "monsieur presse" en cravate et coiffé d’un béret, placé juste entre la miss de service et Jacques Vivier.

GÉMINIANI ESCOMPTE UNE GRANDE PERFORMANCE DE VIVIER

ET DE BRUN DANS PARIS-CÔTE-D’AZUR

- Dimanche matin, nos deux jeunes champions Vivier et Brun ont rallié Paris pour s’aligner mardi dans la première grande épreuve par étapes de la saison, Paris-Côte d’Azur, organisé par les "Amis de Route et Piste" et patronné par "Perrier". Les poulains de "Royal-Fabric-Wolber" prendront place dans l’équipe Route de France que dirigera Géminiani, aux côtés de Bon, Dupré, Gonzalès et Thillard. Après le "Catox", qui a été pour eux un utile rodage, les voilà à nouveau dans le "grand bain", et quel grand bain ! Kubler, Bobet, Lucien Lazaridès, Robic, Impanis, Van-Est, Géminiani et bien d’autres "seigneurs" seront au départ...
Pourtant les deux élèves de Marius Duteil ne sont nullement impressionnés de se retrouver en compagnie aussi relevée et bien décidés à tirer d’utiles enseignements d’une telle course, tout en ne jouant que de simples figurants.

Camille Narcy, directeur technique de l’équipe de la Route de France

- Duteil que nous avons pu joindre au téléphone ne nous a pas caché sa confiance. "Je suis sûr que Jacques et Michel se feront remarquer avant la fin de l’épreuve. Déjà vu au "Catox" et je regrette que ça n’ait pas été souligné dans les journaux, ils ont très bien marché. Vivier qui lui était dans le peloton de Bobet, fit une chute à l’entrée du vélodrome, ce qui l’empêcha d’être classé, et Brun creva à 30 km du but. Pour une première sortie, il y avait tout lieu d’être satisfaits. Hélas, Jacquot souffre encore de sa hanche meurtrie et j’ai peur que ça le handicape un peu. Mes affaires me retenant à Mareuil, je regrette de ne pouvoir les accompagner dans ce Paris-Côte d’Azur. Mais je suis un peu rassuré car j’ai appris que la direction technique de l’équipe allait être confiée à Camille Narcy, l’ancien directeur sportif de Peugeot. C’est là une sérieuse garantie et les "petits" seront bien. "

Vivier et Brun ont pris contact avec Géminiani sur la Côte d’Azur

- Profitant de ce que Vivier et Brun étaient aux côtés de Duteil, nous avons bavardé quelques instants avec les deux cracks de la section du CA. Ribéracois.
- "Je viens de faire mon pansement avant de partir, nous dit Vivier. Je souffre encore un peu mais j’espère que ça va aller. Peu à peu le coup de pédale revient, aussi la vie est belle malgré mon bobo. Et puis nous allons disputer une grande épreuve avec Géminiani qui est charmant. Nous avons roulé souvent ensemble sur la Côte d’Azur durant la semaine que nous avons passé là-bas et je suis sûr que nous nous entendrons bien".
- De son côté Michel Brun qui va maintenant laisser ses camions, ne cache pas sa joie de tenter la grande aventure : "Nous allons dans l’inconnu évidemment mais c’est vraiment passionnant de prendre part à une telle épreuve. Je sens que la forme approche et j’espère bien terminer la course avec Jacques sans que l’on ait parlé de nous. Du reste "Gem" nous a dit qu’il avait confiance et qu’il espérait que nous saurions faire honneur à l’équipe. Alors nous essaierons de ne pas le décevoir".

La route de France, premier objectif des Mareuillais

- Avant de nous séparer, nous demandons à Duteil s’il est exact que ses poulains auraient l’intention de passer professionnels après Paris-Côte d’Azur, comme certains l’avaient annoncé il y a quelques temps.
"Il n’a jamais été question de cela nous répond Duteil. Les "petits" sont jeunes et puis il y a la Route de France où Vivier a remporté sa grande victoire nationale, course à laquelle n’ont droit que les amateurs et les indépendants. Cela reste l’objectif numéro un de mes deux poulains. Mais encore faudra t-il qu’ils soient en forme, ce que je crois sincèrement à fin avril, car lorsqu’on a gagné une épreuve on n’a pas le droit l’année suivante de jouer les figurants".
Quant à nous, nous connaissons trop la classe de Vivier et Brun pour ne pas savoir qu’ils seront non seulement au départ de la Route de France mais surtout et avant tout qu’ils en seront les vedettes à part entière.

CP. FRANÇOIS

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – JACQUES VIVIER (1952/1) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1952 Vivier et le Paris-Côte d’Azur

29 mai 2020

SAINT MEDARD DE MUSSIDAN - SON PALMARÈS

UNE DES ÉPREUVES REINE DE DORDOGNE

- Il s’agit du Prix des fêtes qui se déroulait le premier dimanche situé après le 8 juin. L’épreuve s’est courue toujours sur un circuit plat. De ce fait, les sprinters ont été toujours à la fête, d’autant plus que la dotation des primes a été toujours généreuse.
- Pendant longtemps, ce Prix des fêtes a été une des doyennes des épreuves de notre Périgord.
- En marge de ce prix des fêtes il y a eu des petites courses avec les pass'cyclisme qui sont courues dans la zone artisanale, aux Mauries ou autour du Super U.   Bassy a été aussi une belle épreuve organisée par la Pédale Faidherbe mais n'a pu se maintenir. Toujours est-il que depuis 2017, il n'y a plus de course sur la commune

- De tous temps le RC Mussidan a été le maître de l'organisation du prix des fêtes, excepté de 2001 à 2003, où le CC Périgourdin avait pris le relais, puis le SA Mussidan. Saint-Médard détient un palmarès de champions et parmi les particularités de ce Grand Prix, n’oublions pas que de 1975 à 1977, il se déroulait en deux demi-étapes avec des vainqueurs de gros calibres (Denis, Sautier, Arnaud). Autre particularité avec l’édition 1988, qui était Critérium international des vétérans et où de nombreux belges avaient pris le départ (victoire de Blancheton).

Valades

 Voici une photo avec des baroudeurs de l’époque où l’on reconnaît de gauche à droite
Jean-Marie Valade (trois fois vainqueur),
son Frère Eric (vainqueur en 1990)
et Michel Fédrigo (père de Pierrick) lauréat en 1973.

- Il y a eu d’autres épreuves qui se sont courues à Saint-Médard. Il faut dire que cette commune occupe tout l’ouest de la ville de Mussidan. C’est ainsi qu’à "la Planche" (route de Sainte-Foy) la première épreuve d’après guerre s’est déroulée sous les auspices d’Albert Chaussade vélociste du RCM qui tenait son garage à cet endroit. Il y a eu des épreuves au Mayet, un prix des fêtes de la Mairie, une autre à Bassy et aujourd’hui sur la zone artisanale des Mauries, comme déjà souligné. De même ,la Pédale Faidherbe est venue à cinq reprises, pour organiser le Prix Georges Feytou (voir palmarès en bas de page).

Palmarès du prix des fêtes  : 1946 Georges Palus (CC Périgueux), 1947 Bohec (Pédale Faidherbe), 1948 Stéphane Zaccaron (Stade Foyen), 1949 Angel Barquéro (RC Mussidan), 1950 Claude Peyssard (CC Montpon), 1951 Raymond Chaminaud (CC Montpon), 1952 Baronnet (CC Castillon), 1953 Gino Ottogali (RC Mussidan), 1954 Albert Rotrou (RC Mussidan), 1955 Claude Peyssard (CC Montpon), 1956 Meynier (Pédale Montponnaise), 1957 Frappier (CA Ribérac), 1958 Claude Dieuaide (RC Mussidan), 1959 Henri Guionie (CC Bergerac), 1960 Rémi Rotrou (RC Mussidan), 1961 Raphaël Sallat (Pédale Nontron), 1962 Gérard Lambert (CC Bergerac), 1963 Sanchez (CC Lindois), 1964 Serge Ricci (AS Miramont), 1965 Alizié (AC Bon Encontre), 1966 Lespinasse (UC Montpon), 1967 Didier Bruletout (US Coutras), 1968 Régis Royère (CC Lindois), 1969 Philippe Decima (EC Foyenne), 1970 Maurice Deffreix (ESCA), 1971 Jean-Marc Clisson (Pons), 1972 Serge Besse (Pédale Nontron), 1973 Michel Fédrigo (Tonneins), 1974 Jean-Louis Ribérot (Tonneins), 1975 Claude Denis (CC Périgueux), 1976 Lucien Sautier (RC Mussidan), 1977 Dominique Arnaud (VC Tarnos), 1978 Jacques Martin (RC Mussidan) en CS-Vét, Jean-Marie Valade (EC Foyenne), 1979 non publié sur la presse, 1980 Jean-Marie Valade (EC Foyenne), 1981 René Bajan (Guidon Agenais), 1982 Jean-Marie Valade (EC Foyenne), 1983 Didier Lubiato (AS St. Médard en Jalles), 1984 Frédéric de Santi (SA Mérignac), 1985 Michel Pitard (US Pons), 1986 Serge Cluzeau (RC Mussidan), 1987 Stéphane Combebias (UV Lectoure), 1988 Jean-Jacques Blancheton (UC Montpon), 1989 Bruno Blangeois (TS Mourens), 1990 Eric Valade (EC Foyenne), 1991 Wayne Peacock (CC Périgourdin), 1992 Maurice Loustalot (CCP Nontron), 1993 Jérôme Paul (CC Périgueux), 1994 Alain Gendreau (Guidon Pellegruen), 1995 Alain Gendreau (Guidon Pellegruen), 1996 Pascal Reutenauer (AVC Libourne), 1997 Eric Dupré (EC Foyenne), 1999 Jean-Claude Daragnès (ASPTT Périgueux), 2000 Stéphane Lavignac (GC Bergerac), 2001 Eric Dupré (VC Bernos Beaulac), 2002 Stéphane Lavignac (GC Bergerac), 2003 David Fillon (CC Périgueux).

1998 Saint-Médard de Mussidan CC

Cyclo-cross de Saint-Médard de Mussidan, édition 1998

Feytou

Palmarès des prix sur la ZA et autour du Super U : 2009 Loïc Chatenet (VC Sainte-Livrade) minimes, Jean-Paul Ounzari (CS Casteljaloux) pass’cyclisme, Clément Barbeau (UC Gradignan) minimes, Geoffroy Millour (Pôle France Talence) cadets, 2010 Julien Courbalay (Saint-Astier), Sébastien Aubour (VC Arédien), 2011 Dorian Lebeau (Peyrehorade SC), Emmanuel Duniaud (VC Montendre), Cyril Fontayne (SA Mussidan), 2012 Nicolas Sarrazin (VC Périssac), Jean-Yves Béneyrol (Saint-Astier), 2013 Florent Loizillon (Poitou-Charentes), Ludovic Guionie (SA Mussidan), 2014 Eric Santaliestra (UC Haillan-St.Médard), Guillaume Eynard (AC Orsay), 2015 Olivier Chalard (AC Chalus), 2016 Thierry Gallégo (Non licencié), 2017 Julien Sybiac (Pédale Jonzac), Clément Dupin (Non licencié).
Palmarès Prix de Bassy : 1994 Florent Béchade (SC Libourne), 1995 Thierry Bernagaud (Asptt Périgueux), 1996 David Gendrineau (AS Verriers), 1997 Arnaud Labbe (Pédale Faidherbe), 1998 Anthony Gomez (CC Caudéran), 1999 Philippe Candau (CC Périgueux), 2000 Aurélien Bonneteau (AS.Libourne), 2001 Nicolas Fournier (CAM Bordeaux), 2002 Julien Sorel (EC Quevilly), 2003 Jérôme Vignolles (US Talence), 2004 José Luis Lopez (CSM Epinay), 2005 Bernard Lafitte (Roue Cadaujac), 2006 Nicolas Malfatti (UC Villeneuve-Fumel), 2008 Pierre Painaud (G. Saint-Martinois).
Palmarès Prix Georges Feytou (Cyclo-Cross) : 1996 Laurent Dumont (SC Libourne), 1997 Dominique Eyquard (SC libourne), 1998 Régis Duros (Tarbes Cyclisme Bigorre), 1999 Arnaud Labbe (Tarbes Cyclisme Bigorre), 2000 Loïc Herbreteau (23 la Creuse). Notre photo en médaillon : Georges Feytou

Saint-Médard de Mussidan 90

Passage des coureurs lors de l'édition 1990 à Saint-Médard

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - ST.MÉDARD DE MUSSIDAN © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste

23 février 2020

SERGEAC - SON PALMARÈS

LE LUNDI DE PÂQUES

sergeac 1990

C’était lors de l’année de ses vingt ans, que Nicolas Labrousse (EC Ribérac Périgord Blanc) remporta
le Prix des fêtes de Sergeac. Déjà 2° en 1990, il réussit à vaincre devant Yann Simoneau (UC Brive)
et Antoniol (Uzerche).  En cette saison 1992, Labrousse signera une autre victoire lors du Prix du
Muguet à Saint-Astier, puis plus tard à Maurens

- Petit village du Périgord Noir, sur les rives de la Vézère et où le Cyclo-Club de Tursac, devenu Cyclo-Club Sarladais en 1984 organisait cette épreuve, chaque lundi de Pâques.
- On aimait venir à Sergeac qui savait recevoir sur son petit circuit, qui accueillait un imposant peloton de 3°, 4° catégorie et juniors. Et puis ce fut le début de la galère en 1990, lorsque le dynamique et dévoué Président Lucien Leduc fut emporté par la maladie. De 1990 à 1991, Rachid Alaux assurera la succession, mais le ressort semblait cassé, avec une nette diminution des organisations. En 1992, Robert Delmas tenta de faire perdurer l’histoire du club. Peine perdue, mais relève assurée pour quelques temps par Claude Gouloumes (1993-1994). Entre temps, l’AC Sarlat nait suivi par celle de l’UC Sarlat de Maurice Delmas en 1996. Au Cyclo-Club Sarladais, c’est peut-être trop de clubs dans la ville et Robert Delmas met la clé du Cyclo-Club sous la porte fin 1996. Depuis le cyclisme agonise dans cette région où seule l’Ufolep parvient à conserver certaines traditions de notre cyclisme des villages. Les coureurs eux viennent toujours à Sergeac, plus sous la bannière de la FFC, mais pour gouter les bonnes crêpes vendues en fin de course par le comité des fêtes.
Palmarès connu de l’épreuve : 1981 Georges Issiot (VC Figeac), 1982 Pierre-Marc Lamontagne (CAM Bordeaux), 1983 Philippe Septier (Amicale des Boulangers), 1984 Gilles Dupré (EVCC Bergerac), 1985 Yves Brusson (ASPTT Périgueux), 1986 René Leroy (UC Villeneuve), 1987 Eric Dattas (Guidon Agenais), 1988 Thierry Empinet (UC Brive), 1989 Francis Bourdin (ASPTT La Rochelle), 1990 Philippe Maury (VC Sainte-Livrade), 1991 Stéphane Eyquard (AVC Libourne), 1992 Nicolas Labrousse (EC Ribérac), 1993 Bruno Roy (AC Uzerche Lubersac), 1994 Guillaume Destang (CA Mantes).

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – SERGEAC © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste

20 février 2020

JACQUES VIVIER – SAISON 1951

JACQUES VIVIER GAGNE LA ROUTE DE FRANCE

- Relire la publication précédente.

- Au seuil de cette saison 1951, Jacques Vivier et son grand rival André Bernard vont s’entendre comme des frères pour faire échec à André Dufraisse. Les deux coureurs parmi tant d’autres signent chez Royal-Fabric qui a pour chef de file l’ex-champion de France professionnel Eloi Tassin. Vivier fait son service militaire à Périgueux mais s’entraîne et fait beaucoup de culture physique. Il se sent en grande forme avec 2500 kms dans les jambes pour l’heure. Même si son régiment doit partir pour l’Allemagne, il pense bien rester dans son Périgord, ayant promis à son capitaine de ramener le maillot de Champion de France militaire.
- Jacques Vivier dispute la première Route de France et remporte l’épreuve. Puis il ajoute dans sa musette le Circuit du Cantal, une épreuve difficile et devient à la grande satisfaction de ses cadres officiers et sous-officiers, Champion de France Militaire. En faits Vivier gagne un peu partout, malgré sa situation sous les drapeaux. On le voit, le trio Duteil-Vivier-Brun fonctionne plus que jamais...
- Anecdotes : En 1951, la marque de chaussures "DEP" celles que tous les coureurs portaient, firent signer un contrat "Publicitaire" à Jacques Vivier, pour sortir un modèle compétition "Vivier".

Vivier à Aixe

Jacques Vivier en course lors du 15° Circuit Aixois qu’il terminera en 3° position

- 1951 indépendant Royal-Fabric Wolber (Club Athlétique Ribéracois).

- 1° Route de France en quinze étapes et vainqueur de la 2° étape Auxerre-Dijon (lire article ci-dessous), 1° Circuit du Cantal (lire article ci-dessous), Champion de France militaire route(*), Champion des 4° et 3° régions militaire sur route, 1° Saint-Aulaye, 1° Circuit du printemps à Périgueux, 1° Grand Prix de l’armistice à Périgueux, 1° La Rochefoucauld, , 1° Miallet, 1° Sarlat, 1° Prix des grands vins à Villefranche de Lonchat, 1° GP de la ville de Limoges, 1° Prix Jacques Moujica à Châteauneuf sur Charente, 1° Beaulieu sur Dordogne, 5° GP du Populaire du Centre (1° Brun), 2° Championnat du Limousin route (1° Marcel Guitard), 2° Aixe sur Vienne (1° Brun), 2° Saint-Mathieu (1° Allory), 2° Tour de la Dordogne (1° Albert Dolhats sur cycle Elvish), 2° Belvès (1° Robert Castelin de Marseille) (lire article ci-dessous), 3° Circuit Aixois (1° Marius Duteil)
(*) C’est à Dijon que s’est couru ce championnat de France et sur une distance de 145 kms où Jacques Vivier est arrivé seul et avec 4’27s d’avance sur Mazet deuxième, 5’29s sur Léocat troisième, suivi par le peloton où on remarquait dans l’ordre Borde, Pardon, Formet, Leyneburger, Blondeau, Marcy et Massip.

BELVÈS : LA COURSE REMARQUABLE DE JACQUES VIVIER

Vivier Identité

BELVES. - Le 7° Grand Prix de Belvès a obtenu un succès égal à celui du Tour de la Dordogne, couru la veille. Une foule dense se pressait tout autour du circuit d’environ six kilomètres, à couvrir vingt fois. D’une extrême dureté, le parcours a fait de nombreuses victimes. La plus remarquable fut évidemment Dolhats. Celui-ci avait triomphé dans le Tour de la Dordogne avec une telle aisance qu’on pouvait supposé de voir rééditer son exploit. Il n’en fut rien, il rentra dans le rang et abandonna exténué. Bon nombre de grandes vedettes se sont "cassés" les jambes dans la dure côte de Belvès. Cette rampe opéra vite une sélection.
- Darnauguilhem et Vivier, d’abord, animèrent le début de la course. D’une allure souple et facile, ils attaquaient et passaient avec facilité la principale grosse difficulté.
- Mais derrière, dans le peloton, qui compta jusqu’à 1’30s de retard, on ne chômait pas. Laurédi, Lucien Lazaridès, Lorca et Castelin contre-attaquèrent sérieusement et le peloton, sous leur impulsion, s’étira vite. La course fut alors jouée et après que ces cinq hommes eurent rejoints les fugitifs, ils lâchèrent le Belvèsois Darnauguilhem, qui ne tarda pas à abandonner.
- Dans le peloton poursuivant, on enregistra alors abandons sur abandons, tant et si bien qu’en fin de course, il ne resta plus que quinze hommes. Comme nous l’avons déjà dit, ce circuit est sans pitié. Pourtant, certains "gros bras", au départ, pensaient tout avaler, notamment Dominique Canavèse, inexistant dans le Tour de la Dordogne, où il ne fit que quelques kilomètres et regagna sa chambre sans tarder. Il réédita au Grand Prix de Belvès. Drôle de manière d’honorer un contrat. Rémy l’imita et beaucoup d’autres encore : Moineau, Berton, Emile Teisseire, etc … se firent rejoindre comme à plaisir (tout coureur étant doublé devant quitter la course) et regagnèrent béatement leurs pénates.
- Heureusement que Laurédi, Lucien Lazaridès, Castelin se rachetèrent. Mais nous tenons surtout à souligner la conscience professionnelle de Decanali, une des rares vedettes à terminer les deux épreuves. Vivier (en médaillon) promet beaucoup. Sans une chute qui l’handicapa lors de la première épreuve, il n’aurait pas été loin du vainqueur. Signalons en terminant que, tout au long du parcours du Tour de la Dordogne, M. Berthozat, speaker de l’agence Monlong, avec sa verve habituelle, renseigna la foule des villes et villages traversés sur la position des coureurs. Dans le Grand Prix de la ville de Belvès, il fut un chasseur de primes émérite, ce dont ne se sont pas plaints les coureurs.
Le classement : 1. Robert Castelin (Marseille) les 110 kms en 3h 02’ sur cycle France Sport, 2. Jacques Vivier (Royal Fabric-CA. Ribérac), 3. Floch, 4. Lucien Lazaridès, 5. Lorca, 6. Laurédi tous même temps, 7. Demanges à 2’ 05s, 8. Cieleska à 2’ 15s, 9. Jacques Pineau, 10. Dufraisse, 11. R. Prouzet m.tps, 12. Decanali à 2’20s, 13. Londéro à 2’ 40s, 14. Dussault à 2’ 43s, 15. Bermudez.
Tous les autres coureurs ont abandonné.
NDLR : La veille Vivier avait terminé deuxième du Tour Dordogne couru de Belvès à Belvès sur 270 kms ! C’était vraiment l’époque des forçats de la route...

PREMIÈRE ÉDITION DE LA ROUTE DE FRANCE

- Avec André Dupré, Daniel Dihars, tous deux de Sainte-Foy la Grande, avec le tandem Ribéracois Jacques Vivier-Michel Brun, le Rochelais Pérez et Pinaud de Montauban, la Route de France-Tour de la Gaule a bien débuté pour la région. En effet Dupré et Dihars ont fait respectivement premier et second à Auxerre, lieu d’arrivée de la première étape de cette belle épreuve. De son côté Vivier a enlevé à Dijon la seconde, où le coureur Bon de l’île d’Oléron a fait 6°. Brun s’est classé 11°, Pérez 12° et Jules Pinaud 13°. Enfin à l’issue de cette deuxième étape, André Dupré occupait la première place au classement général, suivi de Vivier à 22 secondes. Remarquons à ce propos qu’ayant été retardé lors de la première étape, où il est 5°, Vivier dont la grande classe est indiscutable, apparaissait dimanche soir d’ores et déjà comme extrêmement dangereux pour tous à la suite de la brillante remontée qu’il venait d’accomplir. A l’issue de la 3° étape menant à Vichy, le classement général a évolué donnant le maillot jaune à Bon de l’île d’Oléron.
- 1° étape Paris/Auxerre : 1° Dupré, 5° Vivier, 8° Brun.
- 2° étape Auxerre/Dijon : 1° Vivier, 11° Brun.
- 3° étape : Dijon/Vichy : 1° Joseph Gil (Espagne), 8° Brun, 10° Vivier.
- 4° étape : Vichy-Saint-Etienne : 1. Bernard Quennehen, 2. Jacques Vivier, 3. René Lo Guidice.
- 5° étape : Saint-Etienne/Avignon : 1° André Bérard, 4° Vivier.
- 6° étape : Avignon/Béziers : 1° Joseph Gil (Espagne), 9° Vivier.
- 7° étape : Béziers/Montauban : 1° André Gonzalès, 13° Vivier.
- 8° étape : Montauban/Arcachon : 1° Marcel Fernandez, 10° Vivier.
- 9° étape : Arcachon/La Rochelle en deux tronçons : 1° Joseph Costa (Portugal) de Lacanau à Verdon et Gonzalès (Lyon) de Royan à La Rochelle.
- 10° étape : La Rochelle/Thouars : 1° Volet (Dieppe), 4° Vivier.
- 11° étape : Thouars/Vannes : 1° Thillard (Bordeaux), 26° Vivier.
- 12° étape : Vannes/Dinan : 1° Joseph Costa (Portugal).
- 13° étape : Dinan/Cherbourg : 1° Henry Perly (La Chapelle au Reboul), 15° Vivier.
- 14° étape : Cherbourg/Caen : 1° Jean Leulier, 17° Vivier.
- 15° étape : Caen/Paris : 1° Henry Perly (La chapelle au Reboul).
Classement général final : 1° Jacques Vivier (Ribérac) en 70 h 02 mn, 2. Marcel Bon (Ile d’Oléron) à 9’02s, 3. Volet (Dieppe) à 10’32s, etc...
 Vivier a dit à La Rochelle : "La guerre des nerfs avec Llorca est terminée ! Le Méditerranéen, pris de vomissements a abandonné hier à 15 kms de La Rochelle. Désormais, je possède plus de six minutes d’avance sur mon suivant immédiat, l’Oléronnais Bon et cela au moment d’aborder l’étape contre la montre sur les 86 kms que séparent Pouzaugues et Thouars. Sur des routes familières à mon nouveau rival, mais qui ne me sont pas totalement inconnues, nous allons nous livrer sans réserve, avec le Père Temps pour juge inexorable ! Dans l’étape contre la montre de Loire-Océan, j’ai pu me rendre compte que Bon était un excellent spécialiste de l’effort solitaire. Mais décidé à lutter jusqu’à un épuisement total, je ne pars pas battu d’avance. "
- La suite on connaîtra avec un Jacques Vivier classé 4° du chrono alors que Bon était relégué à la 11° place concédant encore de précieuses secondes à Vivier désormais solide leader d’une épreuve qu’il aura menée de bout en bout à sa façon.
- pour revoir les photos de l’arrivée de la Route de France en 1954 à Ribérac, cliquez ici.
NDLR : Raymond Chaminaud avait couru cette édition 1954. Il était marié avec Jeanine, une sœur de Michel Brun.

Circuit Aixois en 1951

Circuit Aixois 1951 gagné par Duteil, Vivier est troisième

LE FAVORI VIVIER ENLÈVE DEVANT BRUN LE 21° CIRCUIT DU CANTAL.

- Ce fut vraiment une belle épreuve favorisée par un temps exceptionnel que la GP de la Suze, 21° Circuit du Cantal. Un lot de classe, des spectateurs nombreux et enthousiastes, une épreuve fort intéressante, depuis le début jusqu’à l’arrivée, et finalement le record de l’épreuve a été battu.
- S’il faut tresser des couronnes au vainqueur et à son équipier Brun, s’il faut aussi féliciter les animateurs de l’épreuve, Garcia, Pagotto, Amigo et surtout le vaillant Bermudez. Il faut aussi noter la grande révélation de la journée, le jeune Agut, un débutant de 22 ans dont on reparlera.
- Quatre coureurs ont animé les deux tiers de l’épreuve, quatre coureurs qui ont fourni des efforts très généreux. Pagotto disparu du peloton de tête sur crevaison, Amigo et Garcia ont été lâchés par Bermudez avant d’arriver à Aurillac.
- Quand à Bermudez, après avoir caracolé en tête de la course jusqu’à Saint-Cernin, il a payé cruellement ses efforts rejoint d’abord par Brun puis par Vivier et Agut, il a dû successivement laisser partir Vivier et Brun et même s’il n’a pu conserver la troisième place, se laissant passer encore par des coureurs venus de plus loin.
- Vivier était notre favori mais avouons que pendant 200 kms, nous nous sommes demandés ce qu’il faisait dans le peloton à ne jamais tenter aucun effort.
- Brun et Vivier avaient reçu des consignes, ils les ont appliquées et n’ont mis le nez à la fenêtre qu’au bon moment. Une fois de plus les animateurs en ont été pour leur frais.
- La première échappée est menée par Pagotto et Garcia qui auront jusqu’à cinq minutes d’avance sur le peloton dans la traversée de Neussargues. Dès lors cette avance va fondre comme neige au soleil. A Riom l’échappée aura encore 1’06s d’avance sur Bermudez et Amigo alors que le peloton sera pointé à 2’56s. Au sommet de la côte de Beysseyre, Bermudez et Amigo rejoignent Garcia et Pagotto. On sent que Bermudez est le plus fort des quatre hommes de tête. Pagotto crève et sera repris par le peloton. Dans la côte de Mauriac, Bermudez lâche Garcia et Amigo et s’enfuit vers l’arrivée qui est encore lointaine.
- A Mauriac Amigo fatigué s’écroule et rentre dans le rang. Martinez de Clermont s’échappe du peloton et rejoint Garcia. Celui-ci connaît la défaillance et c’est alors que la côte de Saint-Cernin se présente. Un certain nombre de coureurs sont en difficultés. Brun et Vivier amènent le peloton. Martinez a son tour est à la ramasse. Plus loin Bermudez passe en tête le sommet du col, mais c’est là que la surprise arrive avec Brun et Vivier qui reviennent forts, dépassent Bermudez et le lâche dans la descente. Brun et Bermudez sont ensemble dans la descente mais ils sont rejoints par Vivier et Agut. Vivier passe à l’attaque dans la côte de Reilhac à sept kms de l’arrivée. Il s’enfuit seul vers la banderole. Puis Brun fausse compagnie au peloton pour prendre la deuxième place.
Le classement : 1. Jacques Vivier (Ribérac) sur cycle Royal-Fabric les 233 kms en 6h58’, 2. Michel Brun (Ribérac) à 37s, 3. Agut (Béziers) à 44s, 4. Pras (Angoulême) à 58s, 5. Rippe (Angoulême) m.tps, 6. Cassol (Saint-Gaudens), 7. Bermudez (Carcassonne) à 1’21s, 8. Dupuy (Grenoble) à 3’35s, 9. Tricot (Paris), 10. Cohen à 3’45s, etc...

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – JACQUES VIVIER (1951) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1951 La saison de Michel Brun

11 février 2020

VALENTIN HUOT – SAISON 1958

LE DOUBLÉ DE HUOT SUR SES TERRES
DOUBLE CHAMPION DE FRANCE A B
ELVÈS

1958 Le Drogo, Deledda, Mazier les sélectionneurs

Les trois sélectionneurs des équipes régionales Paul Le Drogo, Adolphe Deledda et Jean Mazier (de gauche à droite) embarqués sur la même galère et demain pour le Tour de France, rivaux plus que jamais. En 1958, aucun des trois n'a retenu Huot pour la grande boucle malgré son titre conquis à Belvès.

- Revenir à l’article précédent cliquez ici.
- Une saison marquée par la conquête d’un deuxième titre de Champion de France et de plus à la maison, puisque l’épreuve se déroulait sur le circuit de Belvès. Ce deuxième maillot tricolore, ne lui portera pas chance, puisqu’il ne sera même pas sélectionné dans une équipe régionale pour le Tour... Il est vrai que battre Géminiani comme ce fut le cas à Belvès, peut créer des inimitiés. Huot fera avec, il court pour lui, mais il sera tout de même du voyage avec la sélection française pour courir le Mondial qui se déroulera à Reims.
16 mars 1956 - Le Mont Faron
1. Charly Gaul les 5,6 kms en 17'29", 2. Salvador 17'52", 3. Mattio 17'57", 4. Jean Dotto 18'09", 5. Valentin Huot 18'21", 6. José Gil 18'34", 7. Suarez 18'38", 8. Panacci 18'39", 9. Vermeulen 18'40", 10. Graczyck 18'49", etc ...
31 mars 1958 - Critérium International de Cenon.
1. Louison Bobet, 2. Raphaël Géniniani à 15", 3. Fornara, 4. Vermeulin, 5. Valentin Huot à 15", 6. Sabbadini à 40", 7. Desbats, 8. Rohrbach, 9. Rolland, 10. Gibanel, etc ...

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Publicités des années 1957-1958

8 juin 1958 - Critérium du Dauphiné Libéré (par étapes).
1. Louis Rostollan (Marseille) groupe ACBB-Leroux sur cycle Helyett, pneus Hutchinson, les 1363 kms en 37h34'14", 2. Pipelin, 3. Schmitz (Luxembourg), 4. Polo (Italie), 5. Emmanuel Busto (Millau), 6. Eddy Pauwels (Belgique), 7. Jean Graczyck (France), 8. Bianchi, 9. Close (Belgique), 10. Meyzencq, etc … 14° Valentin Huot à 16'37", etc...
7 août 1958 - Bol d'Or des Monédières.
1. Raphaël Géminiani groupe sportif Saint-Raphaël, sur cycle Géminiani pneus Dunlop, 2. Graczyck à 20 mètres, 3. Bobet à 25", 4. Lampré, 5. Vermeulin, 6. Bertolo, 7. Pagès, 8. Jean Bobet, 9. Darrigade à 1'05", 10. Valentin Huot, etc ...

1958 Bol d'or en tête col de Lestards

Huot en tête au col de Lestards (Bol d'Or des Monédières 1958)

24 août 1958 - Ronde de Nontron.
1. Vito Favero (Italie), 2. Valentin Huot, 3. Roger Darrigade, 4. Pras, 5. Arrigo Padovan, 6. Jean Graczyk, etc …

Sélection de l'équipe de France pour le Mondial.
Jacques Anquetil, Louis Bobet, André Darrigade, Jean Forestier, Rapahaël Géminiani, Jean Graczyk, Valentin Huot, Gilbert Scodeller.
"L'équipe de France est formée de coureurs qui ne s'apprécient pas tellement. Avec un Géminiani d'un côté, un Huot qui a été boudé du récent Tour de France, Marcel Bidot a recousu toutes les dissensions, du moins pour courir pendant une course d'un jour …"
31 août 1958 - Championnat du Monde route à Reims.
1. Ercole Baldini (Italie) les 276 kms en 7h29'32", 2. Bobet (France) en 7h31'41", 3. Darrigade 7h33'19", 4. Vito Favero (Italie), 5. Jean Forestier (France), 6. Valentin Huot (France),7. Hans Junkerman (Allemagne) tous même temps, 8. Martin Van der Borgh (Hollande), 9. Franz Aerenhouts (Belgique) 7h34'12", 10. Klaus Bugdahl (Allemagne), etc ….
"Deux démarrages de Baldini ont fini par avoir raison d'un Louison Bobet qui avait cherché à reprendre l'italien. Baldini qui franchira seul la ligne d'arrivée, exactement dans la position d'un coureur qui venait  de faire un chrono. Il précèdera Bobet de 2'09" alors que pour la troisième place c'est un groupe de cinq coureurs qui en découdront, groupe où figurait Huot, notre double champion de France."

Trophée Super Prestige Pernod.
1. Jean Forestier (groupe sportif ACBB-Leroux - Hutchinson) 84 pts, 2. Anquetil 74 pts, 3. J. Dupont 69 pts, 4.  Groussard 68 pts, 5. Bobet 64 pts, 6. Hassenforder 63 pts, 7. Géminiani et Mahé 50 pts, 9 Graczyk 49 pts, 10 Darrigade 48 pts, 11. Barone, 12. Scoodeler, 13. Bauvin, 14. Valentin Huot, etc …..
Challenge Yellow 1958.
1. Raphaël Géminiani (groupe sportif Saint-Rapahël sur bicyclette Géminiani, pneus Dunlop) 40 pts, 2. Anquetil, 36,5 pts, 3. Darrigade 34,5, 4. Busto 31,5, 5. Pipelin et Bobet 28 pts, 7. Forestier 27 pts, 8. Groussard 28 pts, 9. Mahé 23 pts, 10. Scodeller 20.5, etc …. 14° Huot Valentin,  etc ….
Attention, ces résultats et ces palmarès ne sont pas complets. Seuls sont reportés ceux qui ont été relevés sur la presse de l'époque. (Source : l'athlète du sud-ouest).

1958 Belvès avec Bobet Géminiani

Bobet, Géminiani ! Valentin Huot savait qu'il ne fallait pas les laisser partir.
A Belvès, il eut toujours le regard fixé sur eux.

- La saison 1958 constitue la saison clé pour Valentin Huot. Car si notre Champion fait coup double pour le titre de Champion de France des Professionnels, il le réalise à la maison et sur le circuit mythique de Belvès, qui revêt tout un symbole. Celui d’une région qui aime le cyclisme et son champion, mais aussi celui du CC Belvèsois qui depuis 1950 organise ici son célèbre Grand Prix doublé le lendemain par le Tour Dordogne. Retour sur le reportage publié avant et après le sacre de Huot.

1958 Belvès Busto échappé

Emmanuel Busto premier éclaireur sur le circuit de Belvès

1958 : Le critérium de Belvès fait place au
CHAMPIONNAT DE FRANCE DES PROFESSIONNELS
Valentin Huot conservera-t-il son titre ?

- A quatre jours du départ du Tour de France, donc imminent, le championnat de France des professionnels se déroulera dimanche en Périgord noir, à Belvès. Son enjeu n'en sera pas moins de la plus grande importance. La proximité de l'événement majeur de la saison cycliste internationale, ce Tour de France si populaire, ne lui fera rien perdre au contraire de son panache et ne lui enlèvera rien de son intérêt.
- L'an passé on fut littéralement emballé par la victoire à Châteaulin de Huot, aussi est-il à présumer que les sélectionnés - avec quelle ardeur n'ont-ils pas disputé les épreuves qualificatives ? - se livreront généreusement à fond, sans compter sur le circuit idéal préparé par Belvès.
- L'attrait du maillot tricolore, le titre à vrai dire unique, les avantages qu'il concède d'une foule innombrable démontrant par sa présence en quelle estime elle le tient, celle d'un speaker à la hauteur, tel Monlong, autant de facteurs qui auront de profondes répercussions sur le déroulement de la course et sur son intensité.

1958 Belvès circuit de la brèche

Le circuit de la Brèche à Belvès sous la pluie

QUARANTE SEPT CANDIDATS.
- Ils seront donc quarante-sept rassemblés au départ pour couvrir vingt-quatre tours du circuit de la Brèche, affronter 246,720 km, et dont le seul objectif immédiat sera d'être l'élu. Seul un système judicieusement établi pourrait permettre et encore de le désigner. La première partie de la saison n'a d'ailleurs été vraiment dominée par aucun des sélectionnés.
UNE TRENTAINE DE FAVORIS.
- Quoiqu'il en soit, il ne peut y avoir dans ces conditions de favori intégral. La longue liste des qualifiés comporte l'élite de nos routiers. Plus on la parcourt et plus on constate que les prétendants sont au bas mot une trentaine. D'ailleurs voici la liste des 47 coureurs qualifiés, arrêtée lundi par la FFC.
- Valentin Huot, champion de France 1957, Jacques Anquetil, Louison Bobet, André Darrigade, Jean Forestier, Francis Pipelin, Joseph Groussard, Jacques Dupont, Emmanuel Busto, Roger Hassenforder, Jean Craczyk, Pierre Everaert, Raphaël Géminiani, Joseph Morvan, Marcel Rohrbach, Gilbert Bauvin, Albert Dolhats, Bernard Gauthier, François Mahé, Nicolas Barone, Gilbert Scodeller, Claude Colette, Tino Sabbadini, Pierre Brun, Jean-Marie Cieleska, Jean Gainche, Pierre Pardoen, Louis Kosec, Philippe Agut, Roger Walkoviak, Louis Bergaud, Georges Gay, Pierre Gouget, Louis Rostollan, Jean Dacquay, Maurice Quentin, Joseph Thomin, Jean-Claude Annaert, René Fournier, Jean Dotto, Francis Siguenza, Armand Audelaire, Robert Cazala, René Pavard, Fernand Picot, Gérard Saint et Pierre Le Don.
- Dans cette liste ne figurent pas, on le remarquera, deux indépendants : Geyre et Ramella. Qualifiés par les points obtenus, tous deux ne prendront cependant pas le départ, car le premier militaire, ne peut recevoir une licence de professionnel, et le second désire conserver sa qualité d'indépendant. Par contre Le Don, également indépendant, a décidé de passer professionnel. De là sa présence à Belvès.

1958 Belvès Barone Nicolas

L'échappée de Nicolas Barone à Belvès

 ROULEURS OU GRIMPEURS.
- Le circuit, un chef d'œuvre extrêmement roulant, promet une course rapide. Et ceci nous fait songer aux hommes qui figurent en tête de liste. Mais il faut songer aussi aux grimpeurs. Or sur le circuit, véritable parcours de championnat, les rampes certes ne manquent pas et il en est même une fort revêche, complétée par un casse-pattes, un faux plat. De par les rampes notre attention est donc automatiquement attirée, et au premier chef sur Huot. Le périgourdin qui parait s'être réservé pour défendre son titre, va jeter toutes ses forces dans la bataille. D'ailleurs le champion a tourné ces jours-ci derrière derny sur le circuit, impressionnant les quelques témoins de son essai. Puis les rampes nous font songer tout autant à Rohrbach, le Berrichon, qui vient de gagner le circuit du Mont-Blanc, dont la défaite qu'il subit à Châteaulin l'an passé, et justement de Huot est encore présente dans toutes les mémoires.
- Restons-en là. Comme on peut le voir, le championnat des routiers qui se déroulera dimanche en Dordogne se présente sous un jour tout à fait particulier. L'épreuve est extrêmement ouverte. La lutte y sera acharnée, pleine d'imprévus. Et d'un tel lot qu'il ne pourra surgir de ce rassemblement au départ qu'un réel champion, digne de porter pendant un an les trois couleurs de France.

A Belvès, Valentin HUOT
CONSERVE SON TITRE DE CHAMPION DE FRANCE
en battant au sprint Raphaël Géminiani

1958 Belvès cdf

Le combat entre les Mercier et les Saint-Raphaël sous la pluie à Belvès

 BELVES, 16 juin - Porte parole du cyclisme français depuis Châteaulin, Valentin Huot a rempilé à Belvès. Le voici pour un an et peut-être plus chargé de la gloire tricolore dans les pelotons. Pour lui les championnats se suivent et se ressemblent. Qu'ils aient lieu sur les bords ensoleillés de l'Aulne ou sur les hauteurs pluvieuses dominant la vallée de la Dordogne, rien n'y change. Il pousse même la ressemblance jusqu'à appliquer une méthode en tous points identique dans le déroulement de ses manœuvres victorieuses. Son secret est peut-être évident, connu de tous, mais il réussit toujours. En démontrant ses talents de finisseur, il obtient un succès. Il n'est en définitive que les noms de ses adversaires directs qui changent. Si à Châteaulin, un malentendu l'avait opposé à Rohrbach, on ne saurait lui contester sa victoire de Belvès obtenue devant les plus grands produits du patrimoine national.

Huot pub

Publicités en l'honneur de Valentin Huot

 - Chez lui dans ce parcours, il partait parmi les favoris. 30 000 des enfants du crû n'avaient d'yeux que pour lui. Tant d'arguments plaidaient en sa faveur qu'il ne pouvait en être différemment.
1° Il était le champion frais sortant et la foule porte toujours celui des anciens qui défend son bien.
2° Il avait failli ne pas courir. Son éviction du Tour de France due aux incompréhensions des directeurs techniques en était la cause. Démoralisé, Valentin avait annoncé sa décision d'abandonner sur le champ le vélo mercredi dernier. L'intervention d'Antonin Magne l'incita alors à chercher au contraire une manière de vengeance.
3° Considéré comme l'homme des circuits, il devait trouver parfaitement à sa mesure celui qu'il avait tant de fois pratiqué dans les courses régionales.
- Tout cela fit que, dans la course, il y eut celle des autres et … celle de Huot. Pas un tour où chacun ne pointait en l'encourageant à son passage, permettant aux journalistes touchés par cette communion de sympathies de suivre pendant 100 kms son débat.
- Pour revivre le déroulement des opérations, il faut donc prendre la course au 150° kilomètre et passer sous silence ou presque les actes des premiers agitateurs. Siguenza dans les premiers tours, Gay, Kosec, Bergaud pendant 50 kilomètres, puis Pipelin et Rostollan du 90° au 140° kilomètre. Celui-là qui ne réussissait pas à prendre, sur le difficile circuit où de longues côtes prédisposaient aux attaques et aux écarts, plus d'une minute, n'avait aucune chance de construire du solide.

1958 Belvès Bobet devant Gem

Louison Bobet devant Géminiani

- Dans le peloton; déjà amputé de quelques individualités, dont Rohrbach, Hassenforder, Walkoviak et Cieleska, victimes d'innombrables crevaisons, la distance commençait son œuvre néfaste. Les jambes étaient lourdes et sur le faux plat on voyait les hommes manœuvrer les manettes des dérailleurs sans parvenir pour autant à trouver le développement idéal.
- Contractés, les coureurs pourchassèrent Dacquay. Il leur fallut un tour pour le rejoindre, car Dacquay grimpe comme un lapin la longue côte de l'arrivée. Au sommet, il fut rejoint, mais derrière lui, tous grimaçaient. L'ascension s'était faite au rythme du be-hop. Un temps aurait alors bien apaisé les esprits tourmentés par la suite qui s'annonçait terrible … Mais allez donc parler de temps morts à Raphaël Géminiani ! Notre capitaine Fracasse ne fait pas du vélo  un sport intermittent. Il le pratique en permanence. En scrutant les visages boueux et exténués, il se sentit le cœur inexorable. Il démarra.

1958 Belvès Pavard Darrigade Dupont

Pavard, Darrigade et Dupont sous la pluie continuelle de Belvès

- Barone, Bauvin, Scodeller rappliquèrent aux côtés du Grand. Aucun ne rechigna et si Scodeller apparaissait le plus frais de tous, Barone, puissant et volontaire, ne lui cédait en rien dans la vigueur de ses relais. Quant à Bauvin, appliqué à rouler avec le maximum d'abris, il "passait" ses 200 mètres comme tout le monde sans faire tomber l'allure. Il le fallait d'ailleurs, car dans le peloton, le premier moment de surprise passé, la réaction s'organisa.
- Louison Bobet avec ses "Mercier" Dacquay, Cazala et Gouget, et Anquetil avec ses "Helyett" Forestier, Quentin et Thomin - Darrigade victime d'une crevaison n'était plus là - entreprirent la poursuite. A la fin du tour, l'écart entre les premiers et le peloton était de vingt secondes. Rien n'était perdu. Mais la présence aux côtés de Bobet et Anquetil, des équipiers de Gem, Dolhats, Mahé et Busto, était un point gênant. Ces trois cassaient au maximum la poursuite. A noter que Huot ne figurait pas dans le groupe. Il venait une minute plus tard avec Rohrbach - les ennemis inséparables - Graczyk et Bergaud. Une crevaison et un changement de vélo l'avait retardé. Pour lui aussi commençait une grande et longue poursuite qui devait merveilleusement se terminer.

1958 Belvès sous la pluie, à gauche Anquetil, Graczyk à droite

Comme toujours appliqué, Anquetil vire large parallèlement à son équipier Graczyk,
tandis que le stoïcisme des spectateurs sous la pluie fait plaisir à voir.

 - Anquetil et Bobet ne songeaient alors qu'à parer au plus pressé. Pour eux l'explication ultime n'avait pas place en ce moment. Par un curieux hasard - mais au fond est-ce un hasard ? - ils avaient à lutter contre le dénommé Géminiani que leur futur directeur Marcel Bidot a refusé d'enrôler à leurs côtés pour le Tour de France. Le retentissement de cette bataille risquait d'être considérable. Géminiani vainqueur n'allait-il pas marquer un point contre les tricolores de Bidot ? Anquetil eut-il davantage encore conscience de ce danger que Bobet ? Ce n'est pas certain mais toujours est-il qu'il se trouvait bientôt seul en place derrière le groupe de Gem. En montant la côte avec son grand braquet, il lâcha Louison. Au sommet il était à 35 secondes de la tête. Louison à 55 secondes et un peu plus bas, Valentin Huot perché et allongé sur sa machine, les mains en bas du guidon, se rapprochait à chaque coup de pédale.
- Au tour suivant, soit 10,280 km plus loin, Anquetil termina sa poursuite. Il rejoignit Géminiani, Scodeller, Barone et Bauvin. Les deux derniers nommés éprouvaient une peine infinie à maintenir le contact. L'effort, visible sur le visage de Barone, n'apparaissait pas sur celui de Bauvin, mais le résultat était le même.

1958 saut de chaîne au pied de la dernière côte Belvès

Saut de chaîne pour Huot dans le dernier tour du France à Belvès

 - Bobet 45 secondes après passait avec Forestier, Cazala, Mahé, Busto, Dolhats, Gouget, et … Huot, dont l'exploit ressemblait en tous points à celui d'Anquetil. Anquetil en tête n'en n'avait pas pour autant terminer avec ses soucis. L'ensemble des "Géminiani" était décidé à lui en conter, d'autant plus que dans un véritable sprint effectué sur quatre kilomètres, Mahé vint à la faveur des deux côtes, apporter un nouveau renfort au groupe de Raymond Louviot. A tour de rôle, tous asticotèrent Anquetil et à force de répondre, Anquetil capitula. Géminiani avait eu sa peau.
- Pendant un tour, Raphaël fonça avec vingt secondes d'avance. Assuré de la protection de ses camarades, il pouvait toucher le but, mais le terrible Huot vint brouiller les cartes des "Saint-Raphaël". Il entraîna Busto et, en lâchant le groupe Bobet réduit à trois unités avec Cazala et Forestier, passa Bauvin et Barone en plein désarroi et arriva sur Anquetil. Géminiani n'avait plus que dix secondes. Huot força le verrou. Il passa juste au moment où Anquetil à son tour creva. Comme le normand dut faire demi-tour pour revenir deux cent mètres en arrière changer de vélo, Huot écarta tout de suite un adversaire. Anquetil d'ailleurs de son propre aveu ne se sentait plus en aussi brillante condition qu'au début de la course. Lui aussi accusait la fatigue. La perspective de lutter seul contre quatre n'effraya pas Huot, et quand Scodeller prit le relais de Géminiani rejoint, il entama une autre poursuite.

1958 Géminiani à Belvès

Coude à coude entre Géminiani et Huot à la périphérie de l'arrivée

- Ou plutôt il continua, car toute la journée ce fut son lot de poursuivre. Pourtant Scodeller fut sans doute de tous celui qui lui causa le plus de difficultés. A 20 kilomètres de l'arrivée, le Nordiste tout à fait retrouvé et dont les qualités de finisseur peuvent être comparées à celle de Huot, comptait une minute d'avance. Bien que le terrain ne l'avantageât pas, il donnait l'impression de pouvoir tenir, malgré Huot. Et comme il était dit que dans ce championnat les rebondissements se succèderaient sans répits, Scodeller creva. Le prochain poste de ravitaillement était à trois kilomètres. Il dévala l'étroite et dangereuse descente un pneu à plat et repartit du poste, le changement de vélo effectué, avec 20 secondes seulement d'avance. Les autres étaient là, tout près.. Au sommet de la côte alors que la cloche annonçait le dernier tour, il n'avait plus que trois petites secondes sur Géminiani, Huot et Mahé. A quinze secondes venait Busto, légèrement défaillant et à 35" Bobet, Anquetil et Forestier, qui tentaient l'ultime assaut.

1958 Belvès huot vainqueur

Huot vainqueur devant son public à Belvès réalise le doublé

 - Huot n'avait pas deux solutions. Il devait mener seul la poursuite contre Scodeller. Il le fit, et à cinq kilomètres de l'arrivée, revit enfin la tête qu'il avait abandonnée depuis plus de 200 kilomètres. Dès lors il attendait le sprint sans s'inquiéter du retour de Bobet, Anquetil et Forestier, les trois Grands unis pour le meilleur contre les moins grands qui leur voulaient du mal.
- Huot à 200 mètres de la première ligne avait résisté au sprint désespéré du Capitaine Fracasse et obtenu d'une longueur son deuxième titre de Champion de France.
- La puissante équipe Saint-Raphaël capitula ainsi devant l'homme qui n'admettait pas qu'on mette en doute sa valeur. Antonin Magne, le directeur sportif le plus déshérité de la saison, enregistrait la victoire qui sauve tout. La victoire la plus émouvante de sa carrière … Parce qu'il n'osait plus y compter.
Robert Chapatte
(envoyé spécial de Miroir Sprint)

1958 Magne à Belvès

Heureux aux côtés d'Antonin Magne son directeur sportif

 Le Classement : 1. Valentin Huot - les 246 kms 720 en 6h 51' 48", 2. Raphaël Géminiani à 3/4 de longueur, 3. François Mahé à 30 mètres, 4. Gilbert Scodeller à 30 mètres, 5. Jean Forestier à 20", 6. Louison Bobet à 25", 7. Manuel Busto m. tps, 8. Jacques Anquetil m. tps, 9. Robert Cazala à 1' 00", 10. Gilbert Bauvin à 2' 00", 11. Nicolas Barone à 4' 05", 12. Albert Dolhats à 7' 00", 13. Jean Graczyk à 8' 15", 14. Georges Gay à 8' 15", 15. Francis Pipelin m. tps, 16. Pierre Pardoen m.tps, 17. René Pavard m. tps, 18. Jean Gouget à 8' 30", 19. Joseph Grousssard à 9' 00", 20. Jean Dacquay à 16' 00".

1958 CDF Belvès avec Magne

Sur la tribune officielle Valentin Huot pour un deuxième maillot tricolore

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - VALENTIN HUOT (1958) © BERNARD PECCABIN
Réédition d’articles parus sur le blog la Dordogne Cycliste
La fin de carrière de Huot

19 février 2020

FRANCIS DUTEIL - SAISON 1979

1979 : UN DEUXIEME TITRE DE CHAMPION DE FRANCE

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Francis Duteil Champion de France

 - Pour relire l’article précédent, cliquez ici.

1979 - (amateur hors catégorie) 11 victoires : Champion de France amateurs à Neufchâtel en Saosnois, 1° des kermesses belges de Sainlez et Liernu, 1° à Brive, Crocq, Dun le Palestel, Périgueux, Vic Fezensac, Route Limousine (plus deux victoires d’étapes)
2° de Bordeaux-Royan, 43° du Mondial des amateurs à Valkenburg (Hollande).
Duteil dans le rétro : Francis Duteil vient d’écrire une des plus belles pages de sa carrière sportive mais aussi de son club en devenant pour la deuxième fois Champion de France amateurs. Il était pourtant l’homme à battre, surveillé comme le lait sur le feu, mais malgré cela, il s’empare du maillot tricolore. La côte du Belvédère fait la sélection et Duteil reste sagement dans le peloton. Au 7° tour il se retrouve devant avec Coquelin et Desportes. Il observe ses adversaires et sait déjà qu’il devra partir seul, Desportes étant plus vite au sprint que lui. Dans la dernière montée, il accélère le rythme, prend une légère avance et poursuit son effort solitaire. Ses compagnons de fugue sont repris par le peloton qui se rapproche de plus en plus de Francis Duteil. Au Prix d’un fantastique effort, il parvient à conserver quelques mètres sous la banderole. Michel Larpe (Poitou-Charentes) remporte le sprint pour la seconde place. Il devance Rodriguez (Côte d’Azur), Castaingt, Bérard, Le Bigaud, Vichot, Blandon, Desportes et Madiot. Parmi ces dix premiers, nombreux sont ceux qui dans les futures années vont faire carrière chez les professionnels. Duteil reste l’amateur le plus titré, c’est une juste récompense pour un sportif qui a toujours su planifier ses objectifs.
- Avant ce championnat Duteil, avait débuté la saison en remportant le Prix du Pays de Brive devant Michel Besse son jeune équipier et Dupuytren (ACLBP) qui gagnait le sprint devant Bodin, Nicolas, Savary, Morange et Lagrange. En Auvergne, Duteil se contente d’une deuxième place derrière le Briviste Moyen au Tour des stations thermales. A Rochechouart, Duteil se classe 2° lors du Championnat du Limousin route gagné par Michel Dupuytren (Limoges Bussière Poitevine), mais il gagne de ce fait sa sélection pour le France qu’il remportera.

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Le podium avec Michel Larpe (2°) de l’UCAP Angoulême et
Jean-François Rodriguez (SC Nice) troisième

SAISON 1979

- 2° Commentry (03) 17/03, 5° Civray Saint Romain (86) 18/03, 9° Lussac les Châteaux (86) 25/03, 60° Lagorce Laguirande (33) 26/03, 23° Bordeaux-Saintes (17) 01/04, 40° Royan-Blaye (33) 08/04, 7° Cénac et Saint-Julien (24) 09/04, 5° Marnand (69) 14/04, 8° Reigné (69) 15/04, 7° Vougy (42) 16/04, 9° La Châtre (36) 22/04, Boussac (23) abandon 23/04, 1° Sainlez (Belgique) 29/04, 17° Schepdaal (Belgique) 01/05, 10° Awans (Belgique) 05/05, 1° Liernu (Belgique) 06/05, Alken (Belgique) abandon 07/05, 19° Trooz (Belgique) 09/05, 6° Saint Germain les Belles (87) 12/05, 1° Brive (19) 13/05, 8° Saint-Yrieix la Perche (87) 14/05, 3° Varetz (19) 19/05, 14° Guéret Trophée Motobécane (23) 20/05, 18° Nersac (16) 24/05, 2° La   Bourboule-Royat Prix des stations thermales (63) 26 & 27/05, 3° Argentat (19) 28/05, 2° La Rochette (16) 03/06, 9° Champniers (16) 04/06, 3° Aigurande (36) 05/06, 4° Abjat Boucles du Bandiat (24) 09/06, 2° Bordeaux-Royan (17) 10/06, 7° Guéret (23) 11/06, 3° Ma Campagne (16) 15/06, 5° de la première étape Route Limousine, 1° de la deuxième étape, 1° de la 3° étape, 1° classement par équipes (87) 16 et 17/06, 11° Malaville (16) 18/06, 3° Angoulême (16) 21/06, 13° Châteauneuf la Forêt (87) 23/06, 6° Tulle (19) 24/06, 9° Tour du Haut Languedoc 26 au 28/06, 2° Championnat du Limousin séniors à Rochechouart (87) 01/07, 3° Saint-Séverin (16) 02/07, 5° Châteauroux-Bourges (18) 07/07, 2° Reterre (23) 08/07, 1° Crocq (23) 09/07, 14° Chaumeil (19) 11/07, 2° Nontron (24) 14/07, 4° Claix (16) 15/07, Tour de Liège (Belgique) 18 au 22/07, 2° Boussu Bois (Belgique) 23/07, 6° Championnat de France des Comités à Neufchâtel en Saosnois (72) 26/07, 1° Championnat de France des amateurs à Neufchâtel en Saosnois (72) 29/07, 3° Cours la ville (69) 31/07,1° Dun le Palestel (23) 04/08, 5° Biran (32) 05/08, 3° Lauzun (47) 06/08, 3° Javerlhac (24) 07/08, 6° Saint-Gervais (87) 08/08, 4° Bujaleuf (87) 09/08, 3° Journiac (24) 11/08, 3° Verdun sur Garonne (82) 12/08, 14° Saint-Jory (31) 13/08, Tour du Limousin (du 15 au 19/08), 3° Dison (Belgique) 22/08, 43° Championnat du Monde à Valkenburg (Pays Bas) 25/08, 1° Périgueux (24) 31/08, 5° Saint-Mathieu (87) 01/09, 4° Peyrignac (24) 02/09, 3° Le Buisson (24) 03/09, 10° Rieumes (31) 04/09, 25° Moissac (82) 05/09, 5° Chalus (87) 08/09, 12° Charlieu (42) 09/09, 19° Issoire (63) 10/09, 11° La Châtaigneraie Les Herbiers (85) 12/09, 4° Mazamet (81) 14/09, 1° Vic Fezensac (32) 15/09, 6° Cahors(46) 16/09, 22° Saint-Céré (46) 17/09, 7° Voeuil et Giget (16) 23/09, 3° Montguyon (17) 24/09, 11° Blagnac (31) 29/09, 7° Toulouse (31) 30/09, 14° Montbrison (42) 05/10, 4° Lissac et Mouret (46) 07/10, 33° Fourchambault (58) 14/10, 2° Lussac les Châteaux (86) 21/10, 2° Chamiers (24) 28/10.
Soit 11 victoires pour 99 épreuves disputées, deux abandons.

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- Ce qu’a dit Francis Duteil à chaud, juste après son succès au Championnat de France : Il faut savoir se faire oublier et durant près de 100 kms, j’ai été un anonyme ou presque dans le peloton. Certes on me surveillait, mais j’ai tout fait pour que l’on m’oublie. Et puis ce fut l’échappée à trois. Là j’ai compris qu’il ne fallait pas rater le wagon, l’arrivée étant proche. Alors j’ai collaboré avec Coquelin et Desportes. On s’entendait bien mais jamais nous ne pouvions faire la différence. Je sentais la meute à mes trousses, mais ce n’était pas le moment de se retourner.
Et puis nous voici de nouveau et pour la 10° fois au pied du belvédère, un véritable mur dans une forêt. J’ai pris le 42 x 18 et au train, j’ai lâché Coquelin puis Desportes qui s’est accroché jusqu’au sommet. Le souffle des coureurs du peloton parvenait jusqu’à mes oreilles, j’avais peur et pourtant j’étais costaud. Un faux plat avec le 53 x 14 et une descente devait me permettre de prendre le large. En effet, le peloton en reprenant mes deux compagnons, s’était donné un instant de répit, ce fut alors moi qui n’en pris pas et le trou se fit plus béant. J’ai alors compris que ce titre ne m’échapperait plus. Ces dix derniers kilomètres étaient bien longs, ils n’en finissaient pas ! Je ne me suis jamais retourné, j’ai attendu de voir, j’ai attendu de voir la banderole pour le faire, il me restait 100 mètres à parcourir, le peloton en avait un peu plus ! Voyez c’est bizarre un championnat, il faut certes avoir la chance, mais il faut savoir surtout la provoquer !

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Protocole à Mazamet lors d'une nocturne

 Ce que dit Francis Duteil avec plus de trente années de recul sur ce championnat
(Rétro Vélo Dordogne: Un mécanicien perfectionniste, un fin tacticien et
un rouleur hors pair qui ne lâche rien)

- "En 1978 j'avais mal digéré l'oubli de mon engagement au championnat de France. En début de saison 1979 j'apprends que le circuit du championnat de France est sélectif et qu'il faut utiliser un développement de 42x18. Le championnat du Limousin aura lieu à Rochechouart sur un circuit roulant. Donc ce n'est pas gagné pour la sélection au championnat de France. A l'arrivée du championnat du Limousin jugée en haut de la côte qui traverse Rochechouart nous nous présentons à trois. Les mêmes coureurs qu'au championnat 1978 sauf Marc Durant qui est passé professionnel. Il y a donc Michel Dupuytren, Yves Nicolas et moi. Michel s'impose et avec Yves nous allons faire un terrible coude à coude. Je termine 2° avec un quart de roue d'avance. Dans les championnats précédents j'utilisais une roue-libre cinq vitesses 13-17 avec 52x47 en plateaux. Je mets toujours 5 dents d'écart (environ 1,5 dents à la roue-libre) entre les 2 plateaux ; éventuellement 8 dents (environ 2,5 dents à la roue libre) mais jamais plus car je déteste une grande différence entre les plateaux. Je vais monter 53x45 en plateaux et 13-19 à la roue libre. J'ai acheté en Belgique au mois de mai la 1° chaine étroite qui arrive sur le marché mais que l'on ne trouve pas encore en France. Grâce à cette chaine, je modifie un moyeu roue-libre six vitesses en sept vitesses qui n'existent pas encore. De cette manière j'aurai une différence d'une dent entre chaque pignon. Comme d'habitude je monte des jantes Mavic OR7 de 230 g avec 36 rayons profilés croisés à 4 (les rayons tangents au moyeu travaillent à la compression ou à l'extension d'où théoriquement une meilleure transmission de la force). J'utilise des écrous de rayons en dural (-30 g par roue) et je colle des boyaux Clément Seta Extra de 230 g.
- Le jeudi au championnat de France par équipes le Limousin est désigné 1° équipe à partir par le tirage au sort. Nous (Michel Dupuytren, Yves Nicolas, Michel Bouyat et moi) allons donc ouvrir la route et rouler sans repères. Au début du 2° tour Michel Bouyat qui a assuré ses relais jusqu'à maintenant ne peut plus suivre. Nous ne l'attendons pas. A 30 km de l'arrivée, Yves ne peut plus relayer. Je sens qu'avec Michel nous tenons une bonne cadence. Nous avons le rythme du Tour de Liège où les étapes courtes ont été parcourues très rapidement. En fin de parcours je me retourne pour voir si nous ne nous faisons pas rattraper par l'équipe partie derrière nous. Il n'y a personne. Nous n'allons pas jusqu'au bout de nos forces comme l'année dernière. Après l'arrivée nous ne descendons pas du vélo. Nous rentrons directement à vélo à l'hôtel à 10 km. Claude Louis notre CTR est resté. A son retour il nous annonce une agréable surprise : nous nous sommes classé 6°.Cela nous met le moral au beau fixe.
 Je ne fais qu'un tour du circuit (18,5 km) à allure de facteur le samedi en fin d'après-midi. Je me suis reposé le vendredi et le samedi et quand je me repose la plupart du temps, je m'endors sous l'effet du traitement aux barbituriques. Nous dormons dans la même chambre avec Michel Dupuytren. La nuit précédant la course Michel va avoir une nuit très agitée et gêner mon sommeil. Il m'arrive d'être réveillé par les cris : "prends la roue! prends la roue!" Michel est en train de disputer le championnat. Je prends mon pouls au réveil : 48 pulsations sur 1 minute. C'est bon car j'ai passé une mauvaise nuit. Je vais me reposer et somnoler avant et après le repas. Nous nous rendons au départ en vélo accrochés à la voiture du comité du Limousin. Le ciel est tout bleu et il fait chaud. Avec nos dossards 88 et 89 nous partons en queue de peloton. Je ne cherche pas à remonter le peloton. Je remarque que Michel Larpe est souvent dans ma roue : il a décidé de calquer sa course sur la mienne. Nous nous connaissons très bien. Nous habitons à quarante km l'un de l'autre, j'ai couru avec son père et nous nous retrouvons souvent dans les courses régionales. Au bout d'une trentaine de km il vient à ma hauteur et me dit : "tu n'es pas bien aujourd'hui". Je lui réponds : "non mais je n'arrive pas à me mettre à fond."Et Michel remonte le peloton. Hier j'aurai dû faire 40 km à fond avec 45x17. Je ne m'inquiète pas : il y a 185 kms (18,5 km x 10 tours). Au début du 3° tour il y a une chute à l'arrière du peloton. Je tombe car je n'ai pas eu le temps de desserrer mes cale-pieds. Pas de mal, je rejoins le peloton. Je n'ai toujours pas beaucoup de sensations. A la fin du 6°tour une échappée que je n'ai pas vu partir passe avec 2 mn d'avance. Il faut absolument réagir. Je sors du peloton avec Desportes un Lyonnais licencié à l'ACBB et un 3°coureur. Les sensations sont en train de revenir. Nous mettons deux tours pour revenir sur l'échappée. A la jonction il y a un relâchement. J'attaque aussitôt. Seuls Desportes et le Breton Coquelin ont suivi. Au passage sur la ligne pour le dernier tour nous avons 200m d'avance sur le groupe d'une quinzaine de coureurs que nous avons quitté. Nous maintenons l'écart. Nous attaquons la côte toujours avec 200 m d'avance. Il y a 3 km avec un pourcentage qui augmente progressivement jusqu'au pied du mur de 800m à 10%. Coquelin prend le relais au pied de la côte. Au bout d'un km il ne s'est toujours pas écarté pour passer le relais. Je monte à sa hauteur pour prendre le relais. Il ne s'écarte pas et il insiste. Je me replace dans sa roue. Desportes n'a pas bougé de ma roue. Je vais vouloir prendre le relais deux autres fois. Le Breton aura la même attitude à chaque fois. Je ne comprends rien à sa tactique. Pas d'inquiétudes puisque l'écart se maintient. Nous arrivons au pied du mur. J'ai déjà changé de plateau car je préfère éviter le changement de rythme provoqué la différence entre les plateaux. Le changement de plateaux est fatal à Coquelin : il reste planté. Je me mets à fond. Au bout de 200m je me retourne pour voir ce qu'il se passe à l'arrière. J'aperçois à 70m le maillot orange de Seznec qui a mis le groupe de chasse un par un. Je donne tout ce que je peux. Je regarde à l'arrière entre mes jambes. Ce que je vois décuple mes forces : la roue avant de Desportes s'éloigne. Au sommet je me retourne : je ne vois personne dans le petit bout de ligne droite. Je suis bien car je passe sans difficulté du 45x19 au 53x14. Il y a maintenant une ligne droite plate de 1 km avant de tourner à droite dans la descente. Je me retourne au bout de 500m. Desportes a été rejoint et j'ai au moins 200m d'avance. Avant de tourner à droite je me retourne à nouveau : j'ai plus de 300 m d'avance et le groupe occupe toute la largeur de la route. Sur tous mes vélos je fais rehausser la boite de pédalier comme sur les vélos de piste. Je vais pouvoir pédaler tout au long de cette descente avec des virages pas très difficiles. En bas une voiture vient à ma hauteur sur ma gauche. Cyril Guimard est à l'avant en place droite. Il me dit : "Francis c'est gagné tu as 50 s d'avance". J'ai environ 7 km à parcourir. Je scrute la route car je sais par expérience qu'une crevaison à l'arrière dans un championnat de France c'est 1 mn. A moins d’un km de l'arrivée la famille Bodier est sur le bord droit de la route. Quand Philippe m'aperçoit il me crit : "Francis tu es champion! Francis tu es champion!". Je me retourne je ne vois personne. Je coupe mon effort. A plus de 50 m de la ligne je fais roue-libre. J'ai envie de freiner pour faire durer le moment du passage de la ligne. Je fixe la ligne d'arrivée et j'imprime dans mon cerveau le passage de la roue avant sur la bande blanche".

F60

A Saint-Gervais Videix le 8 août  lor du Bol d'Or gagné par Larpe
Le podium Hurel (Normandie), Viroulaud, Larpe et Duteil

Pour relire son premier titre de Champion de France à Eguzon et sa stratégie de course : cliquez ici
Ses équipiers : Michel Besse, Michel Duprat et André Laroudie.
Ses adversaires : Dupuytren, Courteix (ACLBP), Nicolas, Moyen, Perrier (Brive), Le Dain (Anthony), Benoit (Boussac), Bacle (Saint-Junien), Dubost (Bergerac), Puychaffray, Vigne (La Souterraine), Parenteau (Nersac), Cardinal (Civray), Roy (La Souterraine), Vidalie (Orléans).
Les Champions régionaux du grand Sud en 1979 : Francis Castaing (CC Marmande) pour le comité d’Aquitaine, Bernard Pradel (VC Rodez) pour les Pyrénées, Michel Larpe (UCAP Angoulême) pour le Poitou-Charentes, Michel Dupuytren (ACL Bussière Poitevine) pour le Limousin, Marc Vidal (AC Clermont-Ferrand) pour l’Auvergne.
Classement national FFC 1979.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - FRANCIS DUTEIL (15) © BERNARD PECCABIN
D’après la documentation de Francis et avec ses photos
Cet article a déjà paru sur le blog la Dordogne Cycliste, devenu inactif.
Prochain épisode : 1980 : 17 victoires et un début de saison en bleu, blanc, rouge

 

26 février 2020

1995 - LE CYCLISME, SON ACTUALITE (9° semaine de la saison)

IL Y A 25 ANS EN DORDOGNE ET EN AQUITAINE

24.02 au 1° mars 1995

- Le 26 février jour de clôture de l’Essor Basque, l’armada espagnolle met le feu partout pour classer huit coureurs aux huit premières places. Sur le podium de la Flèche Basque Prix Noble-Gauthier on retrouve dans l’ordre Aiazaguena (Kaïku) Garrues (Kaïku) et Ayestaran (Iberdola).

1995 Flèche basque

Elissalde et Garrues en tête au col d'Iphalartze

- Côté Méditerannée on se bat lors des quatre dernières classiques. Le 18 février Grégory Barbier (Wasquehal) s’adjuge la Tramontane devant Gauthier Vaulx en Velion) et son équipier Pelcat. La Ronde du Canigou sourit à Samuel Pelcat qui prend sa revanche en s’imposant devant Eckert (Vaulx en Velin) et Szostala (Etupes). Et c’est Laurent Marty le Pyrénéen de l’US Fronton qui clôture en beauté cette route du soleil en gagnant les Vallées Catalanes puis la Route de Dali chaque fois devant l’Aixois David Martinez.
- Les cyclo-cross tirent à leur fin et Laurent Dumont (SC Caudrot) gagne à Ménesplet puis à Abjat sur Bandiat. Sur le plan national, le 5° cyclo-cross de Jarnac profite à Alain Daniel (CSM Persan) qui s’impose devant son équipier David Pagnier et Laurent Dumont (SC Caudrot).

1995 montastruc

Sobinski, Castagnet, Escudé et Duplaa à l'assaut du Mur d'Angalinat à Montastruc

- Le Prix Pinel à Montastruc est magnifiquement remporté par Gilles Chauvin (Blagnac) qui sous la pluie et le vent compte plus d’une minute d’avance sur ses poursuivants que sont Lanxade, Moncoutié et Sobinski classés dans cet ordre.

ÉCHOS DE DORDOGNE

Abjat

Dumont, Eyquard, Blangeois à Abjat alors que Martinez est devant

 - Dix-sept coureurs au départ du 19° Souvenir Michel Simon à Abjat sur Bandiat. Temps doux, sans pluie et si le plateau est mince, il est imposant en termes de champion. Avec Miguel Martinez champion de France et du monde de VTT, champion de France junior de cyclo-cross puis champion de France espoirs.Dumont champion d’Aquitaine 1995, Eyquard champion d’Aquitaine 1994 et Blangeois ancien champion régional voilà quelques lustres. D’emblée Martinez s’en va seul. A mi-course Eyquard chûte et c’est le moment choisi par Dumont pour partir. Celui-ci prend la tête alors que Martinez faiblit et doit se contenter de la deuxième place.

Classement : 1. Laurent Dumont (SC Caudrot), 2. Miguel Martinez (CSM Persan) à 10s, 3. Dominique Eyquard à 15s, 4. Pascal Mestadier (US Rauzan), 5. Bruno Blangeois (Pellegrue), 6. Régis Duros (CSM Persan), 7. Bernard Estève (Pédale Faidherbe), 8. Jean-Pierre Hullot (VC Arédien), 9. Erick Métreau (Pédale Faidherbe), 10. Thierry Thoraux (La Rochefoucauld), etc...

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - 1995/9° SEMAINE © BERNARD PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne est à découvrir sur ce blog

24 février 2020

1970 - LE CYCLISME, SON ACTUALITE (9° SEMAINE DE LA SAISON)

IL Y A 50 ANS EN DORDOGNE ET EN AQUITAINE

24.02 au 1° mars 1970

Chalmé Loïc

- Quatre-vingt six coureurs ont disputé le prix Robert Brettes organisé par l’UC Mérignac. L’épreuve a connu une belle échappée du troisième au douzième tour comprenant Barbe, de Santi, Sautier, Villeneuve, Moncet et un moment Martin. Mais lorsque le 24° et dernier tour arrivait, c’est un groupe de cinquante coureurs qui se sont disputés la victoire. Le CV Montastruc en forme classe trois des siens sur le podium avec dans l’ordre Esclassan, Motard et Lescure. Sauvignat (CC Périgourdin), Descoins (Casteljaloux), Fedrigo (Tonneins), Villeuve (Royan) et Barbe (Bègles) prennent la suite du classement.
- Lors de l’épreuve nationale de Douces en Maine et Loire, Christian Bordier (EC Foyenne) a été battu de peu par Joël Hauvieux (Le Mans). Parmi nos régionaux on note Barjolin (Civray) septième, Gestraud (Royan) dixième.
- En ce début de saison on note le Grand Prix des jeunes de Marmande qui a sourit à Castaignet (Toulouse Saint-Agne) qui bat son équipier Anthime alors que le Foyen Barrière se classe en troisième position.
- A Cenon c’est Claude Bénamara le Marmandais du Vélo-Sport qui s’impose devant Guégan (SAM Bordeaux) et Bruat des Girondins de Bordeaux. Plus loin à Magnac sur Touvre, la gerbe est revenue à Dubois (La Couronne) qui bat Dutertre (Talence) et Bardoulat de Nontron.
- Premier samedi cycliste au Vélodrome de Lescure où une quarantaine de coureurs se sont retrouvés. Dans la Médaille Bordelaise, victoire de l’athlétique Sommacal (Talence) champion de vitesse cadets devant son éternel second Durand (SAM Bordeaux. Le trophée de vitesse séniors fut une nouvelle fois l’apanage de Chalmé (VC Ambarès) photo ci-dessus, tandis que l’individuelle des séniors revient au Montois Maurin et celle des juniors au Libournais Grandet au terme d’une fort belle échappée. Chez les cadets Eric Vermeulen (Talence) et Téchené (Stade Montois) remportent chacun une épreuve.

ÉCHOS DE DORDOGNE

VCB

Gilles Périgault un espoir du Cyclo-Club Bergeracois sera au départ

- Le Cyclo-Club Bergeracois prépare son prix d’ouverture qui sera couru à Saint-Laurent des Vignes sur un circuit sélectif qui empruntera les communes d’Issigeac, Eymet, Pomport, Sigoulès, Couture, Saussignac, la Ferrière puis arrivée à Saint-Laurent. Et pendant cette grande boucle, les cadets et minimes en découdront sur un circuit autour du village.

Poujol

Niel (UV Mazamet) reçoit la coupe du classement par équipe avec Gutkin à sa gauche

- Au Poujol (Commune de Saint-Crépin Carlucet), le prix d’ouverture organisé par le Guidon Sarladais est revenu à Henri Bonnand (Saint-Juéry Olympique) devant Gutkin et Niel (tous deux UV Mazamet). Derrière ce tiercé Pyrénéen, on retrouve nos locaux tels Villemiane (VC Bergerac), Martin (Mussidan), Royère (Lalinde), Galy (Lalinde), Ulbert (CC Sarlat), Boyer (CC Sarlat) et Glaudon (G. Sarlat) classés dans cet ordre.
- La course de classement du CC Périgourdin à Bassillac a vu la victoire de Jolivet devant Mournat et Bugeaud. Chez les jeunes, domination de Verdier et Mazy mais disons que le froid a paralysé très vite les coureurs notamment Denis et Labrousse.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - 1970/9° SEMAINE © BERNARD PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne

2 mars 2020

1970 - LE CYCLISME, SON ACTUALITE (10° SEMAINE DE LA SAISON)

IL Y A 50 ANS EN DORDOGNE ET EN AQUITAINE

2 au 8 mars 1970

- Le critérium des remparts disputé à Bayonne confirme la bonne forme du CV Montastruc avec Alain Motard qui bat ses trois compagnons d’échappée à savoir Baros (Guidon Bayonnais), Dubreuil (CRC Limousin) et Raymond (US Bouscat).

Bénamara

- Au Tour de l’Indre et Loire c’est l’Italien Ercole Gualazzini qui s’impose. Serge Lapébie dont les débuts aux côtés des professionnels sont prometteurs termine sixième. Dans des conditions de course très pénibles (pluie et froid), le Bordelais s’est toujours maintenu au niveau des meilleurs.
- Disputé par 78 concurrents, le prix cycliste des fêtes d’Anglet a vu la victoire de Michel Fedrigo (US Tonneins) qui a triomphé au sprint du Béglais Jean-Pierre Barbe et de son camarade du club Lot-et-Garonnais vétéran André Lesca. Enfuis à 7 kilomètres de l’arrivée, les trois hommes ont résisté victorieusement au retour du peloton, dont le sprint a été enlevé par Guy Dolhats (Tarnos).
- Cent vingt coureurs ont participé à Bordeaux-Castillon organisé par le VC Bastidien. L’épreuve fut dominée par une échappée de Sanchez auquel se joignaient Rebière, Dader, Vigur et Dever. Ils traversaient Castillon avec 1’30s d’avance. Mais à Branne, Rebière lâchait tout le monde et semblait devoir l’emporter, lorsqu’à 300 mètres du but, le Béglais était repris par un groupe qui sprintait avec Claude Bénamara (VS Marmande) - notre photo en cyclo-crossman - vainqueur devant Buffière (Nontron), puis Grimberg (Gujan), Courbaigt (Dassault), Gallien (Girondins), Redoulez (Sam Bordeaux), Rebière prenant que la septième place.
- Quelques succès sur nos routes du Sud-Ouest avec Pepé (Villeneuve/lot) à Cognac, Bernard (US. Bouscat) à Angoulême, Jacques Cosani (Bon Encontre) à Saint-Aubin du Médoc puis le lendemain à Ludon, de Lalanne (Castelsarrasin) à Villeneuve sur Lot.
- La deuxième réunion des samedis cyclistes a rassemblé par un beau temps plus de soixante-dix coureurs. Pour la Médaille Bordelaise, deuxième victoire de Sommacal (Talence) devant Arménio (Bégles) en nette progression. Dans le trophée de vitesse séniors, festival d’Ambarès où les hommes de Dagnan ont voulu jouer le beau rôle avec Sommacal roi du sprint, Ravat et Couturier des hommes dangereux. L’individuelle séniors fut encore une victoire pour Ambarès avec Couturier qui bat Peydecastaingt (BVC), tandis que Ravat prenait l’excellente troisième place alors que le jeune Apécèche (Ambarès) quatrième faisait jeu égal avec ses aînés. Dans celle des juniors la victoire revenait au Bécéviste Saint-Martin, alors que le cadet Seube (Cenon) nouveau venu sur la piste s’adjugeait l’élimination et qu’Eric Vermeulen confirmait sa main mise dans l’individuelle.

ÉCHOS DE DORDOGNE

- Le Prix d’ouverture du Vélo-Club Bergeracois a été gagné par le Foyen Matignon plus rapide que Martin (Mussidan) et Démortier (Bon Encontre). A signaler la 7° place de Glaudon (Guidon Sarladais) qui sort vainqueur des 3° et 4° catégories, tout comme Pouget (G. Sarlat) vainqueur chez les vétérans et classé dixième du général. La course des cadets en prologue a vu la victoire de Francis Dusseau (VC Bergerac) devant Ramadou et Blondy.

Glaudon, Malgouyat, Pouget

Glaudon, Malgouyat et Pouget se sont distingués au Prix d'ouverture du VC Bergerac

- La course de classement courue à La Canéda a été remportée par Ulbert chez les jeunes, Bertrand chez les gentlemen, et Gonzalès chez les vétérans.

Sarlat

Départ de course à La Canéda

- A Thiviers la course de classement du CC Périgourdin s’est achevée par la victoire de Christian Darrin qui devance dans l’ordre Jean Taulou, Jacques Fabre, Gérard Darrin et Tocheport. Chez les cadets, victoire de Raynal.
- A Tocane le grand prix de la fêtes de la gare s’est soldé par la victoire de Claude Denis, devant ses équipiers Jolivet et Sautier.

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - 1970/10° SEMAINE © BERNARD PECCABIN
La mémoire du cyclisme en Dordogne

12 février 2020

MARIUS DUTEIL - (SAISON 1949)

1949, PUIS DÉBUT A RIBÉRAC D’UN TRIO QUI DEVIENDRA CÉLÈBRE

bandeau marius

- Relire l’épisode précédent Marius Duteil.

- Duteil est toujours au Cyclo-Club Périgourdin. Il est âgé de 34 ans et pourtant, il a toujours sa place au haut niveau. Malgré son âge, il gagne souvent et fait connaissance à Mareuil, de jeunes coureurs qui viennent lui rendre visite dans son magasin de Mareuil sur Belle. Parmi eux, deux jeunes vont se lier d’amitié. Mieux, ils vont devenir deux élèves, à l’heure où Marius aspirait à prendre sa retraite. Il va devenir leur professeur, mais pour mieux les conseiller il va avec eux, ceci dès la fin de saison 1949, rejoindre la section cycliste du Club Athlétique Ribéracois, pour une nouvelle carrière. Pour l’heure voici une partie de son palmarès, celui de sa dernière saison au Cyclo-Club Périgourdin, sur lequel on relève une douzaine de victoires.

PALMARÈS DUTEIL EN 1949 (sociétaire au Cyclo-Club Périgourdin).

- 1° Prix Prougent Périgueux, 1° Prix Papazzogli Périgueux, 1° Prix Lanxade Périgueux, 11° Périgueux Saint-Georges (1° Armand Darnauguilhem de Caudéran), 6° Saint-Aulaye (1° Gabriel Pérez d’Arcachon), 10° Prix Lafond Périgueux, 6° Sainte-Foy (1° André Gavelle des Cycles Girondins), 2° La Rochelle (1° Alfred Macorig du Guidon Agenais), 8° La Rochefoucauld (1° Manuel Huguet du Guidon Agenais), 8° de l’américaine de Saint-Aigulin associé à Adams du SA Bordelais, 2° Nersac, 9° Ruelle, 3° Aixe sur Vienne, 1° Neuvic-Planèze, 3° du Championnat des sociétés du Limousin avec le CC Périgourdin (Marius Duteil, Robert Lascaux et Pierre Mounet), 2° Saint-Christophe de Chalais, 11° Ribérac, 5° Circuit International d’Aubeterre (1° Pierre Proust de Saintes), 1° Saint-Astier, 2° La Rochette, 1° Javerlhac, 1° Verteillac, 6° Prix de la Libération à Bergerac en américaine associé à Mounet (1° Rabot/Pontoni de Villeneuve), 6° Piègut (1° Stanislas Urbaniack de l’UCAP Angoulême), 8° La Rochefoucauld, 1° Planèze, 1° Mussidan, 3° Montboyer, 5° Périgueux Les Maurilloux, 3° Villefranche, 6° Américaine de Bergerac associé à Mounet, 3° Prix du Commerce et de l’Industrie de Bergerac (1° Alfred Macorig d’Agen), 3° Terrasson, 2° Montbron, 1° Excideuil, 1° Sigoulès, 1° Le Buisson.
NDLR - Victoire en solitaire de Duteil à Excideuil après 150 kms de course. Il gagne devant Mounet (Périgueux), Bramard (Bordeaux) Ricou (Limoges) et le Belvèsois Grellety qui avait fait figure pendant longtemps de vainqueur mais qui s’effondra sur la fin...

Excideuil

Marius Duteil au Prix d'Excideuil en 1949

- Alors qu’une nouvelle décennie débute, Marius Duteil s’engage à conseiller deux jeunes coureurs. Parmi eux, Jacques Vivier originaire de Verdinas, un hameau de Sainte-Croix de Mareuil, mais aussi le jeune Mareuillais Michel Brun. Ces deux coureurs passent leur temps à consulter l’ancien briscard Marius Duteil. Ils connaissent la valeur de ce coureur hors norme. A cette époque, difficile de trouver meilleur conseilleur pour s’entraîner. Vivier court au VC Nontronnais, Brun est déjà sous les couleurs de Ribérac. Ribérac qui veut monter en puissance et qui offre d’excellentes possibilités à notre trio, pour les engager sous ses couleurs.

 JACQUES VIVIER : né le 9 octobre 1930 à Sainte-Croix de Mareuil (24) lieu-dit Verdinas.
Taille 1,78m, Poids 75 kgs. Débuts en 1949, professionnel de 1952 à 1957. Dernière saison en 1959. Clubs successifs : 1949 Vélo-Club Nontron, Club Athlétique Ribéracois de 1950 à 1952, Cyclo-Racing Club Limousin en 1953, Club Athlétique Ribéracois de 1954 à 1956, Union Cycliste Montponnaise de 1957 à 1959.

DVB

Duteil Vivier, Brun la constitution d'un trio dont va parler beaucoup...

Vivier ou l’imprévisible Golden Boy (par Gérard Descoubès).
- Il avait tout, le style, l’allure et la classe, pendant quelques saisons toute une région sera sous le charme de l’idole. Fausto Coppi lui-même en son temps, le prit sous son aile protectrice et le conseilla. Mais Jacques Vivier était un solitaire, il aimait les grands espaces en pleine nature, il y avait chez le garçon, un côté homme en bois, quelque chose de sauvage, il fut un cow-boy des temps modernes. Le vélo ne fût pour lui qu’une forme d’évasion à travers la France et qu’une façon de découvrir l’Europe. Il n’aimait pas spécialement son sport, aussi ne faisait-il que le strict minimum pour son état de forme. Malgré cela il se constitua un joli palmarès, bien que chez les professionnels, il n’évolua qu’à cinquante pour cent des énormes moyens que tout le monde lui prêtait. Par contre, avec son grand ami Michel Brun, qui fût toujours pour lui un incomparable équipier, ils formèrent un tandem redoutable et redouté de tous. Il restera trois ou quatre années le garçon à l’avenir doré, adulé et soutenu des sportifs Limousins, du Centre-Ouest et du Sud-Ouest. Il servit de modèle à toute une génération de jeunes coureurs, qui révèrent tous à un moment donné, de pouvoir devenir un jour Jacques Vivier. Il fût découvert par Marius Duteil, le père de Francis. A sa retraite cycliste Jacques devint négociant en bois.

PALMARÈS
1949 indépendant Moineau : 1° Saint-Privat des Près, 3° Verteillac

palmarès

 MICHEL BRUN  Né le 30 mars 1931 à Mareuil sur Belle (24). Taille : 1,65 m - Poids : 55 kg. Débuts en 1948, dernière saison en 1958. Décédé le 22 novembre 1972 à Mareuil sur Belle. Clubs successifs : CAR Ribérac (de 1948 à 1952). Cyclo-Racing Club Limousin en 1953. CA Ribéracois de 1954 à 1957. Union Cycliste Montponnaise en 1958.

L’énergie d’un duo magique (par Gérard Descoubès).*
- Au début des années cinquante, on ne voyait jamais Michel Brun sans Jacques Vivier et vice versa. Ces deux-là étaient inséparables, ensemble ils domestiquaient les courses les plus difficiles avec une facilité dérisoire.
- Les deux poulains de Royal Fabric étaient intouchables dans leur région, ils créèrent une émulation certaine chez les jeunes cyclistes limousins et chez ceux des départements voisins à la Dordogne. Michel Brun n’avait pas la classe pure de Vivier, mais il possédait une volonté farouche et une énergie hors du commun, ce que l’un faisait dans la facilité, l’autre le réalisait dans la douleur. Formidable passeur de bosses et solide rouleur de surcroît, sa vitesse de jambes exceptionnelle lui permettait de rouler souple et d’avoir une bonne vitesse terminale.
- Très jeune dans la carrière, il se mesurera aux "Pros" dans Paris-Nice, qu’il put terminer, la tâche semblant être au-dessus de ses moyens du moment. Peut-être n’était-il pas encore prêt pour de telles confrontations qui étaient quand même autre chose que les courses dans sa région. En fin de saison, Michel bien que n’ayant eu aucune ascendance sur la victoire finale de la Route de France, remportera deux beaux succès partiels.
- Dès 1954, son étoile commença à pâlir, même s’il devait continuer des années encore à faire un travail énorme pour Jacques Vivier dans les courses régionales, sa carrière peut laisser des regrets quelque part à tous ceux qui l’aimaient. On peut se demander si Michel a vraiment connu la plénitude de ses moyens, puisqu’il mit somme toute un terme assez tôt dans sa carrière.
- Deux autres Brun firent des courses, ses frères Jacques, né le 10 avril 1952 qui fut un bon indépendant et qui enleva quelques belles épreuves entre 1949 et 1955, qui courut à la même époque avec un peu moins de réussite, ce dernier était le père de Frédo Brun, l’ancien professionnel de chez Peugeot, qui prit le départ d’une dizaine de Tour de France pendant le décennie quatre-vingt.
- Après le vélo, Michel ouvrira une auto-école et créera un Taxi-Ambulance. Il sera victime d’un infarctus pendant une sieste.

PALMARÈS
1948 amateur : 1° Châtenet sur Charente
1949 amateur : non connu

Garage Duteil bis

Le garage de Marius Duteil place du marché aux bois devient
le PC des coursiers et notamment celui de Vivier et de Brun sur notre photo

LES TROUPES FOURBISSENT LEURS ARMES AU
CLUB ATHLÉTIQUE RIBÉRACOIS
MARIUS DUTEIL EN SERA LE CHEF (reportage)

 Ribérac (Dordogne), le 19 janvier 1950 - Chaque jour fortifie nos espoirs dans la bonne marche de la section de cyclisme du Club Athlétique Ribéracois. Rien n’est négligé pour que la saison de notre section soit matériellement magnifique et moralement enthousiaste. Ce fait s’est hautement manifesté lors de l’assemblée générale tenue le 8 courant au café Français. Tous les membres du bureau sortant ont été réélus à l’unanimité, de même que M. Ballon et Sillon nouveaux candidats.
- Et une fois constitué, immédiatement le bureau a cru devoir attirer l’attention des comités locaux désireux de lui confier de nouveau l’organisation de leurs épreuves - le succès qu’ils obtinrent l’an dernier fut de tout premier ordre - sur les délais qui conformément aux règlements de la FFC sont au minimum d’un mois avant la date où ces dernières doivent être courues. Puis ce rappel important étant fait, le club procéda à la revue de ses coureurs, leur donnant déjà conseil de se rassembler afin de s’entraîner.
- La section aura donc comme coureur leader Marius Duteil, champion du Limousin en 1947, vainqueur du 1° Grand Prix de Ribérac devant Berton. Ce routier a conquis la vedette depuis longtemps. Portant les couleurs de Rochet, domicilié à Mareuil sur Belle, où il tient un important magasin de cycles, Duteil a connu la victoire sur toutes les routes de la région. Il aura la rude tâche de diriger les effectifs Ribéracois et de les instruire. Nul ne doute chez nous qu’il s’en acquittera avec conscience et avec toute la compétence que nous lui connaissons.
- Le crack aura sous ses ordres en premier lieu, ses poulains Vivier et Brun. Deux jeunes, Vivier surtout qui ayant déjà fait parler d’eux l’an dernier en Limousin feront tout leur possible, nous en avons la certitude, pour acquérir encore les honneurs de la presse dans notre région et de nouveau dans celle qui lui sont limitrophes.
- En outre de cet intéressant tandem, venu se ranger sous ses couleurs, le CAR alignera ses beaux espoirs : Lacoste et Duphil. Le premier titulaire de neuf victoires et de douze places de second l’an dernier et passé de quatrième en deuxième catégorie ; le second Duphil neuf fois lauréat. Ensuite deux routiers courageux seront là avec Montagut et Armandie et enfin plusieurs débutants. Dans ces conditions, nous pensons ne pas nous tromper en avançant que dès la belle saison venue, l’équipe du Club Athlétique Ribéracois fera parler d’elle en Limousin, voire même ailleurs.
Signé : Georges Lerga

RÉTRO VÉLO DORDOGNE - MARIUS DUTEIL (4) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1950 Une année euphorique pour le trio Brun, Duteil, Vivier
(Publication écrite avec l’aimable autorisation de Gérard Descoubès)

15 février 2020

JACQUES VIVIER - SAISON 1950

1950, UNE ANNÉE EUPHORIQUE POUR LE TRIO
BRUN, DUTEIL, VIVIER (suite)

II - LA SAISON DE JACQUES VIVIER

bandeau vivier

Relire la publication précédente (saison de Marius Duteil).
AVANTS PROPOS

- Nous sommes toujours en 1950. Après le maître (Marius Duteil), nous passons aux élèves avec Jacques Vivier, la figure de proue de ce trio qui aura accompli une saison époustouflante. A lui seul, Jacques Vivier signe 25 victoires et remporte le Championnat du Limousin. Débuter ainsi laisse augurer un avenir exceptionnel. Si bien que la presse bouge et se déplace, allant même à la rencontre des ces trois champions. Nous publierons d’ailleurs des morceaux choisis de cette presse qui n’hésite pas de dénicher Vivier à Verdinas, chez lui, dans ce petit hameau de Sainte-Croix de Mareuil où il réside. Ce qui reste le plus étonnant, c’est la simplicité et la modestie de cette petite équipe, qui répond sans orgueil aux questions des journalistes. Le succès leur fait plaisir certes, mais ils n’ont vraiment pas la grosse tête. Et pourtant un grand engouement est en train de naître. On se dispute même entre les communes de Mareuil et de Ribérac. Les trois vedettes appartiennent en effet au Club Athlétique Ribéracois. Or dans les résultats, on évoque les trois coureurs en qualité de Ribéracois, ce qui ne fait pas plaisir aux Mareuillais qui revendiquent haut et fort le fait que ce sont avant tout des enfants de Mareuil.
- En fin d’année, Vivier est appelé au service militaire. Bien heureusement, servi par ses performances, il ne partira pas loin, à Périgueux... là où votre serviteur a passé quelques années de sa carrière..., mais beaucoup plus tard...

Vivier

Michel Brun, Jacques Vivier à gauche, au centre Henri Martin de Mussidan, à droite Marius Duteil
et Monsieur Manière des cycles Rochet en chemise blanche.

1950 - Palmarès de Jacques VIVIER (Club Athlétique Ribéracois)

Indépendant sur cycle Rochet - 25 victoires

du 10° Circuit de Montbron, GP de Nontron (15/07) lire reportage ci-dessous, Circuit du Salesse à Tulle, Argenton sur Creuse, Lussac de Libourne et vainqueur d’une étape, Neuvic/Planèze, 2° Prix de la Libération à Brive (1° Martinez de Souillac), Piègut-Pluviers (Prix des fêtes) (lire reportage ci-dessous), Thiviers (Prix de la Pédale Thibérienne), Nontron les Marronniers (17/04), Critérium du Centre à Limoges (lire commentaires sur Marius Duteil - Saison 1950), Saint-Estèphe (24), Saint-Aulaye, Nersac, Circuit du Pont de l’Hérisson à Angoulême, Prix du Salan à Brive (lire ci-dessous reportage), La Couronne, Gourdon, Grand Prix du canton de Nontron (02/10), Championnat du Limousin, Villefranche de Lonchat, Montpon, Pompadour, Payzac (circuit des trois départements), Montignac, Prix du Tour de France à Limoges (piste), 3° Aixe sur Vienne (1° Marius Duteil), 2° Prix Antonin Reix à Saint-Junien (1° Martinez de Souillac), 3° Championnat du Limousin des sociétés (équipe du CA Ribérac avec Duteil, Brun et Vivier), 3° Prix des commerçants à Mareuil, 2° Ribérac, 4° Prix Lafond à Périgueux (1° Brun), 2° Aubin (12) (1° Brun), 3° Prix de la Gauloise à Périgueux (1° Duteil), 2° La Rochefoucauld, 2° Saint-Vincent de Connezac (1° Brun), 2° Ronde des Tours de France à Périgueux (1° Brun), 3° Prix du Populaire du Centre (1° Pras de l’UV. Cognac).
- Anecdote : En 1950, dans le Grand Prix de Saint-Estèphe (24), il crève, il change seul son boyau, rejoint le peloton, et va gagner avec deux minutes d’avance sur les redoutables Fourgeaud et Barquéro. (NDLR : Valentin Huot avait fait un numéro semblable en 1951 à Flaugeac).

VIVIER Champion du Limousin

Jacques Vivier champion du Limousin (saison 1950)

REPORTAGE DU GRAND PRIX DU SALAN A BRIVE

- Esprit et tactique ont dominé au GP du Salan où le Ribéracois Jacques Vivier s’échappe à dix kilomètres du but et gagne avec trente secondes d’avance sur son équipier Michel Brun. Un chef d’orchestre et deux parfaits exécutants ont enlevé de magnifique façon cette épreuve qui s’est courue sous une chaleur tropicale. Le chef d’orchestre, en l’occurrence Duteil, récent vainqueur du circuit Aixois et ses deux élèves, Vivier et Brun ont dominé par leur tactique et leur esprit d’équipe une course qui ne cessa d’être intéressante du début à la fin. Vivier a gagné, Brun a porté l’estocade finale face à Brunie troisième et très courageux. Après un sprint de belle facture, Duteil réglait pour la 4° place Sclaffert, Mounet, et Martrat. Cette 4° place Duteil la mérite amplement. Non content d’aider de ses conseils Vivier et Brun, il n’avait pas hésité de jouer les animateurs depuis le début de la course. Duteil fut l’auteur de la première échappée qui commença avant Tulle et ne se termina qu’après Objat. Dans cette fugue à six, Duteil fut l’un des plus ardents et sur la fin du parcours il était encore l’un des plus frais. Duteil fait partie de cette génération qui ne désarme pas et qui bien souvent fait mordre la poussière aux jeunes... Quant à Vivier et Brun c’est un tandem de grande classe, soit deux garçons qui n’ont pas 19 ans encore. Ils constituent de précieux espoirs qui ne tarderont pas à faire leurs preuves au niveau national.

GRAND PRIX DE NONTRON LE 15 JUILLET 1950

- Jacques Vivier étincelant met à la raison toutes les vedettes du Sud-ouest à Nontron ! Le champion de "Rochet" s’enfuit seul quand et comme il a voulut... Monsieur Raoult et les actifs dirigeants Nontronnais peuvent être fiers de leur grand prix cycliste. Il avait réuni samedi un lot où l’on reconnaissait les meilleures pédales du Sud-ouest. Et la course ne déçut pas l’attente d’un public enthousiaste et nombreux. Certes des hommes comme Dolhats, Latorre, Rippe, Urbaniak, Duteil, Londéro durent à divers incidents de ne pas terminer, mais quelle farouche bataille, nous offrirent les dix survivants !
- La première escarmouche fut l’œuvre de deux hommes qui ont toujours pour habitude d’attaquer dès le départ : l’Angoumoisin Robert Rippe en grande forme actuellement et le Limousin André Bernard désireux de prouver qu’il est supérieur à Vivier. Rippe ayant crevé, Bernard continua seul pendant plus de la moitié de la course, mais derrière lui, conduite par Vivier, la chasse ne tarda pas à s’organiser.
-  S’échappant du peloton, le Bordelais Bertrand, qui enleva de belle façon l’an dernier le Tour de la Haute-Vienne, fut le premier à rejoindre Bernard. Puis, irrésistible, le champion d’Elvish-Fontan tenta seul sa chance. Mais le petit groupe composé de Vivier, Bidart, Bernard, Martinez, Barraud ne devait pas tarder à le revoir et l’on s’apprêtait à assister à une arrivée au sprint, lorsque Vivier débouchant de l’arrière, attaque sèchement à quatre tours de la fin. Montant la grimpette au sprint, le champion de "Rochet" magnifique de fraîcheur, ne tarda pas à creuser un trou profond entre lui et ses poursuivants. Augmentant sans cesse son avance, il franchit sous de folles acclamations la ligne d’arrivée. En grand champion, qui sut attendre son heure et produire au moment voulu un effort irrésistible, Jacques Vivier avait vaincu. Derrière lui c’était la débandade et Bertrand s’enfuyait tandis que Bidart gagnait le sprint de ce qui restait du peloton...
Le classement : 1. Jacques Vivier (Ribérac) sur cycle Rochet agent Monnerie à Limoges, les 105 kms en 3h15’, 2. Bertrand à 1 mn, 3. Bidart (Arcachon) à 2’20s, 4. Bernard (Limoges) m.tps, 5. Martinez (Souillac) m.tps, 6. Barraud (Cognac) m.tps, 7. Benelle (Souillac) à 3’49s, 8. Commerie (Belvès) m.tps, 9. Cruzin (Bordeaux) m.tps, 10. Danguillaume (Tours) à 4’28s.

Verdinas

Vue aérienne de Verdinas (commune de Sainte-Croix de Mareuil)
Là où est né Jacques Vivier

VIVIER EST LE PLUS FORT

- Cette fois la preuve est faîte, administrée de main de maître, Jacques Vivier, sans que personne de bonne foi ne puisse le contester, est le meilleur routier du Limousin. Que les chauvins exaspérés ne tentent pas, par des petites mesquineries, de diminuer la classe de l’élève du sympathique Duteil. Celui qu’ils disaient épuisé à jamais après son éblouissante victoire dans la finale du Championnat du Limousin leur a démontré de la plus élégante manière qu’ils s’étaient lourdement trompés. Le lendemain de sa course victorieuse à Limoges, il se classait 5° en Charente, dans une épreuve de 150 kilomètres. Le 14 juillet il triomphait à Montignac devant un Pouget dont on se plaît à saluer le retour à la forme qui lui permit en 1947 de remporter de si beaux succès. Samedi 15 juillet, enfin il mettait en déroute tous les stratèges du café du commerce ! Il triomphait à Nontron, en s’échappant quand et comme il a voulut devant l’élite des routiers du sud-ouest. Voilà un grand champion et qui récupère ! Vivier qui a des dons de rouleur étonnants joint un sprint meurtrier, s’impose comme un des favoris du championnat de France des indépendants, début septembre à Toulouse. (NDLR : victime d’une crevaison, au championnat de France, il ne se classera pas).
- En même temps qu’il a consacré un Vivier qui fit honneur à son titre de champion du Limousin, le Grand Prix de Nontron a mis une nouvelle fois en valeur la belle classe d’André Bernard. Le champion de la Haute-Vienne doit moins regretter maintenant d’avoir été battu le 9 juillet à Limoges. Il sait que son vainqueur est un très grand champion, devant qui il n’y a nul déshonneur à s’incliner. Son échappée à Nontron fut belle, comme tout ce qui est inutile, mais nous lui préférons sa très belle 4° place derrière Vivier, Bertrand et Bidart, mais devant un Martinez qui avait enlevé le 14 juillet le Grand Prix de Périgueux, en précédant le nouveau champion de la Guyenne Dupré. En Vivier et Bernard le Limousin possède les deux grands champions qu’il attendait depuis longtemps.

Vivier J

Jacques Vivier lors d'une victoire

GRAND PRIX de PIEGUT-PLUVIERS

- Beau lot de routiers des Charentes et de la Dordogne au départ, la fine fleur de ces départements, Jacques Vivier fit preuve d’une supériorité absolue sur tous. La course comportant cinq tours de circuit, le Ribéracois enfui au début du second, ne fut plus revu par ses concurrents qu’après l’arrivée. Son co-équipier Michel Brun également évadé en compagnie de Fourgeaud, enleva la seconde place sur ce dernier. Rippe, Pras, Dufraisse ont abandonné. Quel dommage que Jacques Vivier, grand espoir routier ait percé au championnat de France des indépendants l’autre jour à Toulouse.
Le classement : 1. Jacques Vivier (CA Ribérac) les 123 kms en 3h15’, 2. Michel Brun (Ribérac) tous deux sur cycles Rochet agent Duteil à Mareuil et à Angoulême), 3. Fourgeaud, 4. Robert, 5. Urbaniak, 6. Duteil, 7. Allory, 8. Commerie, 9. Lacoste, etc...

RÉTRO VÉLO DORDOGNE – JACQUES VIVIER (1950) © BERNARD PECCABIN
Prochain épisode : 1950 La saison de Michel Brun, Vivier militaire

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